QUI SE RAMENENT A CELLES-LA
889. Si, dans la transformation du n^ 881, on remplacerai par une exponentielle e''', où /* désigne une constante indéterminée, alors Dj.e^* = r".e^"^, de sorte que l'opération Dj équivaut à une
multiplication par r", et, par suite, ropération <f{^x) à une multiplication par le polynôme f (r). Donc, par la substitution
Téquation différentielle homogène
deviendra
ce que Ton peut représenter, sous une forme abrégée, par
Si l'équation
admet une racine constante ri , Téquation (2) sera évidemment vérifiée par la supposition Dx^ = o, z = C, et, par suite, l'équation (i) admettra l'intégrale particulière
Ainsi, lorsque l'équation (3) admet plusieurs racines constantes différentes Ti, Ts, ..., on obtiendra, pour l'équation différentielle (i), autant d'intégrales particulières distinctes
Exemple. — Si l'on propose l'équation différentielle
l'équation y(r) =0, qui lui correspond, sera
I — jcr-h [x — i) r* = o,
d'où l'on tire les racines r, = i, ro = • La racine i\ étant
constante, on en conclut que l'équation proposée admet l'intégrale particulière j^i = e^, à l'aide de laquelle on abaissera [881] l'équation proposée au premier ordre.
4a8 LIVRE IV. — CHAP. IV, I II.
890. Enayantégard àréquatîon (3), et posanlDxZ'=5, Téquatlon (2) prendra la forme
(4) x[^x)s = {bo -4- ^D,-h. . ..+ ^„-iDrM ^ = o.
et, si l'on fait maintenant s = e^-'tv, cette équation deviendi*a
(5) e>"[,ip)^^D.^...^^^-K-'y = o.
Lorsque Téquation
admet une racine constante pi, l'équation (5) sera vérifiée par w = Cy et Téquation (4) par s = C'ePi^. Donc Téquation proposée (i) sera vérifiée par j' = G'e(''i"**''i)^, c'est-à-dire pour r = J^^-hpi et z = C. Il faut donc que l'on ait y (r, -f- /?< ) == o, et, par suite, que r, -hp^ = r2 soît une seconde racine de l'équation (3).
Réciproquement, si 7*1 et r^ sont deux racines constantes de l'équation (3), /?« ==r2 — Tj devra être une racine de l'équation (6), et, par suite, e(''t~'"t^^ une solution de l'équation (5).
En continuant ainsi , odl abaissera successivement l'ordre de l'équation (i) jusque ce que l'on ait épuisé toutes les racines constantes de l'équation cf(r) =0.
Nous supposons ici que ces racines ri, r^, . . . soient des racines simples. Nous traiterons plus loin le cas où ces racines seraient multiples.
891. Si l'équation (i) est à coefficients constants, c'est-à-dire si
sont des constantes, alors Téquation (3) aura
a^ Un' a„
71 racines constantes Ti, r^, . .., r„, et, si ces n racines sont inégales, il en résultera n intégrales particulières distinctes
de l'équation proposée. L'intégrale générale de celle-ci sera donc [878]
(7) 7 = Cl <?'■.' -I- C, ffV -f- . . . 4- C„ e''-^.
Il est aisé de s'assurer que les intégrales j^,, j^2> •••O» sont réellement distinctes quand les racines Tj, Tj, ..., Vn sont inégales. Si nous formons, en effet, les équations (4) dun® 878, elles deviennent
ou, en posant, pour plus de simplicité, |, r= Ci e^^, ...,
j(«-t)=rJ-*Ç,^...+ r;;-iÇ„.
Le déterminant de ces équations
[130] n'est pas nul, puisque aucun de ses facteurs ne Test. Donc les intégrales particulières en question sont distinctes, et l'intégrale générale de l'équation est bien de la forme (7).
892. Pour obtenir la résolution complète des équations (8), considérons la fonction
et formons les coefficients du quotient de la division de <!({p) par p — r, ordonné suivant les puissances de p, savoir
436 LIVBB IV.' — GUAP. IV, § If.
On a, comme on peut s^en assurer en multipliant ces égalités respectivement par I, r, . . ., r""^, r«~*, et faisant la somme, Tidentité
Me) + '•f.(p) +. . • + '-'f»-.(p) + '-'?,{p) = tM^illl
Si l'on donne à r successivement les valeurs ri, r^, . ... r„, <f{r) s'annule, et Ton a
yi(p)-+-''i,?i(?)-+-... + ^r'?«(p)^ ^^''^
Si Ton ajoute maintenant ces égalités après les avoir multipliées respectivement par Ji, Çs» • • •> Iny et que Ton pose
les équations (5) donneront
d'où Ton tire
De cette identité il résulte que ^i, ^2, • • ^ En ^^^^ ^^^ numérateurs des fractions simples dans lesquelles se décompose la fonction rationnelle ?^. On a donc [412]
valeurs finies et déterminées, quand les racines /•<, 7*2, . . ., r„ sont inégales.
893. Si l'équation (3) a des racines complexes, l'intégrale (7) peut se ramener à la forme réelle. Considérons, en effet, deux
racines conjuguées
La partie de Tinlégrale (4) qui dépend de ces racines,
pourra s'écrire sous la forme
(Cl -f- C^)eP'co^qx -T- (Cl —• C,) ieP' ?mqx = eP'[C' cospx -^ C sinpx],
C et C^^ désignant de nouvelles constantes arbitraires.
Si l'on pose
C' = KcosL, C" = KsinL,
cette expression deviendra
Ktf/"cos(<7x— L),
K et L étant encore des constantes arbitraires.
Exemple. — Soit l'équation
L'équation en r correspondante, a2H-r- = o, a pour racines /•i = ai et To = — ai. Par suite, l'intégrale générale sera
j =1 de^-^'-r- Cjff-«^'=r C cosax -h C" sinax = K œs(ax — L).
894. Si l'équation (3) a /r racines égales Ti = 7*2 = . .. = /'a, l'expression (7) aura k de ses termes qui se confondront en un seul (C| H- C2 -f-. . .-h Ga) e''»^, et elle ne contiendra plus le nombre de constantes nécessaire pour représenter l'intégrale générale.
Mais, dans ce cas, la valeur r = r^ fait évanouir la fonction cp (r) et ses A' — i premières dérivées, et l'équation transformée (a) se réduit à
Cette équation est vérifiée [885] par
«(^•; — o, d'où « zr: c + C'x -4- . . . -f- Q^^'^)x^'\
et, par suite, la racine ri correspond à l'intégrale
j = (C + C'x + . . . -f- CC*-«)**-> ) e^',
qui contient le même nombre de constantes arbitraires et équivaut au même nombre d'intégrales particulières distinctes que le résultat fourni par les racines r^ ^2, ..., r^, si elles avaient été inégales.
895. On peut encore obtenir une autre forme remarquable des intégrales particulières distinctes fournies par une racine multiple de l'équation (3). Si, dans le premier membre de l'équation (i), on fait y = eT'j r désignant une quantité quelconque indépendante de Xy on aura Identiquement
En difierentlant cette Identité h — i fois de suite par rapport à /% il viendra
r(Dx)^ =««(x-4-D,)y(r).
?(D.)^-'?'-'(-^ + Dr)^-'?(r).
Si, pour r=ri, les h fonctions cp(r), ç'(/*), ..., ç<*-*Jr s^évanouissent, on voit que les seconds membres de toutes ces égalités se réduiront à zéro, et par suite, l'équation (i) sera vérifiée nonseulement par la valeur y^ == e'"»-^, mais encore par les A* — i premières dérivées de la valeur e^^ par rapport à r, dans lesquelles on fera ensuite r-=^r^^ c'est-à-dire que Ton aura, pour la racine ri, h intégrales particulières, en faisant r = ri dans les expressions
dr /)*—* r
jr — c , ^^ — jTff , . . . , ^^-i — -^ ^ •
896. On peut vérifier, comme au n^ 892, que les intégrales particulières obtenues par les formules précédentes, dans le cas où l'équation (3) a des racines multiples, sont bien réellement
distinctes entre elles, et arriver de même à la résolution des équations par rapport aux constantes arbitraires. Soit Ti une racine Ar-uple. Posons
Çi = (C -+- C'x -+-... -^ C(*-»)a^-* ) e'-x' = Xe''.',
d'où
en faisant Ja = -7- e^»*;
dx
rf'X en faisant \z = -y~% ^**î ^*> ^'^ général,
OÙ
rfa:^
-'^Si -+-(Î)'-i-^5« -+--^(A-i.)''iÇA-'
'^"'^-^CT')'^"^'"^ ••■^(^-î)'^"'^'-
Les équations (8) seront alors remplacées par les suivantes :
j^»-«)= rj-» Ç. + /"" '^ ^-« Ç.+ ("" '^ r;-»Ç.+ • • • + ("I ;) '•r*Ç*+ 'KiÇ**. + • • • ■ H. — Court d» Calcul infin., II. 28
Or, en difTérentiant successivement k — i fois par rapport à i l'idenUté [892]
fiCcl + ^ftp) +••• + ''-•?-(?) = ^I^^^
et faisant chaque fois r = ri, il vient, à cause de
p — il
7?.(p)+ 7'-if.(p)+-+ -r-'^i'*fn-x{p)+ ——r:-*fnip)= rf^.
II I I l/'~Mj
— ?.(/>)+•••+ ^ ^ r'-'fn-x {?)
?fp)
Multipliant ces égalités respectivement par ^1,^2» •••» Ça, et les ajoutant aux égalités analogues, multipliées par Ç/.+n • • -^ ^1 vient, comme au n^ 892,
F(ri = y(p)f-^ + — ^.4-...4-p-^^,.H- -i^±l+.. V
d'où Ton conclut encore que Çi, ..., Ç^t, Ça+i, ... sont les numérateurs des fractions simples résultant de la décomposition de la
fraction
?tp)
897. On peut ramener au cas d'une équation différentielle linéaire à coefficients constants certaines équations linéaires à coefficients variables, telles que Téquation
oLj ^y aQ, a^, .. ., an étant des constantes. Pour cela, nous remarquerons que, la différentielle de a + ^x étant constante en même temps que dx,. si Ton prend a -H Po? pour nouvelle ^'ariable indépendante, en posant
ÉQUATIONS DE LA FORME I^jfcO?*^*) = o. 435
d^y sera le même dans les deux systèmes de variables [303], de sorte qu'on aura
Donc l'équation pourra se ramener à la forme plus simple
(lo) ^oJ-i-^i^j'-+- a^x^jr"-^. . .-t-a„a:'*j('0 — o,
ou
(il) ©(.rD^)r=:0,
9 étant le signe d'une fonction rationnelle et entière.
Changeons maintenant de variable indépendante, en posant
jc r- e*^ d'où d.v = e^ cit.
On en tire [875]
et en général, en adoptant la notation r pour désigner la factorielle
on voit aisément que l'on aura ou
Désignons généralement par y (r) ce que devient ^la^^Tonction ç(r) lorsqu'on y remplace les puissances
respectivement par les factorielles
|J. Il l«
L'équation proposée deviendra
(la) y^(D,)j = o,
OU, en développant les facioriellesy et posant cy (/•) = *!*(/*),
équation à coeflicients constants, comme celles que nous venons de considérer dans les numéros précédents.
Si Ton désigne donc par /*i, /'o^ • • •; /*a les racines de l'équation <I> (/•) = o, supposées inégales, l'intégrale générale de l'équation ( 1 3) ou (il) sera
j = Cl tfV -f. . . .-+-C„e'Vr=C,a:''t-hC,J:'"t-f-. . .-f-C„ar'"-.
Si /'i est une racine d'ordre de multiplicité k, on remplacera les A" premiers termes de cette expression par
(C 4- CV 4- . . . 4- Cf ''-« V^-' ) tfV z= [C 4- CMogx + . . . ^- C(«- ' )(log:r)*--*]x'-. .
898. On aurait pu traiter directement l'équation (ii), sans changer de variable indépendante, en posant
d'où
Dix = (r^*'-* 4- 2r^''-*D^4- ^'•Di)3 = x'" (- 4- D,^ *5, et, en général,
en désignant par ( — H D^ ) ce que devient ( — h Dx) lorsqu'on
y remplace, après le développement, les puissances /•* de r par les factorielles correspondantes r~. Par conséquent,
x*» D2 7 = x'*( r 4- xDj.)^z,
I Mû
la puissance symbolique {r-hxDx) devant être développée avant que l'on exécute les opérations de différentiation. L'équation (ii) devient, d'après cela,
(l4) x'-y^(r4-a:Dx)z = 0,
ÉQUATIONS DE LA FORME 2<ljtX*j(^) = G. 487
el elle se réduit à Téquation 4>(r) == o, si Ton suppose z constant et Téquation 4>(r) = o susceptible d'une racine constante, comme cela a lieu dans le cas des coefficients ^o» a^^ ., ,^ an constants.
Dans le cas des racines égales, on diflerentierait par rapport à /*, comme au n^ 895, Tidentité résultant de la substitution j^' = x'*,
ce qui donnerait
Donc, si Ton a
o = *(/•,) =*'(n) —,. .= ♦(''-») (rj),
Téquation sera vérifiée par les valeurs que prennent, pour r^=i\j la fonction j^ = x^ et ses h — i premières dérivées par rapport à r.
899. Considérons encore Téquation (i4)* Remarquons que Ton peut développer la fonction cp (r -h J:^ Dx) par le théorème de Taylor, comme il est facile de le voir par des identités algébriques. On aura ainsi
En y changeant les puissances de r en factorielles, et désignant
par cp~(r) ce que devient cj»f*'(r) par ce changement, Téquation (i4) prendra la forme
[,l^(.)+ ?!ilL),.D.^...-H tî^:lx-Ds].=o.
Si, pour r = Ti, on a à la fois
(') On aurait pu se servir, au n* 889, de la formule analogue qui donne le déyeloppement de 9(/* + Djp), pour obtenir la formule (a) de ce numéro.
alors Téquation sera vérifiée par
Di^^ro, d'où 2 = C-l-C'x-+-...4-CC*->)ar*~\
et, par suite, la racine r^ donnera les k intégrales particulières en progression géométrique
On aura en même temps Téquation en z^^^ d'ordre n — k, à laquelle s'abaisse l'équation proposée,
laquelle est toujours de même forme que la proposée.