CHAPITRE X
Des Poils.
ARTICLE l^^.
Des Poils en général.
Z^ovs le nom commun de poils (pili^ tiH!) (i), ob ài^ figne généralement toutes ces petites productions molles et filiformes qu'on observe à U superficie des végétaux y et qui ressemblent beaucoup en effet aux poits des animaux parleur forme, et , à quelques égards , par leur structure et leur bistoire. Les poils des végétaux sont tous des prolongemeos d^une ou de plusieurs celfoles gui, par leur saJ.Nîe, sont proéminentes au-dessus de /a surfacie; ainsi, entre une glaude vésiculaire, par exemple, et un poi), il n'y a d'autre différence que la formje propre à ces, deux organes. On doit distinguer plusieurs classes de poils qui ne se ressemblent que par leur forme générale ,^ mais qui difTèrent beaucoup par leur usage, leur origine et leur structure; dans chacune de ces classes, on peut ranger plusieurs sortes ^ poils qui ont reçu des noms particuliers dans les écrits des botanistes. Guettard (a), qui a beaucoup observé les poils, et qui, diaprés cette considération, a
(i) Voy. Malp. Opet. , éd. iii-4^ « , i , p. a » p. î36 , f. 8a . toi. Duham. Pbjs. Arb. » a, pi. iS , f. iio* Torp. Icon. ^ pi. 5, f. 1-8.
{<%) Mém. Acad. des Scfencei de Paris ^axkt 174^. Obievr. sur \n Plaolet , a to). in-ta. Paris, 1747-
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lOa OBGANBS ÉLÉMfiNTAiafS.
essayé de classer tes végétaux, a multiplié les termes relatifs à ces organes; quoique ces termes soient pour la plupart de peu d'importance , nous croyons devoir les indiquer rapidement, parce quilsnous donneront l'occasion de passer en revue les formes diverses des poils. Je les rangerai sous quelques dasses générales, savoir: i.^ Les poils glandukuxf %,^ les poib lymphatiques ou non glanduleua:} 3.* les poiis coroUinsf 4*^ l^S poils écail^ leux; 5.®lesc/7r; 6.^ les poils radicaux.
ARTICLE IL JDes Poils glanduleux.
Les poils glanduleux eux-mêmes sont de deux sortes y savoir : les foi\s glandulifères (pili glandttliferi)> qui sont les supports de petites glandes particulières, et les poils excrétoires (pili excretorii), qui sont les canaux ou les prolongemens par lesquels l'humeur contenue dans une glande se vide au-dehors.
Sous le nom de poils glanduliféres, on peut réunir ceux qu'on a nommés, i,o poils d cupules (pili cupulati) (i)>ce sont de petits filets terminés par une glande concave; par exemple, dans le pois-chiche^ ou cett^lande suinte un suc acide. 2.* Les poils en tête ( pili capttati); ce sont les filets simples terminés par un renflement glanduleux et sphérique; tel est, par exemple, le dictamnus albus. 3.* Les poils, à plusieurs tétas ( pili polyeephaK ) y ce sont des filets rameux dont chaque brandie se termine par une
Cl) Guelt., Obs. Plant., pi, a, f. 5, lo, 14.
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QHGANfiS ÉLÉMBNTAIEBS. XoS
paîie lele glanMaBe, comme on le voit, par exemple, dêm$ le croton penicillatutn (2).
Som la déoooiioatioii gà>éfale de poils excrétoires, je coepreods les canaux excréteurs de certaines glandes; tels sont y par exemple | les poils en alêne (3) (pili snbnlati)^ ou ceux dont la glande se^stle snr la partie qui la porte, se prolonge en un filet tobnleux et acéré; c'est ce. qu'on voit dans rortie; ids ^ont encore tes poïs en naçeue (4) (pili malpighiacei), dont la base glandalense. porte mi p^ horizontal, attaché par son centre, tnbu-) lêttx ik rintérienr et qui, par ses! deux extrémités, peut donner issue au liquide renîermé dans f intérieur; c!est ce qui a Ueu dans dans le malpighi^ urene» U est ^iffke de: r^narque , 1 .* que dans toutes les glandes mutûes de peils' excrétoires, la Uqueur sécrétée par la gWode est tfuoei nature causûq^c v %*'' que cette liqveur, qui ne ^ort jamais, naturetiemeot, ne se dirige rers l'issue qui lui est préparée, que lorsque la glande, pressée par un corps franger, laisse échapper comme de force la liqueur qu'elle ren» ferme : cette Uqueur suit le canal excrétoire , lequel, par sou extrémité acérée, la dépose sous lepiderme de fanimal qui vient à le toucher imprudemment. Cette orgamsation défensive n^ppelle tout«à-fait la structure des dents à veniB des serpeos.
ARTICLE in.
I>es Poils lymphatiques ou non-glanduleux. Les poils non-glanduteux-ou, comme on dit Iréquem-
(a) Vent. , Choix de Pknt. ; pt. la.
(3) Gii«U. y OU, PWiU. , pi. a , tst. 6, 7.
(4) Guett. ,1. c. , pi. 3 , £. A. I, et B.
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lo4 OllGAN£S ihiMUNTAlhEB.
ment , les poils lymphatiques, sont beaucoup plus fréque dans k nature que les précédens, et ne leur ressemblant réellement que par leur forme générale. Ce sont des filets saillans hors de la surface, formés par une ou plusieurs cellules ; on ne les a presque , jusqu'à-présent, classés que sous des rapports extérieurs et de peu d'importance ^ savoir : leur consistance, leur direction ou leur forme. * Ainsi, sous le rapport de la consistance, on a remarqué que les. uns étaient trés-mous, les autres très^oides, et la plupart offrent tous les degrés intermédiaires. Sous le rapport de la direction, les uns sont verticaux ou peq>endiculaires, sur la surface qui leur donne naissance; d'au* très plus ou> moins couchés en avant, quelques-uns plus ou moins couchés en arrière; il en est de parfaitement droits, d'autres qui sont crochus au sommet, plusieurs qui se crispedt , ou s'entrecroisent les uns avec les autres. Quant à leurs formes ,* on en trouve de cytindri* ques et de coniques très-alongés. On en voit quelquefois en forme de larmes bataviqnes ou en cônes renversés : on en trouve de grenus ou cloisonnés; et, parmi ceux qui se ramifient, on en trouve, ou fourchus à deux, trois ou un plus grand nombre de branches, ou étoiles a leur sommet, ou divisés dés leur base en branches qui semblent autant de poils distincts, réunis en faisceaux partant d'une base commune (i). J'ai énuméré, dans la Glossologie, toutes ces diverses modifications des poils, et les différences qui en résultent pour l'aspect extérieur des végétaux , et j ai indiqué les termes par lesquels on les désigne. Mais il convient maintenant de les considérer sous U point-
(0 Voy. pi. a , f. I , i, k, l, et f. 5, rf.
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OkGAKBS iLiVBHTAlHBS. loS
de-TU^ de rOrganographie. Les çrÎDCtpiles diffiérences de
forme qui méritent d'être mentîonoées sons ce rapport j
Mot les suivantes :
i«* Les poils simples, on fonnés par le prolongement d'une seule cellule : ib n'ont, par-conséquent , ni doîsoa interne, ni ramification; ce sont les plus fréquens de tous dan» le régne y^tal : ik sont, d'ordinaire, cylindrico-co* niques , ou coniques proprement dits, trés-variables, surtout par leur longueuri leur consistance , leur direction et leur nombre.
a«. Les poils cloisonnés (a), on formés de plusieurs cdlules placées bout-à-bout en une série simple, et séparées par des cloisons plus ou moins visibles : on leur donne souvent le n^m de poils articulés, terme évidemment inexact , puisqu'il n'y a , dans aucun d'eux , nulle sorte d'articulation ou de point naturel de séparation. On pent les distinguer, selon qu'Us offrent une apparence cj« lindracée ou conique, ce qui a lien quand las cellules ne sont point renflées ; ou une forme grenue étranglée ou moniliforme, ce qui est dû i ce que les cellules sont souvent renflées entre les cloisons, d'où résulte que celles-d £)rmeDt comme autant d'étranglemens.
3«. 1.68 poils rameuaf sont formés de plusieurs cdlules qm*, au-Iieu d'être placées bout à bout, divergent dans des directions différentes : on conçoit que ces modes de ramifications peuvent varier beaucoup sans que la nature du poil en soit fort altérée; c^est ici que se rangent (3) les poils fourchus ou en T des alyssum, lespoik trifurqués — ■ • I
(a) Voy. pi. a , f. 5, rf, et Guett., Obserr. , pi. 4, f. i, a.
(3) Gnett., Obi. PlanU, pi. 3, f. F. G. H.D., N.«« 3, iSj pi. 4, f. 5, i3.
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106 OBGAIfBS iLiir£NTAJR£S«
OU trifidcs de'pluaîenrs cnicifères, les poik dichotomeft deiidriques crucifères, lespoîfe tDDavetle, ou qui, divisés dés leur base en deux branches étalées sur la surface de 1* IcuîHe, et dirigées en ùiie.setde ligne, semblent de petites Atyettes posées hortzoDtalemeDt, conmie on le voit dans Yastmgabt^ asper; les poib rayouBans m sommet; ceux qui 86 ramifient dès la base, et semblent en faisceaux , comme dans b mauve alcée; ceux en goupiBon, qui sont des poils noueux dont chaque mxud émet un verticille de poils, comme dans les pilomîs; et enfin les poils eft éoiv son, qui sont des poSs rayonuaos d'une base commuoe, et tous soudés ensemUe en un discpie horiaostdl attaché pair le centre , coôime dbms Velwagnms. .
'4^« Les poils aculéiformês : je désigne sous ce mm ka poila qui, au4iett<f être tormés deceUtiles c»m(>le série, sottt composés de plusieurs cettules agglomérées, comme dans le tissu cellulaire, et doul la réumon, saittante hors de la surface, a la forme générale d'un poil : ces organes sont, ai général, plus épais que les poils lymphatiques ordinaires, et piosteurs d'entr'eux tendent à se Confbndre,: ou avec les peifa glanduliferes, ou avec les aîguilloos; 'A n'y a même aucun, caractère précis pour les en distinguer, si ce n'est kur mollesse, comparée ï la dureté des aigtaHous; mais CDOune ce caractère admet tons lea degrés intermédiaires, il est réelkmeul impossible de di»tiuguer, avec pcécisiou, les poils actdétformes des vrais aiguittotts (4).
Les poib lymphatiques ne naissent que sur les parties des végétaux exposées àFair; atnsf, ou n^en trouve point
(4) Voy. Liv. IV, chap. i.
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OB«ANBS ÉLillXNfAIBBf. ' lOy
ni s«r les vrttos raciiMs, saof au momttit de la germina* t|QD, iB sur les portions de tiges ou de beaiochesqni sent cachées sous terre, ni sur toutes ks parties des végétavr ftti Tirent daas Teau^ On les tio«re fréquemment sur les t%es ou branches de Tannée , et quelquefois ib persistent anssi sur les troncs ; ils sont fréqneus sur les surfaces des feuilles, des stipules et des calices ). surtout à la iàce infé« rieure; il est rare d'en trouver à la sur&ce supérieure, et non à L'intérieure : c'est ce qu'où observe eependant aux feuilles sémiuales de foriie, aux feuiUea oedinakes du -pas^ serina hirsuUiy etc. Ou trouve eneoifia des poils' sur les pétioles et it$ pédoncides, sur la superficie externe des péricarpes : il est rare d'eu trouver à k face interne de ceux*ci y cependant les valves de la gons^ du jacksania en offrent un exemple. Les poik des graines doivent philét être rapportés à la classe des poils écaifleox*, quelques eo*roMes portent des poils lymphatiques, et dWres ont des poik coroUiflS.
I^ position générale des pmk lymphatique^ si» les par* ties exposées a f air, prouve donc que Fusage de ces or* ganes est en rapport wttc l'atmo^ère.
Les poik août eu généralbeauconp pbs rares dans les pkfiies qui viv^t à Fomhre ou dans les lieux gras et humides ,. ef manquent complètement dans les plantes étiolées ou qui <M)t cru à l'obscurité; ik sont, au contraire, plus aboudans ea général dans les plantes qui croissent dans les h'eux diauds , secs et bien exposés an soleil
De ces faks, on a conclu généralement queles po3s lymphatiques sent des organesévaporaloires; ctff on ks trouve en petke quantité sur les pkntes qui évaporent peu , et en grand nombre sur celles qui évaporent beaucoup. J'avoue
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108 OBGAlfBS ^LilfBlfTAIBBi.
qne je suis porté i eo tirer la codcIqsîod contraire , et à croire que les poils sont des obstacles naturels à Térapor ration, en ce qu'ils d>ritent les parties parencliyniateuses contre Faction de la lumière solaire, qui est le grand agent de l'ëvaporation. On conçoit alors pourquoi ils manquent dans les^plantes ou parties de plantes qui sont dans des drconstancea peu favorables à l'évaporation, telles que les plantes étiolées , les plantes grasses et les plantes aquati* ques j qui ont peu ou point de stomates, ou les plantes dés lieux ombrage qui reçoivent imparfaitement l'action du •oleil ; comme, au contraire, ils sont très-abondans-dans les plantes exposées à toute Faction solaire, et qui seraient desséchées par une trop forte évaporation.
Je me confirme dans cette opinion en comparant les poils avec les stomates; ces deux organes, quoiqu'ils paraissent quelquefois mélangés, ont chacun une place très-déterminée ; les stomates naissent sur le parenchyme, et c'est là , en effet, que s'opère Févaporation : les poils lymphatiques, naissent coqstamment sur les nervures ou sur leurs ramifications; mais les nervures sont précisément les parties oà il s'opère le moins d'évapoi^ation , et , par-conséquent , il est peu vraisemblable que les poils qui naissent invariablement sur elles, servent à cet usage; on conçoit , au contraire , sans peine , que les poils peuvent , lorsqu'ils sont longs ou abondans , recouvrir les stomates du parenchyme, les abriter contre Faction delà lumière solaire, et tendre ainsi à diminuer son action lorsqu'elle est trop intense : on se rend ainsi raison d'une circonstance bizarre en apparence, c'est que les poils sont presque toujours placés dan& les végétaux sur les mêmes surfaces qui portent les sto-. ipates; ainsi la face supérieure des feuilles qui, le plu^
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OBGANBS iLilfBXTAiBBS. 10^
Bouteol, n'a point de stomates , n'a non plos en général que peo 00 point de p^ils ; tandis que ceuxHÛ sont d'ordinaire afK>Ddans à la £Bice inférieure où sont les 4>rganes évaporatoîres. Il serait d'ailleurs extraordinaire d'attribuer le méiue usage à deux organes aussi dif ferens que les stomates et les poils, et enfin les autres emplois accessoires que les poik nous présentent, sont tous relatifs à la protection des sur* faces végétales contre les intempéries atmosphériques.
Dans plusieurs cas, les poik lymphatiques servent à protéger les organes délicats contre le froid de l'atmos** pbére; c'est ce qu'on remarque très-évidemment dans la bourre touflue qui se trouve sur les jeunes feuilles, au moment où elles sont enveloppées* dans leurs bourgeons ou quand elles viennent à-peine d'en sortir; c'est ce dont chacun peut s'assurer par l'inspection du bourgeon du maronnier d'Inde : ces poils mous , longs et crépus retiennent de ïâir captif autour des organes délicats , et empêchent la transmission de ia température extérieure, absolument comme les fourrures des animaux : ils tombent ou se détruisent, d'ordinaire, lorsque les organes ont pris plus de consistance ou qu'ib ont passé les saisons critiques ; on connaît une foule d'exemples d'oi%anes velus dans leur jeunesse , et qui deviennent ainsi glabres dans leur état adulte. On ne peut nier que les poib ne soient, dans plusieurs cas, des abris contre l'humidité extérieure; ainsi , lorsqu'on pk»ge dans l'eau les . feuilles du frambçisier, par exemple (5), on voit que la surface inférieure, couverte de trèspetits poik serrés, et appliqués immédiatement sur elle ,
(5) In^cnhooM , Esp. sor les V^g. , p. iô* Boucher, Disc, fur
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IIO OBGAN88 ÉLÊME NT AIBB8.
ressort de Têtu saas e'étt^ moaillée , p«roe que ces petits poils retienneiu sur la feaille one concbe d'air captif qui la met a Tabri da contact iimnédiat de Teau. La plupart des 3urfaces velues présentent ce phénomène à nn degré plus ou moins prononcé; il est remarquaUe qne la phpart des sur&ces glabres <mi quelqn'autre moyen de protection contre lliumidtté , comme, par exemple , d'être couvertes ou de poussière glauque (6), ou de cire, ou de matières çbireuses , huileuses ou visqueuses , non mscibles i l'eau.
Enfin il est des cas ou les poils servent évidemment de protection , ou contre les insectes <m contre rfaumidité : ain^, par exemple, tous les calices de lAiées qui ne se closant pas d'eux-mé^ies après la leuraison, présentent i l'intérieur de petits poik couchés onà peitie visibles pen4^nt la fleuraison,.qui se relèvent ou s'alongent ensm'te, de manière a clore l'orifice du tube , et k défendre son entrée, soit contre les insectes, soit contre la pluie. On seraittenté de croire que les poib roides hérissés, étalés ou rebroussés, qu'on trouve dans plusieurs végétaux , sont des défenses contre les insectes , et l'analogie de certains poib avec les aiguillons tend encore aie confirmer.
Les poils des Végétaux sont donc en définitive , comme ceux des animaux, des organes protecteurs des surfaces sur lesquelles ils se développent; ils les protègent on contre l'excès de la lunuère solaire , ou contre les variations de la température , ou contre l'humidité, ou quelquefois contre les insectes. Je sais* que dans chaque cas particulier, il n'est pas toujours facile d'assigner le rôle des
(6) BoacheTy Diss. , 1. c.
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ORGANES ÉL^MBNTAIRBS, 111
poSs; mais je crois œpendaal <pie la théorie générale ne penC guère être révoquée «o dkmte.
Lft diversité ides formes des poib qu'on nencootre quel* quefois sur raie même surface est proUblemeiit liée arec h diversité de Jenrs usages : ainsi il est possible que les uns serveuV de défense contre les îasecAes, et les autres eootre l'humidité ou l'action trop intense de la lunuère.
La diversité de dorée des poib doit probablement aussi être rapportée à la même cause; ainsi il an des poils qui se détruisent ou tombent de très-bonne heure : tels sont ceux des bourgeons dont j'ai déjà parié , et qui sont destinés à protéger les feunes pousses contre le froid et rbnmidité. En général , les poik naissent aur les nervures des tiges ou des feuiDes au moment de leur naissance, d'où résulte <{ue , par le développement gradael de ces organes^ les pofls tendent à s'écarter les mis des autres*, sans qfue leur nombre total «it cependant diminué. Ainsi il n'est pas rare de voir des feuilles ou des ovaires qui dans leur jeunesse sont entièrement couverts de poils très*serrés , et qui dans l'état adulte semblent n'en avoir qu'un petit nombre , parce que l'accroissement en tout sens de la surface les a forcés à s'écarter les uns des autres. Le phénomène mverse se rencontre aussi , quoique plus rarement. J'ai déjà parlé plus haut des poils qui se développent aptes la fleuraison dans les calices des labiées; voici un autre exemple asse% curieux de ces développemens tardifs de poik qui m'a été indiqué par M. Deleoze : la panicule du rhu^ cotinus est presque entièrement glabre pendant la fleuraison ; après cette époque , ceux des pédiceUes qui portent des fruits restent encore glabres ou à-peine pubescens ; tandis que dans
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lit OR«ANBtf iLiiIBNTAIftBi*
ceux dout les fruits avortent y et c'est le {dos grand nombre, il se développe un nombre considérable de poik éulés, qui leur donnent un aspect hérissé, d'oàTon a tiré le nom d'arbre à perruque., que les jardiniers donnent à cet arbuste : peut-être la sève destinée à pourrir les fruits ne trouvant plus d'emploi, lorsque ceux-ci oqt avorté, produit-elle ce développement extraordinaire de poils. Quelques filets d'étamines (^verbascum{'j)^ tradescanda) deviennent aussi poilus quand le)i anthères avortent, et probablement par la même cause.
Dans les exemples que je viens de citer, il semble qof les poils doivent leur développement a une grand^abondauce de nourriture; tandis que dans le plus grand nombre de cas , il parait au contraire qu'une trop grande aboo« dance de nourriture tend à en diminuer le nombre : ainsi la plupart des plantes cultivées dans des terrains fertiles en ont moins que celles des terrains stériles : serait-ce que dans ces cas la sève se porte toute entière au déve^ loppement des bojurgeons ou du parenchyme, et non à la formation des poils ?
ARTICLE IV
JDes Poils corolUns.
Je désigne sous ce nom les poib qui se trouvent sut les péules , les {>érigones , les étamines et les styles , lorsqu'ils sont de nature semblable aux pétales : ainsi .on trouve sur les corolles des cucurbitacées, sur celles du menyanùhes {\), et dans une foule d'autres plantes, des
(7) Schkilhr. , Handb. , pi. 42 , o.* (0 Bull. , Herb. fnmc.» pi. i3f«
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ORGAKfiS ttiUBnr AIRES* ,■ ll5
P<hU colores évid^mmeBt oofiformed à la nature des pétales. Ces poils présenlent presque tontes les formes qu'on trouve dans les poils lymphatiques : ainsi on en voit de simples , de cloisoimés , de rameux et d'acutéi£of mes ; niais on ne peut cependant l^s confondre avec lesvrjb poils lymphatiques qui existent aussi quelqnefSMS sur les méaaes organes : ainsi certains étendards de légumineuses on certaines corolles de campanulacées offrent des poils qi^ paraissent semblables aux poils ordinaires, tandis que les étamines des Uadescantia et des verbascum. en offrent de trés-di££?reBs. Le rôle ^ fusage des poils corollins est plus difficile encore à déterminer que celui des poils lymphatiques , et toute leur histoire est jusqu'à-présent fort obcure. Je ne les mentionne «que povff attirer sur eux l'attention des observateurs.
ARTICLE V
Des Poils scarieua:.
Sous le nom de poikacarieux, )e désigne ici un genre particulier de poîk de oaUure sèdie et écaiUeuse , qui , dans diverses parties des végétaux vivans, se présentent à un état de mort ou d'atrophie, et qui ne jouissent presque pkis que des propriétés hygroscopiques inhéf entes au tissu végétal : ces propriétés sont même d'autant [dus sen-s sibles sous ce rapport , que les poils sont plus complètement dépouillés de sucs. Tds sont les poils élargis en écaille qu'on trouve sur les pétioles des fougères ; tels sont les poils qui composent les aigrettes des composées, ^ des dipsacées, eu des valérianées; telles sont les houppes' qui naissent sur les glumes ou les glumelles des graminées, on cefles qui eMourent les fruits des enophorum^ telles