‹ Cours de botaniqueChapitre 42 sur 63 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

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agO ' ORGAIVB9 FONDAMElfTAnX^

mode de divergence des fibres do limbe, dont nous avons maintenant à nous occuper.

Commençons d'abord par exclure de cet examen un certain nombre de feuilles, dont les nervures sont si faibles^ ou si mal prononcées, ou si complètement noyées dans le tissu cellulaire, qu'on ne peut en reconnaître la direction avec certitude î ces feuilles sont des feuilles grasses oa pulpeuses, comme celles des ficoïdes, ou des bases de pétioles réduites à Tétat d*écailles membraneuses ou scarieuses, comme les écailles qui représentent les feuilles des asperges et des ruscus (i). Les principes que je vais exposer s'y appliqueraient sans doute , mais avec des modifications et des difficultés qui nuiraient à VinteUigence des lois générales.

Lea fibres qui étaient réunies ensemble dans le pétiole , et qui marchaient alors à*pen-prés parallèles ensemble, divergent, pour former le limbe, d'après deux principes différens : i .* les unes se séparent en formant, ou avec la base, ou avec son 'prolongement, un angle proprement dit, et le plus souvent un angle aigu : on pourrait les appeler feuilles anguiineives; a.* les autres se séparent en formant sur la base ou son prolongement une courbure plus ou moins prolongée : on les désignera par comparaison sous le nom de ewvinerves : les premières sont essentielle^ nent les k'mbes des feuilles des dicotylédones, les secondes, les vrais limbes des feuilles de monocotytédones^

Parmi les feuilles anguHnerves, j'ai dès long-temps (a)

(i) PL 49, fig. ly où Pon Yoît r^oulk qu rcprëtente li fouâltf Tcritable du nucut , i itaëe toos le rameaa foliacî.

(a) Voy. FI. fr. , yol. i. Principes de Bot. , p. 84 , et pi. 4 , ok ftotttts les diaposkioiii n^Tantes sont exposées.

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OBGANES FOHDAMEIfTAUX. IQl

distingué quatre dispositions de nervures ^ saToir t I^ Les feuilles peuninerpes (3), ou à nervures pen^ Deesj c'est-à-dire ^ dont le péti(^ se prolonge en une nervure longitudinale qui, d'un et d'autre côté , émet sur uo seul plan des nervures latérales | par exemple , le châtaignier (4)* Ge9 nervures li^rales sont tantôt épaisses, tantôt lrès*menues; tantôt très-écartées , tantôt rapprochées-, tantôt simples, tantôt plus ou moins rameuses; quelquefois paiiakement droites, ailleurs courbées à leur extrémité, en suivant à-peu*près le bord de la feuille , ete. Elles forment à leur origine^ avctc la nervure longitudinale, un angle ordinairement aigu, mais dont le degré varie beaucoup. Duis certaines feuiHes, Fangle est trèsaigu, les nervures latérales sont très-rapprocbées de la nervure lon^udinale, et la feuille est en général alongée; ailleurs elles s'écartent sous un angle très^nivert, ou même droite et alors la £eniUe tend à être proportionnellement plus large* Une autre différence influe beaucoup sur la forme générale des feuilles h nervures pennées , c'est la proportion rekiive de la longueur des nervures latérales. $i la feuille a toutes les nervures latérales courtes, mais seosîblemeut de mécne longueur, elle est de forme linéaire; si les nervures du milieu sont plus longues que celles du bas et du sommet, la forme générale est elliptique, ovale ou ofbieniaire^ si les nervures ks ptu$ longues se trouvent «u-dessoQB du milieu, le Umbé est dit opë; si elles sont au** delà du miUeu de la longueur, le limbe est obové.

L'un des cas remarqûaUes parmi les feuilles penniner-

(3) Turp. Icon.; pi. 7, û%, la, i3 ^ pL 8, f. 6, 10$ pi. y^ I. 3 « 4t ^» ^» 7>3, et nofplaiich. i5y f. 1) 36» f. d$S8, f. i» etc.

(4) PI. 14, f. 3.

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ves , est celui où les deux nervures iuférieures> quoique partant évidemment de la nervure moyenne , sont plus grosses que toutes les suivantes, et atteignent presque la grosseur de celles du milieu; ce sont les feuilles qu'on nomme tripUneives , par exemple, VheUanthus tuberosus. Quelquefois les deux nervures inférieures de chaque côté sont grosses jet trés^rapprochées, et. alors on nomme k feuille quintupUnerve(^KT exemple , dans plssieurs mêlastomes), parce qu'elle a cinq nervures pés de la base, sa« voir : deux de chaque côté, partant de celle du milieu. Cette âtrijicture nous conduit par des degrés presqu'insensibles à la seconde des grandes classes de feuilles.

2«. Les feuilles sont dites palminerves (5) ou à nervures palmées (c'est-à-dire, disposées comme les doigts de la main écartés les uns des autres), lorsque de la hase du limbe partent à -la -fois plusieurs nervures divergentes entre elles ; ces nervures sont le plus souvent en nombre impair, celle du milieu étant le prolongement direct da pétiole* On compte quelquefois jusqu'à sept ou neuf nervures, par exemple, àstm plusieurs mal vacées, les ma/va hennigii, brasiliensis, etc»^ Xtsalthœa, etc. , etc. On n'en trouve le plus souvent que cinq, comme dans la vigne, ou trois, comme dans le jujubier, et une foule d'antres plantes; mais il est souveot difficile de distinguer rigouceusiement les feuilles palmée quinquinerves ou triuerves, des feuilles quintuplinerves ou triplinerves* La. seule difféceececon** siste en effet en ceci^ qued^ns les feuilles tripli ou quintuplinerves, les fibres restQpt un peu plus lopg'temps soudées avec le faisceau central , ou que le |)ai>efi€h3M»e revient se

(5) Turp. Icon. , pi. 8, f. i; pi. lo , f. io^ ii. Voy. |io9)p)^ 5$> f . a cl 4) p'* ï3, f. 2, etc. ' • '

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OBGAKES FONDAI^EMTAUX. 2g5

prolonger ud peu le long du sommet du pétiole. Les nombrefs pairs de nervures sont beaucoup plus rares que lea précédens, et ne sont probablement dûs qu'à des combinaisons de soudures parmi les feuilles originairement ailées sans impair. On peut au-moins , quant à l'apparence, compter parmi les feuilles palmées à nombres pairs, celles des hauhijhia, où il y en a deux , celles de Xoxalis tetrc phylla, où il y en a quatre, etc. Mais nous reviendrons sur ce sujet aprésnous être occupés des feuilles composées.

Si l'on examine la portion d'une feuille palmée qui correspond à chaque nervure partielle, on verra que cette nervure émet des nervures latérales, d'après le système des feuilles à nervures pennées, et tout ce que nous avons dit plusbaut leur est applicable, d'où résulte qu'on pour^ rait considérer une leuille palminerve comme formée d'autant de folioles penoinerves', sondées par la base^ qu'elle a de maîtresses nervures (6), et cette manière est peut-être la seule qui rende raison de leur structure. Elle s'appuie en particulier sur ce fait au-moins singulier, que les familles qui présentent des feuilles palminerves offrent souvent aussi des feuilles composées d'une n>antère analogue; telles sont les ampelidées, les malvacées, etc; On concevra mieux encore cette opinion, lorsqu'en étudiant les feuilles composées, on remarquera que toutes les

(0) Les soudures accidentelles de feuilles sont des phénomènes assez communs, et dont j*ai dëjà fait mention en de'tail dans. la Théorie élémentaire; mais pour éclaircir ce sujet si important dans ses conséquences , j'ai donné ici quelques 6gures de feuilles sondées accidentellement , telles sont, par exemple,* celles dii juslicia oxjrphylla, pi. 17, f. 3; du laurus nobilis, pi. 48, f. a i telles sont encore les feuilles séminales du tiihonia tageti/îora, pi. 5o,f. a. ///'

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]|g4 OMQAHEB FONDAaiJSlfTAUX.

folioles 9 et même celles des feuilles palmées, sont penoi* nerves.

La forme géoérale des feailles palminerTes est essentiel* lemeat déterminée parle degtéde divergencedes maîtresses nervures, par leur longueur relative, et par leur nombre. Quand elles sont peu nombreuses et peu divergentes, la feuille peut avoir une forme étroite et alongée; elle sera au contraire d'autant plus élargie ou arrondie que les nervures seront (dus nombreuses ou plus dlvei^entes. Le cas extrême de cette dernière combinaison est ce qui oon<i stitne lOf troisième classe de feuilles, celle des feuilles pdtinerves.

3». Les feuilles sont dites peltinervet (^), et les nervures dites peltéesj lorsque du sommet du pétiole il part plQsieurs nervures qui se dirigent en rajoimant àûxa un seul plan, lequel n'est pas dhtas la direction du pétiole^ mais forme avec celles:! un angle très^prononcé, souvent droit, ou presque droit, et dont les deux plus extérieures aont asses rapprochées pour que le limbe latéral de chacune d'elles se soude avQc l'autre. B résulte de cette disposition que dans ce genre de feuilles, le limbe ne semble pas le prolongement du pétiole, mais a l'apparence d'un d/sgoe posé sur le sommet du pétiole; c'est cette apparence qui, comparée à un bouclier, a fait donner à ces feuilles le nom de peltinerves; telles sont celles du ridn, de la capucine, etc. Lorsque toutes les nervures qui rayonnent du soounet du pétiole sont sensiblement égales en longueur, la feuille a une forme à-peu-près orbiculaire, et Tangle du limbe avec le pétiole est à-rpeu-près droit; quand l'angle est

;^ (7) Turp. ïcOTiogr., pi. 8, 6g. 9,;

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OEfAKBS FONDAMJKVTAUX. ftgS

aîga^ la iierYve qui, par sa direction, est la plus près 4'étre le proimigeneiit du pétiole, s'alosge plos que les autres, et ceUes-ci vont d'un et d'autre càté en diminuant de longueur, alors la forme générale est o? ée, et même quelquefois aloagée. U est des cas où la partie étroite du limbe est si forteDSjUH retrécie, que les feuQies peltées se confondent avec les feoilles palmées, et Fon trouve des espèces , par exeoi{4e, parmi les ménispermées, dont les feuilles revêtent presqn'indifféremment ces deux formes. Ainsi, tottt ce que f'ai dtt des feuilles palmées, peut s'appyquer à cdies-d , qui n'en sont qu'une modification.

4^ Les feuilles pédalinerves (8) diffèrent beaucoup de tontes les précédentes, en ce que la nervnre longitudinale resté f<Hrt courte, quelquefois presque nuUe; mais que d'un €1 diantre côté de cette nervure naissent deux fortes nervures latérales, qm divergent sur le même plài, et qni^ «u-lieu de se ramifier également des deux c6tés, offrent peu on point de nervures latérales du côté extérieur, tandia que du côté intérieur, c'est-à-dire celui qui regarde le sommet de la feniUe, elles donnent naissance à des nervures secondaires asses fortes, et presque parallèles entre elles. Cette disposition singulière n'existe qne dans un petit nom* bre de plantas, et malgré cette circonstance, il est remarquable qne ce sont les feuilles ou la distinction des féuillei aoginlinerves et cnrvinerves, où ceOe des dicotylédones et des monocotylédooes est la moins prononcée. Chez les premières/m trouve des nervures pédalées dans le gincko, Xhelleborus fœtidus^ et quelques passiflores; chez les. secondes , on en troove plusieurs parmi les aroïdes. *

(a; Voy. DC. , Fl. fr. , fd. 3, v. i, pi. 4.

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u€^6 ouganes fondambhtaux.

CeUes<ioDt bieD, il est vrai, une tenSance très-prononcée à la courbure des nervures , propre à la classe des monocotjlédones, et servent encore à confirmer cette distinction fondamentale.

Nous arrivons ainsi à la seconde des grandes divisionSy cdle des feuilles à nervures courbées à leur base, ou cumnerves. Parmi celles-ci, nous pouvons distinguer deux classes , savgir : celles à nervures convergentes et à nervures divergentes.

Dans les premières, les nervures sont tantôt arquées dans toute leur loogueur, ce qui détermine un limbe oyale ou arrondi, comme dans les hemerocallis, etc.; tantôt légèrement courbées à leur base , et droites , parallèles, ou légèrement convergentes vers le sommet, comme on le voit dans les graminées. Dans toutes ces plantes qui représentent parmi les mooocotylédones phanérogames, à-peu-près ce. que sont les feuilles palminerves parmi les dicotylédones , les nervures partent du sommet du pétiole en nombre assez grand, et sont d'autant plus rapprochées les unes des autres, qu'elles sont plus près du milieu. Le plus souvent, elles sont même tellement serrées vers le centre, qu'elles y jouent le rôle de nervure longitudinale. Lorsque les nervures qui partent de la base sont très-rapprochées, elles sont généralement très-menues, et parfaitement simples; lorsqu'elles sont plus écartées, elles sont aussi plus épaisses, et tendent un peu à se ramifier latéralement, comme on le voit dans les dioscorea, les smi- ^ar(9), etc.

Les feuilles curvinerves divergentes offrent précisément

(9) Voy.pl. a,f. I. «.

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onpAIfES PONDAM£NTAtX. ^97

Vorganisation Inverse-, les nervures soudées dans le pétiole forment un faisceau très-épais , et la formation du limbe s'opère en ce que, à un point déterminé, les fibres latérales du pétiole divergent, d'un et d'autre côté, sous forme de petites veines penqées (lo) , lesquelles, par leur réunion, forment un limbe ovale à nervures fines, simples et parallèles; à mesure, que cette séparation des fibres latérales s'opère pour former le limbe, i mesure aussi le faisceau central diminue d'épaisseur, jusqu'à ce qu'il s'éva- •nouisse enfin en arrivant au sommet : c'est ce qu'on voit dans le bananier, le strelitzia, et plusieurs plantes voisines. ' La belle famille des palmiers présente les deux dispositions propres aux feuilles curvinerves. Les palmiers, dont les feuilles se découpent de manière à imiter les feuilles palmées, appartiennent à la division des curvinerves convergentes, et celles dont les lobes imitent ceux des feuilles pennées, sont de la division des feuilles à nervures divergentes.

La distribution des stomates dans les feuilles est en rapport avec là distribution des nervures. Parmi les feuilles angulinerves dont les nervures se ramifient* beaucoup en formant des aréoles plus ou moins irrégulières , les stomates sont comme éparses dans le limbe; au contraire, dans les feuilles curvinerves qui pour la plupart ont des nervures latérales simples ou très-peu ramifiées, les stomates sont rangées en séries longitudinales entre chaque petite nervure.

La forme générale du limbe, qui est si fréquemment mentionnée dans les livres de botaniques, est une consé-

(lo) Voy.pl, 26.

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«9^ ORGAUJSS FONDAliJiNTAjJX.

quence de la diq»oâitioi» d^s oenrares, H soo imporUiice aûatomûiiie est ptr-coDséqaeiit beaucoup moins grande que celle de la cause qui la produit. Il peut y avoir, et il y a en effet des feuilles ovées, par exemple, formées par tous les systèmes de nenration que je viens d'indiqué^ ; par-coBséquent, il oetufiSt pas, pour faire connaître une feuille, de dire aa forme, il fai^ surtout, et trèt^expressément , fiiire connaître quel système de nerTure Fa déterminée*

On a pu Toîr par TensemUe de cet article que, quoiqu'il* rest^encorequelques txc^tions (surtout parmi Us feuilles péddinerves)^ oo peut cependant asses ïÀm distinguer la structure du limbe de la fenitte dans les deux grandes dasses de phanérogames ; que les d^otylédones se reconnaissent k leurs nervures qui s'éoartent en formant des an^, tandis que dans les monoootylédones ces mêmes nervures s'écartent en formant des courbes; que les premières se classent en feuilles i nervures pennées, palmées et pédalées, mais que leurs nervures latérales sont toujours ramifiées dans le système des nervures pennées ; que les secondes se divisent en feuSles à' nervures courbées, divergentes ou convergentes; qu'enfin on trouve des feniDes pédalinerves dont les principales nervures forment des angles et d'autres des courbes, et que malgré la ressemblance qu'elles ont entre elles, les premières appartiennent aux dicotylédones^ et les secondes aux monocotylédones.

Examinons maintenant comment on peut déduire de ces dispositions primitives , la théorie des découpures des feuilles*

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OfiGANBS FONPAMEfiTAUX. $99

ARTICLE IV

1^69 Feuilles lobées ou échancrées.

CtsX parUcnliéremeDt dans tout ce qui tient aux àécoupores des feuilles, qu'on a poussé au plus haut degré k méthode de considérer le limbe comme une surface entière qui, par des causes qudconques, offrirait des échtficmres ; mais lorsqu'on en est venu i examiner ces prétendues causes, il a été impossiUe de les démêler. C'est qu'on partait en efiet d'une base Êiusse : les feuilles oe sont pomt des surfaces ^tières qui se découpent ; ce sont des portions de limbes qui , en se soudant ou en restant soudées à divers degrés, constituent tant&t des angles saillans ou rentrans, tantôt des surfaces entières. Tous les termes destinés à indiquer les degrés divers de décou* piures des feuiiles.ont été créés , et universellement adnus sous Tempire de la première hypothèse; je vais exposer les détails de la seconde , et pour ne pas trop innover, j'y adapterai les termes anciens. Si quelques-uns ne paraissent ni bien commodes , ni bien exacts , on voudra bien se rap* peler que c'est pour épargner une multiplication surabon^ dante de mots que je les emploie , et Von ne me rendra pas responsable de ce que cet arsenal de termes créés dans un antre but , ne répond pas exactement à cekti que je me propose.

Pour se faire une idée vraie des lobes des feuilles , il suffit de partir de l'idée même de la structure foliacée : uu pâide long ou court est fi>rmé par un faisceau de fibres; ces Sbtes^ en divergeant d'après ^es systèoies divers, s'écartent les unes des autres et forment des nervures; cbacttoe de ces nervures se ramifie d'après un système

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3oO ORGAIfJSS FONDAMENTAUX.

doDBe, et ainsi de suite, jusqu'à ce que presque toutes les libres d'un même faisceau^ et tous les vaisseaux d'ane même fibre soient isolés ; chaque fibre étant formée de vaisseaux et de tissu cellulaire entremêlés , celui-ci se développe quand Técartement des vaisseaux lui en laisse la place, et il tend alors à combler les intervalles. Ceux-ci étant de la sorte remplis de tissu cellulaire, l'ensemble parait entier; mais il peut arriver que les vaisseaux divergent trop relativement à l'accroissement du tissu cellulaire, pour que celui-ci puisse occuper tout l'intervalle qui les sépare, et alors il remplit seulement une partie de l'angle . qu'ils forment entre eux ; et de ce que le tissu cellulaire ne comble pas l'intervalle entier, il en résulte un angle rentrant, qu'on appelle un sinus (i).

Lorsque ce phénomène a lieu dans les dernières ramifications des nervures seulement, il en. résulte de petits angles saillans , qu'on appelle des den^s ou des dentelures, et de petits sinus, qui n'ont pas reçu de noms particuliers. Si les dents sont aiguës, on les dit des dents en sciej et la surface est dite dentée en scie^ si elles sont très*obtuses, on les nomme créneluresy et la surface est dite crénelée.

Si la même cause qui forme les dents agit sur les fibrilles très-menues qui les composent, alors la dent est elle-même dentée^ et l'on dit de la surface , qu'elle est doublement dentée ou doublement crénelée.

Tout ce que je viens de décrire des vaisseaux ou fibrilles d'une même fibre, peut avoir lieu par des causes analogues entre les nervures latérales d'une feuille pennée.

(i) Voyez FI. fr. I, pi. 4, où tous les degrés de découpures combinés arec la disposition des nervures se troutent représentes^

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OBGANBS FONDAMENTAIX. 3ol

Supposons que ces nervures soient très-rapprochées les uoes des autres; le parenchyme formé par leurs ramifications pourra se dëTebp))er assez pour atteindre celui qui provient de la nervure voisine, et dans ce cas, il se soude avec elle avant Fépoque du développement visible à nos yeux : c'est ainsi que dans les feuilles penninerves le limbe peut être entier, si les parenchymes latéraux de toutes les nervures latérales ré^stent soudés jusqu'au sommet de ces nervures ; mais si celles-ci sont trop écartées relativement au développement possible du parenchyme , alors les portions formées par le développement des nervures secondaires, ou les lobes, comme on les appelle d'une manière générale, restent soudées, par exemple, jusqu'à la moitié; les parties saïlanles prennent le nom de divisions y et les sinus celui de fissures^ et pour exprimer à-la-fois que la feuille a les nervures pennées, et que ses lobes latéraux sont soudés jusqu'à la moitié de leur longueur, on dit qu'elle est pinnatifide.

Supposons, ou un plus grand écartement de nervures secondaires, ou un parenchyme moins disposé à se développer, les lobes pourront n'être rémns ensemble que par leur base; on les appelle alors des partitions, et la feuille sera A\xé pinnatipartite^q^er&xihs nervures soient encore plus écartées, ou le parenchyme encore moiiis développé , les bbes seront totalement indépendans et nullement soudés ensemble, ou dans le& anciens termea-, les'décpupures parviennent jusqu'à la côte moyenne; alors les lobes prennent le nom de segmens , et la feuille est dite pinnatisèquée {*£). Il arrive epfitï quelquefois, que dans

(a) M. L.-C Richard « praf»o6é de nommer feifiQes polftomeâ^ toutes celles qui ont des segmens, c'est-à-dire, dont le» lobes 8o»i

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^02 ORGAIf£S FONDAMENTAUX.

le bas àvL pétiole ^ les lobes sont complètement isolés, et qu'ib soot plas ou moins soudés dans le haut : on exprime celte inégalité de soudure en disant que la feuille est (yrée; si enfin l'on a besoin de dire qu'une feuille penninerve a ses nervures latérales qui ne sont pas soudées jusqu'au sommet, sans vouloir exprimer jusqu'où va la soudure, on dit de la feuille qu'elle est pinnatihbée.

On comprend sans peine que tout ce que je viens de dire des nervnres secoedaîres pourrait se dire des tertiaires^ ou qu'en d'autres termes, chacun des lobes saillans pourrait être lui«>méme pitmatifide, pinnatipartite, ou pin< natiséqué, ce qui s'exprime en disant bipinnatifide ^ etc.| les lobules eux-mêmes pourraient offrir la mdme division , et l'on dirait la feniUe tripinmaifide^ etc.; mais au*delà d'une double division, il est rare qu'on se donne la peine d'en examiner le système régulier, et f on confond sous les noms de muUi/ldes, laûiniées, décomposées ou décki* quét^es, toutes les fem'Uesà lobes nombreux et iDdéfinî<> ment divisés.

La même théorie peut s'appliquer à toutes les feuilles palimnerves et peltinerves, aveo cette seule diffi^rence, que l'on applique aux maîtresses nervures de ces feuilles, ce que l'on dit des nervures secondaires des feuilles peu* ninerves. Aiirai, dans ces ieutllespalmi ou peltinerves, les lobes sont les expansions de chacune des nervnres qui

> y t ■ ■ Il

iëpavés jusqu'au pétiola ou à la côte moyenne, maÎA non atticoléS tcfiime dfttts les IMUe* oomposéei. Je n^ediuett pae ce lenne^ BOÎt parce qu'il n'est pas susceptible de fermer des termes composes symétriques avec ceux qui sont en usage» soit parce que dans son é^rmologie il convient mieux aux feuilles composées i|u*aiix fenilies disséquées«

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OBGANfiS FONDA.MfiNTAVX. So^

partent àvL sommet da pétiole, et Fon dit que la fetiiHê est palmatifide OU pe/z^é/iff quand les lobessoDt sondés fasqu'à la moiùéipalmatipartlte on pedafipariite^hrsfpL^ih le sont prés de la basé ^xAemtnt^palmatiséquéoMpedatiséquéi quand ils ne le sont point da tout.

Qaant anx feuilles pédalinerves, ce sont les nertnres secondaires qui, comme dans tes feuilles penninerves, déterminent la naissance des lobes plus ou moins soudés entre eux.

Ainsi, dans tomes les classes de feuilles à nervures rameuses on angalenses, ce sont les soudures inégaleis des lobes qui déterminent les découpures et les soudures des eitrénntés des fibrilles qui , par leur inégalité , déterminent les dentelures; et il est si rrai que ces faits doivent être rapportés an développement plus ou moins grand du: pa* rencbyme, que dans plusieurs espèces de végétaux on voit les décoopores varier de profondeur, selon Faction variée des causes qui font alonger ks fibres ou développer le parencbyme : ainsi, une nourriture fort aqueuse et peu fournie de principes nourriciers, fait alonger les fibres sans que le parencbyme se développe suffisamment, comme on k voit dans phisiears plantes aquatiques , et notamment dans le roHunculus aquatilis. Une nourriture peu abon« dante rend les fenilles phis découpées , et un aliment très-* substantiel donne au parenchyme assez de développement pour combler les intervalles des lobes; ainsi, la plupart des plantes à feuilles découpées tendent à avoir les feuille» plus entières dans les lieux gras ou dans les jardins.

Parmi les femlles à nervures simples ou courbées, les découpures sont beaucoup plus rares , et si Ton fait ex" ception des aroides, dont les feuilies pédalinerves se rap«

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5t>4 ORGANES FONDAMENTAUX.

prochcnt de la classe précédeme y on pourrait dire qu'elles ont toutes le limbe des feuilles entier.

Les palmiers semblent former à cet égard une ^ande exception , mais la nature de leurs feuilles présente un caractère qui leur est propre : ces feuilles paraissent souvent découpées, soit à la manière des feuilles pinnatiséquées, soit en imitant les feuilles palmatiséquées ; mais elles sont réellement déchirées en lanières qui suivent la direction des fibres latérales (3); ces déchirures, naturelles et régulières, sont très-évidentes en suivant les palmiers dès leur jeunesse; car alors leurs feuilles sont entières, et l'on voit naître graduellement les déchirures, qui commencent par le haut , et atteignent le faisceau principal des fibres : on les reconnaît même dans les feuilles âgées , soit à ce qu'entre chaque lanière on trouve encore un filet desséché qui indique la trace de la rupture, soit à la nature même du bord de chaque lanière. Si la déchirure naturelle des feuilles de palmiers me parait un fait hors de doute , la cause de ce phénomène , ou le mécanisme qui détermine cette rupture, est très-difficile à assigner ; on voit que les fibres latérales convergent dans leur jeunesse vers le sommet de la feuille; et comme elles divergent un peu vers leur base, il est vraisemblable que^ selon le d^réde la divergence et la rapidité de l'accroissement , il arrive > pour chaque feuille, un terme où les fibres, se développant par la base , forcent leurs parties supérieures à se séparer d'espace en espace, pour former les lanières dont j'ai parlé : ces lanières sont distribuées au sommet du pétiole, quand les nervures latérales en naissent, et d'un et

(3) Voy. pi. 27. c c.

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ORGANES FONDAMENTAUX. 3o5

d'autre côté du faisceau common , quand ce faisceau existe dans toute la longueur. La profondeur des lanières varie comme celles des lobes ordinaires. Pour indiquer ces formes d'ufne manière analogue aux termes admis, et indiquer en même -temps qu'il existé une différence, je pense qu'il serait commode dé réserver aux feuiUes des palmiers les épithètes Ae pinnatif ormes et palmatlforfnes , et à leurs prétendus lobes le nom de lanières , qm* exprime exactement' leur nature; ainsi les feuilles des palmiers seules, dans le règne végétal, répondent à Vidée qu'on s^était formée , avant tout examen , des diScotïpures des feuilles : ce sont réellement des limbes entiers qui se découpent', tandis que toutes les autres sont des portions inégalement soudées ensemble. Cette déchirure s'opère^ ou après l'épanouissement visible, comme cela a lieu dans les jeunes j>almiers, ou avant lepanouissement, comme cela est plus fréquent dans les palmiers k^és.

Tout ce que nous avons exposé jusqu'ici , relativement aux lobes des feuilles, s'applique aux lobes latéraux des feuilles à nervures pennées ou penniforrafc , et aux lobes terminaux des feuilles à nervures palmées, palmiformes, peltées ou pédalées; mais il nous reste à dire quelques mots des échancrures <fu'on observe si souvent, soit à la base , soit au sommet des surfaces foliacées.

Les écbàncrureft de la basé ne peuvent nullement se rapporter à la th'éorie précédente , et tiennent à des causes assez simples. Dans, les feuilles penninerves, il arrive souvent que les nervures latérales inférieures sont plus grandes et plus développées que les antres , et que leurs nervuVes secondaires se développent plus du côté extérieur, où elles ne trouvent aucun obstacle, que du côté

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