‹ Cours de botaniqueChapitre 35 sur 63 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

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I7S OBGAirSS FONDAHEIf TAUX.

lier f parce qae. cet aubier endurci n'est plus attaquable piar lés vers appelés tarets (taredo)\ cependant , elle est rarement pratiquée : on assure qu'elle a l'inconvénient de rendre le bois plus fragile.

Si l'on fait exception de la partie médullaire, chaque couche, soit du bois, soit de l'aubier, est composée de vaisseaux poreux ou rayés, entremêlés de tissu cellulaire aloi^é; le tissu cellulaire est d'autant plus alongé^ que le bois est destiné à devenir plus dur. Les vaisseaux sont, en général , rayés en travers dans les bois mous, et ponctués dans les bois durs. La seule dififéraice organique qui existe entre le bois et l'aubier, c'est que l'intérieur des ceDules, et peut-être des vaisseaux, est ordinairement encro&té dans le bois, tandis qu'il est vide ou rempli de sucs peu solidifiés dans Paubier qui, par-conséquent, a le tissu membraneux plus transparent. M. Dutrochet a prouvé (4) que la dureté des divers bois, m celle du bob et de l'aubiçr, tiennent l la nature du suc déposé dans leur tissu, et non au tissu lui-même qui paraît identique ; en faisant chauffer du bois d'ébêne dans l'acide nitrique, celui-ci dissout la matière noire, et le tissu reste d'un blanc nacré ;«il en est de même de tous les bois colorés : le tissu du buis et du peuplier, quoique ces bois diffèrent beaucoup par leur deMité, devient semblable lorsqu'on a dissout, pat l'acide nitrique, la matière qu'il renferme.

. Chaque couche ligneuse est, dans les arbres exogènes, le produit de la végétation d'une année ; mais Duhamel pense qu'elle n'est point formée tout-à-la-fois : il dit que chaque coudie est elle-même composée d'un nombre in-

(4) Rech. sir. vdg., p. 35.

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OBGARE5 FONDAMENTAUX. ij^

défini de petites couches partieOes, ou plutôt qu'elle croit d'une manière continue pendant toute l'année, mais ayec plus on moins d'activité dans diverses saisons. Duhamef a démontré son opinion par une expérience qui par^t simple : au premier printemps , il souleva l'écorce d'un jeune arbre, pla(aunefeuiUed'étain battu entre le bois et l'écorce, et replia celle-ci sur la plaie; il répéta cet essai tous les quinze jours, pendant tout le temps où Fécorce fitt séparable d'avec le bois; à la fin de l'automne, ayant coupé l'arbre, il trouva que chaque lame d'étain était recouverte par une quantité de bois d'autant plus grande, qu'elle avait été placée plus tôt. Cette expérience, quoique en lipparence démonstrative, pourrait bien cacher plusieurs erreurs, et il est vraisemblable qu'elle a été Êute avec peu de prédâon, car on n'a pu la répéter telle qu'elle est citée.

U est à remarquer, comme nous l'avons h\t d>8erver plus haut, qu'il n'y a pas d'intervalle réellement vide entre les couches; mais que ce qui paraît tel dans les macérations , n'est autre chose qu'un tissu cellulaire arrondi. M. Dutrochet me semble avoir bien prouvé que cette zone de tissu cellulaire représente, pour chaque couche Ugnease, ce qu'e^ la moelle pour la couche centrale, et qu'ainsi un corps ligneux'tout entier est formé de corps semblables entre eux, sauf les différences détermiùées par leur position ; d'antres pensent que cette zone de tissu arrondi ou peu alongé, serait le produit de la végétation lente de nuver : les cellules auraient , selon eux , le temps de s'arrondir et de se développer en tous sens, tandis que, lorsque la v^étation est rapide , elles seraient alongées et comme entraînées par l'accroissement des vaisseaux.

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l80 ORGANES FONDAMENTAUX.

Il résulterait de cette manière de considérer les zones qoi séparent les couches annuelles : i .^ qne cette séparatiftn devrait être d'autant plus sensible que les alternations de la végétation (lesquelles sont causées ou par la chute des feuilles, ou par l'alternative des saisons) sont elle-Diêmes plus prononcées; ce que Ion n'observe point en comparant les arbres du Nord èl du Midi : ^.^ qu'une stagnation accidentelle dans la végétation produite au milieu de Tété, par un retour de froid ou par toute autre cause, devrait produire une zone celluleuse analogue à celle de Tbiver; tout comme un hiver fort doux pourrait, dans ttrtains cas, faire presque évanoui^ la zone annuelle. Uill assure que, dans beaucoup de cas, il se forme deux couches distinctes par année; Tune due à la sève du printemps , l'autre k celle de Tété : c'est ce qu'il nomme couches des saisons. Adanson indique, au contraire, que les couches de certaines années peuvent se confondre, en observant que des ormes de cent ans, abattus aux Oiamps* Éfîfsées, otit offert de quatre-vingt-quatorze à cent couches.

Malgré ces légères anomah'es , qui tiennent peut-être à ce que tous leis arbres d'une* plantation peuvent n'être pas exactement du même âge, il parait constau(qnele nombre des couches est un moyen sûr de connaître le nombre des années d'une branche ou d'un arbre; le nombre des zones concentriques d'une coupe transversale indique le nombre d'années écoulées depuis la formation de cette partie. Pour avoir l'âge total de l'arbre, il fiiut le scier rigoureusement au collet. Mais ce collet n'est pas toujours facile à reconfiaître avec précision dans les troncs fort âgés ; c'est encore ici une légère source d'erreurs pratiques mais qui n'al-

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OBGAPr£S FONDAMENTAUX. l8l

tèrent point le principe d'après lequel on juge de Fàge des arbres.

Toutes les couches d'ua arbre ne sont pas d'une épaisseur égale , ni entre elles, ni dans leurs diverses parties , et on le conçoit facilement, puisque chacune d'elles est le produit de.la végétation d'oqe année. La couche b'gneuse sera néce$sairem<ept plus ou moins épaisse , selon qu^ Tan- 'née aura été favorable ou défavorable; selon que les racines à tel ou tel 'degré d'alongement auront trouvé une veine de terre bonne oy mauvaise^ selon que les soins donnés à l'arbre auront été bjen ou mal entendus, etc.

Outre ces causes d'anomalies accidentelles , l'âge seul des arbres influe sur répaisseur des couches d'une manière assez régulière-, fai observé, sous ce point-de-vuç, des chênes fort anciens , abattus dans la foret de Fontainebleau ; l'épaisseur de leurs couches ligneuses allait en augmentant jusqu'à la trente ou quarantième année ; de trente à cinquante, ou même soixante ^ns, elle diminuait un peu-, mais entre cinquante et soixante ans environ , l'épaisseur des couches devenait très-réguhere, probablement jusqu'à sa mort; du-moins les arbres sur lesquels j'ai fait cette observation, étaient la plupart entre deux et trois cents ans : le plus âgé de tous en avait trois cent trente-trois. Passé soixante ans, un chêne grossit environ de huit à dix lignes de diamètre en dix ans, et de deux à trois pouces lorsqu'il est entre vingt et trente ans. Au feste, ces observations sont nécessairement subordonnées à la diversité des espèces, des terrains, des saisons et des cultures. Elles sembleraient indiquer que (sauf les causes purement économiques, telles que de l'intérêt de l'argent), il y aurait en général du profit dans les coupes réglées, à faire les coupes

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l83 OBCANBS FONDAMENTAUX.

tous les trente ans, platôt que tous lea vingt ans, puû- ({ue c'est de vingt k trente que le tronc des chênes grossit le plus fortement (5). '^

Non-seulement les couches sont inégales entre elles^ mais leur épaisseur n'est souvent pas la même dans tonte k circonférence. Malpighi est le premier qui ait £ùt observer avec soin que la moelle occupe rarement le centre précis du tronc, ou ce qui est la même chose, que les coucbes concentriques sont souvent plus larges ou plus nombreuses d'un c6té que de l'autre : c'est ce phénomène qu'on désigne sous le nom A^excentricité des couches ligueuses. Parmi les anciens, les uns ont assuré que la moelle était plus prés de f écorce du côté du Midi, d'autres que c'était du côté du IJjford. Ni les uns ni lés* autres n'ont manqué d'hypothèses pour expliquer ce fait; plusieurs ont dit que c^était un moyen de reconnaître sa direction dans les forêts, etc., etc.; mais tout le merveilleux s'est évanoui avec une observation exacte du fait. Duhamel et

(5) La manière la plus commode de conserver une note exacte de Paccroîssement des arbres ; est la saivante : lorsqu'on rencontre un tronc âgé et scié horizontalement près du collet, om applique une bande de papier allant du centre à la circonférence , et Ton y marque un trait i chaque couche de bois , d'aubier ou d*é6orce, en notant sur le revers de la bande les circonstances rebtives aux terrains , au climat , etc. , où l'arbre s'est développé*. La réunion d'un grand nombre de relevés graphiques de ce genre donne bci|uconp de résultats curieux sur la croissance et Taménar gement des arbres forestiers : j'espère un jour pouvoir en présenter quelques-uns; mais, en attendant, j'indique la méthode , pour engager ceux qui rencontrent des tronc» sciés convenablement, à en profiter pour recueillir des observations de ce genre. Qn comprend qu'il est inutile de les faire sur des individus qui nç sont pas fort Âgés pour l'espèce.

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ORGANES FONDAMERTATIX. i85

BofloB oot prouvé que rexcentricité D*avait aucun rapport avec la position de l'arbre ^relativement aux points de rborizon, mais avec sa situation purement locale ; lorsque d'un côté de Tarbre il se trouve ime bonne veine de tore, ou une place libre de toute autre racine, celle qui s'y dirige recevant plus de nourriture^ en fournit davantage l la partie correspondante du tronc, et celui-ci grossit pbs de ce cAté; de même, si l'un des côtés de l'arbre a ses brandies mieux exposées àl'action de l'air et de la lu» mière , la partie correspondante du trottc croîtra plus que ceUes du côté opposé. C'est paf la réunion de ces deux causes , que tous les arbres des forêts ou des avenues croissent plus du côté extérieur que du côté intérieur. Telle est Fexplication fort simple de l'excentrique de la moelle qui n'est en réaUté due qu'à l'inégalité dans l'épaisseui^des coucbes. Nous reviendrons tout-à-l'beure sur celle qui a lieu parce que le nombre des coucfaesiest inégal des deux côtés de l'arbre.

Si l'on a suivi avec attention tout ce que j'ai dit jnsqu'id sur les couches ligneuses, on voit que chacune d'elles est à sa première année une espèce de cône très-alongé, qui entoure la moelle (6) ; qu'àkf seconde année il se forme UD second cône qui entoure le. prolongement terminal de la moelle ^ et qui se prolonge par le bas de manière à reooQvrir le cône de la première année, et ainsi de suite, jusqu'à la destruction du tronc; il résulte évidemment de là que chaque cône, ou couche ligneuse, ne s^accroit que dans la première année de sa vie, et que recouvert ensuite par les cônes subséquens , il est comme enfermé par eux de manière à ne pouvoir plus ni s'alonger, ni s'épaissir; il

(6) Duham. , Phys. arb. 4, pi. 8, f. 69 et 71.

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l84 ORGANKS FONDAMBNTAUX.

prend oême^ au bout de quelques années , un état presopie passif, et ne semble plus faire partie des organes vivans de la plante. Il résdke de cet état de choses , que les couches ligneuses se senrent successivement d'abri, et si funed'elles a reçu dans sa jeunesse quelque altération , comme Taction de la gelée, la taijle de lettres écrites dans son tissu, le creusement de cavités dans son épaisseur, implantation de dous , etc. ; toutes ces altérations, protégées parles couches subséquentes , pourront se retrouver aprèswi nombre quelconque d'années : c'est en efiet ce que Texpérie^ce a démontré, et ce qui a servi à expKquer plusieurs &its aux* quels le vulgaire voulait attacher des idées merveilleuses. Ainsi, les couchesT d'aubier étant remplies de sève, sont sujettes a la gelée Jorsque le froid e^ très-iatense; quand cet accident a lieu, et qu'il ne va pas au point de geler complètement le liber et l'aubier, l'arbre continue à vivre-, la coudie gelée est recouverte par une couche saine ^ puis par plusieurs autres, et ainsi recouverte on la retrouve au centre des arbres : c'est cet accident qu'on nomme gélipure^ on peut, en comptant le nombre des couches formées depuis la gélivure , savoir quelle est l'année où cet acci' dent a^eu lieu. Oest ainsf que J'ai coupé en 1800, dans la forêt de FoiKaineldeau , un tronc de genévrier qui s'est trouvé offrir, près 4e son centre^ une gélivure recouverte de quatre- vingtonze couches h'gneuses, et qui datait, parconséquent, dû grand hiver de 1709 (7).

Une inscription écrite sur le tronc d'un arbre, et qui pénètre jusqu'à l'aubier, est recouverte par les nouvelles couches ligneuses , et peut se retrouver intacte, tant que cette partie du tronc même restera intacte ; c'est ainsi

(7) Voy.pl. 3, f.j.

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OKGAlfBS FONDAMBNTAUX. l85

qae Reisd trouvai en 1675, des lettres majuscules dans le nulîeu d'un bètre ; que Mayer, eu 1688, trouva daus le corps ligoeui^ d'un hêtre, une espèce de sculpture , représentant une potence et un pendu ; qu'Albrediti , en ^697, trouva dans le même arbre la lettre Q, surmontée d'âne crdu ; qu'Adami y Int, sous dix-neuf couches d'au* hier, les lettres J. C. E M. C'est aiusi qu'on a trouvé , dap? certains arbres de llnde y des inscriptions eu bn^ portugaise ,^qui y avaient été écrites quelques siècles auparavant , lors de la découverte de ces pays par les navi" gateurs portugais* C'est ainsi que diverses taches ou étoiles régulières ont été formées artificiellement dans le sein de plusieurs arbres. On peut consulter en particulier, sur ce sujet, deux mémoires de Fougeroux de Bondaroy, insérés parmi ceux de l'Académie de Paris, pour 1777. Lorsqu'une cause accid^telle quelconque, comme la main de l'homme , la deot des animaux , ou simplement une altération morbide , creusé dans l'aubier une cavité dont Torifice est assez étroit pour pouvoir être recouvert par les couches ligneuses subséquentes, cette cavité se conserve intacte, aussi bien que les objets qu'elle peut renfermer: j'ai vu, par exemple, dans le milieu d'un tronçon de chêne de quatre pieds d'écarissage qui paraissait parfaitement sain, une cavité en partie remplie par des noisettes etdes^auds, qui y avaient été apportés probablement par des loirs ou des écureuils, avant que h cavité eût été recouverte par de nouvelles couches ligneuses. On a trouvé de la même oianière -des os , des pierres (8) , etc. dans de semblables cavités.

(8) Quant aux pierrei qu'on trouve ians les raoines , quoiqu'elles puissent à toute rigueur y être introduites , comme je

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l86 OBGANES FONDAMENTAUX.

Lorsqu'on enfouce un clou dans un arbre, assez avant pour atteindre l'aubier, ce dou reste fixe , et peu-à-peu les nouvelles couches ligneuses qui se forment antonr de lui, entourent sa base , de manière qu'il semble s'être enfoncé ; il finit tôt ou tard par être entièrement recouvert : c'est ainsi qu'on a trouvé , soit des dons ou autres instmmens, soit des cornes de cerfs, implantés ou entièrement enfoncés dans le corps ligneux des arbres exogènes. C'est par le même mécanisme qu'une fois que la base du gui s'est implantée sur le corps ligneux d'un arbre , elle semble s'y enfoncer chaque année, parce que les conches figneuses s'exhaussent autour d'elles. Nous retrouverons une appb'cation plus générale de ces principes , en nons occupant de la formation des branches. Nous verrons toutrà-l'heure que des phénomènes diamétralement opposés i ceux que nous venons de décrire, se passent dans les couches corticales.

Par une conséquence des faits précédens et du mode de nutrition des exojg;ènesi, il arrive que si l'on serre la tige d'un arbre de cette classe avec une corde on fild'arcbal , le tronc , «n grossissant , remplit davantage la corde, et s'étrangle dans ce lien-, peu-à-peu l'arbre grossit, surtout au-dessus de la corde , et celle-ci semUe comme enfoncée dans son tissu : c'est de cette manière que les hanes ou arbustes grimpans finissent souvent par tuer les arbres autour desquels ils s'entbrtillent , comme on peut le voir même dans nos dimats , par l'exemple du péri"

viens de le dire ponr les troncs, il arrive plus fréquemment qu'elles sont enveloppées par des branches radicales , qui finissent par se^ sonder ensemble. J'en ai trouvé quelquefois dans les vieilles souches radicales de chêne , de pbjllirea» etc.

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OBGAIIBS FOUDAIIENTAVX. 187

ploca graca ou du 'wisteria frutescens , connus vulgairemeot sons le nom de bourreau des arbres. Noos verrons, en parlant des endogènes , que de pareils phénomènes y sont impossibles.

S 4* I^ Rayons médoUaires du Corps ngneiiz.

Si l'on conpe en travers nne tige lignense d'exogène, on remarque des lignes (i)qni partent de la moeUe, et qni atteignent l'écorce en rayonnant, comme les lignes horaires d'un cadran , ou comme les rayons d'une roue. Grew, qui a le premier observé ces lignes ^ les avait nommées insertions médullaires {insertions, insertmens); depuis on les a appelées ^ro</iic/;^z(^ , prolongemens , on rayons médullaires ( radii meduUares) : ce dernier nom a prévalu, et avec raison , parce qu'il peint simplement leur position , sans affirmer leur origine. Entre les rayons complets , on aperçoit des demi-rayons qui partent du centre, et paraissent s'arrêter avant d'atteindre la circonférence : quelques auteurs les ont spécialement nommés appendices médullaires. Le plus souvent , enfin , on voit de ces rayons qui ne partent pas du centre , mais de quelqu'une des zones médullaires dont chaque couche annuelle est formée. 0 résulte de cette production des rayons médullaires par chacune des^ones annuelles, que lenr^nombre est beaucoup plus grand dans les couches de la circonférence que dans celles du centre. Les rayons médulkires ne sont pas de simples filets , mais des lames

(i) Grew, Anat., pi. 36, S;. Malp., in-^.o i, pï. 8, f. 35, 36. Duham., Phys. arb.; i^ pi. a, f. a, i3, M DC Tl. fr. i, pL 1; f. 10. Torp. , Icon. , pi. 2, f. 6.

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l88 ORGANKS FONDAMENTAUX.

verticales rayonnantes et interrompues qui tendent à la circonférence : c'est ce dont, on peut s'assurer par une coupe verticale ou oblique. On parvient ainsi à suivre ces plans verticaux pendant plus ou moins d'étendue: ce sont eux qui forment les taches roussâtres qu'on voit sur les planches de hêtre (2) ou de chêne sciées obliquement. C'est par ce procédé qu'on fabrique ce que les ouvriers nomment çhéne de Hollande , qu'on avait cru |adis une espèce distincte , et qui n'est qu'un produit de l'art.

Tous les rayons médullaires sont composés d'un tissu cellulaire alongé dans le sens horizontal , et assez serré. Il e3t évident qu'ils étabUssent une communication direct? du centre à la circonférence , ou de la circonférence au centre. Mais dans aucune circonstance op n'y voit passer les sues colorés.

La continuité des rayons médullaires s'observe assez bien de leur origine jusqu'à la circonférence , lorsqu'on examine desl)ois un peu mous^ tels, par exemple, que le gui ou certaines plantes grasses; quelquefois op est tenté de croire que ces rayons se continuent jusque d^ns l'écorce , et cette opinion a été soutenue par plusieurs naturalistes : les uns ont parlé des rayons médullaires du système central , comme continus avec ceux du système cortical , tant&t comme en étant distincts. MM. Mirbel et Dutrochet ont donné une grande force à cette dernière opinion; et si l'on admet en effet que les deux systèmes sont essentiellement distincts dès leur origine, pn estbieu forcé d'en conclure que , dans les cas où les rayons semblent passer de l'un à l'autre, il y a contiguïté seulement, et non continuité de leurs exlcéroités,

(a) Grcw, Anat., pi. 4> f- i.

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0RGA5BS FOTfDAMBIfTAIJY. l8(J

ARTICLE 11

Du Corps ou Système cortical.

J 1*'. GonsidératioDS généralef.

Le système cortical des exogènes est organisé sur un plan analogue au système central ^ mais en sens inverse quant à Tépoque du développement des couches. II est formé de couches dont chacune offre une zone fibreuse à Tintérieur, et une zone cellulaire à Textérieur; et il est traversé par des rayons médullaires, semblables à ceux du corps hgneuï , mais moins prononcés. Ces rayons mé* dullâires n'offrent rien de différent de ceux du système central, et ne méritent pas de nous arrêter ici ; mais nous devons étudier séparément les couches corticales en général, et l'enveloppe cellulaire externe, qui n'est autre chose que la zone cellulaire de la couche extérieure. '

§ 2. Des Couches corticales.

L'écorce est, avons -nous dit, composée de couches superposées comme les ccmcbes ligneuses , mais en sens inverse*, dès la première année, la tige est formée d'une zone ligneuse et d'une zone corticale, et chaque année il s'en forme une de chaque sorte; la couche ligneuse s'applique sur celle qui s'est formée l'année précédente, et la touche corticale sous celle qui était née avant elle. Suivons les conséquences de ce mode particulier de développement (i). Les couches corticales les plus nouvelles, les plus jeunes, les plus flexibles, celles qui dansl'écorce représentent l'aubier du bois, se trouvent les plus intérieures du corps cortical : on leur donne collectivement

(i) Duham., Phys. arb. 4; pi. a, f. 29-

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igO OBGAIIES FONDAMENTAUX.

le nom de liber, soit parce que dans plusieurs arbres elles se détachent les unes des autres comme les feuilles d'un livre (2); soit parce que jadis cette partie de récorce de plusieurs arbres servait à faire du papier.

Les couches corticales anciennes sont rejetées en de* hors , et on leur a conservé le nom de couches corticales proprement dites; elles représentent dans l'écorce ceque le bois est dans le corps Ugneux, mais avec cette grande différence ) que les couches ligueuses se superposant dans Tordre de leur formation, restent parfaitement intactes, et ne sont distendues dans aucun sens; tandis que les couches corticales, étant superposées en sens inverse, doivent peu-i*peu subir une distension considérable. En effet, les premières couches d*écorce qui se développent quand la tige est fort mince, sont re jetées au-dehors et distendues, soit par la naissance de nouvelles couches corticales, plus grandes qu'elles et situées cependant à l'intérieur, soit par l'accroissement progressif du corps Ugneux. Aussi, quoique le nombre des couches cortical/ss qui se sont formées dans uu tronc depuis sa naissance, soit égal à celui des couches ligneuses, leur sort est bien différent; ceUes de l'écorce, distendues par Taccroissement du tronc dès la fin de la première année, offrent toujours des fibres plus ou moins flexeuses, et cette disposition va en augmentant à mesure qu^elles avancent en âge (3); tandis quau contraire, les fibres du bois restent habituellement rectilignes.

Les couches ligneuses demeurent à l'état d'aubier jusqu'à ce que, par le cours naturel du dépôt des alimens, elles aient acquis la dureté qu'elles doivent avoir; les con-

(a) Duham. , Phys. arb. i, pi. 1, f. 17.

(3) Daham.y Phys. arb. i, pi. i , f . 9, la, i3, t4*

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OBGANES FONDAMSIVTAIJX. I9I

ches corticales distendaes, et à demi désoi^anisées avant cette époque, perdent plus tôt leur fraîcheur , et n'acquièrent jamais le même degré de solidité. Les premières conservent constamment leur épaisseur; les secondes tendent k s'anundr par suite de la distension et de l'écartement de leurs Çbres. Les premières, placées à Fabri des influences atmosphériques, conservent toute l'apparence de la vie; les secondes, exposées à l'action de l'air et de la lumière, tendent à se dessécher, k se fendiller, et à prendre des couleurs plus foncées : ainsi, les couches corticales, par l'effet même de leur position , sont d'abord distendues de manière à serrer le tronc comme dans un fourreau, puis elles se fendillent en long, puis elles se gercent plus ou moins fortement^ et pendant la durée de ces phénomènes, elles brunissent et se charbonnent plus ou moins à Texterieur.

La différence de position rend encore raison de la diversité qu'on remarque dans les résultats des expériences analogues à celles que nous avons rapportées en parlant du corps ligneux. Si l'on place une lame ou un fil métallique entre deux couches corticales (4), ce corps étranger suivra le sort de l'écorce ; il aéra rejçté graduellement endehors, et sortira de Farbre comme de lui-même; si Ton plante un clou dans l'écorce, il sera de même rejeté au-dehors : si Ton y fiche deux clous à la même hauteur, et à distance connue, on verra que peu-à-peu ils tendent à s'écarter par l'effet de l'épaississement du tronc et de la distension des fibres de Fécorce. SiJTon marque une figure sculptée ou une inscription sur l'écorce, on verra les

(4) Duham., Phys. arb. 4 , pi. 6, f. 54, 65.

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192 OB0ANB5 FONDAMENTAUX.

lettres quî, saos s'aloDger, deviendront graduellement plus épaisses, plus larges , plus écartées , plus Superficielles, et qui enfin finiront par disparaître. Les inscriptions sur récorce peuvent donc , quoique moins exacte* ment que celles faites sur le corps ligneux, servir à jrecon* naître leur date et celle de l'arbre. Ainsi, Adanson, ayant trouvé en 1759, dans une des Des de la Madelaine , deux baobabs sur l'écorce desquels on reconnaissait les traces d'inscriptions écrites au quatorzième et au (}uit)zième siècles, remarqua que les lettres qui avaient six pouces de longueur n'occupaient sur le tronc que deux pieds de largeur, c'està-dire un huitième de la circonférence : qu'il était parconséquent probable qu'elles n'avaient pas été écrites dans la jeunesse de l'arbre. En supposant ce cas le moins favorable de tous, et en négligeant la date un peu confuse du quatorzième siècle, Adanson estime que si ces arbres sont restés deux siècles pour atteindre six pieds de diamètre, ils ont dû en mettre huit ou quatre fois autant pour atteindre vingt-cinq pieds ; mais comme l'accroissement des arbres va, comme nous l'avons vu plus haut, en diminuant à mesure qu'ils deviennent plus vieux, on ne peut déduire de cette observation aucune idée bien exacte sur l'âge de ces arbres, qu' Adanson, par des aproximations, suppose pouvoir remonter à plusieurs milliers d^années.

Lorsqu'on trouve sur de vieilles écorces les traces de quelqu'ancienne inscription, on peut s'en servir comme d'indices pour rechercher cette inscription dans la partie correspondante du corpà ligneux, et si elle avait originairement pénétré jusqu'à l'aubier, on en retrouvera les traces ensevelies sous les couches ligneuses : dans ce cas, on obtient une vérification rigoureuse et de l'âge dc.rinscription,

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OI6AVBS FONDAllSIfTAVX. 193

et de celui de l'arbre. SI Adanson avait pu foire cette re* cberche sur les baobabs de la Madeleiue, nous iurious un document plus certain sur Vâge réel de ces vétérans du monde organisé. Le fait, tel qu'il nous la transmis, tend déjà su(fisamment à prouver la vieillesse extraordinaire à kquell^les arbres peuvent parvenir ; car, lorsqu'il se serait trompé de quelques siècles , cette longévité passerait encore de beaucoup la durée qu'on supposait possible k aacan être oi^am'sé.

Indépendamment des circonstances qui résultent de leur position et de leur moded'accfcoisseaient, les couches corticales diffèrent eucore des couches ligneuses à plusieurs égards. Elles sont en général moins épaisses; elles offrent peu ou point de trachées; elles renferment plus de réservoirs de sucs propres; à poids égal, elles conlienneot plus de carbone; elles sont beaucoup moins douées de la faculté bj^roscopique; enfin, lorsqu'on plonge une plante ou une branche dans l'eau, la sève ne s'élève pas dans Técorçe.

Les fibres corticales sont, dans plusieurs plantes, remarquables par leur flexibilité et leur solidité, comme ou le voit dans celles de Pécorce du chanvre, du lin, de plusieurs orties, des malvacées, du genêt à branches de jo^c, etc. ; toutes les fibres susceptibles de faire des cordages et des tissus qu'on tire des exogènes 9 sppt le produit de leqrs écorces.

$ 3. Do rEnTe]opp« DeUulaire.

En-dehors des couches corticales , se trouve une ^one de tissu cellulaire, qui porte le nom d'enveloppe cellu-

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