INTRODUCTION
MJks qu'un être orgauisé, et en particulier, dés qu'an végétal ou une partie de végétal commence son existence visible, il ne nous offre qu'un développement d'organes; de là on a conclu , tantôt comme une réalité , tantât comme une expression figurée , que tous ces êtres proviennent de germe. On donne donc ce nom à^ germe (i) à un corps imperceptible pour nos sens, qu'on suppose exister dans les corps organisés, et être ou renfermer en miniature le corps, ou la partie du corps qui doit en provenir. Les germes peuvent être considérés, ou comme étant formés
(i) Il faut observer que Linoë et son école ont employé le nom die germe pour désigner Porgane floral qui sera décrit ci-aprés, d*aprés Texpr^ssion de Tonmefort, sons le nom à'o$faire, Liv. Illy cliap* Sy art. 4* Tonmefort, an contraire, donnait le nom de germes ans ùimles.
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39^ OfiQAMBS BBPBODUGTBURS.
par l'organe, ou par l'être sur lequel nous les voy<ms se
développer, ou par celui qui le lui transmet à Tépoque de
la fécondation, et dans ce cas, on appelle force plastique
la force qui détermine .cette création de germes ; ou bien ,
on suppose que l'origine des germes remonte a l'origine
'même des êtres organisés, qu'ils étaient tous emboîtés les
uns dans les autres, de telle sorte que tous les germes
. d'une espèce donnée , qui se sont développés et se deve-
"^ lopperont, étaient contenus les uns dans les autres, et tous
dans le premier qui a existé.
Ces deux théories contradictoires sont tellemeat vastes, qu'elles semblent contenir toutes les opinions dont le sojet est susceptible, et,. par-conséquent, que Vune des deux devrait être nécessairement vraje-, cependant elles sont, si Ton y réfléchit, à-peu-près aussi inintelligibles pour nous l'une que l'autre; car, i.<^ d'un côté, rien dans les faits connus ne peut faire comprendre à notre raison la création d'un germe, puisque nous ne voyons jamais dans le règne inorganique, que des transformations de compO' sition , et dans le règne organique , que des développemehs ; et a.» rien ne peut faire concevoir clairement à notre imagination, ni peut-être à notre raison, un emboîtement indéfini d'êtres préexistans.
Si nous écartons ces questions, qui sont plus métaphysiques que physiques, et en nous bcnrnant aux faits généraux, nous verrons qu*un emboîtement (si l'on n'étend p^s trop loin^ette îdée^^st prouvé par des exemples évidens, tels que les vofvox. Nous reconnaîtrons, 2.* que les germes ou êtres rudimentaires sont souvent visibles long-temps avant l'époque de leur apparition ordinaire, comme, par exemple, lorsq^i'on trouve dans le centre du tronc des
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OB6ANBS BEPBODUCTEtJBS. SgS
paknters les grappes florales qui doÎTent se développer extérieurement plusieurs aunées après; 3.o nous serons forcés de convenir que tous les êtres se développent, comme si leur matière nutritive, déposée dans un réseau iqvisible et préexistant (12), avait pour ainsi dire sa place fixée il l'avance.
Ainsi, que l'on prenne l'expression de germe comme une réalité ou comme une image, elle servira égaleraient à peindre Torigine des êtres organisés, en tant que nous pouvons la concevoir. Dans les deux hypothèses, ces germes naissent sur certains organes; dans la théorie des forces plastiques , ils sont formés par eux : dans la théorie de la préexistence des germes, ils sont amplement nourris et développés par leur action. Quoi qu'il en sojt, ils se pré* sentent dans les végétaux sous deux états divers; ou bien, ils sont disposés de manière à se développer par une suite naturelle des lois de la nutrition , comme cela a lieu pour le développement des branches , des tubercules , des cayeux, des marcottes ou des boutures; car tous ces corps peuvent être considérés comme dus au développement de germes plus ou moins latens; ou bien leur développement exige une opération préliminaire qu'on nomme fécondation, qui tend à donner au germe une vie propre, et qui s'exécute au moyen d un appaceil compliqué d'organes^, dont l'ensemble constitue la fleur. La reproduction sans fécondation ne présentant aucun appareil organique qui lui soit propre, ne pourrait nous occuper en détail que si nous traitions des fonctions v^étales, tandis que la reproduction par fécondation, ou la reproduction sexuelle, étant
{7) DC, Thcor. clém.j inlrod., p. 6.
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déterminée par des organes nombreux et Taries, devra dés ce moment occuper tonte notre attention. EUe la mé* rite i double titre ; car les organes floraux sont importans k bien connaître , nôn-seulement parce qu'ils opèrent une des principales fonctions de la végétation, mais encore parce que c'est sur leurs formes constantes d«is certaines limites, rariées à l'infini entre les espèces, et remarquaUes par leur symétrie; c'est, dis-je, sur ces formes que repose toute la classification, c'es^à-dire,tout l'édifice classique de U science des végétaux.
L'extrême analogie des matiètes dont les végétaux se nourrissent, est en rapport avec la grande uniformité qu'on renmrque dans leurs organes nutritifs, et il en est résulté qu'on n'a encore pa déduire de ces organes que les caractères des classes les plus générales, et que dès qu'on a voulu atteindre quelques groupes plus restreints, il a fallu se borner aux organes de la fructification.
Sons le rapport de l'apparence générale des organes de la fructification, on distingue les végétaux eo pAanénh ^ games et en crjrptogames; les premiers sont ceux qui ont des flairs visibles à l'œil nu, plus ou moins symétriques, et dont les organes sexuels sont bien distincts. Les seconds, ceux qui ont des fleurs (si même ils en ont) visibles an microscope senlemenr, peu ou point symétriques, et dont les organes sexuels ne sont pas distincts. Les premiers comprennent toutes les exogènes , et la plus grande partie des endogènes; les seconds, toutes les cellulaires, et quelques endogènes. Nous allons étudier les organes de la reproduction, en suivant cette division fondamentale en phanérogames et en cryptogames.
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