Tome /•'■. ay
4l8 OhGAfiES IIPBO DUCTEUilS*
Opposés forme nne espèce f anneau ou de faux vertidUe autour de la tif^e, et l'on a fréquemment confondu par ce motif les labiées aveu les vraies fleurs verticillées qui s!t>nt très-rares dans la nature. Il airrive quelquefois que les cimes des labiées sont composées d*un très-petit nombre de fleurs; elles peuvent même être tédnites à l'unité, sansqae lelype fondamental de l'inflorescence soit altéré; car, dans ce cas, le pédicule floral présente deux bractéoles opposées, du centre desquelles s'élèfie le pédicelle propre, et de l'aisseUe desquelles devraient partir les ramuscuies latéraux. Il arrive dans quelques labiées que les cimes ne naissent qu'aux aisselles supérieures , qu'alors les feuilles sont réduites à l'état de bractées, et les entre-nœuds trèsraccourds^ l'ensemble de ces phénomènes rend le tbyrse continu asseK serré, tantôt en forme de grappe (^cUnopodium)^ tantôt en forme d'épi (i)(lauanduia). Dans ces tbyrses racémiformes ou spiciformes, il arrive quel^efots que les bractées supérieures cessent de porter des fleurs, se colorent plus ou moins ^ grandissent beaucoup, et for* ment au sommet du tbyrse une houppe qui rappelle celle de l'^ucomis; c'est ce qu'on observe dans le saieia hormis num, le lavandula sUbcAos (2)^ etc.
Tout ce que je viens de dire des labiées est Cernent ' applicable aux lythraires , dans lesquelles on trouve , tantôt, comme dans les ammannia (3) , des cimes latérales lâches, tantôt, comme dans les lytkrum , des cîmes
(1) Ttirpin Icon. y pi. 14, f. 9.
(tt) Hajne Term. , pi. 87, f . 7.
<3} DC. ReTue des Lythraires dans le 3.* vol. des M^ro. de la Soc. de Genéye , pi. 2.
OAGANES RBFRODVCTBUBS. 4^9
courtes dont Penseoible imite ou un épi ietminsL\(saiicariœ)j ou de siiaples fleurs axiikires {hissopifoliœ).
La comparaison des espèces Seugenia entre elles offre un exemple assez clair dés modificttioAS apparentes qui peuvent résulter du système des tbyrses interrompu^ : on y tronipe des espèces qui semblent avoir un pédicelle simple etuniflore; mais ce pédicelle apparent porte deux bractéoles opposées, etPon doit le considérer comme un pédicule du sommet duquel part une fleur terminale, et souvent deux rameaux latéraux nés i l'aisselle des brac* t éoles. Quand les rameaux latéraux se développent, la cime est bifide et triflore; quand les ramifications subséquentes ont lieu , alors il se forme une véritable cime di ou trichotome. Si maintenant ce 'dernier état a lieu vers le haut des branches, que les feuilles soient peu développées, que les entre-noiuds soient rapprochés, et la maîtresse branche peu disposée à s'alonger, alors ta réunion de tes citnes latérales forme ce qu'on a nommé une panicule terminale, et qui n'est qu'un véritable tbyrse i branches ramifiées, ou un thyrse paniculifarme.
L'exemple du thyrse des engenia nous conduit à comprendre plusieurs inflorescences qui imitent aussi des grappes on des pam'cules ; telles sont les tbyrses des lilas (4)- Ici la branche florale ne porte à sa base qu\in petit nombre de feuilles; l'axe s'alonge dans le système de r/nflorescence indéfinie, et les branches fatérates (axillaires à l'aisselle des feuilles réduites à l'état de bractées très-petites) sont de véritables cimes, dont la réunion forme un thyrse : c'est aussi ce qui à lieu dans les vignes, etc.
(4) Tarpin Icon., pi. iS, fig. i.
480 0BGÀHB8 BBPAODU C TBUIS^
Plusieurs l^umioeuses présenteot des pbéDomèoe» analogues ; ainsi , il en est un assez grand nombre d'espèces oà Ton voit des grappes en apparence simples et semblables aux véritables grappes; -elles leur ressemblent en eflfet par la possibilité d'élongation indéfinie, et la position axiUaire des pédoncules ; mais chaque pédicule porte deux bractées opposées, desquelles naissent ou seulement un pédicelle terminal , ou nn pédiceHe avec des ramuscules latéraux; ainsi, dans toutes ces plantes, la grappe est prequlndifféremment d'apparence simple ou ramifiée, et doit être considérée comme un véritable thyrse racénUforme*
On trouve plusieurs monocotylédones qui ont, dit-oD, les fleurs en épi , et trois bractées à la base de chaque fleur : telles sont les pitcaimia. De ces trois bractées, l'inférieure représente la véritable feuille; les deux autres sont les bractéoles d'un pédicule très-court, et l'ensemble forme un thyrse spiciforme4 On voit des espèces voisines dans lesquelles ces pédoncules s'alongent en téritables cimes*
Enfin, nous avons vu, en parlant des cimes, que leurs branches semblent quelquefois par l'avortement de l'une d'elles, porter des fleurs latérales. Lorsque ce phénomène se complique sv^ec celui que je mentionne, il en résulte une inflorescence d'un genre singulier, et qu'on peut bien juger, par exemple, *dans les echium Ugneux; l'axe 3e proloo^ indéfiniment par le sommet, et porte latéralement des branches qui naissent à l'aisselle des feuilles changées en bractées. Ces branches sont de véritables cimes réduites par avortement à ce que leurs fleurs terminales semblent latérales, ou des cimes scorpioîdes; et l'ensemble est donc
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onCANfiS B£PR0DVGTBU*R8. 4^^
umbjrse à cimes scorpioîdes, ou si l'on veat, pour abréger, 110 thyrse scorpioîde.
Ainsi les tbyrses sont des systèmes d'inflorescence dont, i.^' Taxe central suit les lois de l'inflorescence indéfinie-, et peni présenter tontes ses modifications, telles que les états d'épi, de grafipe aiongée on corymbifonne, d'ombelle, etc., et dont, a.* les rameaux latéraux suivent les lois des inflorescences terminées, et penvent présenter toutes ses modlfications, savoir : les états de cimes, dicbotomes, tricbotomes, etCy de cimes scorpioïdes, de fascicules et de glomé* rules ' Les évolutions de cea deux systèmes suivent cbacune leurs lois: le développement de l'axe central et de ses parties va de bas en baut; celui des brancbes latérales jcomoi^nce pour chacune par le centre ,*et va en suivant la marche centrifuge.
J !». Dœ Corymbes.
L'inverse de tout ce que nous venons d'exposer, a lieu pour Te corymbfi (corymbus). Ce terme a eu juscju'ici, dans tous les écrits des botanistes , un sens vague et uniquement fondé sur l'apparence ; je propose de le borner à un cas trés-^déterminé, et qui mérite un nom spécial, savoir : le cas des inflorescences dont l'axe central suit la loi des inflorescences terminées , et les brancbes latérales celle des inflorescences indéfinies ; presque toutes les Composées sont des exemples de ce système, et le nom de corymbifères a été, d'ancienne date, donné par ce motif à plusieurs d'entre elles. Que Ton suive le développement d'un tolpis (5), ou de la plupart des composées, on verra que l'axe central se termine par un capitule, et que les
(5) Biv. DcFD. monogr. de Tolp., 1609, pi. 1. — 3. Lam. il!., rl.65i,f. 2.
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^3S OfiGANBS fifiPBODUCTIÙURS.
branches kt^ales se développent dans on ordre ceniri» foges ceHes quf sont les plus près du capitule central (<(tt'on peut îd provisoirement considérer comme use fleur), s'épanouissent les premières ; mais toosces capîtoies suocessifis, qui suivent comparés entre eux Tévoliuîoa ceittriftigj^ , SQOt de leur propre natureaonmis aux lois de révolution centripète : pour ckacun d'eux^répanosissement des fleiurs va de lacirconférence an centre. Lorsque les o»rymbes sont très-rapprochées, comme, par exemple, dans le cardopatum, l'épanouissement dasiienrs sattUetout-à* fait irrégulier, parce que les flenrs dechaque capitale, on ks capitales du corymbe totid, suivent deux systèmes différens d'évolution. Quand \t^ capitules partieh soot réduits à une seule fleur, révolution totale e^ centitfiige, en quoi ce genre de tète composée de capitules diffère beaucoup des vrais capitules : e'est ce qui arrive dans les ' échînops (6). Qû^d les capitules sont sglitaires, on, ea d'autres termes, (juand les branches latérales ne aéut pas déveIoppées,le capitule unique fleurit dans le système seul de rinflorescence indé6nie, et alors l'évolution des fleurs dkine composée mcwocéphale, ne diffère pas du celle des autres fleurs à capitule. •
ARTICLE V
JDes Injtorescences anomales, ou qui semhlent fair»
exception aux èois précédentes.
Les systèmes généraux d'inflorescence que nous avons examinés- dans les trois articles préoédens, paraissent renfermer tous les végétaux phanérogames; mais il en est quelques-uns qui se présentent avec des complications ou
(6) Lan. m.,pl. 719.
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OBGAMBft» REPRODUCTEURS. 4^5
des apparences d'exception telles, qu'il est ûécessaire de les examioer poar voir jusqu'à quel poiut il est vrai qu'ils échaj^peut aux lois générales : telles sont les inflorescences dites opposées aux leuilles, radicales, extra -axil- Idres j pétiolaires , épiphylles, ou celles qui sont modifiées par des soudures, des avôrtemens ou des dégénérescences^.
S !*■'. Infloreftcenees opposées «ax feoûlAs.
Les inflorescences opposées aux feuilles (et je dis a dessein inflorescences; car.on peut en trouver de telles qui appartiennent aux divers systèmes)^ les inflorescences opposées aux feuilles paraissent être toujours formées par la sommité réelle de la tige. On pourra s'en convaincre par les considérations snivaeies.
Une feuille munie de son bourgeon axillaire peut être considérée comme étant le point de départ ou ^origine de deux productions distinctes : i.^ le bourgeon qui peut se développer en branches à feuilles ou à fleurs*, ^.^ la branche qui est le prolongement de la tige même qui porte la feuille, n peut arriver deux cas dans le développement de ces corps : l'un qui est le plus simple , c'est que la continuation de la tige soit plus forte, plus vigoureuse, plus précoce que le bourgeon axillaire ^ et alors celui-ci se dé- Teloppant après l'autre, el moins fortement que lui, conserve toujours la position latérale, et forme par-conséquent une branche axillaire, s'il n'a que des feuilles, ou une inflorescence axillaire, s'il a des fleurs; c'est le cas le plus .fréquent, celui que nous venons d'examiner dans les articles II, m et IV; Fautre, qui n'a lieu que dans un moindre nombre de plantes , et dans des circonstances déterminées, est celui ou le bourgeon axillaire grandit assez
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I^'àl^ QBGANBS fiBPBODVC.TSURS.
fortement et assez rapidement pour opérer à*la>foîs deux apparences^ savoir : qu'il semble la continuation' de la tige, et que la véritable tige est déjetée du côté opposé à la feuille; dans cet état de choses, moins^rare qu'on ne le croît, il arrive divers cas déterminés, soit par la disposition plus ou moins précoce de chacun de ces organes, soit par leur place sur la tige.
I.* Tantôt le bourgeon axillaire, développe ainsi en branche qui semble terminale, prend assez de force pour fleurir le premier, attire à lui tous les sucs , comme c'est le propre des branches qui fleurissent, et alors la sommité réelle de la tige, déjetée latéralement sous forme de branche , avorte et périt. Dans ce cas, la grappe qui se forme, bien que réellement axillair^, est dite terminale : c'est ce qui a lieu dans, plusieurs crucifères.
2.* Tantôt le bourgeon axillaire, développé en ramean et remplaçant la tige, a moins de tendance qu'elle à fleurir promptement, et alors cette sommité de tige, déjetée da côté opposé à la feuille, absorbe proportionnellement assez de sucs. pour se soutenir, et commence a fleurir sous la forme d'une inflorescence opposée à la feuille. Tous ceux qui suivront le développement des grappes opposées aux feuilles dans les crucifère^, les ombeDiféres, les légumineuses, et, eu général, dans toutes les plantes à feuilles alternes, seront, je crois, convaincus que c'est ainsi que le phénomène s'opère^ Ils pourront même se rendre un compte facile des détails du phénomène : ainsi l'on peut comprendre , par celte théorie , pourquoi la tige est souvent fléchie en zigzag dans les espèces où les inflorescences sont opposées aux feuilles.