C. Le sol ayant re^ phosphate
cendre, biearb. de potasse. 4,6 0,S91 3,48 0,156 0,00S7
11 est difficile de trouver des résultats plus concluants que ceux que présente cette expérience ; la quantité d'azote contenue dans les plantes de l'expérience B est, au reste, un peu plus faible que celle qui existait dans le sol lui-même (Agronomie^ Chimie agricole^ t. I, p. 222; ou Ann. de chimie et de phys.^ 1856, t. XLVI, p. 1). Des expé-
(1) M. BottiaingaiiU a reconnu que pour avoir de l'eau complètement exempte d'ammoniaque, il était néceiMÛre de njeter le premier tien du liquide distillé*
riences entreprises sur le nitrate de soude ont encore donné des résultats semblables, et il faut remarquer, en outre, que la quantité de potasse ou de soude existant dans les cendres correspond à la quantité d'azote fixée par les plantes elles-mêmes ; ce qui est une nouvelle démonstration de l'assimilation de l'azotate. On peut donc considérer comme un fait démontré que les plantes fixent dans leurs tissus Tazote qui leur est fourni à l'état de nitrate ; il est vraisemblable que l'acide azotique est réduit au moment de sa fixation sur les hydrates de carbone, et que c'est par cette combinaison et cette réduction simultanées que se produisent les matières albuminoïdes. (Voyez chapitre VIK)
g 19. — ASSIMILATION DE L* AZOTE A l'ÉTAT DE SEL AMMONIACAL.
Si les expériences précédentes démontrent clairement que l'azote des nitrates concourt à la formation des principes immédiats des végétaux, puisque ces nitrates ont été présentés dans des circonstances qui exchient toute idée de réduction préalable dans la terre arable, et s'il demeure ainsi acquis que les nitrates pénètrent en nature dans les plantes, où leur présence peut souvent être dévoilée, on n'a plus d'opinion aussi arrêtée sur l'absorption des sels anmioniacaux.
Oplalaas de M. Boaebardat et de M. Cloëa. — La plupart des chimistes pensent que les plantes peuvent aussi bien puiser leur azote dans l'ammoniaque que dans l'acide azotique; toutefois, en 1843, M. Bouchardat communiqua à l'Académie des sciences un Mémoire sur rinfluenct des composés ammoniacaux sur la végétation^ où il formulait les conclusions suivantes :
1" Les dissolutions des sels ammoniacaux communément employés ne fournissent pas aux végétaux l'azote qu'ils s'assimilent.
2® Lorsque ces dissolutions à un millième sont absorbées par les racines des plantes, ell(»s agissent comme des poisons énergiques.
M. Cloèz partage cette manière de voir, et . rappelle que dans ses expériences sur les plantes submergées, il les a toujours vues périr lorsqu'elles recevaient des dissolutions de sels ammoniacaux à la dose de 0,0001. (Leçons professées devant la Soc. chim. e?i 1861, p. 107.)
Ezpérleaces de ^avy, I^awee et Cllbert, Bellriecel, ete. — LeS objections, toutefois, se présentent en foule, et d'abord, pom* l'action qu'exerce l'anmioniaque sur les plantes marécageuses, nous citerons les expériences curieuses de Bineau (Anît. de chim. et de phys.^ 185(5, t. XL VI, p. 66), qui montrent que des conferves, loin de périr
OSHtRAIR. h
dans une eau légèrement ammoniacale, ont au contraire fait disparaître peu à peu l'alcali volatil, très-probablement en se l'assimilant.
On doit à sir H. Davy une très-ancienne observation sur refficacité des vapeurs ammoniacales sur la végétation des graminées : en dirigeantlesgaz émanés d'une masse de fumier en fermentation placée dans une cornue, sous les racines d'un gazon, il a vu la plante prospérer rapidement. — En cultivant dans du sable calciné des plantes amendées avec des nitrates ou des sels ammoniacaux, M. G. Ville les a vues se développer les unes et les autres tout autrement que s'il n'y avait pas d'azote assimilable dans le sol {Ann. de chim. et dephys. , 3* sér., 1857, t. XLIX, p. 183). Enfin à ces expériences de laboratoire vient s'ajouter la réussite incontestée des sels ammoniacaux dans la grande culture, qui, essayés d'abord pai* MM. Kuhlmann et Is. Pierre, en France, pai* MM. Lawes et Gilbert, en Angleterre, sont devenus aujourd'hui un engrais universellement employé. Il est peu de cultivateurs éclairés qui n'aient fait usage avec profit du sulfate d'ammoniaque, dont le prix s'est singulièrement élevé depuis qu'il est Tobjet de la faveur générale. Faut-il prendre exactement l'opinion contraire à celle qu'avait formulée autrefois M. Kuhlmann, et admettre avec M. Cloéz que, dans tous ces essais, l'ammoniaque a toujom-s été oxydée, et que c'est seulement après cette oxydation et la transformation de l'ammoniaque en acide azotique que l'assimilation a lieu? Sous cette forme absolue, cette opinion est sans doute inexacte, mais elle renferme probablement, toutefois, un fond de vérité.
On sait, en effet, que la transformation de l'ammoniaque en acide nitrique se réalise très-aisément dans le laboratoire, sous l'influence d'un corps poreux, comme la mousse de platine, et il est très-probable qu'elle a lieu dans la terre arable bien aérée par les labours ; il est donc vraisemblable que si quelques plantes de la famille des graminées bénéficient sensiblement de l'azote à l'état de sel ammoniacal, d'autres, parmi lesquelles il faudrait compter les céréales, utilisent surtout l'azote des engrais ammoniacaux après leur transformation préalable en nitrates. Cette idée purement hypothétique, il faut le reconnaître, expliquerait la curieuse observation du docteur Hellriegel, qui, dans les spécimens de cultm-e de l'orge entreprise dans des sols stériles sous l'influence de diverses matières, avait reconnu que « l'ammoniaque n'est pas un engrais pour l'orge » (1).
(1) M. Hellriegel avait exposé en 1867, dans le compartinient prussien de TExposition universelle, les spécimens de ses cultures entreprises sous Tinfluence de divers engrais ; c*est là que nous avons vu énoncée la proposition citée plus haut^ appuyée d'un exemple.
ASSIMILATION DE L'AZOTE. 5i
g 20. — ASSIMILATION DE l' AZOTE SOUS DES FORMES AUTRES QUE LES SELS