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CHAPITRE XL

Des Réserpoirs du Suc propre.

\Jix désigne depuis long-temps, sous le tiom de sucsprv^ près, ces liquides colorés dhine nature pardcuHère, qu'oD trouve dans certains végétaux: ^%t les vases dans lesquels ils sont renfermés avaient été nommés vaisseaux propres. On lès assimilait tellement aux véritables vaisseaux, que c^est dans ces dernières années seulemrat qu'on a commencé à étudier leur structure avec quelque soin. Nous parlerons des sucs en nous occupant des sécrétions des plantés ; nous devons seulement, en ce moment, faire connaître la forme des vases qui les renferment. '

H parait, d'après les belles observations«de MM. Ben> hardi, Mirbel et Trevirauus, sur ce sujet, que les sucs propres n'ont pas de mouvement sensible, et qu'ils ne sortent de la plante que lorsqu'on brise les enveloppes qui les renfermaient. Ces enveloppes sont, en général, des parois plus épaisses, plus consistantes que celles des vaisseaux lymphatiques; elles sont toujours dépourvues de toute espèce de ponctuations où de raies, de sorte qu'on' les reconnaît facilement à ce caractère lorsqu'ils se présentent sous le œieroscope* On- les distingue d'autant mieux qu'ils sont généralement d'un diamètre plus considérable que les vrais varsseaux, et surtout en ce qu'ils n'ont pas des formes aussi régulières, et que même la paf pi qui les circonscrit ne parait pas leur appartenir ; il

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ORGANES ÉLHMBNTAIRES. IlC)

semble, comme Grew Tavait déjà indiqué, que les sucs propres, sécrétés dans certaines parties par des glandes ou des membranes encore inconnues, se déposent dans le tissu cellulaire voisin, le distendent ou le rompent, et y forment ainsi des cavités arrondies ou aIongées,.qui ont l'apparence vascubure^ mais qui, comme on voit, diffèrent totalement des vaisseaux: dans cette hypothèse, ce seraient de véritables sacs kysteux, fort analogues, par exemple, à celui qui forme dans les animaux les anévrismes enkystés. M.Linkles désigne spus le nom de réservoirs dusMtcpmpre (receptacula suéËproprii ), qui leur convient toQt-à-fait, et qui doit être adopté, afin de- bien séparer ces organes des vrais vaisseaux.

En considérant les formes diverses qu'offrent les réscrv<Ârs des sucs propres, on peut les ranger en plusieurs chssea :

I*; Les réserpoirs vésiculaires , qui sont ce que les auteurs ont appelé glandes vésiculaires, c'est-à-dire, ces vésicules à-peu-prés sphériques, situées dans le tîssu des femttes, comme on le voit dans le myrte ou dans l'écoYce extérieure de l'orange, etc. Ces vésicules sont quelquefois l^èrement alongées, soit lorsqu'elles se trouvent dans des parties o41e tissu cellulaire est alongé , soit peut-être lorsque deux de ces cavités arrondies viennent à se réunir. On trouve de ces glandes vésiculaires oblongues assez^ fréquemment dans les feuilles des saroydées : quelle que soit leur forme, leur suc ne sort que quand l'enveloppe est rompue > cette sortie du suc est très- visible dans les feuilles de schinus molle $ étant coupées par fragmens et placées suc l'eau, elles laissent çchapper leur suc par jets interouttens , qui frappent l'eau et déterminent sur la

lâO ORGANES éLÉMBir^AIBES.

feuille uo mouvemeot de recul. Les réserroirs vésicidaires renfermeut tous des sues huileux, volatils et aromatiques.

2*. Les réservoirs en cœcum sont.des espèces de tubes courts, absotument fenaës à l'use de leurs extrémités; tels sont, par exemple, les petits coïkduits pleins d'huile volatile, qu'où observe sur l'écorce du fruit des ombellifères, et qui, commeuçaet par le haut^ parviennent dans diverses espèces » au tiers, à la moitié, aux trois quarts de la longueur du fruit.

3^. Les réservoirs tubuleÈÊt^ désignés par M. Mirbel sous le nom de vaisseaux propres solitaires (i). Ce sont des tubes d'une longueur indéfinie, solitaires au milieu d'un amas de tiisu cellulaire. Grew les a très-bien observés ; il a figuré ceux du pin sous le nom de turpentine vessels, pi. 20, fig. 3; ceux du sumac, sous celui de milk" vessels, pi. 20, fig. 4* Leur paroi est formée ordinairement par un tissu cellulaire, très-serré et très-compact, comme M. Mirbel l'a fait voir dans les réservoirs tortueux du pinusstrobus. L'intérieur de ces réservoirs est souvent rempli lui-même, dans sa première jeunesse, d'un tissu cellulaire qui se détruit peu-à-peu.

4*. Les réservoirs fasciculaires ou vaisseaux propres fasciculaires , découverts par M. Mirbel (2). Ce Sont des faisceaux de petits tubes parallèles, ou de cellules fort alongées, qui renferment un suc propre : c'est dans des organes de ce genre que sont renfermés les sucs propres des apocinées ; les fibres de Técorcè du chanvre ne sont qqe des faisceaux de réservoirs fascîculsâres.

(i) Élém., pi. 10, f. 16. Théor., ëd. a, pi. 3, f. 11. (a) Élëm., pi. 10, f. 17. Théor. , éd. a, pi. î, f. la.

OBGAN£S iLÉMEICTAlKES. 121

5«. Les réservoirs accidenS0ls : \e réuiûs SOUS ce QOm des cavités qai se trçuveiit pleines de suc propre, sans aucune régularité, et qui deviennent réservoirs de suc profHTe, sans qu'ils y aient été fondamentaleaieitt destinés ; c'est ainsi <pie les sucs propres s'infiltrent souvent dans les vaisseaux lymphatiques des conifères, dans les cellules de la moelle de œrtains euphorbes, etc.

Les détails dans lesquels je viens d'entrer prouvent bien ce que f avais avancé plus haut, que les. sucs propres n'ont pas véritablement d'organe spécial; ils se. nichent dans ks cavités qui* les a voisinent, et se forment des espèces de sacs, d'apparence membraneuse ou fibreuse. Ceux qui admettent l'existence des méats intercellulaires, regardent les réservoirs des sucs propres comme formés par la distension de ces canaux, et la compression des cellules voisines; ceux qui nient l'existence des méats intercellulaires sont obligés d'admettre la rupture et la désorganisation du tissu pour opérer la formation de la cavité destinée au suc propre. La première opinion est plus facile à comprendre ' sous le rapport anatomique; mais, tout en l'admettant de préférence, je ne me dissimule pas qu'on à peine à comprendre dans cette théorie , pourquoi , dans un grand nombre de cas, les réservoirs sont si nettement terminés. Les réservoirs des sucs propres, comme les sucs propres eux-mêmes, se trouvent dans plusieurs familles de dicotylédones, telles que les guttifères, les hypéricînées, les chicoracées, les euphorbiacées, les myrtacées, les apocinées, les artocarpées, les conifères, etc. On n'en a point encore observé avec certitude , ni dans les monocotylédones, ni dans les acotylédones.

Les réservoirs divers du suc propre sont généralement

IM ORGANES tL^M EN T AIRES»

placés dans le tissu cell&laire de Fécorce, et, pjir-consé- <|uent, rejetés sans cesse vers la superficie par la âistensiou que produit Taccroissement du bois, d'où résulte qu'ils manquent souvent dans les écorces fort âgées : ce sont ces réservoirs corticaux que HiU désignait sous le nom de vaisseaux propres extérieurs; mais sous la dénomination de vaisseaux propres intérieurs et intimes, il désignait indiffé-. remment des organes très-disparates où le suc propre se nicbe quelquefois, et situés dans le bois et la moelle. Les véritables sucs propres paraissent tous sécrétés dans la, partie verte et, par-conséquent, extérieure des plantes.

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