Tome /f. l
byGoogk
tâ6 OBGAlfltS FOIfDAKBlfTAUX*
plus gros 9 que la t%e est moins ramifiée. Mais dans quelques espèces qu'on appelle bulbeuses, la tige est très-courte y réduite à un plateau orbiculaire cacbé sous terre, et comme entouré par les écailles persistantes du bourgeon tenmnal; c'est ce qu'on voit dans la tulipe, la jacinthe, Tail, etc« On trouve tous les degrés intermédiaires de longueur entre les tiges arborescentes citées tout^à-l'heure, ./^et les tiges souterraines des bulbes-, ainsi, parmi les espèces de crinum , il en est à tige alongée et saillante hors de terre, d'un pied et plus de hauteur, et il en est de courtes et cachées sous terre ; parmi les aulx , qui la plupart ont le plateau de la bulbe court et peu apparent, il est quelques espèces où ce plateau, quoiqu'il reste souterrain, prend l'apparence d'une véritable tige : tel est Xalliurnsenescens. Ce dernier mode de développement de la tige est fréquent dans les iridées, lesamomées, \acorus(S)j etc. , et cet organe y a reçu le nom de rA/zo;7i6(rb)zoma), pour indiquer qu'il ressemble à une racine, parce qu'il est souterrain. Mais ce rhizome est la véritable tige qui reste cachée sons terre, donne naissance par-dessous aux vraies racines, et par son sommet aux feuillet et aux pousses annuelles : celles-ci portent les fleurs , et souvent des feuilles -, elles sont comparables aux tiges annuelles des dicotjlédonesvivaces, tandis que le rhizome représente la soucbe persistante qui, dans les asters ou les pivoines , ou en général dans les dicotylédones vivaces, persiste sous terre ou à fleur de terre,; et reproduit chaque année de nouvelles pousses florales. Quoique «j'aie déjà mentionné ces. faits en parlant des tiges en général , j'ai cru devoir les reprendre
^— a— — «lai I .11 « ,1 I ^— i^M— — ■ I II t»
(5) Schkuhr. Handb. , pi. 97.
byGoogk
ORGANES FONDAMENTAUX. tfj
id, soit pour mootrer que les mêmes priDcipes s'appliquent à toutes les tiges de liUacées, quelle que soit la diversité de leurs formes, seit pour servir d'iotroduction à Tarticle soivant.
$ 3. Tige des Bananiers.
On a coutume de désigner sous lè nom de tige dans les baiumiers, le corps cylindrique qui porte les feuilles et se termine par la grappe florale , et l'on confond sous le nom de rgcine tout lappareil souterrain ; mais brsqu'on examine ces organes en se laissant guider par l'analogie, on ne tarde pas à reconnaître, i .<> que la partie cadiée sous terre se compose des vraies racines et d'un rhizome persistant; a.» que la partie dressée hors de terre, et qui périt après chaque fleuraison , est une sorte de fausse tige formée par les gaines plus ou moins soudées des feuilles qui entourent la hampe ou pédoncule floral et sont soudées avec elle (i). Ces gaines sont pour ainsi dire les pétioles des feuillos, et l'on peut les séparer les unes des autres, de manière à reconnaître assez bien leur véritable nature. Elles forment des tubes à-peu -près cyUndriques, emboités les uns dans les autres , et dont on voit la coupe transversale lorsque cette tige florale est cçupée horizon* talement. Une orgam'sation analogue parait exister dans la plupart des scitaminées , quoique d'une manière moins évidente, et il en est peut-être de même de plusieurs autres endogènes , où Ton distingue également une partie persistante qui est la vraie tige, quelle que soit sa place ^ et une partie florale de durée limitée. La distinction de la vraie tige et des organes formés par les pédoncules et les
(i) Turp., Iconogr., pi. 3, f, 4-
byGoogk
iî8 ORGANES FONDAMBNTAUX.
bases des feuilles est, daos certains geures de cette classe, très-difSdIe à fixer avec précisioo.
§ 4* ^^g^ ^^s Graminées.
Les botanistes ont coutume de désigner la tige des graminées sous le nom particulier de chaume (culmus), et elle méritait en efTet un nom spécial dans le système an* cien de la nomenclature des organes où Ton tendait à désigner toutes leurs modifications par des noms propres : le nombre immense de ces modifications fait peu-à-peu abandonner cette méthode qui offre le grave inconvénient de masquer sous des noms différens les analogies réelles des organes.
Le chaume (i) diffère des autres tiges endogènes en ceci , qu*à l'origine de chaque feuille se trouve un nœud ou plexus de fibres très-serrées et très-nombreuses-, dans toute la partie de la dge qui va d'un nœud à l'autre , ou dan3 les entre -nœuds, les fibres sont parallèles, verticales, et ne se dévient dans aucune circonstance ; au^i ne naitil, dans cet intervalle, ni feuilles, ni branches, ni racines; au contraire, dans les ilœuds, la cavité centrale occupée par le tissu cellulaire est interrompue, les fibres se croisent dans le sens horizontal ; elles donnent naissance a une feuille engainante , et à l'aisselle de cette feiuUe se trouve toujours un bourgeon qui prend ou ne prend pas de développement, sel9n les circonstances où il est placé. C'est de ce nœud que partent aussi les racines adventives qui se développent dans les graminées, lorsque leurs tiges ou branches inférieures sont ou couchées sur le sol ou souterraines , comme , par exemple , dans les chiendents
(0 Turp., Iconogr., pi. 4, f. 5.
byGoogk
OBGAflES FONDAMBJEfTAVX. 3^9
(triiicumrepens^etpanicum dactylon), où les branches inférieures se prolongent horizontalement sous le sol, et portent vulgairement le nom de racines. U est même fréquent que, dans les graminées à tige droite , les nœuds inférieurs soient si près de terre , qu'il leur arrive fréquemment de pousser des racines.
La distance des nœuds est très- variable, non-seulement dans les diverses graminées comparées entre elles, mais encore dans les individus de la même espèce, et dans les nœuds des mêmes individus ; en général , ils sont plus écartés lorsque les tiges croissent dans un terrain fertile, et sur la même tige on les voit plus rapprochés dans le bas et plus écartés vers le haut. On peut encore remarquer que plus les nœuds sont rapprochés, plus le bourgeon axillaire de leur feuille a de facilité à se développer ; c'est ce qui fait que les graminées se ramifient principalement par le bas des tiges , ce que les agriculteurs appellent taller.
Lorsque les entre-nœuds inférieurs sont très-courts, il leur arrive souvent de se tuméfier de manière à former une espèce de dilatation qui, recouverte par la gaine de la feuille qu'elle a distendue, ressemble aux bulbes des litiacées; c'est aussi ce qui a fait donner à quelques graminées le nom de bulbeuses \ tel est, par exemple , Xhordeum strie- /z/m,qui est souvent bulbeux, et reçoit alors le nom de Aordeum bulbosum; le phleum nodosum ne diffère probablement Aw phleum praùense cfxe par ce même phénomène.
Il arrive quelquefois que les nœuds renflés sont séparés par un court entre-nœud, et alors la sérié de ces nœuds tuméfiés donne à la partie souterraine de la tige un aspect singulier. Une variété de la folle avoine (avena elatior)^qu'on a désignée sous le nom d'avena precaloria , ou
byGoogk
^5o OJIOA!i£S FOSDAMENTAUX.
avœoe a chapelets, présente cette structure. Les Dceuds situés hors de terre ne se renflent jamais d'une manière notable que par accident.
Les entre-nœuds sont recouverts, dans la partie inférieure ou dans la totalité de ienr longueur , par la gaine des feuilles ; cette partie recouverte est toujours plus molle et plus herbacée que la partie exposée à l*air; elle ne présente jamais de poils, et rarement des stomates aussi bien développés que ceux de la partie découverte.
La partie intérieure et centrale de toute la longueur de Tentre-nœud, est toujours plus moUe que la partie exté* rieore, et n'ofire qu'un tissu cellulaire dilaté; ce tissu, rempli de sucs aqueux dans sa jeunesse, se dessèche dans un &ge avancé: tantdt alors il reste intaa,ce qui forme les chaumes pleins-, tan\ôt il se rompt plus ou moius complettemcnt , ce qui forme les chaumes creux, ou ces cavités de la paille qui vont d'un ncend à l'autre.
Tout ce que nous venons de dire <les graminées est applicable aux calamus ou rotangs , qui appartiennent à la famille des palmiers, mais dont la tige est marquée de place en place par des nœuds qui portent les feuilles , et donnent naissance à des bourgeons axillaires.
§ 5. Tige des Prèles.
Les tiges des prêles (b) ont beaucoup de rapports avec celles des graminées, mais semblent, au premier coupd'œil , se rapprocher uu peu plus de celles des exogènes. Ces tiges sont cylindriques , munies d'espace en espace de nœuds solides, desquels panent les verticilles des rameaux
(i) HayD. Tcrm. bot., pi. i5, f. 3. Mirbel , Journ. Phys. Pfair. «B iSy pi. I. Vancher, Monogr. des Pitlfis, pi. i<ao.
byGoogk
ORGAIffS FONDAMENTAUX. 25l
et des feuilles. L'eDlre^nœud qui De forme jamais de pro* ducdone latérales, présente à son intérieor un tissu cellulaire oentral qui se rompt très^rapidement , de manière à former une lacune longitudinale et un cylindre extérieur, composé de deux rangées de fibres, l'une intérieure etPautre extérieure, disposées de manière à alterner les nnes avec les autres; ces fibres, vues au* microscope, sont composées de vaisseaux rayés, entremêlés de vaisseaux ponctués et de cellules dongées. L'anneau extérieur présente des cavités aériennes tubuleuses et disposées avec une grande régniarité.
Dans les nœuds, le tissu cellulaire central ne se rompt point, et semble jouer le rMe de moelle; il part , du bord extérieur de cette moelle , ou du bord interne du cylindre extérieur , des vaisseaux rayés, dirigés dans le sens hori* ^ntal, et qui se portant à la superficie, vont y développer des branches, lesquelles sont organisées comme la tige.
Toutes les parties des prèles que nous avons coutume d'appeler tiges, sont annuelles et partent d'un rhizome ou souche souterraine qu'il en fout bien distinguer, et dont l'organisation mérite un examen d'autant plus sérieux, qu'il parait susceptible d'atteindre un âge extrêmement avancé, et pourrait, par-conséquent, donner quelques notions sur le mode d'accroissement des endogènes.
S 6. Tige des Foagères.
La tige des fougères se présente, comme je l'ai déji in* diqué plus haut, sous trois apparences bien distinctes; tantôt elle est droite, forme, cylindrique, simple comme celle des palmiers; c'est ce qu'on voit dans le cyathea spi^ nosa, le dicksonia, etc. Quelquefois elle est foiUe, grim-
byGoogk
IlSa OBGAIfES FONDAMENTAUX.
pante, entortillée autoar des arbres, rameuse, mais sensiblement cylindrique dans chaque ramification, comme par exemple , dans les ugena , etc. 11 en est quelques-unes où la tige est rampante à la surface du sol , comme dans le poljr podium virginicum; enfin, dans les petites fougères propres à nos climats, la tige, au -lieu de ramper à la surface , rampe au-dessous du terrein, et se présente sons Tapparence d'une souche souterraine presque horizontale, qui émet des racines par son côté inférieur , çt des feuilles par son extrémité supérieure (i); et qui se détruit graduellement par son bout le plus ancien, tandis qu'elle se prolonge par Textrémité opposée. On ne peut pas plus se reAiser à reconnaître l'identité de cette souche souterraine arec la tige aérienne des fougères en arbres, que dans les liliacées et les autres familles mieux connues.
Les tiges des fougères , quelle que soit leur direction, sont toujours cylindriques , plus dures vers le bord que vers le centre. Ce qui les distingue éminemment , c'est qu'on y observe toujours, lorsqu'on les coupe en travers , des taches brunes (2) arrondies, symétriques, mais de formes assez variées; ce sont ces taches qui, vues dans la coupe oblique de la souche du pteris aquilina, ont été comparées à la figure d'un aigle germanique. Ces taches sont formées, selon M. Mirbel, par la transudation dans les cellules de la partie la plus spongieuse de la tige, d'un suc sécrété par certaines fibres; telles qu'on les examine dans les fougères en arbre , on est forcé de les considérer comme des faisceaux de fibres très-serrées qui sont se* parées par des espaces essentiellement pleins de tissu cel-
(i) Hayn. Tcrm. , pi. 6 , f. 6.
(a) Mirb., Élém., pi. 9, f. 3. Turp., Icon., pi. a, f. 4-
byGoogk
OBCIAIVES FORBAMjSNTAUX. 253
lokire. La partie centrale est quelquefois creuse dans les tiges âgées , par la destruction de son tissu cellulaire. La tige coupée en travers , présente un anneau extérieur de tissu cellulaire qui joue le rôle d'écorce , quant à sa position y mais qui n'influe point sur la formation du bois , lequel se développe par l'intérieur du cylindre central et fibreux 3 ce cylindre offre une grande quantité de vaisseaux rayés. Les ramifications de la tige partent toutes de ce cylindre , et ne semblent être autre chose que les ré* sultats de la divergence des fibres.
Tous les points de la superficie de la tige des fougères paraissent doués de la faculté de produire des racines; c'est ce qu'on voit très*clairement dans les rhizomes ou tiges souterraines des fougères de nos climats; je possède un pied de fougère en arbre, (\ufi M. Pérrottet a eu la complaisance de m'envoyer de la Martinique : ce tronc , dont je donne la figure aux planches a3 et a^, est couvert, dans une longueur d'environ trois pieds au-dessus du collet, d'un plexus épais et serré, formé par une multitude immense de petites racines fibreuses, sèches , brunes, qui sont situées tout autour du tronc, et lui forment comme une espèce d'enveloppe; ces racines ont elles-mêmes enveloppé dans leur croissance des tiges grimpantes de caladium qui, vues dans l'état adulte, semblent avoir perforé ce tissu radical (3).
S 7. Tige des Lycopodinées.
On observe, dans les lycopodes (i), deux parties distinctes, mais continues : à l'extérieur est une espèce d'enveloppe de tissu cellulaire arrondi; au centre se trouve
(3) Voy. pi. a4, f. T.
(1) Mirb. , Joarn. de Pbys. Florcal an ix , pi. 2 , f. 7, 8.
byGoogk
«34 0BCAN£8 FO,N DAMENT Airx.
une petite colouoe cyliudrique , composée de vaisseaux rayés etponctaéir, entourés de cdlules allongées, et les branches sont de petits faisceaux qui se séparent en di* vers sens du cylindre central, et où le tisau cellulaire se déreloppe à l'extérieur , à mesure qu'il se trouve libéré de la pression des fibres voisines» Cette envelq>pe celiu* laire des lycopodes et de plusieurs autres endogènes, n'a qu'une ressemblance générale avec celle de l'écorce des exogènes; mais il n'y a rien ici àe seiàblaUe aux couches corticales el au liber.
L'isoëtès est en quelque sorte une lycopodiacée des Ueux inondés (2). Sa tige , au-lieu d'être alongée et filiforme, comme dans les antres genres de la famille , est épaisse , ovoïde , un peu triangulaire , et a lapparence d'un tubercule; cette souche présente un faisceau de radnes primitives qui nait de la base , et trois faisceaux latéraux qui se développent comme racines adventives dans trois sillons longitudinaux. Ce qu'il y a de plus -sii^ulier dans son histoire, c'est que de temps-en-temps ( à des époques que je n'ai pu déterminer , mais je crois cbaq.ue année ) , on voit trois disques (pi. 56, f. 5) se détacher des trois pans arrondis de la tige, et être rejetés an-debors sous l'apparence de débris morts. Ces disques ovales portent «UT les côtés des débris de racines, qui étaient les plus extérieures de chacun des faisceaux déracines adventives. Je n'ai pu découvrir de vaisseaux dans cette masse opaque, compacte el presque farineuse de la tige ou souche de l'isoëtès; mais je suis porté à croire qu'il en ei^iste, puisque les feuilles ( pi. 57 , f. 27 ) portent des stomates.
(2) Voy. pi. 56 et 57.
byGoogk
OBGANES FONDAMENTAUX. , s3â
ARTICLE'II
Zh la formation des Branches dans les Tiges endogène .
D'après oe que nous avons vu dans larticle précédeut, d est <:lair qitie la structure des eodogéoes parait j;EU>ios uniforme que ceUe des exogènes, et ce qui tient à leurs ramifications présente en partictilier beaucoup de diversités. Le nombre réel de ces irrégularités semble encore accru par cette circonstance ^ que le nombre des endo* gènes ligneuses que noc^ connaissons avec précision, est peu considérable, et que nous avons ^ le plus souvent, négligé les formes intermédiaîlres qui auraient pu nous en donner l'explication.
Si dans cet état encore imparfait de la science, nous tentons de nous rendre raison des ramifications des endogènes, nous trouverons encore de grandes difficultés. Il me paraît très-vraisemblable, et je suis en ceci l'opinion de M. Dfi Petit- Thouars,' qu'à l'aisselle de cbaque feuille des endogènes, il existe, comme chez les exogènes, un point vital ou bourgeon latent, et que ce rudiment de bourgeon peut se développer ou avorter, selon les circonstances où il se trouve. Lorsque les feuilles sont placées sur un-nœud ou plexus de vaisseaux qui arrête la marche de la sève , et présente même souvent un dépôt de nourriture, alors le booléen se développe fréquemment en boanche : c'est ce qui arrive dans les graminées, dans les rotangs, et dans les prèles. Mais lorsque la tige ne présente point de nœud naturel, il faut que des causes accidentelles se présentent poor qae la tige se ramifie^ Je vais en indiquer quelques^ unes.
936 OBOAZIBS FONDAMENTAUX.
Si Ton vieDt à piocer ou à couper la sommité de la tige d'uD eodogéoe, les bourgeons qui se trouvent aux aisselles supérieures reçoivent la sève qui, dans le cours naturd des choses , se serait employée à l'alongement et à la nutrition de la partie centrale et terminale : ces bourgeons grandissent et foroMut des branches; si Tun d'eux est mieux placé que les autres pour se développer, il s'alonge seul, et la tige semble rester simple quoique réellement ramifiée; si deux ou plusieurs de ces bourgeons se développent à-peu*près également, la tige se bifurque on se ramifie. Tels sont les faits dont on est témoin dans nos jardins botaniques, lorsqu'on cherche à y faire ramifier ou à y multiplier les endogènes ; ainsi, lorsqu'on coupe la sommité d'une tige de yucca, de littma^ ou de tout autre végétal analogue, on la force à produire des branches* Lorsque le centre du tronc, mis à nu par cette coupe horizontale, est très-aqueux, on le brûle avec un fer chaud; par cette opération , on empêche la pourriture de s'y étabh'r, et les bourgeons axillaires tirent à eux la sève des parties latérales du tronc, qui suffit pour leur développement.
Ce que les procédés de la culture nous démontrent, la nature nous le présente aussi réalisé, soit accidentellement, comme, par exemple , quand une sommité de tige est brisée par le vent, soit naturellement lorsque la fleu^ raison a lieu.
Les grappes d'un grand nombre d'endogènes naissent au sommet des tiges, comme, par exemple, dans \e yucca, le liUœa, plusieurs dracœna, etc. Lorsque la fleuraison est achevée, et que les graines sont mûres , la sève n'est plus appelée vers la grappe, et la tige arrêtée pour ainsi dire dans sa croissance, par la présence de ce corps inerte,
ORGANES FONDAMENTAUX. ^l*]
ne peut plus s aiouger y alors il arrive de deux choses Tuoe , ou comme daos la plupart de dos liliacées herbacées, la tige florale périt toute entière, ou comme cela a lieu dans les liliacées ligneuses, la tige persiste; les bourgeons supérieurs prennent de l'accroissemeût, et forment de véritables branches dont plusieurs naissent vers le sommet* C'est de cette mam'ére que se forment les ramifications des^ucca, des draccena, etc. Je stus porté à croire que. c'est la même cause qui détermine la bifurcation du doum de la tbéh^aïde, lequel, dans mon opinion, se bifurquerait par une cause analogue à ce qui se passe dans le Ulas et le marronnier.
La décurtation terminale des tiges endogènes, produite ou par des accidens, ou par la fleuraison ,me parait la plus claire des causes de ramifications de plusieurs d'entre elles; mais il est des ramifications d'endogènes qu'on ne peut expliquer par ce moyen.
Ainsi on voit quelquefois se développer des bourgeons et des branches latérales dans les parties inférieures des troncs, par exemple , vers la base des tiges de yucca ou de dattier, le plus souvent près du collet. Il est vraisemblable que ces bourgeons sont favorisés dans leur développement, soit par l'humidité du sol, soit par la petite stagnation de sève descendante qui s'opère au collet. L'origine de ces bourgeons adventifs est trè»-obscure dans les, endogènes; mais si l'on y pense un peu, elle n'est pas mieux connue dans nos arbres exogènes où ce phénomène est très-fréquent. Enfin, il est des endogènes où les bourgeons axillaires ^ développent avec une extrême facifité, quoiqu'il n'apparaisse aucune stagnation de sève dans les parties avoisinantes : c'est, par exemple, ce qui a lieu dans les
byGoogk
fi38 ORGANES FOXDAMENTAUX»
asperges, les mscus, etc.-, il est peut-être digne de remarque que àsim ces asparàgées très-rameuses , les véritables feuilles avortent et sont réduites à une simple écaille; cet avortement de la feuille serait- il une cause de développement pour le bourgeon? Je le pense à cause de h coïncidence des faits; maii je dois avouer que la cause m'enest inconnue : j*ajoiîterai encore que, parmi les exogènes, on trouve des ipibénomènes femblables; «insi les feuilles de répînevinette (i) avortent en se transformant en épines, et tous les bourgeons sy développent^ en faisceaux de feuilles, les feuilles des pins avortent en se traijsformant en membranes scarieuses, et les bourgeons axillaires s'y développent en faisceaux de feuilles. Parmi les endogènes il en est de même dans les asparagées ; Favortement des feuilles des asperges, et leur changement en membranes, déterminent le développement deslîourgeons axillaires en faisceaux de feuilles et de pédoncules. L'avorlement des feuilles de mscus (2), et Teur changement en membranes, déterminent de même le développement du bourgeon en un rameau aplati, de forme semblable & une feuille, et qu'on a souvent désigné sous ce nom, mais qu'on voit enstiite porter les bractées et les fleurs. *
I Les considérations que je viens de présenter tendent a faire comprendre que Porigîne des branches dans les endogènes n'est pas sensiblemedt différente de celle des exogènes; mais si elles y sont plus rares, cela tient à ce que la masse des fibres étant dirigée vers le sommet, le bourgeon terminal y est plus gros et plus puissant^ qu'il attire à
(i)PI.9,f. I.
(n) PI. 49» f- '*
byGoogk
ORGAlffiS FONDAMENTAUX. sSg
lui la pins grande partie de la sève, et qu'il n'eu peut aller aui bourgeons latéraux que lorsque l'action du bourgeon terminal est ou détruite par son oblitération, ou balancée par des causes de stagnation latérale de la sève. Or, ces causes de stagnation latérale de la sève sont d'autant plus' rares , que la partie externe du tronc est plus complètement ossifiée , ce qui explique pourquoi les endogènes ligneuses sont plus rarement ramifiées que les herbacées* Cette .dernière réflexion conduit n*aturellement à expliquer l'une des plus grandes anomalies de l'accroissement des endogènes, savoir : que les unes ne croissent plus en diamètre, passé un terme donné, et que les autres semblent s'élargir presqu'indéfiniment. U me paraît assez clair que cette différence tient uniquement ap degré de solidité ou de dureté que peut acquérir le tissu de chaque espèce : lorsque les fibres anciennes, repoussées au-dehors par l'interposition des fibres jeunes au centre, sont comme ossifiées à un âge déterminé , elles servent d'étui solide à tout le faisceau central, et la tige ne croit plus en diamètre; c'est ce qui a lieu dans les palmiers. Lorsque ces mêmes fibres conservent toujours assses de souplesse, ou de mollesse, pour pouvoir être plus ou moins distendues par Pinterpositioii des fibres centrales, la tige peut toujours s'accrottre en diatnètre ; c'est ce qui arrive dans les lib'a* cées herbacées, et dans presque toutes les endogènes k tissu mou.
byGoogk