Tome I
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l46 OaGANBS F05DAMfiNTAUX.
pons : dans ces cas y rextrémité des tiges ou des branches annonce seule la tendance à la direclion verticale.
La tige porte des ramifications qui, comme on sait, ont reçu les noms de rameaux ou de branches (rami). La partie indivise de la tige porte, par opposition, le nom de tronc (truncus), et l'ensemble des bryiches celui de cime (cyma). Ces branches, qui ne sont que des espèces de tiges partielles, tendent, comme le tronc, k la verticale ^ surtout dans leur naissance; Vest leur direction, par exemple, qui, dans le saule herbacé, fait reconnaître que la partie souterraine est une véritable tige. Nous verrons dans la suite qu'on doit considérer chaque branche comme un tout entier, greffé sur le tronc ou la branche mère qui lui a donné naissance.
La tige porte toujours les feuilles quand la plante est destinée à en avoir. Il n'y a de vraies tiges sans feuilles {aphylli) que celles des plantes où il n'y a de feuilles nulle part, telles que les orobanches, la lathrée, etc. ,.et encore dans ce cas les feuilles sont représentées par des écailles^ comme dans le latirea, et même dans la cuscute, ou des tubercules, comme dans \eseapelia(S). Les hampes (^capi), sont ces organes dépourvus de vraies feuilles, ou ne produisant que des feuilles florales, qui portent les fleurs de certaines plantes, telles que la pâquerette et la jaciothe; ce ne sont pas de vraies tiges, mais des espèces de pédoncules qui naissent d'une souche courte et souterraine (9).
Le point où la tige se réunit à la racine, point qui est ordinairement placé à la surface du sol, porte le nom' de coi&/(collum). Grew lui donnait, en anglais, le nom de
(8) Voy.pl. 3a, f. 9.
(9) Voy. Liv. m,Ch. i,an. a.
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ORGANES FOlfDAMElfTAUX. \l^'}.
coarcture. M. Tarpio a été conduit, par dçs comparaisons
airec le règne animal, à le nommer iîgne médiane hori-
zontaie (lo). M. de Lamarck Ta désigné sous celui de
nœudvital^ parce que c'est en effet une espèce de centre ,
au-dessus et au- dessons duquel les fibres jouissent de
propriétés fort diverses ; mais ces fibres paraissent con*
tinues, et l'anatomie interne ne rend encore aucune raison
de la différence qui existe entre elles, de sorte que le
collet est plutôt le point de démarcation de deux organes,
qu'il n'est nn organe lui-même; sa place même n'est pas
toujours facile à reconnaître avec certitude. Il est en effet
certaines t%es qui, comme celles des eryngium, prennent
tellement par le bas l'apparence et la consistance des
vraies racines > qu'on ne peut les en distinguer que par
leur directioti ascendante.
Certaines tiges présentent d'espace en espace des nœuds (nodi), c'esft-i-dire, des points plus épais, plus consistans , et qui paraissent formés ou par des plexus de fibres, c'est ce qu'on voit dans les graminées; ou plus rarement par des concrétions pierreuses analogues à des calculs, oomme, par exemple, dans les joncs improprement dits articulés. La parfie de la tige qui se trouve entre deux nœuds, porte le nom Sentre-nœM (intemodium); lès feuilles partent ordinairement des nœuds dans les tiges noueuses ; de là est venu que , même dans les tiges qui ne sont pas noueuses, on désigne souvent la partie de là tige comprise entre deux paires ou deux rangées de feuilles, sous le nom à^ entre-nœud ^ et M. Turpin nomme nœud vital le point d'où part la feuille ou la paire de feuilles, en étendant
(10} Iconogr. , pi. 4 ^û j fig. I et Q , lettr. aa.
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l48 ORGAlfES FONDAUBN TAUX.
ainsi par des vues tbéoriqaes le sens primitif de ce terme* Oo coDfoDd souvent aussi les tiges noueuses avec le3 tjges articulées, c'est-à-dire, munies d'espèces d'articulations ou de points qui peuvent se rompre sans déchirement du tissu. Cette erreur provient , i.^ de ce que les articulations des tiges sont presque toujours munies de bourrelets ou de tumeurs qui ressemblent à des nœuds; 2.* de ce que les articulations ne peuvent se rompre que pendant la première ou la deuxième année, et qu'ensuite elles présentent assez de consistance pour sembler de véritables nœuds. Cependant on conçoit sans, peine que des nœuds et des articulations sont très-distincts; les premiers, formés par des plexus de vaisseaux, offrent des points plus consistans que le' reste du tissu; les seconds sont au contraire les points de la tige les moins consistans et les plus faciles à rompre ; ainsi les tiges des vignes, des carjopbyllées, des géraniées, sont articulées dans leur jeunesse; l'intervalle entre deux articulations porte indifféremment les noms d^artîclea, d'entre-nœuds ^ ou de merithalles ( articuli , internodia , meritballi).
La sommité des tiges ou de leurs branches est généralement verte, molle, herbacée :'il est un grand nombre de tiges qui offrent cette apparence sur leur surfatce entière *, elles portent le nom de tiges herbacées (herbacei) ; et les plantes auxquelles elles appartiennent se nomment des Aer^e5(herbae).Les tiges herbacées ne durent généralement qu'une année, soit que la plante elle-même périsse au -bout de ce temps, soit que le collet de la racine continue à vivre, et pousse de nouvelles tiges Tannée suivante. Or- ' dinairement, dans ce dernier cas, la partie de la tige qui persiste est si courte, qu'on a coutume de dire que les
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*OB6ANES FONDAMBNTAUX. l49
îeunes pcmsses naissent du collet; c'est ce qu'on voit dans la biyone, par exemple. Quelquefois, tm contraire , la partie inférieure de la tige se durcit à la fin de l'automne , et persiste hors de terre, après la mort dé la partie supérieure, sous la forme d'un tronçon pkis ou moins alongé. Cette partie persistante a reçu le nom particulier de souche (caudex), quand elle est à fleur de terre; ou de fiîxome (rhisoma), quand elle est cachée tous terre. Le plateau qui fait la base des bulbes, le collet des herbes vivaces, sont de véritables souches souterraines.
Les îig^ vivaces ( perenm»), c'est-à-di^ , qui durent (dusieurs années, sont en général d'une consîitaoce plus ferme, plus dure, plus tenace que les tiges annuelles, €t ne préaenteot Papparence herbacée que dans leurs jeunes pousses (tttffiones) ou scions : c'est le nom qu'on donne aux jeunes parties qui, formées dantf TaBoée, ont encore une •consistance noUe et verdâtre. Les jardiniers, et notammait Rc^er Scbabol, donnent attx scions le nom de bomgeons. Hedwig désigne les pousses annuelles sous le nom latin Sinnovatiomes.
Parmi les tiges vivaces, on peut distinguer:
i.* Les tiges charnues (succulenti) , c'est- à-dire , dont la partie extérieure est pendant long-temps couverte d'un parenchyme vert fort développé, comme, par exeiiiple, dans fes cierges et les stapelia;
a.o Les liges Ugnenses (lignosi, fruticosi), c'est«à-drre, q«i priment la consistance et l'apparence dn bois. Lorsque la consistance est intermédiaire entre celle du bois et celle de rberi>e, on dit que la tige est sous-ligneuse ou demi4igneuse (sttblignosus, suffruticosus).
Parmi les plantes ligneuses , on distingue, i.^les^sowytf/ifweai/ar (suffroticcs) qui jettent des branches dès
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l5o QBGANB8 FONDAMENTAUX/
leur base, -dépassent peu la moitié de la hauteur d'un borome, et nepportent point de bourgeons écaiUeux, par exemple , la sauge officinale \ a.* les arbrisseaux ou arbustes (frutides) qui jettent des branches dés leur base, dépassent peu la hauteur d'un homme, et portent souvent des bourgeons, par exemple, le lîlas; 3.^ les arbres (arbores) qui dépassent sensiblement la hauteur d'un homme, se divisent en branches par la partie supérieure, tandis que la partie inférieure, graduellement dénudée, formje un tronc simple ; ils sont le plus souvent munis de bourgeons, par exemple, le cliine.Ges divisions pratiques et populaires déduites de la grandeur et de la consistance des tiges, n'ont , au reste, aucune précision , parce qu'elles ne sont pas fondées sur des différences anatomiques.
On trouve souvent des tiges annuelles, doni la superficie est munie de stomates; ce sont celles dont k couleur est décidément verte, la consistance plus herbacée, et- dont le tissu cellulaire est aen^lement arrondi. D'autres, au coïktraire^ qqi ont la couleur blanchâtre eC le tissu cellulaire alongé, sont dépourvues de stomates; dans quelques-unes on observe des raies ou des stries saillantes et longitudinales de couleur plus pâle, formées de cellules alongées et dépourvues destomates; entre ces raies se (rouveotdes espaces verts, muois de stomates.
Les tiges charnues portent des stomates lorsqu'elles sont naturellement de couleur verte, comme les cactus et, les stapeliaj'ilesi à remarquer que, dans ce cas, les feuilles sont nulles ou fort petites, et que la superficie de la tige )oue véritablement le rôle de feuille. Lorsque les tiges charnues ne spnt pas de couleur verte, comme on le voit dans les orobanches , le cytinus, le cynomorium, la cuscute, etc., elles n ont jamais de stomates, mais aussi elles
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OBGAlfBS FONDAMENTAUX. l5l
«ont toojours parasites; et c'est là un argument très-fort pour penser que les iathrea, les monotropa et les orchidées sans feuilles sont parasites, ({uoiqu'u soit trés-difBciieet quelquefois impossible de le reconnattre à l'examen direct de leurs racines.
Les tiges ligneuses sont ordinairement dépourvues de stomates , même dans leur première jeunesse , et leur tissu cellulaire extérieur est sensiblement abngé; il faut- cependant excepter de cette règle les tiges Ugneuses dépourvues de feuilles, et dont les rameaux verts et herbacés en tiennent lieu, tels sont les epkedra, certains genêts, les casuanjia,^^. : ces branches portent des stomates situés dans les raies déprimées, oa entre les stries.
Les tiges, considérées dans leur direction générale-, présentent des différences bien marquées entre les espèces ; toutes celles qui ont une soUdité suffisante, tendent en général à être dressées, et & s'élever verticalement-. Différentes circonstances de leur organisation ou de leur consistance font varier leurs positions ; ainsi la tige est dite en général ix>iicil^e (prostratus), lorsquWlieu de s'âever , elle est plus ou- moins étalée sur le sol ; cette dis^ position peut avoir lieu, soit dans les tiges maîtresses, lorsqu'elles se trouvent d'une consistance trop faible pour se soutenir d'elles-mêmes, soit dans les branches inférieures qui, dans certaines plantes, divergent, dès la base^ de la tige horizontalement, tandis que le tronc principal prend pciLOU. point de développement : alors la tige semble couchée et étalée; mais ce sont réellement les branches inférieures qui mériteraient ce mm. Dans tons ces cas, là sommité de la tige ou de^ branches tend i se redresser; quand tout en se redressant et en saliongeant elle reste
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l5s OROAlfBS PONDÀM BlfTÀVX.
molle, elle retombe par le bas, et coDtioue à être coii« chée; mais il arrive souvent qu'après les premiers momeos de son développement, une tige assez faible dans sa naissance pour ne pouvoir se soutenir, prend ensuite assez de solidité pour être dressée ; elle a alors la base couchée et la sommité dressée : on lui donne dans ce cas le nom de tige ascendante ou montante (i i). y
Il arrive souvent que les tiges couchées sur le terrain, tendent, on lorsqu'elle sont de nature un peu cbarn«e,oa quand elles présentent des nœuds on des articulations d'une manière bien prononcée , ou quand dies croissent dans un sol humide, il arrive, dis-je, que plusieurs tiges couchées tendent à pousser des racines : on les nomme tig^ nzjnrpantes{ii)^ ces racines sortent le plus souvent dans le voismage des aisselles des feuilles, quelquefois tout du long de la surface inférieure de la tige. EHes deseendeet, comme c'est le propre des racines , verticalement et terre, sans se colorer en vert.
Les tiges dressées tendent aussi quelquefois à pousser des racines en Fair; c'est ce qu'on voit dans un grand nombre de plantes grasses, telles que les cactme et les crassulacées^ ou dans certaines espèces étrangères de figuier (i3), ou surtout dans les rhîzopierra(^i^). Ces racines sortent comme dans les tiges rampantes, et se dirigent directement vers le sol; elles sont, en général, cylindriques et peu rameuses; dans le rhizophom, on elles »■■»■' - ■ 1 1 I ■ Il I ■■«
(il) Hayn. Tenu., pi. 8, f. 3; pi, ïo, f. 8. (la) /ftW. ,.pl. 8, f. 3; pi. i^f. 7, g.
(i3) Voy. pi. II, f. I, le d<5vcloppemcnt des racines par les lenticelles duj^cuj elastica.
(i4) Hayn. Tenn., pi. g.
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ORGANES FONDAMENTAUX. l53
^kesoendent d'ime hauiair considérable, elles forment des espkes d'arcades natiireHes , d'nn aspect fort eitraordiiisire ; les tiges douées de cette propriété soDt nommées rwdieantes par ks botanistes.
On peut, par des procédés de coltnre particuliers, exciter cette production de racines, même dans les tiges qai y ont peo de dispositioa, et c'est en ceh que consiste l'art de (aûre des marcottes ; car c'est le nom qu'on donne à une partie de tige on de branche qui, après avoir ponssé des racines, eaC séparée artificiellement de la plante qni loi a donné naissance. Les marcottes sont un phénomène phjsiok)^q«e, dont l'élnde ne peut nous occuper id, quoîqie faie cru devoir feire remarqtwr son analogie avec Tétat naturel des tiges radicastes. Dans tons ces cas, soknalnrds, soit artificiels, les racmes qui naissent ainsi le long des tiges des arbres, naissent des lenticelles, on, trés>4:areflsent, des dcafirices des anciennes feuiNes, comme je fai observé dans le sedum mltissimum^ l'origine des racines qni sortent des tiges des herbes n'a pas encore été bien déterminée.
n est quelques {dantes dont toutes les branches ou tiges ne sont pas également Sttscept3>les de produire des racines: ainsi,par exemple, le fraisier (i 5) pousse de l'aisselle de ses feuilles inférieures des branches particulières, qu'on nomme Aesjeis ou des coulans ( flagella, viticulœ). Ces jets sont cjimdriques, dépourvus de feuilles dans une partie notable de leur longueur, puis leur extrémité pousse des racines, et donne aussi nais.sance à un hourgeon à feuilles; les jets ou branches inférieures de la lysimaque commuue (i6) ne différent des précédens qu'en ce qu'ils poussent d'abord
(1*) Hayo.Tcrm,, pi. a;, f. 5.
(i6) FI. Dan. , pi. 689.
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I$4 OBGANBS F01VDAHBNTA.1JX.
des racines la première aimée, puis TanDée suivante des feuilles et des tiges. Les jets de la joubarbe (i 7) ne se distinguent que parce que les feuilles se développent au sommet avant les racines, et qu'à raison de leur nature eharnue^ qui en fait des réservoirs de nourriture, on peut séparer ces jets de la plante mère, et leur voir pousser d'eux-mêmes les racines qui leur manquent.
Les tiges qui , sans être assez fortes pour se soutenir d'elles-mêmes 9 ne se couchent pas sur le sol , teaden^à se soutenir par des procédés divers sur les corps qu'elles rencontrent : on les nomme en général grimpantes ^ ce terme s'applique indifféremment à tous les moyens divers par lesquels une tige peut se soutenir sur un autre corps, comme, par exemple, au moyen de crampons, comme le lierre (18), au moyen de vrilles, comme le pois (19), en poussant de longues branches étalées, comme h scJandra, ou en étant munie de poils i crochet, comme le gratteron (^a/io/» aparine)^ ou ens'accrochant par le moyen de vraies racines, comme le ficus scandens (20), les fougères et les orchidées grim^ pentes, ou enfin, en se tortillant en spirales d'une mam'ère ré^lière, comme les liserons, les cuscutes (ai). Ces dernières portent spécialement le nom de tiges volubiles, et méritent de nous arrêter un peu plus que les autres plantes grimpantes.
La plupart des tiges , même ceUes qui sont parfaitement droites, présentent une tendance spirale dans leur déve-
■ ■ tu " I II. I 1 . ^— ■— — ^— W..
(17) DC. , Plant gmss. , pi. 104 , 106, 107.
(18) Sowerb.eogl. bot., pi. 1267. Scl^uhr. Handb., pt 49^
(19) Lam. ÎH. ,pl.633 et 634.
(ao) PI. 38,f. I. '
(31) Schkuhr. Handb., pi. 36 et 37.
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OB0ANB8 PaifDAMBNTAVX. l5S
loppement. Ainsi^ i*<^ il est fréqoenc de voir les arbres peu rameoX) comme le sapin , offrir cette direction des fibres trés-pronoDcée , et haie k voir sur le corps ligneux, lorsqn'il est resté quelque temps dénadé d'écorce et ex* posé an grand air, qui, en desséchant la surface, y dé« termine des fissores en spirale, a.® M. du Petit-Thonars*a remarqué que l'enlèvement de Fépiderme (aa), dans les arbres à tige lisse, comme le cerisier ou Vhydrangea arbo^ rescens, se £ut plus facilement dans le sens spiral que dans toute autre direimon. 3.* La disposition primitive des feuilles des endogènes est ea spirale, el un grand nombre de celles des exogèqes prennent cette disposition par fefiet même de leur dévdoppei^ent, soit naturellement, soit accidentellement. Je présente à la pi. 36, fig. a, une monstmo^té de menthe très-remarquable, comme exemple de développement spiral dans l'une des familles ou 1 on aurait pa Je moins s'y attendre. M. Yaucber a fait déjà connaître l'exemple curieux d'un equiswtum Jluviatile, dont la t%e pfirait des fibres tordues en spirale réguhàre (a3)* La cause de cette tendance spirale des fibres est-eU^ organique ou physiologique? le fait lui-même est-il Inen général? C'est ce que je n'ose affirmer : je me borne à mentionner ces observations comme liées, ce me semble, avec l'histoire des tiges volubiles (a4). Quelques-
(m) Verg. franc. ^ p. i8. Hist. d'un More, de Bois, p. 71. I( renuurqae » p. 77, que Tfaéophraste âyait déjà fait la même obser- Tatkm. (Lit. III , ch. i5 de son Hist. des Plantes. }
(a3) MoD. des Prèles, pi. 11. A.
(a4) Ce rapprochement est encore confirme par une observation cnriense de M. Léopold de Bach : c'est qae dans plusieurs espèces y le 8CDS de la torsion spirale des troncs droiu parait con-c
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l56 OBGANES FONDAMENTAUX.
unes de celles ci\ telles que la cofaaea^ présentent à un haut degré cette torsion spirale des fibres de la tige. Cette torsion ne comaience qu'à quelque distance du coUet.
Les tiges Tohibiles peuvent être dans kor îenoesse dressées ou couchées; mais, an bout de cpielque temps, elles s^alougent beaucoup et se tortillent en spirale; si elles ne rencontrent aucun corps susceptible de leur ser* vir d'appui, eUes retombent, ou quelquefois s'enroulent les unes sur les autres, de manière que quelques individus de la même espèce, ou quelques branches du même indH vidu, se servent d'appui mutuel; si eUes rencontrent un appui convenable, eUes s'entortillait autour de lui, dans une direction constante pour chaque espèce , de droite à gauche, comme le haricot; de gauche k droite, comme le houblon. On détermine cette direction en supposant qu'on est soi-même placé au centre de la spirale, et que la tige tourne autour de son ^propre corps. La cause, soit physique, soit auatomique de la disposition vobbile de pin* sieurs tiges, et de la direction particulière qu'affecte cba-* cune d'elles j est tout-i-fait inconnue. Quelqaes-uns ont pensé que ce fait est lié avec la marche diurne di\ soleil, et son action sur la végétation. Quoiqu'il fut très-extraor« dinaire qu'une cause unique produisît des effets opposés, on ne peut rejeter d'avance cette opinion, et Tingém'eux M. Wollaston présume qu'on pourrait en avoir la vérification si , en observant des individus de la même espèce de tige volubile dans les deux hémisphères, on avait soin de remarquer s'ils tournent dans le même sens ou dans
sUnt comme celle des tiges yolubiles; ainsi, par exemple, selon cet observateur, le marronnier d^Inde et le châtaignier tournent en sens contraire Tun de Pantre.
aRGAN.£S FONDAMENTAUX. iSy
deux sens différens : observation bien simple, et qui mérite d être recommandée aux voyageurs de rhémisphére austral.
Quoi qu'il en soit de la cause du &it , Rajouterai que dans plusieurs plantes cette disposition dure pendant leur vie entière, queUe que soit la consistance plus ou moins 11gneiise qu'elles peuvent prendre; ainsi les tiges du wisteria frutescens et àxx periploca grœca s'endurcissent en restant long-temps tortillées en spirale; il est, au contraire, quelques v^étaux oà cette tendance n^est visible que dans les jeunes rameaux, et disparait dans les branches ligneuses ou les troncs, comme on le voit dans plusieurs liserons à tige ligneuse.
ARTICLE IL
Des Branches*
Il est des tiges simples^ c'est-à-dire qui n'ont point de branches ou ramifications; h plupart, an contraire, sont rameuses ou hranchues, c'est-à-dire, divisées en branches qui portent des feuilles et des fleurs ; car les branches qui ne portent que des fleurs (à moins qu'il ne s'agisse de plantes dépourvues de feuilles, comme XoTohanche ramosa)jïïe sont considérées que comme des pédoncules, et leur présence n'empêche pas la tige d'être encore désignée comme simple.
Les branches (/ami) naissent toujours à l'aisseHe des feuilles {axUlares)^ ou très-prés de cette aisselle, soit un peu au-dessus (supra- axillares)^ soit à côlé (^extra^axillares); dans quelques plantes, telles que les géranium, les branches naissent vis-à-vis des feuilles (oppasitifoUi)^ il y a donc presque toujours un rapport déterminé entre
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l58 OBGANES FONCAMBNTAVX.
la position primitive des branches et celle des feuilles ; mais an bout de quelque temps, cette régularité de la position primitive ne se reconnaît presque plus, à cause du grand nombre de branches qui périssent dans leur jeunesse; si l'on prend un poirier> par exemple, on remarquera un petit bourgeon à Taisselle de chacune de ses feuilles, tous ces bourgeons commencent paf végéter un peu; mais celui ou ceux qui, par une cause particulière quelconque, prennent le plus d'accroissement, attirent bientôt à eux tous les sucs , et les autres périssent, tantôt étant encore i l'état de bourgeons , tantôt ayant déji formé de petites branches; telle est la cause générale de l'irrégularité des branches âgées, comparées à la régularité de leur origine* Cette irrégularité ne s'étend cependant que jusqu'^à une certaine lioiite pour chaque espèce.
Les jeunes branches tendent presque toujours à se diriger vers le haut; mais à mesure qu'elles grandissent, elles deviennent un peu plus horiaontales, soit à cause de leur propre poids, soit parce que leur extrémité, cherchant toujours la lumière, est obligée de se déjeter vers le bas, lorsque les branches snpérieures^nt déjà pris de l'accroissement. Mais si l'angle formé par chaque brauche varie selon l'âge de la branche dans la plupart des arbres, il est assez constant dans chaque espèce, et présente de grandes dif» férences dans les végétaux divers comparés entre eux* Âin^i, lorsque l'angle est fort aigu, on dit que les rameaux sont droits ou serrés^ comme dans le peuplier pyramidal, et l'ensemble de l'arbre est dit alors pyramidal (pyramidalis fastigiatus); lorsque l'angle de l'aisselle du rameau est presque droit, si les branches sont placées Tune vis-à-vis de l'autre, on les dit divergentes (vAtùi divaricati); si elles
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OBGÀlfJB5 FOIlDAIIBirTAVX. iSg
sont éparses, on les nomme simplement étalées ou ouvertes (patentes). U arrive dans quelques individus, que l'angle, an-lîen d'être aigu est ouvert, et alors la branche se dirige en Imis. Cest ce qu'on voit dans certaines variétés dw gincko biloba et du fraxinus excelsior; on les désigne vulgairement sous le nom de gincko ou de frêne pleureur onpendani; mais on ne doit point les confondre avec les arbres qui, comme le saule pleureur, ont les rameaux si faibles et si longs, qu'ils retombent par leurs extrémités. Les. premiers ont les rameaux rebroussés ( rétro versi), c'e8t4-dire, dirigés en bas dés leur origine ; les seconds ont les itsnesm pendans ( penduli), c'est-à-dire dressés à leur origine, puis retombans par l'effet de leur propre poids.
En général , les rameaux inférieurs sont plus longes que les supérieurs, ce qui se conçoit facilement, puisqu'ils sont toujours plus âgés : cette différence de longueur est peu sensible dans les arbres i rameaux dressés ; elle l'est beaucoup dans ceux k rameaux étalés, et est, en général, proportionnelle à Fangle que les rameaux forment avec la tige; ce qui tient à ce que, dans les arbres à rameaux étalés, les branches ont un plus grand besoin de s'étendre pour atteindre l'air et la lumière. Lorsque les branche? infé* rienres ne peuvent pas s'étendre, ce qui arrive dans lés forêts, ou dans certains arbres par un effet naturel de leqr .croissance, alors les branches inférieures périssent peuà-peu> et c'est de là que provient la dénudation du tronc des arbres.
En général, les branches inférieures des grands arbres sont parallèles au sol, et cela est. vrai, non-seulement lorsque les arbres ont cru sur un terrain horizontal, ce qui s'explique de soi-même, mais encore lorsqu'ils sont pla-*
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l6o ORGANES FONDAMENTAUX»
ces sur uoe collise : dans ce cas, les branches inférieures de la cime restent paraUètes au sol; ce pandlélisme des branches avec le sol se retrouve aussi dans les individus éont le tronc est lui-mècne oblique à Thorizon. Dodart, qui le premier a insisté sur cette observation populaire (Acad. scienc, 1699, p. 60), fait remarquer que les racines s'étendant presque toujours parallèlement au sol , il en résulte que le plan des branches est parallèle à celui 'des racines : pour expliquer ce fait , il suppose que les fibres des plantes ont une longueur déterminée, et qu'étant continues depuis Textrémité de la racine jusqu'à Fertrémité de la branche, il est nécessaire, pour conserver la même longueur, qu'elles fassent des angles, ou tous droits, ou complémentaires les uns des autres. Mais on ne peut soutenir le principe de la longueur déterminée des fibres, puisqu'il suffit d'exposer une branche dans des circonstances favorables pour la faire croître indéfiniment. Ce parallélisme s'explique an contraire très-facilement par la proportion que toutes les branches et les racines conservent, en général, dans leur accroissement.
C'est une observation assez constante, qu'une grosse branche correspond à une grosse racine, et vice versa ^ et cela est également vrai, soit qu'une racine, placée dans des circonstances favorables, détermine l'accroissement de la branche qui est au-dessus d'elle, soit que la branche, placée dans des circonstances heureuses, fasse développer la racine qui lui correspond. Or, dans les arbres qui croissent sur àe& collines, les deux côtés de la racine ne sont pas dans une position égale; les racines du côté supérieur ne doivent pas croître autant que celles du côté inférieur, parce qu'elles ne peuvent pas remonter au-dessus de leur
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ORGA-NBS FONDAMENTAUX. l6l
nVveati, et qu'à une certaine profondeur elles n'éprouvent plus finfloence bienfaisante de Tair atmosphérique; celles ûa côté inférieur doivent croître, au contraire, avec la phs grande facilité; par-conséquent, les bfanches du côté inférieur s'alongercHit davantage que celles du côté supérieur; mais les branches les plus longues sont celles qui , par leur poids et leur |enâance vers la lumière , sont obligées de s'étaler davantage; donc les branles inférieures sçront plus étalées que les supérieures, d'où résulte ce parallélisme grossier des branches avec le sol; et en effet, ce parallélisme n'est frappant que dans les arbres à branches éttdées, et Ton y remarque toujours que le côté supérieur de la cime est plus petit que l'autre.