pour 100 d'azote
C'est une richesse analogue à celle du guano de bonne qualité. M. Moussette, qui a été employé pendant plusieurs années dans les fabriques d'engrais de poisson, a donné les nombres suivants :
Azolp Phosphate
pour 400. de chaux.
Chair de poissons en poudre (desséchée) . . 11,71 ' 17,30
Os de poissons en poudre 3,84 53,70
Résidus de morues en poudre 8,73 28,75
Les usines de M. de iVloIon furent établies d'abord à Concarneau, puis à Terre-Neuve. Ce dernier établissement a disparu par suite de la chute d'une compagnie financière à laquelle il avait été vendu.
M. Rohart, habile fabricant d'engrais, a repris récemment cette industrie, et il a installé aux Iles Lofoden, en Norvège, une usine importaiite.
Les pêcheries de la Norvège produisent annuellement de 20 à 25 raillions de morues; jusqu'ici les débris de ces poissons étaient jetés à la mer. M, Rohart, au contraire, les recueille et les fait d'abord sécher à l'air; il les soumet ensuite à l'action de la vapeur sous une pression de 7 à 8 atmosphères, puis il les dessèche : les débris deviennent ainsi très-friables, et, réduits en poudre dans des moulins, ils constituent un engrais très-actif, qui renferme 9 pour 100
àlà . DES ENGRAIS.
d'azote el 30 pour 100 de phosphates. Son prix est de 25 francs les i 00 kilogrammes (1).
Quand on songe à l'immense quantité de poissons non comestibles que renferme la mer, on doit penser que le temps n'est pas loin où la pêche, ayant pour but la fabrication des engrais, prendra un gitmd développement.
Sans. — Le sang se corrompt si facilement, que, pour l'employer comme engrais, il faut toujours lui faire subir une préparation. On le coagule soit à feu nu^ soit à l'eau bouillante dans de grandes chaudières^ on enlève àTaide de larges écumoires la partie coagulée, puis on la soumet à une forte pression, pour en extraire la plus grande partie du liquide dont elle est imprégnée. Les pains ainsi préparés sont desséchés à l'étuve. Pour éviter la putréfaction du sang pendant les opérations, on l'additionne parfois d'une certaine quantité de chlorure de manganèse, résidu des fabriques de chlore. Le sang qui a subi ainsi l'action d'une température suffisante pour amener la coagulation de l'albumine est connu sous le nom de sang sec insoluble; celui qui, au contraire, a été desséché à une basse température et pourrait redevenir liquide si on le mélangeait à l'eau, est désigné sous le nom de sang sec soluble.
D*après M. Soubeiran, le sang préparé pour engrais dans l'usine d'AubervilUers renferme :
Eau 170,0
Matière» animales 780,0
Phosphate des os . . 3,3
Sels divers et matières terreuses A 6, 7
A l'état marchand, il contenait 150 millièmes d'azote; desséché, il en contenait 180 millièmes. Le sang liquide des clos d'équarrissage contient 27 millièmes d'azote; lorsqu'il a été coagulé par la chaleur et pressé, mais non desséché, il en contient 45 millièmes. Le sang liquide des abattoirs contient moyennement 29 millièmes 1/2 d'azote, et 148 millièmes lorsqu'il a été bien desséché.
Le sang provenant des abattoirs de Paris est en partie exporté vers les îles à sucre, où il est employé à la culture de la canne. Il est curieux qu'on n'ait pas songé jusqu'à présent à utiliser le sang des
(1) Nous croyons savoir que cette utile entreprise a été abandonnée par suite de difficultés financières.
GUANOS ET DÉBRIS ANIMAUX. àlb
nombreux animaux abattus dans la Plata. D'après M. Schneff (1), les cendres d'os provenant des squelettes des animaux, seul combustible employé dans les usines du pays, absorbent très-bien le sang, et forment avec lui une poudre presque inodore qui aurait une haute valeur comme engrais.
Chair mnacniaire. — On a proposé différents procédés pour transformer en engrais la chair musculaire ; nous empruntons à M. Isidore Pierre la description d'opérations pratiquées à Aubervilliers (Chimie agricole, i" édit., p. 3AA), où l'on abat un grand nombre d'animaux. On les saigne d'abord sur un sol dallé en pente, qui permet de recueillir tout le sang à part ; on les dépouille, et on les dépèce ensuite par gros morceaux, que l'on arrange dans de grandes caisses ou cuves de bois, qui peuvent contenir jusqu'à 30 et même 36 chevaux, puis on y fait arriver un jet de vapeur d'eau. Suivant la température de cette vapeur, la cuisson peut durer de douze à quatorze heures ; mais on a reconnu qnelques avantages à opérer la cuisson à une température peu élevée.
On trouve au fond de la cuve une masse liquide formée de trois parties superposées.
La couche supérieure est formée de graisse, que l'on enlève avec des cuillers et que l'on emploie à divers usages. Cette graisse est d' une qualité d'autant plus élevée, que la cuisson s'est opérée à une température plus basse. La couche moyenne est une eau chargée de gélatine. La couche inférieure est un mélange de sang et de matières charnues ; cette matière desséchée renferme encore 8 à 9 pour 100 d'eau, 13 poiir 100 d'azote environ, et à peu près 2,4 de phosphate de chaux.
M. Rohart a préparé pendant plusieui*s années, sous le nom de tourteaux de matières animales^ un engrais formé de menus déchets de boucherie et de détritus des abattoirs de la ville de Paris débarrassés des corps gras qu'ils renfermaient. Cette matière, assez difficile à broyer, contient en moyenne 5 pour 100 d'azote et 4,7 de phosphates. {Répert. de chim. appliquée^ 1860, t. Il, p, 41.)
Tout récemment [Ann. de chim. et de phys.^ 1868, 4* sér,, t. XIV, p. lv)9) , M. le docteur Boucherie a imaginé un procédé nouveau pour transformer les chairs musculaires en un engrais puissant et facile à employer. Sous l'influence de l'acide chlorhydrique agissant à chaud,
(1) Lettre adressée au ministre de Tagriculture {Enquête sur les engrais industriels, 1866, t. II, p. 249).
la désagrégation OU la dissolution des os, même les plus compactes, s effectue proinplement ; la gélatine se dissout et perd ses propriétés collantes; la graisse est isolée, fondue, et les chairs elles-mêmes se dissolvent et se désagrègent. Lorsque la cuisson est terminée, la liqueuf acide renferme, outre des matières animales désagrégées, du chlorhydrate et du phosphate d'ammoniaque, du phosphate de chaux Xenu en dissolution par Texcès d'acide chlorhydrique. On sature par des os triturés ou par des phosphates fossiles en poudre ; on sépare alors les parties solides des liquides, et les premières sont séchées à l'air : elles renferment 10 pour 100 d'azote. Les engrais solides ou liquides, ou mélangés au fumier de ferme , ont produit une augmentation sensible de récolte.
Les chiffons de laine, les débris de cornes*, de sabots, griffes, ongles, etc. , peuvent être encore considérés comme des engrais actifs.
Les chiffons de laine ont été particulièrement utilisés en Champagne, où ils ont donné les résultats les plus avantageux ; on les emploie souvent mélangés au fumier.
Nous donnons dans le tableau suivant la composition de quelques matières animales employées comme engrais :
DÉSIGNATION DES ENGRAIS
Chiffons de laine
CurneSf nabots
Bâpures de corne
bourre de poils de bœuf
Chair musculaire séchée à Tair. . .
Sanç insoluble séché en grand
Sanp sec soluble (tel qu'on l'expédie)
Sang coagulé et pressé
Sang liquide des abattoirs de Paris
Pains de crctons (à l'état marchand)
Rognures de cuir désagrégées
Marc de colle des fabriques (tel qu'un le trouve
dans le commerce
Résidus de colle d'os. . •
Morue salée altérée
Colombine
Litière de vers à soie (5® et 6" âges]
AZOTE
contenu
QLARTITK
équivalant
ilan« 1000 pa.tiea
à iOO Lilofframnin de fuuiier de ferme.
d'cngrois.