CHAPITRE rV
De VInflorescbncb y ou delà disposition des Fleurs des Plantes phanérogames.
Je désigne avec les botanistes, sous le nom SUnftores» cence^ Fensemble delà distrioation des fleurs sur la plante, ou, comme le dît M. Rœper, cette partie des tiges ou des rameaux qui ne porte d'autres branches que des axes floraux. Il faut bien distinguer ce terme de celui de^fonz<5on, qui désigne seulement ^épanouissement des fleurs; Fétude de l'inflorescence fait partie essentielle de l'organographie ; celle de la floraison est essentiellement physiologique.
Les organes de TmAorescence sont les supports des fleurs compris sous les noms àt pédoncules t\ pédicules, et les enveloppes accessoires des fleurs ou les bractées. Nous commencerons par examiner d'abord la disposition générale des fleurs , puis nous étudierons séparément leurs supports et leurs enveloppes. Dans tout ce chapitre, nous seront principalement -guidés , soit par le beau Mémoire de M. Turpin (i), soit par les idées ingénieuses que M. Ro* bertBrowna occasionnellement émises sur ce sujet dans diverses places de ses ouvrages (2), soit par un Mémoire trés-remarquable, dont M. Rœper a bien voulu me donner
(i) Mém. sur rinflorescence des graminées et des cypérac<îcs dans le Mém. da Muséum, vol. V.
(a) PanicuUirement dans ses remarques sur les composées.
3i)6 OUQAAfiS RfiPBODUCTEtJRS.
communication (3), soit enfin par quelcjues observations qui nous sont pr<^res.
ARTICLE 1~
De t Inflorescence en général.
Une fleur, considérée sous le point-de-vue organograpbique, est un assemblage de plusieurs ver tîcilles (ordinairement quatre) d'origine fob'acée, disposés les uns au-dessus ou au -dedans des autres, et tellement rapprochés, que leurs entre-nœuds ne sont pas distincts (i).
Ces organes verticillaires étant donc latéraux, il semblerait que la tige ou la branche qui porte la fleur devrait se prolonger au-delà , et ce prolongement a lieu en efTe^ quelquefois accidentellement ; M. Turpin en a figuré quelques exemples (ti), et j'ai moi-même observé ce fait sur des poiriers et des rosiers. Je donne ici (3) une figure de ces derniers. Mais il n'en est point ainsi à l'ordinaire, et il arrive presque toujours dans le cours naturel des choses, que la fleur termine véritablement le rameau, parce que celui-ci est tellement épuisé par la nourriture abondante que tirent les divers organes floraux, qu'il n'a plus la force végétative qui serait nécessaire pour sa prolongation ; celle-ci na lieu, dans les cas cités plus haut, que lorsque la fleur, étant stérile, pompe peu de sucs, et qu'en même-
(3) Il est maintenant imprimé co fran9ats dans les Mélanges botaniques de M. Scringc. Genève, 1826, vol. II, p. 71 : et, en lotin, dans le Linnœa, Journal botanique publié Ji Berlin, par M. de Schlechtendal.
(i) La ve'rité de cette déiGnition sera démontrée dans la suite ^ on prie le lecteur de vouloir bien Tadmettre ici provisotremcnV
(2) Icon., pL2, f. î,7,3.