CHAPITRE VII
Des Spongioles et des Suçoirs.
J'ai. désigné,. sous le Mm de potès spongieux oo de $ponf^les{sfW!kpdim)^ certaines parties extérieures da tissn, qm^ sans qu'on j remarque an microscope une organisation bien particidière , ont une tendance très-énergique à absorber les liquides avec lesqueb on les oàfet en contact, et semblent , dans ce cas , agir comme de petites éponges très-hygroscopiques. Elles paraissent formées d'un tissu cellakxre très-serré , et composé de ceQuIes arrondies; je n'avais d'abord rapporté i cette classe d'organes que ceux qu'on observe k i'extrànité des racines , mais je crois devoir distinguer aujourd'hui plusieurs sortes de pores spongieux.
1.^ Les 9po7^oles-radicales (spongiolae radicales) ou pores radicaux de xù^s principes élémentaires, sont situés à toutes les extrémkés fibreuses des racines ; lorsqu'on dissèque ces extrémités, on n'y trouve, à l'intérieur, que du tissu cellulaire arrondi ou en chapelet; mais , quoique le corps entier de chaque fibrille radicale paraisse com* posé d'un tissu cellulaire analogue , l'expérience prouve que c'est par l'extrémité seule de chaque filet que se fait l'imbBHtion dès sucs; en effet , si l'on place, avec Sénebier, deux racines, de manière i ce que, dans l'une, l'extrémité seule touche Tcau, tandis que l'autre y sera plongée par toute sa surface, sauf l'extrémité qui aura été re-
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dressée en l'air; la première pompera tout comme à l'ordinaire, et la seconde n'absorbera pas une cpiantité sen* sible. Cette expérience, qu'on peut répéter facilement sur une carotte, ou une scorsonère , prouve évidemment que l'extrémité des racines e$t douée d'une force hygroscopîque toute particulière; mais si l'on réfléchit que, comme nous le démontrerons dans la suite , les racines ne croissent que par leurs extrémités, on sera fort porté à croire que ce qui distingue essentiellement celte CKt rémité, c'est qu'elle offre toujours une surface membraneuse jeune , qui n'est point encore oblitérée par l'âge, et qui , par-conséquent, jouit, dans toute sa plénitude, de la propriété hygroscopique du tissu végétal ; on concevrait alors comment les extrémités des racines présentent des phénomènes si prononcés, sans que leur structure anatomique offre rien de bien remarquable^
M. Carradori-(i), qui a répété les expériences de Sé-r nebier, a obtenu les mêmes résultats que lui , lorsqu'il a employé des racines de radis ou d'autres plantes déjà bien développées. Il- a varié le procédé en plaçant un radis , d'abord ayant les racines dans l'eau et les spongioles hors de l'eau : alors les feuilles se fanaient; puis les spongioles dans l'eau , et le corps de la racine à l'air, et abrs les feuilles reprenaient de la fraîcheur. Quand, au contraire, il a soumis aux mêmes essais de jeunes plantes de blé ou de lupin, portant encore leurs cotylédons, il a vu que, lors même que leurs racines avaient l'extrémité hors de l'eau, elles continuaient à végéter : il a conclu de ces faits que ces racines pompaient l'eau par toute leur surface;
(i) Degli Organi assorbenti delU radice , ossetv. présent. aUa Sçç» Gçorgof, di Firedza, w-S^.
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mais, de son propre récit, je coudas seulement quie ces jeunes plantes se sont nourries quelques jours aux dépenik de leurs cotylédons*
• Les spongioles radicdes les plus grosses que j'aie ren» contrées sont celles, du pandantts odomtissimus , dont je donne une figure (a). On y remarquera que la spongiole est comme entourée des débri&d'un épîderme qu'elle parait avoir rompu par soq alongement; ces débris tombent ensuite sans laisser de traces sur le corps de la racine , et représentent une sorte de coléorhise rompue; la coiCfe qui termine la racine des lentilles d'eau ou Içmna , semble être une espèce de coléorhize qui, au-^lieu de se rompre par le sommet, pour laisser passer la spongiole^ se rompt par la base , et recouvre la spongiole, comme la coiffe dea mousses recouvre leur uru^. On retrouve quelque chose, .cl'aoialogue dans toutes les racines qpi croissent dans l'eau. (Voyez mon premier Mémoire sur lesLenticelies^ dans les Annales des Sciences naturelles. i8a6. p. i , pi. I ).
79* Les spongioles pistiflaires{s^ïi^o\dd\^%}S^iàV^s) sont les points de l'organe femelle qui absorbent la Uqueur fécoMudante , de la même manière que les extrémités des racines absoibçnt l^iumidité; ils sont ordinairement placés ^ son extrémité, et font la partie principale du atigou^tç;. lorsqu'on dissèque celui-ci , on n'y aperçoit qu'un tissu cellulaire qui ne paraît offrir rien de particulier dans sa structure : nous reviendrons sur ceDe-ci en parlant des organes de la fécondation. .
3.^ Les spongioles séminales ( spongiol® Séminales) , qui sont placées sur la superficie même- de là graine, et