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CHAPITRE IX

Des Glandes.

XJE mol de glande (glaDdnla) signifie, dans l'aDatomie des animaiix, uo-organe s^rétoire, c'est-à-dire, qui sert à tirer do fluide nourricier commun, nn suc ou une humeur spéciale* Il doit conserver la même signification dansFanatomie des plantes; mais il faut avouer que jusqu'à ces derniers temps, les botanistes, guidés par de fausses analogies, ont donné ce nom à des organes très-hétérogènes , et dont plu« sieurs ne sontrien moins que des glandes.Dès les cq^lmencemens de la science , le moindre tubercule a été décrit sous le nom de glande : c'est à Guettard qu'on doit la description la plu5 complète de cts organes (i) ; mais il faut convenir aussi qu'cyji lui doit la plus grande partie des erreurs qui ont été, depuis lui, répétées par tous les auteurs. Ainsi, ce savant a donné le nom de glandes êcaiUemes (gh squamoss) à de petites pellicules écailleuses, qu'on trouve sur la feuille des fougères, et qui ne sont autre chose que les tégumens de leur fructification. (Voy. Liv. III, Chap. VI, art. i".)

Le même auteur a nommé glandes mîliaîres (gland, miliares) les stomates que nous avons décrits dans Fuâ des chapitres précédens.

Sous le nom de glandes globulaires (gl. globulares) , les uns ont désigné certains corps sphériques qui couvrent la

(i) Mém Acad. Se. de FarU;, 1745.

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^ OEGANES ÉLÉMENTAIRCS.

surface inférieure des feuilles d*arroches> et qui sont des matières sécrétées , analogues à la poussière glauque ; d'autres ont appliqué ce nom à de petite globules sphériques, qu'on observe sur les feuiBes des labiées , et dont la nature n'est pas bien connue*

hts glandes vésiculaires (gl. vesiculares) sont des vésîcules pleines d'hufle essentielle ^ et placées dans le paren^ chyme des feuilles du myrte, de Fécorce de l'orange, etc. On ne sait point si ce sont de vraies glandes onde simples réserroirs d'un suc sécrété par quelque organe voisin; nous y reviendrons en parlant des réservmrs du suc propre.

he^ glandes utriculaires (gl. utriculares) sont des vésicules saillantes, pleines d'une lympbe limpide et alcaline, formées par la boursouflure des cellules extérieures, par exemple, dans la glaciale (mesembryanthemum crystaUinum). (a) Nous reviendrons sur cet article en parlant* des poils.

Les glandes lenticulaires ( gl. lenticulares) sont de pe« tites taches qui se trouvent sur les branches des arbres, et qui indiquent les points où les racines adventives peuvent se développer dans des circonstances favorables ; nous les avons décrites plus haut sous le nom de lentitelles. . Tous ces organes , et antres semblables, ne méritent que très-impropremént le nom de glandes , que nous devons conserver pour les suivans :

i^. Les glandes d godet (j^. urceolares) sont de petits tubercules charnus, souvent concaves, qui émettent ordinairement des liquides visquenx ; on les trouve par exemple sur le pétiole des rosacées amygdalées , comme le cerisier.

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(a) DG. , pi. g, grass. ; pL ia8.

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Ces orgmes paratsseat être d% vraies glaades excrét(Mres. Celles qu'on trouve à rextrémité des dentelures desfeuilles, quoique souvent différentes par leur forme , ne paraissent pas différer de ceDe^n par leur nature.

a\ Les glandes nectan/ires (gl. nectariferx) sont dés organes de formes très-diverses qui existent dans les fieurs, ec suintent le plus souvent une Kqueur miellée ; ce sont de vraies glandes, que nous décrirons dans la suke sous le nom de nectaires.

3^Lesglandes qui se trouvait à la base de certains poils, comme dans l'ortie.

4*. Celles qui sont situées au sommet de quelques poils, comme dans le pois-dûche. Nous reviendrons sur ces deux dernières espèces à f occasion des poils.

On voit, par cette énnméralion rapide, combien on a mis de négligence daqs l'étude des organes glandulaires'ou glan* duli&rmes. M. Mirbel a commencé k les étudier (3) d'une manière plus conforme à notre but actuel, qui est l'anatomie> et. a défi remarqué sous ce point-de*vue deux sortes de glandes distibctes par leur structure.

lO.Les glandes ceUubUres (gL cellulares), qui sont formée^ d\in tissu cellulaire très-fin, et n'ayant aucune communication avec les vaisseaux. Lapbpart d'entre elles distillent un suc particulier, d'où l'on pourrait présumer qu'elles sont excrétoires^ c'est-à-dire chargées de porter au-dehors de la plante un suc ^Krété. Telle. est la lame jaune qui tapisse le fond du cahce de la saxifraga crassi^ folia. Les glandes qui entourent les plus courtes étamines du cheiranthus cheiri, celles qui sont placées à la base

(3) Mém» Mas. d'Hist. oat. , 9 1 p. 455 j pi. 35 et 36.

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100 ORGANfiS iLiXBNTAiBBS.

înterDe des parties de la fleur dans la coaronne imp^ riale, etc.

»•• Les glandes vasculaifes (gi. vasculares) offrent, comme les précédentes, un tissu celluiaire d'une gfande finesse, mais sont traversées en différens sens par des vaisseaux, et ne rejettent point au-debors des sucs partî« culiers, ce qui donne Leu de penser qu'elles sont récrémentitielles, c'est-à-dire chargées de préparer un suc particulier, qui est repompé et employé dans l'intérieur du corps de la plante; tel est, par exemple, le bourrelet épais et blanchâtre qui se trouve au fond de la fleur du cobœa»

Cette division , en glandes cellulaires excrétoires et en glandes vasculaires secrétoires, mérite d'être étudiée sur un plus grand jiombre de plantes qu'elle né Ta ét^ jusqu'ici. Mais indépendamment des glandes visibles à l'œil, il existe sûrement dans lés végétaux un grand nombre de points ou de surfaces glandulaires qui sécrètent certains sucs, et qui échappent jusqu'ici à nos recherches anatomiques.

Pour compléter l'exposé de nos connaissances actuelles relatives aux glandes, il est nécessaire de nous occuper des poils et des réservoirs du suc propre; c'est ce qui fera l'objet des chapitres suivansi

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