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Tome I

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8» OBGANES ÉLÉMENTAIRES.

en offrent sur les deux surfaces : j'en ai trouvé à la surfa(;é inférieure des pétales, transformées en feuilles , dans und monstruosité de ranunculas philonotis. Je n'en ai jamais TU sur les styles ni sur les étamines ; mais M. Rudolpbi assure qu'il en existe sur quelques-unes, telles que celles du lilium ^ii/fr^nMn.Les*péricarpes en ont souvent lorsqu'ils sont de coùsistance foliacée; tous ceux qui sont charnus en sont dépourvus sans exception.

Cette dernière loi est analogue à ce qu'on observe dans les feuilles ; celles qui sont charnues en bnt, i pro-. portion, beaucoup moins que celles à consistance mince ou fibreuse (ii). Dans tons ces divers organes, on ne trouve jamais les stomates, ni sur les nervures primaires ou secondaires^^ ni même sur leurs ramifications *, mais tou* jours sur le parenchyme proprement dit. Cette position des stomates contraste avec celle des poils qui naissent sur les Qervures ou sur leinrs ramifications é

Les stomates sont, eti général, épars sur le parenchyme, et distribués à distances à-peu-près égales les unes des autres-, quelquefois, comme on le voit dans les feuilles à nervures parallèles, ils sont disposés sur une ou deux rangées longitudinales entre les nervures. Ceux des prèles, bien observés par M. Yaucher (12), sont disposés sur . la tige en séries longitudinales, entre les nervures saillantes; leur nombre et leur disposition y fournissent même de.bons caractères spécifiques.

Il est quelques feuilles <)u on les trouve rapprochés çil et

(11) M.** Desvaux dit (Pbyllogr. , p. 4?) V^^ Leuwenhoek en a compté cent soizanlo-douzemiUe sar ta surface d'une feuille de bois.

(12) Mon. de9 Prèles, pi. i, f. 3 ^ pi. 3, f. 4; pi. 4 , f* 4> pl* ^> r. 3 , a c.

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ORGANES ÉLÊMEKTAIRES. 8S

là les œs des autres, et formaot. des espèces de petites rosettes OQ taches arrondies. Ce rapprochement des stomates €0 rosette est visible a la face inférieure des feuilles du bégonia apathulaia , et y détermine de petites ponctua* dons visiUes à Fœil; il est surtout trés-remarquaUe sur les feuilles des crassula cordata et arboreacens^ car les ponctnadons arrondies qu'on y voit à l'oeil nu, sont des amas de stomates. Ce fait m'avait jadis suggéré lldée que tes stomates pourraient bien être les orifices des vaisseaux; car chacune des ponctuations des crassules que je viens it mentionner, est la terminaison d^ine fibre, qui est elle* même uBffiôsceaa de vaisseaux; je me confirmais dans cette idée, en cousidérimt que les stomates manquent dans toutes les plantes dépourvues de vaisseaux ; j'avouais cepeadant que ^e n'avais jamais vu la continuité d'un vaisseau avec un stomate. M. Comparetti a été plus loin que moi^ et a assuré avoir vu les vaisseaux se terminer en stomate. M. Mirbel dit, au contraire, que les stomates sont des orifices de cellules; et M. Kieser les considère ccHnme aboutissant aux canaux intercellulaires. Je penche main* tenant pour cette dernière opinion; mais c'est une question qui mérite un nouvel examen*

Les stomates manquent dans plusieurs plantes vasculaires, è ce qu'il semble> par suite dte leur manière de vivre. Ainsi, i.* on n'en trouve ni smr les feuifles, ni sur les tiges des plantes qui vivent sous l'eau, telles que les zosiera, les cêratophyllum, etc., et parini celles qui ont tme partie de leurs organes dané l'eau ^ et une hors de Teau, comme plusieurs po/a/no^^/son (i 3}^ plusieurs myriophyU

(i3) DaDft ce cas, et cUat quelques autres, ce fait tient à ««

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84 OR6ANB8 ÂLÉMBNTAIBBS.

lum, plusieurs nymphœa, etc. , on Jie trouve 4e stopaitel ^ dans Ja partie exposée à l'air; les fiewUes *de larenoacttle aquatique ont des stomates quand on Télère daas r«îr, et eu manquent quand on la fait vivre sous l*eau. %.* La pacùe des.feaiHes des'|Jaiites bulbetises, qui est eachée dans l'oigtiou^ et ^Nft^Cûnséqiiettt éMlée^ est, ;oii dénuée en entier de stomates^ ott n'^eniprésente que qwelquey>tibsclos et avortés. 3/ Toules leà|)]anftes vaso«I»res, vraîmtDt|>araâte8, et<]ài ne sont pas de 'Oeuteur ^cte, BMmqutotdestomates^soksuf letiri^, soitaiémesuf iesiiidimens airortés de leurs feuilles sqcuimtmfonne^ telles sont les brobanchea, les /a<4/v9«^ les fnonQtm)pa,}m fcuscutes, 0aL\ attoentraireycelles qui sont de couleur verte, comme les-guis etles/pnsii^iii^^ ensont abondsQKnedt pourvues» Lkiaage des stomates est uti fK>int important de.pbysiologieietd^acnatbmie végétale, et sur. lequel les OAturalistes oot ^présenté des opinions divecses. Peut-être, <en efifet^ ces orifices p£uveiit''ils> dans diverses ckconâatices, remplir différens emplois.

• Quelques-uns ont attribué aux stomates l^exsudatioa dc^s matières résineuses ou /cireuses qui recouvrent diverses feuilles ; mais lorsqu'on réfléchit è ^universalité des stomates parmi les plantes vasculaires , et à la rareté de •ces eaicréiions, on estfoocé de oondurè que si les stooMtes lervent à leur: formation ou à leur élimination, ce lie peut étire qu'un usage accesscâre de ces orgaoeâ. Quant à la matière cireuse qui forme la poussière glauque des plantes, il ^ présente une seconde objection; c'est qu'elle existe dans, plusieurs fruits , tels que les prunes , par exemple, qui n'ont point destomates , . .. .

qVie t^s'IeuiUes ^ubmetgées^ne sont qtie ées pétidtfs , comme Aeu» le démuntrerons dans la suiu. Voy. Liv, Il , Ch, m , art. a.

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ORGAHBS ÉLÉMENTAIBES. 8&

Ce^ parait les hotbona goiérales des orgtnes ibliacéa tfÊ*3 fàtn ckercher l'emploi dès stomates; ces orifices pei^ Y6ot donc servir, soit à Texhalation on à FabaorpdoB dt hkj *soit à Pexhaktion on à l'iaibibitîoD de Fean.

Qaant à leurs rapports avec la sortie des^gaa, |e ferai remarquer que lear absence daDS les raeines et daas les vîeiOes tiges ^ leur rareté dans les pitiés pétaleïdes, el lenr oUitération dans les parties étiolées, sembleraient , prouver qn^ls servent à Texbalation do gazoxigène; car ces divers organes sont privés de cette fonction; mais, d'un autre côté, ils manquent dans ks feuilles suhineirgces, dans les fruits charnus, et dans toutes les plante^ cellulaires. Or, comme ces divers végétaux exbitoit du gaz oxigène lorsqu'ils sont verts, on ne peut dire que oe soient les Istomates qui rempUsseut cet office : 3s existent dans plusieurs feuilles colorées, et dans quelques pétales qui n'exhalent pas de gaz oxigéne.

M. Théod. de Saussure a f«t connaître la manière dont les plantes absorbent le gaz oxigéne pendant la naît ,. et pa«ratt croire que cette absorption s'opère par les stomaies, parce que les plantés grasses et les plantes de marais q^î en ont peu, absorbent moins que les autres ; mais , x / les plantes herbacées, qui en ont beaucoup , ne sont* pas celles qui absorbent le {4u5 de gaz; 2/ cette fonction s'opière de nuit, et à cette époque les stomates paraissent clos. On ne connatt encore Vabsorptioo nocturne de l'air que dans un nombre de plantes trop harné pour pouvoir se fenner une opinion sur le rôle des stomates à cet égard; il fiuidrait savoir en particulier si les fruits charnus, les pétdes et les végétaux cellulaires, qui sont dépourvus dé stomattes, absorbent de l'air.

On peut, avec moins d'incertitude, apprécier ràolion

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86 ORGANES ÉLiMBNTAIRfiS.

des stomates sur la transpiration aqneosel Us existent dans tontes les pallies fdiacées où Ton %ait qne cette fonction s'exerce; ils sont en plus grand nombre dans les plantes à feuilles membraneuses qui transpirent beaucoup,* quç dans les feuilles charnues <pi transpirent peu; ils manquent dans les feuilles aquatiques, les surfaces étiolées, les fruits charnus, les pétales, les racines, qui ne parais-, sent pas transpirer, au-moins d'une manière analogue au3Ç feuilles. Ils sont fermés à Tobscurité, c'est-à-dire, quand la transpiration cesse, et ouverts au* soleil, c'est-àrdîre , quand elle s'exerce le mieux. Us manquent enfin dans tous les végétaux cellulaires où la transpiration n'a point lieu comme dans les autres plantes. 11 faut en effet distinguer U simple évaporation qui a lieu au travers du tissu, dans tous }es organes, détour et de nuit et en proportion graduée et modérée, d'avec la transpiration qui s'exécute par l'effet de la lumière solaire, en grande dose, uniquement dans les organes doués de stomates, et qui, je pense , s'exécute par eux. Cest pour n'avoir pas fait cette distinction qu'on a opposé des objections inexactes contre cette théorie , qu'Hedwig a indiquée le premier en 1793, que j'ai développée en 1801, et qui a été depuis confirmée en 1802^ par M. Sprengel, et en 1807, par MM. Link et Rudolphi. L'opinion contraire a été soutenue par M. Schrank > qui pense que les stomates servent à pomper Thumidité de l'air. Je crois que l'absorption des vapeurs aqueuses par les feuilles est un phénomène, ou rare, ou hors du cours naturel de la végétation ; les plantes où il est le plus frappant sont les algues aqpatiques, qui pompent évidemment l'eau ambiante par toute leur surfacç; mais ces plantes p'ont point de stomates, et cet exemple prouverait parçonséquent contre cette opinion. .Parmi les plantes vas-

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cuUires, ceUes oùrimbîbitioD de Tean sembk la plus claire, sont lea plantes grasses, qui, comme on sait, vivent loogtemps séparées de leurs racines et semblent se nourrir de fair; )e me suis assuré > par expérience, que ces plantea perdent continuellement de leur poids lorsqu'on le& suspend dans un lien abrité ^ mais que, si on les plonge alors dans Feau, ou si on les expose à la pluie, elles reprennent en très-pen de temps tout le poids qu'elles avaient perdu; donc les stomates, à l'état ordinaire, ne pompent pas l'humidité de l'air; mais les feuilles fanées ou flétries ab« sorbent l'eau qui est en contact avec elles. Est-ce par la ample hygroscopicitédu ti$su ou parles stomates? Voici ce qui pourrait déterminer en faveur de cette dernière opinion.

Bonnet a vu que certaines feuilles peuvent vivre appliquées sur l'eau par Vune de leurs surfaces, ou par les deux surfaces, et il paraît évident que, dans ces expériences, elles pompent de l'eau par la surface superposée au li* quide ; or, c'est toujours par la face qui porte des stomates qu'il faut, dans ces expériences, appliquer la feuille, pour qu'elle puisse vivre; donc les stomates paraissent être, dans ce cas, des organes, absorbaus : cependant, lorsqu'on fait cette opération sur un liquide coloré , les molécules colorantes ne pénètrent jamais dans la feuille , d'où il serait peut-être plus exact de conclure que si les feuilles appliquées sur l'eau par la face munie de stomates, sW inaiutiennent fraîches, c'est seulement parce que le contact de l'eau arrête leur transpiration ; on les met ainsi artificiel* lement ^ns l'état d'un fruit charnu qui , n'ayant point de stpmates, reste frais pendant plusieurs semaines, et même plusieurs mois.

Je pense donc, en résumé, i.*que l'usage habituel des stomates est la transpiration aqueuse, qu'il faut distinguer

88 OBGANES Èh&MBNTMfiES.

de la simple évaporation; ^P qu'il n'est pas impossible qu'ils servent aussi, dans quelque cas y k l'absorption , mais que les expériences s'expliquent tout aussi bien par Thygroscopicité du tissu; 3.° qu'il est également possU)le qu'ils absorbent de l'âir pendant la nuit, mais que les expériences ne sont pas assez multipliées pour s'en assurer.

Indépendamment des stomates , qui sont bien visibles , il est probable que la superficie des végétaux est criblée de pores insensibles ; ces pores paraissent , d'après la marche de la végétation, exister sur les parois extérieures des cellules ou sur la cuticule, mais si petits, que les plus forts microscopes ne peuvent les fiaiire reconnaître, et leur existence n'est soupçonnée que par les phénomènes physiologiques*, ainsi lorsqu'on expose à l'air ime partie d'un végétal qu'on sait, par l'observation, être dépourvue de toutes les autres espèces de pores, on ne laisse pas que de remarquer qu'elle perd graduellement un peu de son poids , et que , par-conséquent , les liquides qu'elle renfermait ont trouvé des issues ; si on place dans l'eau une partie du tissu d'une ulve ou d'une mousse , qu'on sait dépourvue de tous pores visibles , cette partie absorbe l'eau avec une avidité qui indique la perméabilité de sa surface. Ces pores seraient-ils simplement inorganiques, et tels que les physiciens en admettent dans toutes les matières? Se^ raient-ils des glandes infiniment petites qui, dans quelque cas, sécréteraient les matières huileuses, cireuses ou ré* sineuses, qui recouvrent certaines surfaces? C^s pores servent-ils au passage habituel des gaz et des vapeurs , ou à celui des liquides? Toutes ces, questions sont encore sans réponse.

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OBGAIIBS iLiVElTTAIBIS. 89

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