Tome I^r
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2^4 OBGANBS FOlf DAMBNTAIJX«
feuiUes fort herbacées sont plus faciles à peler qne les feuilles fibreuses : mais lorsqu'on compare entre elles les surfaces diverses d'une même espèce, cette loi est modifiée par une loi contraire j savoir : que les cuticules des feuilles s'enlèvent plus facilement là oà se trouvent beaucoup de stomates, parce que l'évaporation y étant plus grande , la membrane extérieure prend plus de consistance. Aiusidans chaque feuille, la cuticule quis'eolève facilement, est celle où Ton doit s'attendre à trouver des stomates. Ces deux lois en apparence contradictoires se modifient l'une l'autre , et c'est de leur combinaison que résultent tous les degrés divers d'adhérence des cuticules des feuilles.
Les deux surfaces sont souvent très-différentes l'une de l'autre; en général, la surface supérieure offre des ner« vures peu saillantes, et par-conséquent un aspect plus uni-, elle a une moins grande quantité de poils; elle manque souvent de stomates, ou n'en a qu'une moindre quantité que la surface inférieure; elle a aussi par conséquent sa cuticule plus adhérente, d'où résulte que sa couleur est d'un vert plus intense. Ces caractères de la surface supérieure des feuilles, sont surtout très-prononcés dans la plupart des arbres, le poirier, par exemple, etc. La sur* face inférieure présente le plus souvent les caractères opposés aux précédens; elle offre des nervures plus saillantes, et porte un plus grand nombre de poils (5) ; elle est
(6) Cette observation, qui est yraie en général, ne Test pas dans tous les cas; ainsi on yoit quelquefois Vastragalus hypo' glottu , ayant les folioles poilues en-dessns et glabres en-dessous. Les feuilles du passerina hUsuta sont cotonneuses à la face supérieure, et glabres à la face inférieure ; mais le nombre de ces exiieptioas est trés^orné.
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O&GAIfBS FONDAMENTAUX. SyS
seule manie de stomates^ oq du-moins elle en porte un plus grand nombre que la surface supérieure ; enfin ^ sa cuticule est moins adhérente , d'où résulte que la couleur en est généralement plus pâle.
Les différences ratre les deux surfaces offrent des phénomènes particuliers dans les feuilles flottantes, telles que celles des nénuphars : cellesrci ont bien la surface supérieure lisse et verte, et l'inférieure pâle et' matte, mais cependant la sur&ce supérieure, étant seule exposée à l'air, offre seule des stomates.
n n'est pas rare que les deux surfaces se ressemblent presqne exactement, et pour le nombre des stomates, et pour l'apparence des nervures, et pour le degré de leur verdeur, et pour l'apparence de leur tissu ; c'est ce qu'on observe dans plusieurs plantes herbacées.
Mais que les deux surfaces présentent un aspect , ou très-difierent , ou trés-semblable , elles n'en paraissent pas moins destinées à jouer un rôle spécial , car on ne peut pomt intervertir leur position naturelle. Si l'on tente de tourner une feuille de manière à diriger en haut sa face inférieure, et la supérieure en bas, la feuille tend toujours à reprendre sa position naturelle, et si on la retient par quelque procédé mécanique dans cette position contre nature, elle périt assez promptement. Dans les arbres à branches naturellement pendantes, les feuilles se retournent plus ou moins complètement pour reprendre tei^r vraie position. Ce dernier fait parait indiquer que le retournement des feuilles placées en sens contraire de leur posidon, n'est pas simplement du,- comme on le pourrait croire, à ce que, par un effet mécanique d'élasticité, leur péuole tend à se détordre^ car ici leur pétiole se tord de lui-
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%j6 OhQAJiBS FOlfDAMEKTAUX*
inéme pour placer les deux surfaces daas la position qui leur convient. Il f st même des feuilles qui, sans appartwr a des branches pendantes ^ se tiennent natnrelleoient dans une position contraire à cell^ qui semble naturelle: ainsi, M. E. Meyer a observé ce fait dans l^i^be des feuilles de festuca trinervataj et de quelques autres graminées^ La cause de ce phénomène est encore inconnue*
Le bo;:'d de la feuille est déterminé par la commissure des deux cuticules : dans les feuilles planes, il n'y a aucune difficulté à le reconnaître j dans les feuilles trièdres , comme celles dn mesembryanthewium aoinacifonng , k surface supérieure est représentée par la face supérieure dutrtèdre,quoiqu'dle soit quelquefois très-étroite; l'angle inférieur on la caréné , représente la nervure longitudinale-, les deux faces inférieures sont les deux côtés de la face inférieure de la feuille, et les angles supérieurs sont, par-con« séquent, les commissures des deux Surfaces, c'est-à-dire les vrais bords de la feuille. Dans les feuilles cylindriques, telles qne le mesemhryoMtkemum calamiforme , ni les bords, ni les fiices ne peuvent se distinguer : enfin , il est des feuilles tellement pliées sur elles-mêmes, que toute Ie»r superficie externe e^t formée par leur face inférieure^ telles sont celies des iris, qu'on nomme ensiibrmes ou en façon de glaive-, elles semblent planes comme les feuittes ordinaires, mais comprimées latéralement au*liea d'être déprimées) elles sont en réalité pliées BKMtîé sur moitié; leur angle inférieur est k nervure moyenne, l'angle supérieur est la réunion des deux bords.
Les bords des feuilfes présent^ qoelques particularités dignes de remarque : ils sont fréquemment calleux ; lorsqu'ils portent des poils, 'ceux-ci sont ordinairement
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plus roîdes qu'à Tordiiiaire) et om reça le Dom de cils; ces cils ifldiqaait rexistence d'nne nerrtiFe'^atf^Dale. Qu«lquefoisy surtout dans les feuilles à nei^ures rameuses , ied rsmificalioos se dirigent plus ou racnss cbreclemefit yers les bords ^ et leur extrémité présente fréquemment un point «n petit tubercule ) duqud peuvent nâiue dansdescir-^ ooostadces £rrorables ^ ou des racines ^ ou même de feoneë iaditidoi , comme dans le bryophyUmm calycrrmm (6). Cesi de points analogiies^ qaant à leur position^ que se prolongent aussi quelquefois les épines nuurgiiidies^ Mais ces laits ne pourront derenir clairs qu'après Bons être occupés de la diapotition des nervures.
ARTICLE II
jPe la distinction du Péiiole et du Limh& des Feuilles^
Le pédoic) oo^ comme Fon dit dans le iangage vul^ geire, le fieue de la-feoiUe^est^ non le proiongefsent da limbe 9 comme le terme populanre semblerait Findiqner^ mais au contraire ^ la base o» lé support du limbe, le fais* ceau son encore épanoui dbs.fibree de la fettiUe. Le (4ns souvent, une feuille est composée de liaabe et de pétiole ) qiudquefois elle manque de Tua ou de l'autre : dans ces divers cas, le pétiole prend des apparences diverses $ et il ^ souvent assez diffidlé de reconnaître son existence pacmi les fermes variées qu'il revêu Pouf le suivre dao$^ toutes ses métamorphoses, nous l'étudierons d'abord dans les feuittes à nervures rieuses où sa sfmctarel est mieux appréciables, puis dans celles à nervures simples.
C'est parmi les feuilles à nervures rameuses, ou celles des dicotylédones, que la structure propre du pétiole est
(6) vi 21, f. ï, a.
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S78 OBCANES FONDAMENTAUX*
la plas évidente , et qu'on peut Fétudier sous sa forme la plus simple; il s'y présente le plus souvent sous celle d'un faisceau de fibres 4ongé et à-peu-près cylindrique^ si longueur est très-variable : tantôt ij est plus long que le limbe , tantôt tellement court qu'on peut dire qu'il n'existe point. Sa forme esl^ ou tout-à-fait cylindrique ^ ou légèrement déprimée^ ou creusée en gouttière, le côté supérieur étant plane ou concave, et l'inférieur relevé en angle dorsal, ou enfia fortement comprimée, comme on le voit dans les peupliers, chez lesquels cette forme de pétiole détemme l'extrême mobilité des feuilles. Dans tous ces cas, le pétiole est simple, composé d'un certain nombre de fibres serrées les unes contre les autres, entremêlées de tissu cellulaire aloiigé : il ne porte jamais de stomates; mais, comme les nervures dont' il est la base, il est souvent pourvu de poib ou de glande^ : sa couleur est ordinairement pale, sa consistancç assez ferme : il ne décompose point le gaz acide carbonique , et ne concourt que peu ou point à l'évaporation de l'eau.
Cette forme ordinaire du pétiole est modifiée par diverses circonstances principales :
I .* Lorsque le bord du petide est aplati , il arrive quelquefois qu'il s'épanouit latéralement en une portion plane et foliacée , parfaitement semblable au parenchyme du limbe; on dit alors que le pétiole est bordé : tel est, par exemple, le pétiole du lathyrus articulatus ^ ce limbe marginal du pétiole est doué d^outes les propriétés du limbe ordinaire, et peut le remplacer sous le rapport physiologique (i). II est vraisemblable que ce qu'on appelle
(1) Mirb., Élém. , pi. 37, f. 8, 9.
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femlle dans le nepenthes (2), est an pétiole bordé^et qne le Yrai limbe est le godet termioal. Il est possible que dans le dionœa{i\ on doive donner le nom de pétiole bordé à la partie inférienre de la feuille, et réserver celui d^ limbe anz deux lobes irritables. Le limbe marginal des pétioles bordés, diffère en général du limbe ordinaire, en ce qu'il s'offre pas de nervures latérales saillantes, mais seulement des veines anastomosées. Dans les feuilles composées , si le pétiole est bordé comme cela arrive fréquemment, )a bordure s'interrompt à chaque articulation quand les fo- Uoles sont opposées. Ainsi, par exemple, dans les ingas ptéropodes (4), ou X^fagara pterota (5), le pétiole est composé d'autant d^articles qu'il y a de paires de folioles, et chaque article est bordé d'une aile foliacée.
Supposons maintenant, comme on en trouve des exemples fréquens parmi les feuilles composées , que les folioles latérales vinssent à manquer toutes, il arriverait deux cas : s'il n'y avait point de foliole tei^inale, la , feuille se trouverait composée d'articles placés bout-à-bout; c'e$t ce qu'on a nommé feuille lomentacëe^ et dont une bignone découverte à Madagascar (6) par Noronba , offre un exemple*, une telle feuille n'est autre chose qu'un pétiole composé d'articles bordés, et dont les folioles ont avorté : û la foliole (erminale existe, on a tantôt un pétiole bord^, terminé par une foliole unique-, c'est ce qui a lieu dans l'oranger, dans lecitronnier, dans le desmodiam triquetrum {^\ etc.;
(a) DC. , FI. fr. , éd. 3 , ▼. i, pi. 7, f. 5. Poil. dom. bot. , ▼. x, û^, S52 a. Tarp. Icon. , pi. 12 , f. B.
(3) Turp. Icon., pi. ia,f. 7.
(4) RjiDth. Mimos. , pi. 11» la» i3y 14. )
(5) Hayn. Tenn. , pi. i4, f. 2.
(6) Voy.pI.39,f. I.
(7) PI. a8, f. a.
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a8o oBGA:<r£s fondamentaux.
tantôt uo pétiole cylindrique, termioé par nne foliole aosst cyliodrique, comme dans le sareophyllum (8), tantôt, et c'est le cas le plus fréquent, un pétiole ordinaire terminé par une foHole simple , comme on le voit dans plusieurs ononis , qui n'en doivent pas moins être rapprochés des plantes à feuilles composées, quoiqu'elles semblent simples, etc. Ces divers exemples peuvent prouver à quel point il est facile de confondre le limbe proprement dit avec le pétiole bordé. Au reste, cette confusion est de peu d'importance; car on pourrait dire que la nervure longitudinale du limbe étant un prolongement du pétiole, tous les Umbes ne sont que des pétioles bordés.
â.o II est des dicotylédones, telles que la plupart des ombelliféres et des renonculacées, chez lesqueBesks fibres qui doivent former le pétiole , au-Keu d'être distribuées dès leur origine en un faisceau serré, naissent les unes à côté des autres en une série transversale qui occupe ou toute la circonférence de la branche, ou une portion remarquable de cette circonférence (9). La base du pétiole est alors plane ^ et plus ou moins embrassante ou engainante-, mais bientôt les fibres pétiolaires tendent à se rapprocher en faisceaux comme à l'ordinaire, et la partie supérieure du pétiole ne diffère pas des pétioles à base arrondie, La gaine, quoique plane, conserve les carac-
(8) PL i4 » i. 4> J« parU ici du pëiioU du «ar«effty/A«iit, comme cylindrique; mais il difFère des pétioles ordinaires, en ce que toute sa surface est couverte d*an parenehjme foliacé, comme certaines branches, de sorte qu'il est pétiole par sa position, et joue le rdle de limbe par le parenchyme foKacé dont il est recouvert.
(9) Voy. pi. a , f. a a 5 c , Texemple de la ^atne péiiolairc du platane > et f. 1, celle du spiilax.
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0BaA19£S FONDAUSIITAUX. aB(
tères da pétiole; eUe n'a que peu ou poiut de stomates, ue décompose pas toujours le gaz acide carbonique; eu un mot, c^est une lame pétiolaire, et non unepartie foliacée ( i o)t
Cet ^anouissement de la base du pétiole est porté au plus haut degré dans les feuilles supérieures du lepidium perfbliatttm ( 1 1 )^ du buplevruwt perfoliatumy etc. ; où die prend tou^à•fait^appareDce d'un limbe foliacé.
Dans la partie supériedre des tiges des ombelliiîères , on voit fréquemment ces gaines pétiolaires qui existent, quoique n'ayant pu produire ni le lioibe foliacé, ni quel-r quefois la partie cylindrique du pétiole. Si Ton venait à trouver une ombelUfère qui n^eût que ces gaines, on pourrait être tenté de leur donner le nom de feuilles ^ quoique ce fussent évidemment des pétioles engainans; c'est ainsi que Ton appelle feuilles dans le laAyrus nisso* Ua^ de véritables gaines pédolaires, qui, lorsqu'elles sont tout-a-/ait dépourvues de limbe, se dilatent plus encore qu'à Fordinaire, et jouent à quelques égards le rôle phy slologique de feoillf s. Il est possible que ce soit à cette classe de phénomènes qu'on doive ra[^rter la singulière structure du cyclamen lincarifolium (12); la plupart des bractées, et plusieurs écaiUes de bourgeons^ sont des dégénérescences de feuilles analogues à celles que je viens d'int diquer. Si l'on compare les écaiHes ou rudimens de feuilles du monotropa avec la base des pétioles des pyrola^
'J' ■' III II I I I I M I tl
(10) Hayn. Term. , \f\, aS, f. 6.
(11) Jacq. Flor. austr. , pi. 346.
(ia) DC.y Icon. Gall. rar. , pi. 8. Si ce soupçon estTéri6^^ cette plante serait un élut monstraeitx da ofehmen europœum , plutôt qu'une espèce : la difficulté qu'on eprouye à la rencontrer dans les lieux ^émes où Olii?ier Ta déconyerte , est une conSrma* lion de cette opinion. Je conserre soj|^0«seoMnt dans mon herbier réchantillon qui sertde typt à U il^rc que j^eii ai pu^Uév
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sSs OB42ANBS FOKD A VENT A VX.
OD arnVe aussi à les considérer comme des gaines pétio* laires , et, par analogie, on doit admettre le même résultat pour les orobanches , les lathrœa, etc.
Le pé^ole des polygonées est aussi muni à sa bise d'un appendice membraneux et engainant, que l'on a nommé bchrea(iiy^ mais son histoire anatomique offre encore quelqu'obscurité, et on peut presqu'aussi bien le considérer comme une gaine pétiolaire , ou comme formé par des stipules intraaxillaires soudées ensemble.
3.^ Il arrive quelquefois, surtout quand le limbe des feuilles ne se développe pas, que le pétiole, sans être engainant à sa base, se dilate dans sa longueur toute entière en un état intermédiaire entre l'état foliacé et l'état pétiolaire , et alors il a reçu le nom de phyllodium ; ainsi , lorsqu'on examine la plupart des acacies de la Nouvelle-Hollande, on voit que , dans leur jeunesse, elles offrent des feuilles deux fois ailées, à pétiole grêle à-peu-près cylindrique (i4)« A mesure que la plante avance en âgé, on voit le nombre des folioles diminuer , le pétiole se dilater, et peu-à-peu les folioles disparaissent complètement, et toutes les feuilles sont réduites à des pétioles dilatés en phyllodium. Ceux-ci sont planes, coriaces, fermes, toujours entiers sur les bords, munis de nervures longitudinales , qui sont les traces des fibres dont le pétiole est composé, et habituellement placés sur la tige dans un sens contraire aux vraies feuilles , c'est-à-dire que leur plan est à -peu -près vertical, au-lieu d'être horizontal, ou, en d'autres termes, que leurs surfaces sont latérales, au-lieu d'être l'une supérieure, l'autre inférieure. Il est des espèces qui, pendant la durée entière de leur vie, portent mé-
(i3) Hayn. Term., pi. 8, f. 4.
(i4) Vcat.Malm.,pl. 64; f. i.
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OBGANBS FONDAMEIITAVX. 285
langés des pétioles chargés de folioles ordinaires, et des pétioles transformés en plyllodium. Telles sont les acacia heterophyUa{ 1 5)> sophofœ ( 1 6), etc. Qiielques-uns portent sur leor bord supéôeur une ou deux glandes qui indiquent la place ou les ramifications chargées de folioles doivent prendre naissance. Tous ces caractères indiquent leur nature pétiolaire; mais lei fibres de ces pétioles sont assez écartées pour admettre un peu de parenchyme, et pour porter des stomates; d'où résulte que ces organes jouent physiologiqnement le rôle de Umbe. Des transformations analogues ont Led dans quelques espèces d'oxalis; telle est , par exemple, Voxalîs bupleunfoiîa(^iy), et Xoxalisfruticosa. Ce que nous voyons clairement se passer sous nos yeux en suivant l'histoire des acacies hétérophylles, je présume qu'il se passe également dans quelques autres cas moios è vidons. Ainsi, par exemple, les feuilles de plusieurs buplevrum me paraissent de véritables phyllodium^ ils ressemblent en effet complètement à ceux des. acacies, et leur sont analogues en particulier, et par leur extrémité calleuse qui annonce un a vertement, et par leur position verticale qui ne se rencontre presque jamais dana les vrais limbes des feuilles. Ces raisons sont corroboré» par l'exemple du. huplevrum difforme : on a donné ce nom à la seule espèce qui révèle la structure des. feuilles de ce singulier genre. Dans sa jeunesse, elle a, comme les acacies, des feuilles à limbe développé, et découpé à la manière des ombellifères; dans l'âge adulte, elle na plus que àts phyllodium. C'est encore à cette classe de faits ,
(i5) PI. i6,f.2,3, 4,5.
(16) LabiU. No?. Holl. , v. a, pi. aS;.
(17) St,.HiUire, FI. bras., pi. 23.
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a84 OlOAlfBS P05DAMBlfTAVX.
OU à la précédeace, qae je suis tenté de rapporter les feuilles du ranunculus gramineus , et efi général de toutes ks dicotylédones dont les feaiUes semblent munies de nervares longitudinales et parallèles.
4.'' U arrive plus rarement dans certaines feaiBes que Fes folioles avortent, et que les pétioles restent nus, cylin* driques, sans /alonger en yriUe', ni se changer en épine. Cest ce qui a lien, par exemple^ dans le leheckla nuda{i 8) et Yindigofera juncea que quelqaes-Utts ^ pour ce motif, ont nommé apkylla (i 9)»
5.<^ Lorsque dans les feniàes composées, Textrémité du pétiole ne porte pomt de foliole, alofs il arrive souvent que cette extrémité restant moUe, se prolonge ou en une petite arête, on en une véritable vrille simple ou rameuse, comme on le voit dans les orabu^, les vicia, les kuhyrusf quelquefois mène tontes les folioles latérales avortent , et la feaiHe ne se compose plus que d'un pétiole transformé en vrille , comme dans le lathyms aphaca (20); mais dans cet exemple, ainsi qne dans les phyllodium, les feuHles de la jeune plante présentent fréquemment les foUoIes qui manquent ensuite.
6.* Enfif , dans les mêmes classes de feuilles composées où la foliote terAirHate vient à manquer , tl arrive souvMt qne le pétiole «^endurcit en* épine à son extrémité, comme on le voit dans les astragales adragans. Je n'insiste pas sur cts deux dernières dégénérescences, vu que je serai dans le cas d*y revenir sons un pornt-de^vne plus général, au Livre IV^ Chap, i et 2.
(18) Voy.pl. 14, f. 5.
(19) Voy. Boun. Magâa. , pL M14. " '
(jo) Sowcrb. cngl. bol. , p|. 1167-. I>C'; Logom., j»!. i5, f. Sa.
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oàOAlVBfi FONDAHfiNTAUX, s8d
Si Doos considérons maintenant de la même manière les fenîUes k nerrures simples , ou celles des monocotylédones phanérogames , nous y trouverions des faits anak^es. La structure de leur pétiole y quand il existe, est modifiée par la disposition de leurs fibres *. ceUes-ci Baissent toujours placées les unes à côté des autres en série transversale , de manière que la base du pétiole est plus ou moins engai-' nante; au-dessus de la hase^ ces fibres se rapprochent quelquefois en pétiole triangulaire ou demi-cjUndriquè, comme par exemple dans plusieurs espèces d'iemerocalUs^ Salisma, etc. Dans {presque tous les palmiers, on trouve de même un pétiole à-peu-près triangulaire, évasé à sa base en une espèce de gaine sèche, dont les fibres sont très-visibles et souvent dénudées de parenchyme; mais souvent aussi le pétiole est engainant et comme foliacé; c'est ce qu'on voit particulièrement dans les graminées, oà ÎX porte le nom de gaine (21). Cette gaine cylindrique entoure Ja tige dans une partie considérable de son étendue ; elle est le plus souvent (^22) fendue dans toute sa longueur, parce que les deux bords restent libres; elle porte extérieurement à son extrémité un limbe à nervures parallèles, distinct de la gaine par une espèce d'étrangle-» ment calleux. La sommité de cette gaioi se prolonge inté'
■ I III ■ >— — ^— ^a^i— ■— — ^.^1 I II I— — ■■ Il mtk
(ai) Malp. oper., éd. m-4.0, t. i,pl. i3, f. 65, Tarp. Icon., pi. 7, f. 9.
(aa) Je cKs le plus souTeot, parce ^e M. Dupont a prouvé (Joam. Pfays., 1819, octobre) qoe parmi le» graminées, il en est» et c'est le ploa grand nombre, où la gàtne est fendae dans tonte sa loogaent , d'antres où elle est plus ou moins fendue vers son sommet et entière dans sa partie infëricnre ; d'antres , enfin y telle» qae celles de* rmeliêa, glfceiia^ catabrosà, etc. , où lagatne est entière dans toute sa longueur .
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286 OBGANfiS tOUDAMBNTAVXé
rieurement eo aoe lame coorte, scarieuse^ et dressée le plus souvent le loDg de la tige , qui a reçu le nom de laTiguetu ou ligule. Les cypéracées ne différent de la plupart des graminées , relativement à leur feuillage, qu'en ceci : 1 .* que leur gaine est presque toujours entière , c'est-à-dire, que les deux bords se soudent ensemble de manière à former un vrai tube cylindrique; 2.^ que la languette manque plus soutient, et 3.^ que le limbe est moins distinct de la'gaioe.
Voilà des exemples dans lesquels l'existence simultanée et habituelle du limbe et du pétiole ne laisse presqu'aucun doute sur la nature de Tun et de l'autre; mais il est des cas ambigus qui méritent une mention particulière. Si nous examinons la sagittaire commune , nous trouverons que lorsqu'elle croît hors de l'eau, toutes ses feuilles ont un pétiole et un limbe bien distincts : lorsqu'elle croit dans l'eau, son limbe avorte presque toujours, et le pétiole, au-lieu d'avoir sa forme triangulaire ou cylindrique, prend l'apparence d'un ruban plane, foUacé, et terminé par une petite ca^ûsiii^, andogue à celle qu'on observe dans les pétioles de dicotylédones ou le limbe a avorté (sS)*, il n'est pas rare de trouver des pieds qui portent à-Ia-fois ces deux sortes de feuilles. Le même phénomène arrive dans les potamogétons où les feuilles flottantes sur l'eau ont un limbe bien conformé , tandis que 'les feuilles submergées sont réduites à un pétiole membraneux. La comparaison des diverses strelitzia des jardins présente un résultat analogue; leur pétiole est engainant à sa base,
(a3) Fkr. d^n.> pi. 17a. Lœ«. praM., pi. 74» et pi. la de cet ouvrage.
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ORGAl^ËS FONDAMËNtAUt« 287
puis cylindrique, un pea ainipci vers le haut ; à son extrémité, il porte un limbe très-prononcé, et assez grand dans le strelitzia regince^ de moitié plus petit dans le stre^ lUzia parvifoUa , complètement nul dans le strelitzia juncea, dont ce qu'on nomme les feuilles sont des pétioles.
D'après ces exemples, de quel nom devons-nous appeler les organes foliacés des monocotylédones qui sont homogènes dans toute leur longueur, et chez lesquels il est impossible de distinguer un pétiole ou un limbe , telles que les jacinthes ou les aloës, Qtc. On a donné à ces organes le nom de femlles, qui semblerait indiquer qu'on les a re* gardées comme des limbes sessiles \ mais comme cette idée a été adipise sans examen quelconque, et à une époque où l'on n'avait. aucune idée des dégénérescences des organes, la question reste toute entière. Sont-ce des limbes •de feuilles privés de pétioles, on des pétioles privés de L'mbe?
Je penche pour cette dernière opinion, par les motifs suivans : i .^ l'analogie de ces organes est évidente avec les feuilles où l'on reconnaît habituellement un limbe et un pétiole. Si le strelitzia juncea n'a que des pétioles, il est bien difficile de croire que les prétendues feuilles du lîttœa soient d'une autre nature.' Si la gaîne qui supporte les limbes. des epidendrum est un pétiole, il est difficile de soutenir que la gaine des autres orchidées n'en soit pas an. Si la gaîne des graminées est un pétiole, pourquoi les feuilles engainantes des familles voisines seraient-elles autre chose? 2»** On connaît dans les deux classes de plantes vasculaires beaucoup d'exemples de pétioles engaînans, on n'a point d'exemples de limbes engainans. Tous les limbes de feuijles, quelle que soit la disposition
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988 OBOANBS FONDAU£NTAUX.
de leurs nervures, se rétrécissent à la base , et offrent en ce point une divergence dans leurs fibres, plus on moins prononcée ; on la remarque dans les limbes des aroïdes, des potamogétons , des palmiers , comme dans ies dicotylédones; c'est même dans cette divergence que consiste Fidée du limbe et le phénomène de Tépanouisseroent des fibres. Or, toutes ces feuilles s'évasent à leur base comme des pétioles, au-lieu de «e rétrécir comme des limbes. 3.^ "Lt^ pkylhdium , ou pétioles sans limbe, des dicotylédones, se terminent pu par une épine, cpmme celles des aloës, ou par une vrille, Ci^mmthjlagellana et le met1iomca(^^^)yO\k ^ar une callosité, comme la jacinthe, et une foule d'autres. Ces divers mode^ de désinence, qui indiquent un avortemçnt, se retrouvent sous des circonstances analogues dans les deux classes. 4*^ I^'^tude des dicotylédones a pu prouver qu'il exilste un grand nombre d'exemples de feuilles sans limbe, et par-conséquent, on peut tout aussi bien l'adipettre dans les monocotylédoues. Ce phénomène, est dans chaque classe^ plus iié* quent dans certaines familles que dans d'autres.
Je pense donc que dans cette classe, tout comme dans la précédente, il existe :
lO. Des Ceuilks ayant le limbe et le pélîole : teUes sont parmi les monocotylédones,la sagittaire, le potamogeton notons^ lliemerocallis, les palmiers, les graminées, etc.; et parmi les dicotylédones, le poirier, le robinier, etc.
2*. Des feuilles ayant seulement un pétiole foliacé , faisant l'ofBce de hmbe comme les pptamogétons submergés, les îadntbes, les iris, etc., parmi les monocotylédones; les * ---
{^)F).fr.(éd. 3,T, I,pl. -, f. 4.
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ORGAN£S FONAAMBNTAUX. 289
acacîes phyllodinées , les buplevmm , le lathyrus nis' solia , etc. , parmi les dicotylédones.
3«. Des feuilles ayant un véritable Umbe dépourvu de pétiole, telles que celles des trilUum, des paris, des lis, etc., parmi les monocotylédones, et toutes les feuilles dites sessiles parmi les dicotylédones.
Observons, en terminant cet article, que le mot de feuille est pris, dans les ouvrages de botanique descriptive, tantôt pour une feuille entière composée du pétiole et du limbe, ce qui est le cas le plus régulier et le plus ordinaire ; . tantôt pour un limbe dépour^vu de pétiole, comme on le dit de toutes les feuilles sessiles; tantôt pour un pétiole foliacé, dépourvu de limbe, comme dans la famille des liliacées, ou dans les mimosées phyllodinées: nous verrons plus t ard que ce terme de feuille est souvent aussi confondu avec ceux de foliole ou de segment.
ARTICLE III
l^e la Disposition des Nervures dans le Limbe de la Feuille.
Si Ton a bien suivi la distinction que je viens d'établir entre le pétiole et le limbe des feuilles, on verra que ces deux organes diffèrent essentiellement à deux égards : I .** les pétioles , quelle que soit leur forme et leur nature, sont composés de fibres parallèles entre elles, et si le parallélisme n'est pas rigoureux, les fibres y sont généralement plus écartées vers le bas, et plus rapprochées vers le haut. 2.® Les limbes présentent tous des fibres ou nervures qui divergent plus ou moins fortement entre elles vers la base, quelle que sôit d'ailleurs leur direction ultérieure -, c'est ce