‹ Cours de botaniqueChapitre 36 sur 63 · Tome [•r, l'i · texte numérisé non relu

Tome [•r, l'i

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194 OBGAIIBS FONDAMENTAUX/

laire (i). Cest une sorte, de moelle extérieure; si on l'examine dans sa jeunesse, elle offre , comme la moelle , un tissu cellulaire arrondi régulier, et qui n'en diffère que par sa position et sa couleur. La position parait fort différeate; mais si Ton y fait un peu plus d'attention, elle est en réalité fort semblable*, car en partant de la ligne qui sépare le corps ligneux et le corps cortical , on voit se succéder dans un ordre régulier, l'aubier, le bois et la moelle' d'un côté; le liber, les coucbes corticales, et l'enveloppe cellulaire de l'autre. La couleur est en rapport avec la position : la moelle, qui est aWitée du contact de la lumière, est blancbe; J'enveloppe cellulaire, qui est évidemment soumise à cette action, est verte. Dans plusieurs plantes grasses ou à tissu lâche, comme le gui , ces deux organes offrent la plus grande analogie, et nous verrons tout-à-l'heure des communications de l'un i l'autre. M. Dutrochet confirme encore cette analogie (2) de la moelle et de l'enveloppe cellulaire, en montrant que la moelle peut, dans certains cas, comme l'enveloppe cellulaire, former, quand elle est mise à nu , une véritable épiderme ; il les désigne en conséquence par les noms de médulle centrale et de médulle extérieure*

L'enveloppe cellulaire des pousses de l'année est verte j régulière, et en^ère; dès la seconde année, elle commeDCe à être distendue par Taccroissement de la tige ; elle résiste

(i) M. Du Petit-Thonars obserreque M. Mirbel. dans l'article branche du DicU des Sciences naturelles, t. 4» p> 3ia, paraft confondre cette partie de Técorce ayec le liber ; mais cette confu> gion n*a éié admise par personne , et Tauteur paraît lui-même TaToir évitée dans ses autres oavrages.

(1) Me'm. Mus. d'Hist. nat. 7, p. 389.

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OEGANES FONDAHEHTAUX. IqS

d'autaot plus à cette distension, que raccroissement du

tronc est moins rapide, ou que l'enveloppe cellulaire elle-

. même est plus flexible , et par- conséquent plus extensible ;

tant qu'elle n est pas trop tiraillée, elle reste, comme dans

la plupart des plantes grasses^ dans son état de verdeur,

de fraîcheur et d'intégrité; mais plus tôt ou plus tard, il

arrive une époque où Tenveloppe cellu^re ne peut

plus suffire à l'accroissement, et où elle meurt par suite

du tiraillement qu'elle éprouve, se rompt lopgitudinale-»

ment , et forme ainsi les gerçures *de l'écorc^, ces gerçures

deviennent plus profondes encore lorsque les couches

corucalès extérieures se fendent elles-mêmes comme leur

enveloppe. Celle-ci présente ^ selon sa consistance, et le

mode d'accroissement de l'arbre , des phénomènes diffé-

rens; tantôt, comme dans le chêne- rouvre ou le bouleau,

après avoir été quelque temps Usse et urne, elle offre des

fissures irréguliéres, et se détrm't par la séparation lente

et irréguliére de ses fragmens; tantôt, comme dans le

chêne-liége (3), elle offre nne consistance à-la-fois sèche

et flexible, d'où résulte qu'elle peut vivre plusieurs années

sans tomber, et qu'on peut, à une époque déterminée de

son existence, l'enlever par fragmens considérables; elle

tombe naturellement dans le liège tous les huit ou neuf ans,

et l'on a soin ^ un ou deux ans avant cette époque, de l'en-

lever pour m besoins des arts : on choisit, dans ce but,

l'époque de l'année où l'écorce adhère le plus fortement

au corps ligneux , parce qu'alors on peut, au mojend'in-

strumens peu tranchans, enlever la totalité de l'enveloppe

cellulaire , sans craindre d'enlever le liber.

(3) FI. fr., édit. 3.S yoI. i, pi. i, fig. lo.

Diti^izecl-by

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196 OBÔANBS FOKDAmifTAUX.

L'extrême opposé à Fétat du U^e est l'exemple du plafane : ici reoveloppe cellulaire est mince, et acquiert rapidemeot une consistance roide et friable; d'où résulte que dès que le tronc a pris un peu d'accroissement y il détermine la rupture et la chute de l'enveloppe cellulaire de récorce, ce qui a lieu chaque année vers la fin de l'été. Quand une zone d'enveloppe cellulaire s'est détachée de l'arbre, la partie extérieure de la couche corticale ainsi dénudée , ei qui se trouve elle-même être une zone de tissu cellulaire , se développe à son tour, soit parce qu'elle n'est plus gênée dans sa croissance, soit parce qu'elle jouit de l'air el de la lumière; elle tend donc k reformer une nouvelle enveloppe cellulaire qui, étant de même consistance que la première , et étant soumise aux mêmes causes d^altération, devra durer le même temps et se détruire de la même manière : en effet , tous les arbres qui perdent leur enveloppe cellulaire, la perdent à des époques périodiques.

U est quelques plantes dont les tiges offrent des angles très-prononcés, et qui, lorsqu'on les coupe en travers, offrent la coupe du corps ligneux sensiblement circulaire : la forme angulaire tient, dans ce cas, au développement ou à la forme particulière de l'enveloppe cellulaire ; mais à mesure que le corps ligneux grossit, et qu'il distend cette enveloppe, les angles s'en effacent, et la tige fieit par être cylindrique à l'extérieur : c'est ainsi qu'un grand nombre de plantes dicotylédones, telles que les cierges anguleux ou les labiées à tige carrée, etc., offrent des rameaux de formes variées, qui se transforment tous peu-àpeu en tiges cylindriques. Je sais que cette explication n'est pas applicable à toutes h^ brauches anguleuses, et surtout

OfiGANES FONDAMENTAUX. I97

«ux branches comprimées: mais elle est vraie de plusieurs; La, surface «zteiHe de TeuTelôppe cellulaire , étant exposée k l'actioii de l'air et de la lumièi^, se change eu épidenne, et présente tous les phénomènes que nous avons mendounés en parlant de cet organe : mais il ne se reforme pas de véritable cuticule.

ARTICLE ItL

JDe la Formation des Branches dans les Tiges

exogènes-

La formation des bhmcfaes dans les tiges exogènes est assez facile à comprendre, d'après les données que nous TCÉons d'exposer. Toute feuille porte un boUrgeoh (i) a sem aîssdle , et tout bourgeon est le rudiment d'une nou- Tcile branche-, il pourrait donc arriver^ et cela arrive en effet quelquefois, que tous les bourgeons d'une pousse vinssent h se développer en branches; mais le plus souvent quelques-uns de ces bourgeons, mieux placés que les autres, se développent les premiers, attirent toute la sève, et les autres bourgeons^ affankés pour ainsi dire par ces Toîsîns voraces , avortent par épuisement. Lorsque ce phénomène se passe de bonne heure, il ne reste aucune trace de ces bourgeons avortés,'si ce n'est que les branches de la plupart des arbres ne sont ni si nombreuses, ni disposées aussi réguUèrement que les feuilles. Laissons de c6té les bourgeons avortés, et occupons-nous de ceux qui se changent en branches.

(1) Nous examinons ici lesbranches^ comme étant le développement d^an bonrgeon ; la stracture du bourgeon Ini-méme sup* posant ta connaissanee de preft<|ue tons tes organes fégélauz ; nt poarra être développée qu'au Litre lY, Chap. vu.

198 ORCANBS FONDAMENTAUX.

' Un bourgeon est toujours placé k la sonnnité d'une fibre, et communique le plus souvent avec Pétui médullaire (2), par les prolongemens médullaires, au sommet desquels il semble placé. Il communique au«moins très-évidemment avec le corps ligneux, et il est revêtu d'une écorce qui est la continuation du corps cortical. Dè& qu'il commence à s'alonger, il offre, comme la jeune tige, un canal médullaire et une couche b'gneuse ; pendant qu'il croit, sa base est comme enchâssée dans la couche ligneuse, sur laquelle il a pris naissance, ce qui est dû au développement qui s'opère en même-temps que celui d'une nouvelle couche ligneuse sur la tige qui le porte; l'année suivante, la Jeune branche forme une seconde cauche ligneuse, et se trouve enchâssée dans le tronc par une nouvelle couche qui l'entoure. Ainsi, je suppose qu'une branche naisse sur une tige de dix ans; au bout de la onzième année de l'arbre^ la branche aura une couche et sera enveloppée à sa base , par la onzième couche de la tige ; au bout de la douzième année, elle sera munie de deux couches, et sera enveloppée à sa base par la onzième et la douzième couche de l'arbre, et ainsi de suite; mais la seconde couche de la branche ne pourra pas atteindre aussi bas que la première, car elle trouvera la place prise par la onzième couche de la tige; et de son côté, la douzième couche de la tige ne pourra pas entourer la base de la branche de si près que la précédente , paroe que la branche aura deux couches anlieu d'une; il résulte nécessairement de là que chaque branche, considérée dans sa base ou partie enchâssée, présente , au bout de quelques années , un cône dont la

(i) Kœler, Lettr. sur les Boutons , ^, t-7. •

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OIiGAN£S FOUPAMENTAUl. \()i)

poinle est à la place où élait le bourgeon primitif, et dont la base est à la surface du troBC. Cette même branche, considérée dans sa partie saillante , offre aussi un cône dont le sommet est au bout de la branche, et dont la base est à la surface du tronc; la coupe longitudinale d'une tige rameuse démontre jusqu'à l'évidence cette structure , pourvu qu'elle passe exactement au point où une branche a pris naissance (^). La base d'une branche est, comme on vient de le voir, graduellement ensevelie dans la tige, comme un clou, par l'accroissement successif des couches ligneuses; mais comme elle grandit en même-temps que les couches voisines, elle les repousse graduellement aussi, de manière à prendre la forme d'un cône. Mais si une branche vient à périr. au bout d'un nombre quelconque d'années, qu'arrivera-t-il? son cône extérieur, livré k l'action atmosphérique, se détruit; mais sa base, qui est •nfoncée dans le tronc, est recouverte absolument comme le don, par le^ nouvelles couches, et comme elle ne lenr oppose plus la résistance de la vie, elle est comprimée et serrée par elles de toutes parts ; c'est là l'origine des nœuds qu'on trouve dans les troncs , et qui sont si visibles sur les planches du sapin, par exemple. J'ai eu occasion de voir des troncs de cet arbre, dont presque tout le bois avait été détruit par l'humidité, excepté ces noeuds ou restes de branches avortées qui, grâces à leur consistance plus solide, étaient restés presqu'intacts au mîfa'eu du tronc. Les arbres à bois dur, et qui ont un grand nombre de nœuds ou bases de branches avortées, sont recherchés dans les arts, soit parce quêtes accidens accroissent leur

(3) Dohamel , Phys. de» Arbr. , iq\. i, pi. 7, fig. 5.

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solidité, soit parce qu'ils produisent quelquefois dans les tranches du troue des dessins variés, dont on tire parti pour l'ornement.

J'ai parlé dans ce qni précède des branches qui naissent des bourgeons axiliaires ; celles qni proviennent des bourgeons terminaux présentent quelques particularités qu'il convient dindiquer : un bourgeon peut naitre au sommet réel d'une branche (ce qui a lieu lorsque les feuilles sont opposées, eomme, par exemple, dans le marronnierd'Inde) ^ ou bien il peut devenir terminal par l'atrophie de l'extrémité de la branche (ce qui a fréquemment lieu dans les arbres à feuilles alternes -, le bouleau, par exemple, etc.); dais l'un et l'antre cas, la nouvelle branche nait absolument au sommet de l'ancienne et en semble la continuation, quoiqu'une légère dépression ou une petite solution soit presque toujours visible, au- moins dans la première année, et quelquefois dans les suivantes. •

Mais il pe^t arriver encore d'autres combinaisons dans les cas où la tige, ou l'un de ses rameaux , se termine pat une grappe de fleurs. Après la maturité des graines, deux cas peuvent se présenter: i.* l'a» de cette grappe peut se prolonger en branche, ou par un bourgeon terminai, on parce que les fleurs n'en occupaient pas la localité : c'e^t ce qui arrive naturellement dans les callUtemon ou les leptospermum de la nouvelle Hollande; a.^ l'axe peut se dessécher et se macérer, ce qui est le cas le plus ordinaire : alors, les bourgeons situés an-dessous de la grappe se développent ; si les feuilles sont alternes et écartées les unes des autres , le bourgeon supérieur devient terminal , et la branche rentre quant à son apparence dans les cas précédens; si les feuilles sont ou opposées, ou verti-

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OnaANBS FOHDAMBHTAOX. SOI

ctH^es, on trés-rapprochées, la tige reste comme tronquée au sommet, et il naît plusieurs branches chi même point; s'il en nait denx^ on dit qu'elle est fourchue ^ ou quand le pbéaoméDe se répète plusieurs fois dickotome$ s'il en nait trais, la tige est tnfurfuée ou tncAotome, etc. La Sffïte x de k planche 5 est prise d'une bifurcafioo de branche de HiarroDnier^ et pei\t donner une idée du pbéoooiétte que je viens de décrire. On peut aussi IVibserver trés-commodém^it dans le Lias.

ARTI1CLE IV

De PAccroUsement des Tiges exogènes en longueur et eh diamètre*

J'ai déjà dit. occ^tsionneUtment , en parlant du corps ligneux et du corps cortical ^ les faits principaux relatifs à l'accroissement des tiges : il s'agit de les reprendre arec un peu ])ius de détails, et de voir jusqu'à quel point ils peuvent se soumettre à quelque théorie.

Toute tige ou branche naît d'un germe d'abord très** petit , et qui^ en se développant, ne fait que se dilater, de manière que toutes les parties visibles, après Pentier développement, paraissaient exister en miniature au moment où on a commencé à l'apercevoir. Je ne discute ici ni l'origine dés germes , ni la question générale de la forma* tion des êtres; fe me borne seulement à exprimer un fait, tel que l'observation le donne.

La partie quelconque qu'on peut ainsi considérer comme le développeaient d'un germe, s'alonge jusqu'à une certaine Limite déterminée parle temps nécessaire, pour que les fibres acquièrent le degré de solidité propre à leur nature : les tiges ou les branches acquièrent ordinaire*

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ment ce terme à la fin de la première année de lear vie; lorscpe sur nne tige ou une branche naissante , on marque des points placés à distances égales les uns des autres , on Toit, quand l'accroissement en longueur est tenniné, que ces points se sont tous écartés les uns des autres, mais sont restés à distance sensiblement égale entre eux, d'où Duhamel, à qui l'on doit cette expériencci a conclu que Falongement avait lien dans toute la longueur à-la«fois, pendant la première année. On aurait pu arriver au même résultat par lasimple observation des faits naturelles feuilles existent déjà toutes sur la branche naissante, mais très-rap- ,prochées les unes des autres; en suivant leur développement, on voit bien il est vrai que l'alongement de la branche commence par en bas; mais lorsqu'il se terfpine régulièrement, les feuilles finissent par être espacées entre elles beaucoup plus qu'elles ne Tétaient, mais à distances à-peuprès égales; quelquefois seulement, celles du Iftiut sont plus rapprochées, probablement par défaut de développement complet de la branche. L'observation des lenticelles, gkndes, poils ou aiguillons, qui peuvent se trouver disposés régulièrement sur les'hranches, conduit au même résultat. On peut donc regarder comme certain que les liges ou branches, pendant la première année, s'alongent par tonte leur longueur à-peu-près également, si on les considère dans leur ensemble; mais lorsqu'on eicamine l'accroissement de cette branche par partie , on voit, avec M. Cassini (i), que chaque mérithalle ou entre-nœud croît principalement par sa partie inférieure, ou, en d'autres termes, que sa partie supérieure, qui porte la feuille, est

(i) Mém. sur la Phjtonomic j Journ. de Phy». , mai i8ai ,

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ORGANES FONDAMBIf TAUX. 2o3

formée ou accrue avant rîofécieure dont l'extension opère raccroîssement en iongaetur; ainsi, il est facile de voir^ dans les niérithaUes de Téphédra ou des carjropfayllées, que la partie inférieure est plus moUe, plus jeune que la supérieure. La même loi se retrouve parmi les graminées ; peut-^tre est-elle commune à tontes les tiges, et essentiellement due à l'action nutritive de la feuille sur le mérithalle qui la porte.

Après cette première époque, une branche ou une tige ne croit plus du tout, et le végétal ne s'alonge que par l'addition d'une nouvelle pousse qui ntk à son sommet , et qu'on doit considérer comme le développement d'unnou* veau germe. Suivons d'abord le cas où le germe est situé exactement au sommet : il se développe pendant un an , ensuîvantles mèmesloisqueceluidontil semble la continuation. La tige se trouve alongée par un corps parfaitement semblable à celui de l'année précédente, et ainsi de sm'te, indéfiniment. Une jeune pousse, formée des organes décrits plus haut, acquiert, pendant sa première année, une certaine épaisseur déterminée par Fépaisseur des c6nes ligneux et corticaux; à la seconde année, en même-temps qu'une nouvelle pousse nait de son sommet, il se forme, dans celle de l'année précédente , une nouvelle zone ligneuse, qui se place en-dehors de l'ancienne , et une nouvelle zone corticale située en-dedans de la précédente : ces deux zones naissent donc toutes deux dans l'espace situé entre le corps ligneux et le corps cortical. Quelle est leur origine ? telle est la question délicate qui a occupé la plupart des anatomistes et des physiologistes ; car elle appartient à-la-fois à ces deux sciences. Ce que nous dirons à l'égard de TaccrojssemeDt en diamètre des tiges

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904 ORGANES FOIfDAMBNTAVX.

des dicotylédones, est également vrai de ienrs racines.

M. Du Peth-Thonars (a), frappé de ce qui se passe dans la formation des branches des dracœna ( ftit dont iNNts parlerons à Pocoasion des tiges cfndogènes), appKquant par analogie son observation i tontes les tigeè, et pariant déridée qui nots paraît trés-fusTe, qne le tt>er ne se change point en aubier, a proposé une opiniot) aussi hardie qu'ingénieuse sur Torigine des fibres ligneuses; savoir : qu'elles étaient le prolongement de haut en bas des bourgeons, ou germes qui se déy^loppent Ainsi, si l'on revient à ce que f ai dit de Takiageaient des tiges par la formation d'une Boavelle pousse à leur sommité, il suppose qu'en mêmetemps que cette ilouveUe pousse se développe , les fibres qm s'y trouvent se prolongent par en bas , et forment par leur réuniott un étui lignent qui se glisse entre le bois et Téoorce de le partie inférieure de l'arCre, et y détermine une nouvelle couche ligneuse^ superposée à l'ancienne. Ub bourgeon on «m germe qui se développe sur uu arbre , fie dififtère pas essentiellement, selon lui, d'une graine or* dinaire ; la jeune pousse qui s élève représente la phminle) la moelle foue le rôle de cotylédon^ et les fibres ligneuses sont les racines du bourgeon. Ces racines tendent à des* cendre comme celles de la plante elle-même , et en descen* dant , elles s'insinuent dans le seul passage qu'elles trouvent perméable.

Des objections nombreuses ont été faîtes contre cette théorie : i .• On a dit qu'on devrait voir à une époque quelconque de la vie des arbres, ces racines de bourgeons descendre le long du corps ligneux , comme on dit qu on

(i) Voy.ses Essais sur la Vëgélalion, i3. Mena, de i8o5à 1810, »o« Histoire d'un Morceau de Bois, x8i5, etc.

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a&GiinES FaRDAIENTAUX. fio5

k voit daas les dracœna; M. Do Petit*Tboaars a été obligé, poor répondre à celle objectioB, de supposer que cette descente se fait avec uDetelierapiditéqu'eUenons échappe; il va mèrae jusqu'à la comparer à celle de ^électricité et de la lumière , et dit qu'elle semble ne point connaître de distance (3)« 2.^ On a remarqué que dans les arbres greffés ; le bois situé au-dessous de la greffe, était semblable à celui du sujet, et celui an-dessus, semblable à celui de la greffe; ainsi, lorsque l'on greffe un amandier dont le bois est jaune sur un prunier dont le bois est rouçe, le tronc est jaune au-dessus de la greffe, et rouge au-dessous (4); or, il semble -évident que si le bois était formé par les bourgeons, il devrait du sommet à la base être, an-moins à Vextérieur, semblable au bois de la greffe. M. Du Petit- Thouars répond que la fibre ligneuse, qui descend du ' bourgeon, garde la nature de la greffe, tant que passant sous le liber de cette greffe, elle est nourrie de son suc; mais que, lorsqn^lle arrive sons le liber du sujet, celui-ci lui fournit une autre nourriture qui change sa nature. 3.^ On se demande dans cette théorie comment se for-* ment les couches corticales qui paraissent naître en même* temps que les couches ligneuses? Mais on peut répondre qu'elles ont la même origine que les couches ligneuses , et dérivent aussi du bourgeon. 4**^'^ ^ observé que si l'on enlève tous les bourgeons d'une branche de platane ou de saule, et qu'on la mette dans l'eau , elle pousse des racines

(3) DaPetit-Th., £<8. a, p. ai».

(4) Cet effet est même visible à l'extérieur : ainsi , par exemple , quand on greffe TérabJe stri^ sur l'érable plane ^ la différence des deux écoToes est visible av-dehofs, jusque dan? l'Age le plus ayanc^.

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ttoC OBQANJBS FONDAMBlfTAUXi

par les leoticelles avant le développement visible de nou» veaux bourgeons , et Ton en a conclu que l'origine des racines ne tient pas à celle des bourgeons. M. Du Petit- Thouars pense répondre à cette objection en faisant re» marquer qu'il existe des bourgeons latens ou adventi& , qui commencent à se développer, et déterminent la croissance des racines. 5.* L'expérience qui me parait décisive sur ce sujet, est celle-ci : si l'on fait une entaille circulaire ou une section annulaire à l'écorce d'un arbre, de manière à couper toute communication entre le haut et le bas , ît est clair qu'au bout d'un an , si ce sont les bourgeons qui produisent les fibres ligneuses, il y aura une couche de plus au-dessus de la section qu'au-dessous, et que cette couche sera formée de fibres descendantes ou longitudinales; que si y au contraire, il ne descend du haut de l'arbre que la nourriture élaborée par les feuilles, il y aura le même nombre de couches au-dessus et au-dessous de la section; mais la couche du haut, mieux nourrie, sera plus épaisse, et celle d'en bas sera plus mince et plus maigre. Or, l'expérience (6) a donné ce dernier résultat dans les arbres exogènes, et l'on est, ce me semble, forcé d'en conclure que les couches ligneuses se développent par la formation de fibres qui ne viennent pas des bouigeons. Je ne nie pas cependant, cornue on voit, que les bourgeons, ou plutôt les feuilles qui en naissent, n'aient quelqu'influeuce sur la formation du bois; mais c'est une action qui

(5) Cette expérience n^a pas peat-âtre été faite ave^tout le soin désirable , et comme elle me paratt décisive pour ou contre la théorie, il est à désirer qa^eUe soit répétée. J^ose engager M. Da Petit-Thouars lui-mésie , dont la loyauté et Pamonr de la Térité sont si bien connus, à se charger de ce soin.

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OBGANBS FOlf J)AM£NTAUX. S07

me parait parement physiologique; elles élaborent la séye descendante^ et on conçoit d'après. cela cpe la nutrition du jeune bois se fait d'autant mieux , qu'il y a dans la partie supérieure plus de bourgeons ou de feuilles. Ainsi, tandis que M. Du Petit-Thouars attribue aux bourgeons l'origine des fibres, et à l'aubier et au liber leur nutrition, je suis d'avis que les feuilles produisent la nourriture, et que les fibres sont développées par le liber et l'aubier.

M.Turpin(6)a modifié l'opinion de M. Du Petit-Thouars, en ceci qu'il admet deux classes de fibres, dont les unes descendent ^des bourgeons aériens vers les racines, tandis que les autres naissent des extrémités des racines, et viennent en sens inverse des précédentes ; il pense que chacun de ces deux systèmes de fibres se prolonge taitt que le système contraire n'y met point d'obstacle , ce qui expLque, selon lui, pourquoi dans le cas delà greffe hétérogène dont j'ai parlé tout-à l'heure, la partie inférieure du tronc est restée semblable à elle-même ; mais on ne conçoit point dans cette théorie, ni comment les racines peuvent donner naissance à des fibres ascendantes, dont xien ne démontre l'existence, ni comment ces fibres , qu'on suppose naître de la racine, prendraient , en passant le collet, une nature et des propriétés si différentes.

Tous les autres naturalistes, quoique peu d'accord entre eux, le sont au-moins sur ce point, que la formation des nou* velles couches ligneuses et corticales s'opère au point de contact des deux systèmes, et doit être considérée dans le sens horizontal, et non dans le sens vertical. Un fait fort simple démontre cette proposition : si l'on coupe en long un

(6) Iconogr. , p. 196.

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ao8 ORGÂKBS FONDAMENTAUX*

arbre qui a été greffé sur un autre, à une hauteur déterminée, on trouve que du cœur à la circonférence, le bois et récorce sont Fun et l'autre, au-dessous de la greffe, de la nature du sujet ^ et qu'au-dessus, Fun et Fautre sont de la nature de la greffe. Trois opinions ont été émises pour expliquer ce fait fondamental : ou Faubier produirait Fécorce, ou Fécorce produirait Faubier, ou l'aubier et Fécorce produiraient chacna une couche* de leur propre nature. La première opiniop a été soutenue par Haies seul, et sans preuves bien frappantes. Elle est facilement combattue par Fextréme difficulté que tous tes végétaux présentent pour vivre et pour croître dépouillés d'écorce, et par tout Fensemble des faits. , .

L'opinion d'après laquelle Faubier serait un produit de Fécorce, se subdivise en deux. Les uns^ à la tête desquels se place Malpighi, ont pensé que la couche intérieure du liber se transforme en aubier; les autres, à Fexemple.de GreW| ont cru que le liber produisait Faubier, mais ne se changeait pas en aubier. Sans décider absolument entre Malpighi et Grew y Duhamel a £ait remarquer que si Fon place une lame d'argent entre le corps ligneux et le corps cortical^ cette lame se trouve , au bout de quelque temps ^ recouverte par de nouvelles couches ligneuses, d'oà il conclut que leur formation e^t due à Fécorce ^ et s'opère au moyen de la substance mucilaginense qui se trouve entre eux , et qu'il a nommée cambium. Cette expérience, qui semble démonstrative, laisse encore quelques points de doute, savoir : i.^ la difficuhé de s'assurer que la bme d'argent a été bien réellement placée entre Fécorce et le bois; et 2.^ la possibilité que le cambium fût produit par le bois, et qn'il fut assez fluide dans son premier âge pour

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OBGANES FONDAMENTAUX. 209

déborder sur la lame d'argent, et la recouvrir par dehors, quoique provenant originairement de Fintérieur . Duhamel, qui a senti ces raisons de doute , n'a pas osé tirer de conséquences formelles; M. Mirbel, qui a répété son expérience, en a conclu d'abord que le liber se changeait en aubier; puis il a dit seulement que le liber se partage entre le bois et l'écorce; Mustel, MM. Enight, Du Peiit- Thouars, Dutrochet, etc., ont au contraire soutenu que le liber ne se change point en aubier, et cette opinion m'a toujours paru la plus conforme à l'ensemble des faits; M. Kieser arrive à la même conséquence par la considé> ration de la différence des tissus du liber et de Taubier. La troisième théorie, qui tend à établir que l'aubier forme les couches ligneuses, et que le liber donne naissance aux couches corticales, a été soutenue d'abord par Mustel (7), puis par M. Dutrochet (8). Le premier s'est contenté d enoncer Ibpinion que la sève montante du corps Ugneux forme une espèce de liber qui se convertit en aubier, et que la sève descendante par 1 ecorce forme une espèce de liber cortical qui se convertit en véritable écorce; il se fonde en partie sur un fait inexact, savoir : qu'il se forme des couches ligneuses dans l'intérieur du canal médullaire, d'où il conclut qu'il peut bien s'en former au-dehors du corps ligneux. L'inexactitude de l'opinion de Mustel, quant au rôle des deux sèves, me semble assez démontrée par l'observation souvent répétée, que les couches ligneuses qui se forment sont d'autant plus épaisses, que l'abord de lasève^escendante est plus facile, M. Dutrochet a mis plus de précision dans ses recherches à cet égard ; il les a faites

(7) Mustel, Traite yëg. i, p. 49* (8j Dutrochet, M^m. Mus. d'Uist. n«t.; voU;. Tome /«r. i4

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SIO 0BGAN£8 FONDAMENTAUX.

essentiellemeDt sur les dicotylédones herbacées, va que le tissu compact et serré des plantes ligneuses les rend, selon lui, plus difficiles à observer. D a le premier fait remarquer que, sous le nom d'accroissement des tronqs en diamètre^ nous réunissions réellement deux phénomènes distincts, savoir : l'accroissement ou dilatation des couches dé)à existantes , qu'il appelle accroisseoient en largeur, et l'addition de nouvelles couches, qu'il appelle accroissement en épaisseur. L'accroissement en diamètre peut résulter, tantôt de la réunion de ces deux phénomènes, tantôt de l'existence d'un seul isolé.

D'après cet observateur, la dilaUtion des couches déjà existantes s'opère, smt dans le système cortical, soit dans le système central, par un procédé analogue, qu'on peut suivre avec facilité en automne dans la racine de Xeçhiunt vulgcLre (9) quant à l'écorce , et au printemps sur les jeunes pousses du cîematis vitalba quant an corps ligneux. Dans l'un et l'autre, en les coupant à diverses hauteurs pour avoir immédiatement la comparaison des âges difÊérens, on voit que la coupe horizontale d'une couche présente un certain nombre de faisceaux fibreux, séparés par des lames verticales de tissu cellulaire, ou rayons médullaires; que ces rayons sont, à certaines époques, divisés en deux lames par une rangée de fibres qui se développe dans le milieu, et en les séparant graduellement, commence par former des espèces de festons, puis deux rayons médullaires distmcts-, qu'enfin les faisceaux de fibres longitudinales développent dan^ leur milieu de nouveaux rayons médullaires, tout comme ceux-ci

(9) Dutroch., Mém» mu*. 7» pi. i5, f . i tt 5.

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OBGAIfBS FOROAMBIf TAUX. fil

peuvent admettre de nouveaux faisceaux de fibres longi* tudinales. C'est cette forouition qui explique comment il y a beaucoup plus de rayons médullaires dans les couches du bord du corps ligneux que dans celles du centre, comme on peut le voir facilement, par exemple, dans la coupe des branches du quercus toza (lo). Des phénomènes ana*^ logues se passent dans récorce et dans le corps ligneux, et font comprendre l'accroissement que prennent les cou* ches déjà existantes. La formation des rayons médullaires, primitifs et secondaires du corps ligneux, est en rapport avec les angles du canal médullaire, et celle des rayons corticaux Test avec les cannelures visibles à Textérieur de plusieurs écorces. Cet accroissement en largeur des couches tend à expliquer plusieurs cavités ou lacunes qui se forment dans les cavités médullaires des dicotylédones ; par exemple, dans les hélianthes (ii), un grand nombre de chicoracées, etc.

La formation des nouvelles couches , soit ligneuses soit corticales, est, en suivant les observations de M. Dutro^ chet, un phénomène différent du précédent. Il se forme iJa-fois une couche d'aubier et une d'écorce simplement juxtaposées entre elles, et qui commencent par offrir l'apparence d'une simple gelée; mais cette gelée n^est point un ^mple suc déposé, c'est une matière qui présente déjà des traces d'organisation et l'apparence d'un jeune tissu (12). On reconnaît très- bien l'existence de cette jeune couche , lorsqu'on examine au printemps les racines du dipiacus fuUonum , de Veryngium cam^

(10) Voy. pi. 5, f. 3.

(11) DuPetit-Thooars, Obs. sorPAccr. de rHelianthos. (w) Mirb.» Bull, phflom.» 1816, p. 167.

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pesire^exc. Chacune de ces couches offre assez distinc-^ tement une zone cellulaire qui représente la moelle et nue zone fibreuse. Les zAnes cellulaires de chaque couche se développent les premières au printemps , et alors elles sont contiguës ; bientôt les deux zones fibreuses, l'une ligneuse, Tautre corticale, se développent entre elles, et ainsi de suite chaque année. Ce développement de noavelles couches, que M. Dutrochet nomme accroissement en épaisseur, a lieu tant que dure la vie du végétal; celui en largeur continue indéfiniment dans Pécorce des arbres qui conservent toujours une certaine mollesse \ mais il s'arrête de bonne heure dans les parties solides. Les végétaux herbacés, comme les hélianthes, croissent en largeur tant que dure leur vie , et cet accroissement produit ces cavités dont nous avons parlé. M. Dutrochet doute que l'addition de nouvelles couches soit un fait universel . parmi les dicotylédones , en se fondant sur ce que ces couches ne sont pas distinctes dans quelques racines vi- Taces,]telles que la chicorée, etc.; mais il est plus probable que cette exception apparente tient seulement à ce qne les zones fibreuses des couches sont séparées par une 7ÔBe médullaire fort étroite.

SECTION IIL De la Tige des Endogènes,

Art. I**. De la Tige en générah

Les tiges des endogènes, considérées en général, ont pour caractères communs, i.* de n'être jamais composées de deux corps qui croissent en sens inverse l'un de l'autre, mais d'offrir une seule masse sensiblement home-

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ORGANES FONDAMENTAUX. ai3

gèoe^ !%.* de n'avoir ni vrai caoal médullaire ni rayons médullaires distincts; 3.* d'avoir les fibres ou les couches les pins anciennes à la circonférence, et les plus nouvelles au centre. C'est d'après ce dernier caractère que je leur ai donné le nom par lequel je les désigne, et qui indique qu'elles croissent par l'intérieur. Ces caractères sont moins -compliqués et un peu plus «vagues que ceux des pxogèoes; aussi les tiges des endogènes présentent moins de régularité que celles des exogènes. Nous serons obligés de les décrire séparément, pour éviter toute confusion.

C'est sans doute cette diversité de leurs formes qui a empêché pendant si long-temps de reconnaître leurs caractères généraux i^ on trouve bien dans les écrits de Grew(i), de Malpighi(2), et surtout dans le Mémoire de Daubenton sur l'organisation des boi$ (3), on trouve , dis-je, dans ces auteurs des observations exactes, mais éparses et Incohérentes , sur les différences que présentent les tiges de diverses endogènes ; Linné semble bien les pressentir , en donnant à quelques-unes d'entre elles les noms particuUers de troncs , de stipes , (le caudex^ de culmus ^ mais c'est à M. Desfontaines que la science est véritablement redevable des premières idées exactes et générales qu'elle ait acquises sur ce sujet important; c'est lui qui le premier, dans son Mémoire (4) sur la structure comparée des troncs des monocotylédones et des dicotylédones , a saisi les traits essentiels de )a structure générale des endogènes, et qui, par cette

(i) Anat. , p. io4, pi. 3 , f. 3 ; pi. i8 , f. i\ pi. ao, f. i, a.

{7) Anat. , p. 6, f. 14.

(3) Journ. Fourcr. , 1791, ▼. 3, p, 3a5.

{4) Mëm. de rinstitut ; sç. phy&. etWth. , ypl. i, p. 4?^*

Digijized

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9l4 ORGANES FONDA H EN TA UX.

belle observation, a ouvert aux aDatomiites une rome toute nouvelle' MM. Mirbel et Du Petit-Tbonars eut auasi publié des observations intéressantes sur la structure des diverses familles de cette classe, et sur leur accroissement

J i.«r Tiges des Palmiers.

Les tiges des palmiers sont de toutes les endogènes celles qui ont le plus excité l'attention par leur stature élancée et la singularité de leur v^tation; on les a étudiées avec plus de soin que les autres, et, en en donnant une description détaillée , nous serons dispensés de beaucoup de répétitions dans les articles suirans. La tige des palmiers est ordinairement droite, ferme, simple, régulièrement cylindrique, et couronnée à son sommet par une houppe de feuilles dont le nombre est à -peu-près constant (i); si on la coupe en travers, on voit qu'elle n'est composée que de fibres éparses entremêlées d'un tissu cellulaire qui les unit les unes aux autres (^). On remarque aussi dès le premier coup>d'œil que les fibres de la circonférence sont serrées les unes contre les autres , d'une consistance très- ferme , et évidemment plus âgées que les intérieures. Celles-ci au contraire sont écartées , molles, d'une nature plus herbacée, et entourées d'un tissu cellulaire lâche et féculent. Chaque fibre est un faisceau de trachées et de vaisseaux rayés et ponctués , entremêlés de tissu cellulaire alongé , et entourés de tissu cellulaire arrondi. La différence de consistance entre la

(0 Rhecd. hort. Malab. , p. i, pi. i, 5,9, elc. Voye» Martius, Palm. , in-fol. , presque toutes les planches.

(a) DC; FI. fr. , ëd. 3, v. i, pi. i, f. 9- Turp., Icoo., pi. 2, f. 5. Mirb. , Élém. , pi. 9 * f. 9. Voy. aussi pi. 4 àe cet oarrage.

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ORGANES F0NDAMBNTA1JX. Sl5

circonféreace et le centre da tronc est toujours sensible, qnelqneibis très-remarquable; il est des pelouers don| la panie extérieure est tellement dure, que la hache ne peut pas l'entamer, tandis que le centre est un tissu lâche et spongîeax , qui s'altère promptement par rhumidité. La drcooférence des palmiers représente, quant k la consistance et à l*âge, le bois de nos arbres, tandis que le centre est une sorte d'aubier. Mais ces deux oi^nés sont placés dans un sens inverse de ce que nous ayons l'habitude de Yoir dans les exogènes. Cest de cet aubier central que naissent les feuilles et les fleurs ] c'est en un mot toujours par le centre que commence le développement de toutes les parties des palmiers. Les feunes feuilles des pousses annuelles des exogènes naissent bien aussi en-dedans des plus audeunes, ou à rintérieur des bourgeons ; mais si sous ce rapport les deux grandes classes se ressemblent , ainsi que Af. Dutrocfaet Ta fait remarquer, elles n'en diffèrent pas moins en ce que tout le reste du développement du tronc des exogènes se fait par Faddition de nouvelles couches Ugneuses en-dehors des premières, tandis que dans les endogènes Faccroissement s'opère par l'interposition de non* velies fibres , prindpalement vers le centre du tronc.

Dès h naissance de la plante , il se développe une première rangée de feuilles qui sont liées au collet par une couche de fibres : à la seconde année, il nait à Tintérieur de cette première rangée une seconde rangée de feuilles, qui ont aussi une couche de fibres placées à l'intérieorde la précédente, et qui, par leur développement , tendent à distendre la première couche. Il en est de même de toutes les couches suivantes , jusqu'au moment où la couche extérieure, ayant acquis par l'effet de l'âge

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fil6 OBGAlfES FONDAMENTAUX*

la dureté d'un bois parfait, ne se prête plus à la distension des fibres de rintérieur; alors la première zone formée se solidifie, et ne peut plus augmenter de diamètre l'année suivante, et, par les mêmes causes, la seconde zone se solidifie et forme un anneau au-dessus de la première ; il en est de même de toutes les suivantes, de sorte que la tige est rigoureusement cylindrique, que sa partie extérieure est composée du bois parfait rejeté en-dehors, et sa partie intérieure de fibres non encore solidifiées.

On peut se faire une image grossière de cette évolution des palmiers, en se représentant les pièces dune lunette d'approche qui se déboUerûent les unes des autres ; ou encore en se figurant une écorce d*exogène qui croîtrait indé^ pendamment du corps ligneux (3); mais dans ces images, et ' même dans ma description, j*ai été obligé , pour me faire entendre, de parler de couches, et ces couches, quoiqu'elles paraissent exister réellement, ne sont pas toujours assez distinctes pour être aperçues. On voit donc par cette description que si l'on pouvait compter les couches ou les fibres de la coupe transversale d'un' palmier , les coucbes solidifiées seraient, dans toute la longueur de

(3) M. LiesUboudoU (Mém. sar la Struct. des Monocotjrl. , 1823* Botan. âéin. , p. i5o. ) a luWi cette métaphore, et a fini par la considérer comme une réalité y mais il n'a pas fait attention que le tronc des palmiers ne peut nullement être assimilé à Péçorce des exogènes ; puisque les sucs ascendans y montent constamment , tandis qu'ils ne montent jamais par l'écorce. Ce fait bien connu , suffit pour prouver que ce tronc est plus analogue au corps ligneux qu'au corps cortical de nos arbres. La différence de ces deux classes de corps est confirmée par l'anatomie ,- car le tronc des palmiers présente des trachées et des vaisseaux rayés et ponctués comme le corps ligneux des exogènes.

OnGA?f£S FONDAMENTAUX. 217

Varbre, proportiooDelles à Tâge, et chaque anneau en offrirait autant qu'il a vécu d'années; mais il est impossible de les distinguer. Pour connaître l'âge des palmiers, 00 a un oioyen plus simple; c'est de compter les anneaux qui sont souvent marqués à l'extérieur du tronc (4)j et qui sont les débris des cicatrices des feuilles ; mais ces cicatrices disparaissent à la longue, et ne peuvent plus se compter dans les vieux arbres. G>mm& l'alongement annuel est sensiblement régulier pour chaque espèce, la longueur totale suffit pour donner une idée assez exacte, de r^ge de l'individu.

La tige même des palmiers serait-elle, comme Linné l'avait pensé, et comme les tiges des bananiers semblaient le démontrer, autre chose que le faisceau des pélioles des feuilles actuelles engainé par les pétioles endurcis et persistans des feuilles anciennes ? Cest sous ce point-de-vue qu'on lui avait donné le nom de^ro/r^^ qui. Signifie feuille, ou de stipes yqai signifie support. Cette hypothèse peut être commode si on la considère comme une image ou uue métaphore, mais ne peut guère être suivie comme l'expression de la réalité.

La tige des palmiers est , comme je viens de l'expliquer , un cylindre dont l'épaisseur est déterminée pour chaque espèce par le temps nécessaire pour solidifier une couche depuis le premier moment de son développement, et qui croit indéfiniment en hauteur par son extrémité. Il arrive quelquefois que le tronc offre ça et là des étranglemens ou des boursoufflures transversales (5). Ces anomalies sont dues à ce que , dans telle ouVelle époque ^

f4) Rheed. Malab. i,pl. 9, 10.

(5) Mirb. , Élém. , pi. i, f. i, c c.

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Slft 0R6AXBS FONDAMENTAUX.

Tarbre aura eu uae v^étatiou plus leote ou plus vigoureuse. Il 7 a dans les serres du Jardin -des- Plantes de Paris uQ çycas (arbre aoalogue aux palmiers quant à la structure de sa tige ) qui a , dans le milieu de sa longueur, un étranglement bien marqué, et qui se rapporte k l'époque où il a fait la traversée de VUe-de- France à Paris. Pendant cette transplantation , il a reçu peu de nourriture, et la solidification des fibres extérieures a eu lieu avant qu'elles eussent atteint toute leur grosseur. Des étranglemens semblables ne peuvent jamais avoir lieu dans les exogènes. De leur côté, les pal* miers et les autres endogènes ne peuvent jamais offrir d'exostoses latéraux, puisque toutes leurs fibres sont Ion* gitudinales, et que les extérieures, déjà ossifiées, forment une espèce d'étui autour des plus jeunes.

Nous avons vu plus haut , que lorsque les arbres exo« gènes isont entourés par une corde ou une liane, ils finissent par s'étrangler eux-mêmes par suite de leur accroissement en diamètre. Il est évident que puisque le diamètre des palmiers ne croît que dans leur première jeunesse, ils sont à l'abri de cet accident pendant le reste de leur durée ; c'est ce qui explique le phénomène représenté à la pi. 4 ) d'un palmier qui est venu à une grande hauteur, entouré par un bauhinia dont les branches, en se soudant ensemble 9 l'avaient renfermé dans un étui irrégulièrement interrompu, mais n'avaient nullement altéré la forme cylindrique du tronc (6).

Tout cet assemblage de fibres reclilignes dont j'ai parlé est entouré par une zone de tissu cellulaire qu'on peut

(6) Voyei le même phénomène représenté dans le «eus verlical par M, Turpin , Iconogr. , pi. 3 , f. 7.

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OBGANXS FONDAMENTAUX. SI9

aaràulertvec Tenreloppe cellolaire des exogènes, mais qui présente cependant des différences notables : i .® on ne tronve ao^essous de cette enveloppe rien qui représente les conches corticales; 3.* sous cette enveloppe ^ an-nrains dans les palmiers à tiges simples , on ne voit se former ancune couche ligneuse ^ et II est trés-douteux qu'il s'en forme même dans le petit nombre des palmiers qui se ramifient; 3.* cette enveloppe n'étant point distendue au^là d'un certain terme par l'accroissement du tronc, conserve beaucoup plus long- temps son épaisseur et sa forme : elle est ordinairement assez mince ^ et ne peut à aucune époque, dans les palmiers, être séparée du tronc ; on n'y aperçoit jamais, non-plus que dans le tronc, aucune trace de rayons médullaires.

SI l'on compare ïaccroissement des tiges des palmiers avec celui des arbres exogènes, on voit, i .^ que l'accrois* sèment en Jongneor s'opère dans les deux cas par la formation et le développement d^un bourgeon terminal qui prolonge le tronc déjà existant; 2.* que l'accroissement en diamètre jieut avoir lieu jusques à un âge déterminé pour chaque espèce, soit par la dilatation de chaque faisceau de fibres au moyen du tissu, soit fibreux, soit cellulaire^ qui s'y interpose; soit par le développement de nouveaux faisceaux vers le centre de l'arbre.

Ce que nous venons de dire de la tige des palmiers s'applique, avec de très «légères modifications, aux tiges des çycadées, des asparagées non rameuses , des liliacées arborescentes, etc. Mais, pour plus de clarté, nous repren. drons Texamen de ces diverse? sortes de tiges. Le petit nombre de palmiers qui, comme les rotangs {calamus)^ ont la tige noueuse, se rapprochent entièrement des

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'i"20 ORGANES FON D AME X T A UX.

chaumes des graminées, et nous en parlerons à leur oc* casioD.

Les tiges des palmiers sont presque toujours simples eè sans ramifications*, dans quelques espèces cependant, on trouve des branches, soit accidentellement, comme on le voit dans quelques dattiers, soit régulièrement, comme dans le doum de la thebaïde (cucifera thebaica, de Delile; hjpkœne coriacea^ de Gœrtnor), qui se divise constamment en branches plusieurs fois bifurquées. Le mode de ramification des palmiers n'a point encore été étudié anec soin, et méritera toute l'attention des observateurs sédentaires dans les pays à palmiers (7). D'après le peu que j'ai vu dans d'autres arbres, je suis porté à croire, avec M- Du Petit-Thouars, que toutes les feuilles des monocotylédones ont à leur aisselle un point vital, ou bourgeon latent, comme les dicotylédones, et que ce bourgeon ne se développe que lorsque l'accroissement de la partie supérieure de la tige présente quelqu'obstacle à la marche de la sève, et la fait par-conséquent refluer en plus grande abondance.

$ a. Tige des Liliacëes, Asparagëes , Pandanées , etc.

Je prends ici , pour abréger, le terme de liliacées, dans le sens très-étendu que Tournefort lui donnait; la lige de ces plantes, lorsqu'elle est simple, comme, par exemple,

(7) La diffusion de .la civilisation et des connaissances dans le monde eùtier, doit Caire faire dMci à pea de temps dUmmenses progrès à Thistoire naturelle. Tous les objets que les voyageurs n'ont pu voir qn^en passant, seront étudiés à loisir par des observateurs permanens. J^ose, en particulier, engager ceux qui vivent dans les pays à palmiers , à répéter sur ces arbres toutes les expériences faites jusqu'ici sur les arbres dicotylédones , et à nous faire connaître les résuluts di^férens ou semblables qu^ils auront obtenus.

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OBGANESFONDAMEIVTArx. 221

dans le yucca ou le draaœna umbraculifera, diffère trèspea de celle des palmiers, et quant à sa forme, et quant a son déreloppement. EDe est de même cyUndrique, entourée j soit par les débris des feuilles, soit par une zone cel^ lolaire; elle est composée de faisceaux de fibres pins serrés vers le bord, plus lâches vers le centre, et toujours entourés d'un tissu cellulaire qui semble remplacer la moelle. Elle ne grossit plus en diamètre, passé une certaine époque donnée. Mais les liliacées à tige rameuse présentent des phénomènes singuliers : les unes, telles que les asperges proprement dites, quoique très-rameuses ^ ne grossissent point en diamètre après leur premier développement; les antres , tel que le dracœna draco , grossissent beaucoup en même-temps qu'elles se ramifient. M. Du Petit-TIjpuars a observé (i) que , lorsque les dracœna poussent des branches, chacune de celles-ci, dès sa naissance, produit des £bres qui s'interposent, dit-il, entre la zone cellulaire et le corps ligneux, et y forment une espèce d'épatement, analogue à ce qui a lieu dans la greffe des dicotylédones ; que de ces fibres, celles qui sont inférieures tendent à descendre , et que celles qui se dirigent du côté supérieur se tardent pas à se recourber et à descendre comme les précédentes; d'où il conclut que ce sont les fibres descendantes de ces bourgeons qui déterminent l'accroissement du tronc en diamètre. Ce fait, fort remarquable, n'est malheureusement pas facile à étudier pour les botanistes européens, et reste encore isolé à nos yeux, surtout si Ton considère que les asparagées rameuses de nos climats n'offrent rien de semblable.

(i) Essais sur la Végéuiion, i, p.i.

9Sa ORGANES FONDAMENTAUX.

Les paDdanéeSy dont les rataificatÎQns et l'accroisseineDt ont taot de rapports avec les asparagées, m'ont présenté un phénomène qui a peut-être quelques rapports av-ec celui-ci; j'ai sous les yeux un tronçon de pandanns, on Ton voit la naissance d'une branche (3). Le tronc offre, comme c'est l'ordinaire dans les endogènes, une masse de fibres longitudinales ; la base du rameau coupé en travers offre la même apparence ; mais l'union des deux corps parait avoir lieu, parce que les fibres du rameau pénètrent perpendiculairement dans le tronc sans s'anastomoser arec les fibres longitudinales, et en les coupant à angle droit de manière à former une espèce de réseau croisé. J'ai dit, pour suivre l'idée de M. Du Petit-Thouars, que les fibres du rameau pénètrent dans le tronc; peut-être auraisje mieux fait de dire que certaines fibres du tronc se dévient, traversent les faisceaux verticaux et pénètrent dans le rameau^

Ce soupçon semble autorisé par l'observation du tronc ^^xanihorhœa ^astilisi^')^ je possède un tronçon de ce végétal singulier, rapporté de la Nouvelle-Hollande par M. Gaudichaud : à la prenaière vue de sa coupe verticale, on le prendrait co.mplètement pour une dicotylédone, et j'ai eu en effet d'abord la crainte de quelqu'erreur d'étiquette ; mais , d'un côté , M. Gaudichaud , dont Pexactitude est connue, se rappelle distinctement lorigine de ce tronçon, et de Tautre, en l'examinant, on y reconnaît une organisation qui, si elle n'est pas conforme à l'état ordinaire des monocotylédones, diffère encore plus de celle des dicotylédones. Ce tronçon , représenté aux planches 7 et 8 de

(a) Voy. pi. 6.

(3) Voy. pi. 7 et 8.

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OhGAfiES FONDAMBNTAUX. 393

cet ouvrage, offre une zone cellulaire trés-épaisse, trèssUldoiiée, et parfaitement semblable à celle d'un exogène : le corps L'gneox est formé , i .* de fibres verticales un peu lâches et très-semblables à celles des palmiers ou des yucca; 2.* d'autres fibres qui rayonnent du centre traversent toutes les précédentes^ en les coupant à-peu-près à angle droit, et se prolongefat même an travers de la zone cellulaire sous la forme de traits déliés : ces fibres horizontales semblent des rayons médullaires par leur position, mais ils en diffèrent par leur nature; ce ne sont pas des lames verticales, mais des fibres ordinairement réunies deux ou trois ensemble. Seraieni-ce les fibres qui, servant d'origine aux feuilles, partiraient de la partie centrale, se dirigeraient vers les organes foliacés, et seraient restées ainsi comme enchâssées dans le tronc, pendant que celui-ci prenait son accroissement? Ce soupçon semblerait autorisé par cette considération que les feuilles du xanthorhœa sont trèsnombreuses, et disposées non au sommet seulement , mais dans la longueur Aes rameaux. Je n'ose trop insister sur ce singulier végétal, que je n'ai pas eu l'occasion de voir vivant, et je me borne à engager les naturalistes qui auront cette bonne fortune, à l'observer avec soin dans sa structure et dans son développement. Tout le tronc de cet arbre et toute sa partie corticale sont imprégnés d'une matière d'un rouge brun , qui paraît être du véritable sang-dragon, analogue à celui qu'on extrait du dracœna draco (4).

(4) Je tranicris ici une note que M. Viguet, chimiste et pharmacien de notre Tille , a bien toqIu me commaniqner , et qni contient des détails sur la ànbstance résinense contenue dans Pécorce dn xanthorhaa,

« Le tronçon d'arbre cnroyé à M. le professeur De Candolle,

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La tige des liliacées qui, considérée dans les dracœoaS et les yuccas, oe diffère presque pas de celle des palmiers, et s'élève à la hauteur d'au arbre ou d'un arbuste, présente dans d'autres espèces une toute autre apparence*, ainsi la

est remarquable , non-seulenrènt par la disposition pardcolière de ses fibres, mais encore par une matière résineuse qui en imprègne Pécorce, et remplit les fissures nombreuses qui existent dans celle-ci.

» Cette substance est d'un beau rouge brun, demi-transparente dans les parties minces , d'une cassure brillante , inodore à froid, d'une saveur astringente légèrement aromatique. Gbanffi^e, elle se fond et brûle en répandant beaucoup de fumée et une légère odeur de benjoin.

i) L'eau , les huiles grasses et l'essence de térébenthine n'ont aucune action sur elle.

» L'alcool k3S° Ja dissout .complètement, et l'on obtient par l'évaporatiou une laque d'une belle couleur rouge tirant sur le jaune.

» Mêlée arec ae \^ chaux , elle acquiert la propriété de dcTcnir en partie soluble dans l'eau , et l'on obtient par la saturation de la chaux, au moyen de l'acide hydro-chlqrique, un précipité d'un jaune brillant.

» L'acide nitrique concentré a une action. trè&-Tiye sur cette résine, et la convertit partie en charbon, partie en une substance d'un brun foncé soluble dans l'eau , et analogue au tannin arti^ ficiel; de plus , il se dégage un peu d'acide bentoïque.

» Toutes ces propriétés, à l'exception de l'insolubilité dans l'essence de térébenthine , sont celles du sang-dragon ; mais comme il est très-di£icile,.pourne pas dire impossible , de se procurer du sang^dragon parfaitement pur par la voie du conmierce, je crois pouvoir dire <jue c'est mal -à-propos que l'on a accordé an sangdragon la solubilité dans l'essence de térébenthine ; car tous les échantillons de cette substance que je me suis ppocurés pour faire des essais comparatifs , m'ont offert une solubilité dans ce liquide en raison inverse de leur belle qualité, et celui qui était incomparablement le plus beau de ious , ne la possédait qu'à un degré presque inappréciable. D'après ces considérations , je n'hésite

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tige des aloës, de Vanthericum frutescens, etc., est de coDsîstaoce ligneuse , mais acquiert moins de grandeur que les précédentes, et forme de petits arbrisseaux ou sonsarbrisseaux. Dans les smilacées^les dioscorées, plusieurs asparagées, la tige est très-alongée, mais grêle et plus ou moins volubile, sans différer cependant des précédentes, autrement que les liserons grimpans ne différent des liserons arbrisseaux; ailleurs, comme, par exemple, dans le lis, la fritiUaire, l'ananas, etc., la tige reste herbacée, cylindrique, alongée, droite, ferme, et ne diffère des tiges ligneuses que nous Tenons de citer, que par sa consistance, c'est-à-dire, à-peu-prés comme les légumineuses herbacées diffèrent des légumineuses en arbre. Dans tous ces cas, la tige est un organe distinct, et qui, lorsqu'elle est TÎvace , se termine par uû bourgeon unique d'autant ^ .

pasâ affîrmer que la substance examioée e^t du saog-dragoo de la plu5 belle espèce.

» Jusqu'à-présent on n'a indique , à ma connaissance , que quatre arbres produisant le san(;-dragon.

» i.^ Calamus rotang. L. dont les -fruits laissent exsuder ce prodait.

> a.o Dracœna draco. L. dont Pécorce le laisse suintet par ses fissurés*

» 3,0 Pterocarpus sanUtlinus» L.

> 4'* Pterocarpus draco, L.

» Ces deux derniers le produisent par des incisions faites à Parbre, et donnent un sang-dragon iofe'rieur à celui qui provient des deux autres ; ils sont d'ailleurs de la famîUe des légumineuses, dont le tronçon en question ne fait cerUinemcnt pas partie

D On peut conclure de ce qui précède > que le tronçon qui a fourni la substance faisant le sujet de cette note est un morceati de dracœna draco f ou d'un arbre appartenant à une espèce bien voisine , et qu'il faudrait en ce cas ajouter aux quatre connues jusqu'à ce jour pour produire le sang-dragon a>.

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