S 133. — DES NODULES OU PSEUDOCOPROUTHES
C'est à M. de Molon, ainsi qu il a été dit plus haut, qu'est due la découverte en France de gisements de phosphate de chaux exploitable. Ce chercheur infatigable a signalé l'existence des nodules sur un grand nombre de points de la France, à la limite du terrain jurassique et des grès verts du terrain crétacé. En commençant au bord de la mer, on trouve des nodules au cap de la Hève et sur toute la falaise du Havre à Fécamp (Seine-Inférieure) ; puis, en se dirigeant au nordest, dans tout le pourtour du Bray, Saint-Sulpice, Oniard, Saint- Martin-le-Nœud, tuilerie de Tupié, falaise de Wilsant, et tout le pourtour du mamelon jm'assique du Boulonnais, Leiibringhem, moulin de PernauUe, environs d'Hardinghem et de Piennes, glaîsières des tuileries de Colembert, glaisières des tuileries de Brunnember (Sonmie et Pas-de-Calais). Dans le département du Nord, c'est aux environs d'Annappes et de Lezennes que se rencontrent les nodules. A Grand- Pré, à Marcq, à Apremont dans les Ardennes, on trouve les nodules à fleur de terre : on peut les ramasser sur le sol, dans les champs, où ils se trouvent disséminés ; on peut encore exploiter un gtte abondant qui se trouve presque à la surface du sol , à une profondeur qui ne dépasse pas un mètre.
« C'est encore dans les gi-ès verts que se trouvent, dans la Meuse ,
les gisements des Islettes, de Clerraont en Argonne, de Froidos, de Brizeau, de Triaucourt, de Revigny, enfin de Sermaîze, dans la Marne. » (De Molon, Compt. rend., 1856, t. XLlll, p. 1178.)
Plus récemment, M. de Molon, chargé d'une mission d'exploration par le ministre de l'agriculture, a précisé, dans les conditions suivant tes , le gisement des nodules : « S'il résulte de nos constatations antérieures qu'on rencontre des nodules de chaux phosphatée à tous les étages de la formation crétacée, savoir : dans le néocomien, dans le sable vert inférieur, dans le gault, dans le sable vert supérieur, dans la craie chloritée, dans la craie marneuse, et dans un banc qui, quelquefois, sépare ces deux étages, il reste néanmoins acquis que les gisements susceptibles d^ exploitation n'ont jusqu'ici été découverts que dans les grès verts inférieurs, à leur poijit de contact avec f argile du gault, c'est-à-dire à la base de la formation crétacée, immédiatement au-dessus de l'étage supérieur du terrain jurassique, dans toutes les circonstances où le gault sépare ces deux formations. » {Enquête sur les engrais industriels, 1865, t. I; Dépositions, p. 383.)
Compositioii des nodules. — La quantité d'acide phosphorique qui se trouve dans les nodules varie beaucoup suivant les gisements , mais paraît assez constante pour une même localité. Il est très-difficile, pour ne pas dire impossible, de reconnaître à priori la richesse des nodules; il m'a semblé, toutefois, qu'en général les nodules noire à l'intérieur étaient plus riches que ceux dont la cassure était plus claire.
D'après M. Rivot, les nodules de Lille auraient la composition suivante :
Eau et acide carbonique 30,0
Argile 1,5
Chaux 50,0
Acide phosphorique 17,7
Oxydes de fer traces
Perte 0,8
iOO,0
Ce qui correspond à :
Phosphate de chaux 38,7
Carbonate de chaux 52,3
Argile 1,5
Oxyde de fer traces
Eau et perte 7,5
J'ai moi-même analysé complètement un assez grand nombre de nodules ; je ne citerai comme exemple que quelques-uns des résultats que j'ai obtemis :
DKS PFIOSPHATES. 535
Saice et argile 33,4 26,4
Chaux • 22,5 30,8
Magnésie 3,0 1,7
Oxyde de fpr 3,8 10,0
Eau 1,G 1,0
Acide carbonique et perte. . 15^5 5,8
Je n'ai pas cru devoir calculer ces éléments à l'état de phosphate de chaux, de fer, ou de magnésie et de carbonate de chaux ou de magnésie, dans l'impossibilité où je me suis trouvé de savoir comment ces éléments étaient distribués ; dans les essais commerciaux, on est cependant obligé de faire ce calcul à cause de l'habitude qu'ont les agriculteurs d'acheter des noirs d'os dans lesquels presque tout l'acide phosphorique se trouve à l'état de phosphate de chaux ; on suppose alors tout l'acide phosphorique à l'état de phosphate de chaux.
Il est facile de voir cependant dans l'analyse des nodules des Islettes, que tout l'acide phosphorique ne peut pas exister à cet état ; en effet, la quantité de chaux est insuffisante pour saturer tout cet acide, et de plus elle doit être en partie à Tétat de carbonate, car cette poudre fait effervescence avec les acides. Cette remarque est importante, parce qu'elle indique dans les nodules une partie de l'acide phosphorique à l'état de phosphate de fer, ce qui, comme nous le verrons, permet d'expliquer un certain nombre de faits observés dans l'emploi (le ces nodules.
Nous donnons dans le tableau suivant la composition d'un grand nombre d'échantillons. Dans les analyses qui nous sont personnelles, l'acide phosphorique a toujours été dosé à l'état de phosphate ammonîaco-magnésien. On commençait pai' précipiter l'acide phosphorique de sa dissolution chlorhydrique à l'acide de l'acétate de soude et du chlorure de fer; on redissolvait le précipité après d'abondants lavages à l'eau bouillante, dans de l'acide chlorhydrique, puis on ajoutait de l'acide tartrique, du sulfate de magnésie, du chlorhydrate d'ammoniaque et de l'ammoniaque; on filtrait après vingt-quatre heures. Ce procédé ne vaut pas celui qu'on emploie aujourd'hui (voy. § 77 et § 156) ; mais à cette époque où ces dosages ont été faits (1858), c'était le plus exact qu'on eût à sa disposition.
:tU DES ENGKAIS.
Hicheue en aeidê phoiphorique ei $n phosphate de chaux des phosphates mméraux.
DÉSIGNATION DES LOCALITÉS
ou ont été pris Ips t^ohnntillonii.
Logroian (Ettram.-Esp.). . . .
Wissant (Pas-de-Calais)
La Rè¥e,prèsdu Havre (S.-Inf.)
Shanklin
Faroham
Lille (Nord)
Id
Bouvines (Nord)
no 1
Grand - Pré \ n» 2
(Ardennes).
Isleltes.
Anderney
Sermaise (Marne).
Froides. Lavoye.
Mognéville (Meuse;.
Arcy-Fay.
Leniont.
Lagrange.
Briaeaux,
Moyenne des anal, précéd. .
ACII>R
pli 08 p borique
(Uds 100 partit»!.
lie cboiix IMiO3.3r.»0
dans 100 parties.
r^HOOPRATC
tle rhiiix PhC>5,3C;iO
dans 100
de matière
sèche.