ANALYSTES
Daikiy d liMnagHi.
Berthier.
Id.
Nesbit.
Id.
Delanoue.
Rivet.
Meugy.
Délierai n.
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Ainsi que nous l'avons dit plus haut, c'est simplement pour nous conformer à Tusage que nous avons calculé Facide phosphorique & Tétat de phosphate de chaux ; mais nous sommes loin d'affirmer que, dans les nodules analysés, cet acide se trouvât en effet sous cette forme.
On voit que le gisement qui fournit les nodules les plus riches est celui de Mognéville; mais on voit en même temps que ce gisement r/est pas constant dans sa richesse, puisque des échantillons de la
même localité n ont donné quç 40 pour 100 de phosphate de chaux, tandis que d'autres en accusent 62 à 68 pour 100. J'ajouterai, de plus, que le gisement n'est pas très-abondant ; je me suis rendu moimême à Mognéville afifa d'y prendre des échantillons, et, d'après les renseignements que j'y ai recueillis, je crois que les nodules qui ont donné 62 et 63 pour 100 de phosphate de chaux ne proviennent pas exactement de cette localité, mais de quelque autre voisine, qu'on retrouverait sans doute, si des recherches un peu suivies étaient dirigées dans ce sens.
Brizeaux est la localité qui occupe le second rang pom* la richesse de ses échantillons ; puis viennent Grand-Pré et les Islettes, dont les gisements sont exploités.
La moyenne des nombreuses analyses précédentes donne, pour les nodules, une richesse de âO pour iOO, et c'est en effet ce qu'on trouve très-habituellement dans le commerce; c'est aussi la moyenne de très-nombreux dosages commerciaux inscrits sur mes registres d'analyse, et que je n'ai pas reproduits ici, parce que les localités dont ils proviennent ne sont pas désignées.
Un grand nombre d'analyses ont été faites dans divers laboratoires depuis que j'ai publié les travaux précédents qui remontent à 1859, et elles ont donné des chiffres analogues à ceux que j'ai trouvés à cette époque. En moyenne, on peut dire que les nodules renferment de 40 à 45 pour 100 de phosphate de chaux.
§ 134. — APATITE. — PHOSPHORITE. — PHOSPHATE DE CHAUX
CONCRÉTIONNÉ.
€ Vapatitey dont la richesse en acide phosphorique est bien supérieure à celle des nodules, puisqu'elle renferme souvent 80 à 85 pour 100 de phosphate de chaux, appartient aux terrains les plus anciens et aux terrains volcaniques : au lac de Laach, sur les bords du Rhin ; à Albano, près de Rome, elle est disséminée dans les roches volcaniques ; c'est dans un gisement analogue que se trouve la chaux phosphatée du cap de Gâte, en Espagne. Ces derniers gisements sont connus depuis longtemps ; plus récemment, M. Charles Deville a découvert la chaux phosphatée dans des roches où cependant elle n'avait pas encore été signalée.
» L'apatite se trouve en petits filons dans le granité; elle accompagne les minerais d'étain dans les Comouaillas,la Bohême et la Saxe;
:>3» !)h:s KNGHAIS.
elle forme des rognons dans le schiste .talqueux du Zillerthal (Tyrol); au Saint-Gothard, elle accompagne Falbite; les cristaux transparents d'Ala sont dans le schiste chloriteux ; elle existe dans les filons de fer oxydulé d'Arendal en Norvège, associée avec de Tamphibole, du grenat, du pyroxène et de Tépidote. »
L'apatite existe en quantités considérables dans l'Estramadure espagnole, à Logrosan et aux environs ; on la rencontre disséminée en {)etites quantités dans la région de la Guadiana, dans des filons souvent mêlés de quartz. Les filons de Logrosan occupent une superficie d'environ 30 à 60 kilomètres carrés. Parmi les filons les plus importants, on cite: 1° le filon de Cotanaza; 2'' le filon d'Augustias, 3Me filon de Cerilli ; 4° le filon de Palouras ; 5° le filon de Singol, qui peuvent être, en général, exploités à ciel ouvert, au moyen de tranchées pratiquées à la base des collines qu'ils prennent en écharpe. Logrosan est situé à 60 kilomètres de Villanueva, station du chemin de fer de Ciudad-Real à Badajoz, qui se continue de cette ville jusqu'à Lisbonne.
On a découvert dans TEstramadure d'auti'es gisements de phosphorites, remarquables par la lumière verdâtre qu'elles émettent quand on les jette sur des charbons ardents. Nous avons eu occasion d'examiner quelques-uns de ces produits, dans lesquels on rencontre de 68 à 80 pour 100 de phosphate de chaux, M. Vœlcker a analysé également des phosphorites d'Estramadure, il y a trouvé de 72 à 79 pour 100 de phosphate.
On a trouvé aussi récemment l'apatite en Portugal, dans la province d'Alemtejo. On a reconnu enfin dans ce même pays des rognons de phosphate de chaux auprès des sables bitumineux exploités à Granja, district de Leizia, paroiss^ de iMonte-Real, à proximité de la mer.
Chaux phOMphaiée terreose des dépariements du Tarn-ct-Garonae
té da Lot. -" 11 y a déjà quelques années qu'un chimiste français, qui avait passé plusieurs années au Mexique à exploiter des mines, reconnut à la Caussade, près de Caylux, des pierres blanchâtres riches en phosphate de chaux. Il cherchait à tirer parti de ce fait, quand la mort vint le surprendre; ce ne fut qu'au mois de décembre 1870 que la découverte fut mise à profit. {Comptes rendus^ t. LXXIII, p. 1028, note de M. Daubrée.)
<i La chaux phosphatée appartient ici à des variétés dépourvues de cristallisation, c'est-à-dire à celles qui sont réunies sous le nom de phosphorites^ pour les distinguer de l'apatite, qui est cristallisée et qui est d'ailleurs caractérisée par une proportion atomique constante
SDKS PHOSPHATES. ' 539
en chlore et en fluor ; le plus ordinairement elle est blanchâtre et p«^le, quelquefois aussi colorée en gris, en jaune et en rouge.
» A part les masses compactes, comme la variété qu'on a désignée sous le nom A*ostéolite^ cette chaux phosphatée offre fréquemment une masse concrétionnée très-caractéristique. Parfois ce sont des formes mamelonnées à couches concentriques, rappelant tout à fait les travertins que certaines sources incrustantes déposent dans leur bassin, ou encore Talbàtre calcaire, dit onyx^ qui s'est produit autrefois, par exemple, dans la province d'Oran, non loin de Tlemcem.
)) Sur d'autres points, la chaux phosphatée rappelle tout à fait certaines agates, tant par la nuance que par la faible épaisseur des zones alternantes ; sur un centimètre, on peut distinguer trente ou quarante de ces dépôts successifs. Il n'est pas rai-e que le phosphate possède l'éclat et même la nuance de certains quartz résinites (Pendaré, près de Caylux et Concots, déparlement du Lot).
» Ailleurs c'est sous forme de rognons que s'est déposée la chaux phosphatée, par exemple à Cos, près de Caylux. Tantôt ces rognons sont pleins et avec une cassure fibreuse rappelant celle de l'aragonite; tantôt ils offrent des gerçures comme les rognons de fer carbonate, connus depuis longtem]^ sous le nom de septaria ; tantôt ces rognons sont creux, et alors ils peuvent être mamelonnés intérieurement, ou contenir un noyau non adhérent, comme les rognons de minerai de fer désignés sous le nom d'aclites. Leur dimension varie ordinairement de un à plusieurs centimètres.
» Enfin, pour donner une idée de l'aspect dont laphosphorite se revêt très-fréquemment dans les gîtes, il convient d'ajouter que cette substance, par ses cavités irrégulières et cloisonnées et par sa structure, ressemble beaucoup à la calamine de diverses localités. »
On doit à M. Bobierre une analyse de différentes variétés des chaux phosphatées de Caylux. 11 a trouvé pour 100 parties {Comptes rendus, 1871,t.LXXIlI, p. 1361):
Sable siliceux 1,0 j
Acide phoBplioriqne 38.0 j
Chaux totale ."il, 47
Complément, représentant l'eau | volatile an rou^e, le fluor, li*^ ohloro, l'acide carbi)nique, \pn
oxydes tle fer et de manganèse. , 9,53
Vin.
Pliosphate de chaux tribasique, correspondant À l'acide pliosphorique -
Chaux en excès sur le phosphate tribasique et combiné avec l'acide carbonique, lo fluor, le chlore.
OntERVATioxs. — Les résultats de la colonne VIII ont été obtenus par l'essai de huit échantillons. L'ensemble du tableau se rapporte donc à quinze analyses. L'acide phnsphorique a toujours été dosé à l'état de phosphate ammoniaco-magnésien.
Les chaux phosphatées du Lot et de Tarn-et-Garonne sont déjà l'objet d'exploitations importantes, et il est bien vraisemblable que les gisements connus actuellement ne sont pas les seuls qui existent; les caractères peu tranchés de la chaux phosphate, sa ressemblance avec des pierres sans valeur, n'attirent pas l'attention, mais aujourd'hui que l'on connaît sa valeur, on pourra se livrer à des recherches spéciales qui seront vraisemblablement couronnées de succès.
§ 135. — EMPLOI DES PHOSPHATES A l'ÉTAT NATUREL.
Les engrais phosphatés, os, noir animal, ou nodules réduits en poudre, peuvent être employés à l'état naturel, et leur réussite est habituelle dans les terrains de défrichement. On sait, en effet, que le phosphate de chaux des os est soluble dans l'acide carbonique : ce fait a été démontré depuis longtemps par M. Dumas {Comptes rendus^ 18â6, t. XXIII, p. 1018), par M. Lassaigne {ibid., 1846, t. XXIll, p. 1019) pour le phosphate des os. MM. Pelouze fils et Dusart {ibid.^ 1868, t. LXVI, p. 1327) ont fait remarquer que l'acide carbonique n'agissait pas seulement comme dissolvant, mais qu'il enlevait au phosphate tribasique gélatineux, avec lequel il est en contact, une partie de base, et qu'on trouvait dans la liqueur filtrée du carbonate de chaux et du phosphate de chaux bibasique, qui se déposait par l'évaporation sous forme d'un corps blanc cristallin, légèrement soluble
dans Teau distillée (0,28 pour 1000), plus soluble dans l'eau chargée d'acide carbonique (0,66 pour 1000) ; il a pour formule :
PhO»2CaO,5HO.
M. Bobierre {Comptes rendus, 1857, t. XLIV, p. 467) a montré également que le phosphate de chaux contenu dans la poudre des nodules était soluble dans l'acide carbonique en dissolution concentrée, comme on l'obtient dans les appareils à eau de Seltz.
L'acide carbonique, sous la pression ordinaire, ne dissout pas le phosphate de chaux des nodules ; mais la poudre de ceux-ci, quand elle est restée exposée à l'air pendant quelques mois, acquiert une grande solubilité dans l'eau de Seltz {Recherches sur remploi agricole des phosphates, p. 60). Il est remarquable, au reste, que cette solubilité est encore plus grande dans l'eau chargée à la fois d'acide carbonique et d'acide acétique, quand la poudre est restée exposée à l'air pendant up certain temps-, or il n'est pas difficile de montrer qu'il existe dans les terres de bruyère, dans lesquelles les phosphates réussissent particulièrement bien, non-seulement de l'acide carbonique, mais aussi un acide volatil qui distille en même temps que l'eau, quand ces terres sont soumises à l'action du bain d'huile à une température de 1 30 ou 140 degrés, et que l'acidité que manifeste l'eau provenant de cette distillation est due à de l'acide acétique. C'est donc sans doute scms l'influence simultanée de l'acide acétique et de l'acide carbonique que la poudre de nodules se dissout dans les terres récemment défrichées. La solubilité s'accroît, ainsi que nous l'avons dit déjà, à la suite d'une exposition prolongée à l'air de la poudre des nodules ; la cause en est sans doute la suroxydation du fer que renferment les phosphates fossiles. La poudre grisâtre obtenue par la pulvérisation de ceux-ci devient en effet jaune à la surface quand elle est restée pendant quelque temps dans les magasins, et les nodules les plus riches en oxyde de fer sont précisément ceux qui abandonnent à l'eau chargée d'acide carbonique la plus grande quantité d'acide phosphorique.
Le phosphate de fer étant insoluble dans les acides faibles, on pourrait avoir quelque peine à comprendre que sa présence dans les nodules fût favorable à la solubilité de l'acide phosphorique, si Ton ne savait que l'acide carbonique dissout du carbonate de chaux dont l'action décomposante sur le phosphate de fer au maximum est très-marquée. En mélangeant dans un appareil à eau de Seltz du carbonate de chaux et du phosphate de fer, on tronve bientôt une quantité no-
:a'i des engrais.
table d'acide phosphorique en dissolution. Noua nous sommes déjà appuyé sur cette réaction pour faire comprendre une des utilités du chaulage (page 407).
Beaucoup d'agriculteurs ont, au reste, aujourd'hui Texcellente habitude d^ stratifier la poudre de nodules dans le fumier ; le carbonate d'ammoniaque agit sur les phosphates comme le carbonate de chaux, et M. P. Thenard a trouvé dans le purin provenant de fumier phosphaté une quantité notable d'acide phosphorique en dissolution.
A. l'état naturel, les phosphates fossiles et le noir animal réussissent particulièrement bien sur les défrichements ; comme, au reste, les terres qui sont abandonnées pendant longtemps à la végétation spontanée se sont enrichies peu à peu d'azote atmosphérique, on conçoit qu'en y apportant des phosphates, on les amène à des conditions de fertilité favorable. Les plantes qui paraissent s'accommoder le mieux des sols ainsi amendés à l'aide des phosphates fossiles sont le sarrasin et l'avoine. 11 arrive souvent qu'on peut, après un défrichement de genêts ou de bois, prélever deux ou trois céréales de suite avant d'Être obligé de fumer. On emploie habituellement de 500 à 600 kilogr. de poudre de nodules à l'hectare : celle-ci vaut à Paris 5 francs les 100 kilos; mais en Bretagne elle atteint souvent 8 francs, car on compte 2 francs de frais de transport et 1 franc de sac; la fumure revient ainsi à 40 ou 48 francs, et il est bien rare qu'elle ne produise pas d'effets avanta* geux. MM. Malaguti et M. Bobierre, qui habitent la Bretagne et ont été bien placés pour suivre l'emploi des nodules, ont reconnu que dans nombre de circonstances ils ont été plus efficaces que le noir animal. — La poudre de nodules est au reste un engrais à si bas prix, que les essais peuvent toujours être tentés, et sur les défrichements ils le seront presque toujours avec succès.
J^ 136. — FABHICATION DES SUPERPHOSPHATES.
Si, dans quelques parties de la France, on emploie les nodules pulvérisés à l'état naturel, ou le-îioir d'os sans lui avoir foit subir aucune préparation, il n'en est plus ainsi en Angleterre, ou même sur les terres françaises depuis longtemps cultivées : on a reconnu que les phosphates n'y exerçaient qu'une action médiocre et qu'ils n'y étaient réellement efficaces qu'après avoir été traités par les acides.
C'est en iShO que le baron Liebig conseilla d'employer l'acide sulfurique pour donner au phosphate de chaux des os la solubilité
qui lui manquait ; ce conseil fut suivi, et bientôt il s établit en Angleterre, puis plus tardivement en France, des usines consacrées au traitement des phosphates.
Il est rare aujourd'hui qu'on emploie exclusivement les os, les nodules ou les apatites pour fabriquer les superphosphates; presque toujours on fait usage de mélanges. Les nodules sont broyés sous. des meules horizontales, semblables à celles qu'on emploie dans les moulins à blé. A l'usine établie à la Villette au commencement des essais qui ont eu lieu en France (1857), on chauffait les nodules au rouge, puis on les étonnait, pour leur donner plus de friabilité; mais cette méthode est aujourd'hui abandonnée, et Ton procède directement au broyage; la poudre obtenue est assez fine pour qu'il soit inutile de la bluter. Les apatites sont plus dures; on les soumet au broyage sous des meules verticales et la poudre est blutée. Enfin on se sert souvent aujourd'hui, pour la pulvérisation des os, du broyeur Carr (1).
Mélanges employés. — Les Superphosphates sont habituellement fabriqués à l'aide d'un mélange de 66 parties d'os concassés ou noir de raflineries et de 33 parties de nodules en poudre. — Les os ou le noir animal renferment de 65 à 66 pour 100 de phosphate de chaux tribasîque, les nodules de 42 à hh pour 100 de phosphate; le mélange ainsi formé contient environ la moitié de son poids de phosphate de chaux. On le traite par 90 ou 95 parties d'acide sulfurîque à 53 degrés ; le mélange se fait dans des bacs de bois ; on remue avec des ringards, et bientôt la masse se sèche et durcit par suite de la formation du sulfate de chaux ; on obtient environ 180 parties de superphosphate ; la perte est due au dégagement de l'acide carbonique et à l'évaporation d'une certaine quantité d'eau.
Le mélange obtenu renferme environ 26 pour 100 de phosphate de chaux, soit 12,7 d'acide phosphorique, sur lesquels 10 à 11 sont à l'état soluble et 1,7 à 2,7 sont insolubles.
Quand on emploie des nodules seuls à la fabrication, on est obligé de forcer la dose d'acide sulfurique, parce que l'attaque est plus difficile : à l'usine de Saint-Gobain, 100 parties de poudre de nodules, renfermant de 40 à 45 pour 100 de phosphate de chaux, sont traitées par 90 parties d'acide sulfurique à 50 ; le superphosphate contient 10 à 11 d'acide phosphorique, sur lesquel 8 à 9 sont à l'état soluble.
On utilise encore à la fabrication les phosphates du Nassau ou ceux d'Estramadure, ainsi que les produits nouvellement découverts dans
(i) Voyez, pour la description de cel appareil, noire Annuaire sc%9ni%fique. Masson^ 1870, p. 268.
le Lot et Je Tarn-et-Garoniie ; mais, quand on les emploie exclusivement, on obtient une matière dont la dessiccation est très -lente. M. Millot a préparé à Técole de Grîgnon du superphosphate à l'aide de 100 parties d'apatite d'Espagne à 72 pour 100, et 100 parties d'acide sulfurique à 50 pour 100; il a obtenu 195 de superphosphates renfermant 17 pour 100 d'acide phosphorique, dont 16 étaient solubles : mais la matière resta plus de six mois à sécher, avant d'arriver à un état convenable pour être semée.
ComposHion des saperphoaphaiM. — On a cru d'aI)ord qu'en traitant les phosphates par l'acide sulfurique, on obtiendrait du sulfate de chaux et du phosphate acide de chaux, d'après l'équation :
Ph053CaO + 2^S03HO) = 2(S03CaO) 4- Ph0H:a0,2H0.
Le phosphate acide de chaux PhOH^iaO,2HO est soluble dans l'eau, et c'est lui que les Anglais désignent sous le nom de superphosphate ; mais, en étudiant de plus près les réactions, on reconnaît qu'habituellement il se forme surtout de l'acide phosphorique par suite d'une attaque complète du phosphate de chaux, exprimée par l'équation suivante :
l»h053CaO + 3;S0UI0) = 3(S03CaO) + Ph053HO.
Quand, en effet, on lessive par l'eau les superphosphates, et qu'on dose dans la liqueur l'acide sulfurique, la chaux et l'acide phosphorique, on voit qu'il n'y a pas assez de base pour que l'acide sulfurique soit à l'élat de sulfate et l'acide phosphorique à l'état de phosphate acide. C'est ce qui résulte des analyses que j'ai faites autrefois [Recherches sur F emploi agricole des phosphates^ 1860, p. 106) de deux produits anglais et d'un produit fabriqué à l'usine de la Villette; on a dosé dans l'eau de lavage de 5 grammes :
MATIÈRES DOSÉES
ECHANTILLONS ASGLAI9
Âcido sulfurique
Acide phosphorique
Chaux
Chaux nécessaire ptfur former avec l'acide sulfurique trouvé du sulfate de chaux
ÙCHA^fTILLOy
de la Vjilette,
On voit fiue la chaux trouvée en dissolution est tout à fait insufli-
santé pour saturer les acides; elle est même au-dessous de ce qu'il faudrait pour que tout Facide sulfurique fût à Tétat de sulfate de chaux : il doit donc y avoir de Tacide sulfurique et de l'acide phosphorique libres. Mais en traitant les produits par l'alcool, qui dissout l'acide sulfurique et l'acide phospborique et laisse le sulfate de chaux, on a reconnu qu'on dissolvait très-peu d'acide sulfurique, de telle sorte qu'il est certain que Facide sulfurique est en grande partie saturé, tandis qu'au contraire l'acide, phosphorique est libre. Il en résulte fjue les superphosphates doivent nous apparaître comme des mélanges d'acide phosphorique empâté dans du plâtre et des matières inertes.
Nous avons vu plus haut (page 277) que cet acide phosphorique libre trouve bientôt à se saturer dans le sol ; que son emploi sur les terres renfeimant un peu de calcaire n'est pas à craindre, et qu'il est inutile de les saturer par de la chaux ou des cendres avant de le répandre sur le sol : celle précaution n'est jiécessaire que si l'on cultive un sol tout à fait dépourvu de calcaire.
Ces résultats d'analyse qui ont été complètement confirmés par les travaux qui ont été publiés depuis, permettent de comprendre le phénomène de la réiroyradaiion^ qui a été observé par tous les chimistes qui se sont occupés de la fabrication des phosphates.
M. Millol, qui a particulièrement étudié cette question, attribue le retour à l'élat insoluble d'une partie de l'acide phosphorique trouvé libre au uioinent où l'attaque vient d'être terminée, à l'action qu'il exerce sur le phosphate tribasique resté inattaqué par l'acide sulfuj'ique. Quand, d'après lui, on ajoute aux phosphates naturels une quantité d'acide sulfurique suffisante pour que toute la chaux soit combinée avec l'acide sulfurique, il ne repasse plus à l'état insoluble qu'une faible quantité de l'acide phosphorique, d'abord mis en liberté.
^ Jâ7. — EMPLOI DES SUPERPHOSPHATES,
L'emploi des superphosphates est aujourd'hui si général, qu'il est inutile d'insister sur les avantages qu'ils présentent : associés aux sels ammoniacaux, au nitrate de soude du Pérou, ils agissent vigoureusement sur la végétation, et serviront à remplacer le guano, dont les gisements s'épuisent rapidement. Dans quelques localités même ils paraissent avoir une influence plus marquée que les engrais azotés.
DEUÉKA1>» 35
En Aiigleten'e, on consomme des quantités éuomies de superphosphates sur les turneps ; ils donnent des résultats plus avantageux sur ces cultures de racines que sur celles de céréales.
On trouve cependant moins d'acide phosphorique dans JOO parties de cendres de turneps que dans 100 parties de cendres de blé; mais il faut remarquer qu'une bonne culture de turneps donne 40000 kilogrammes de racines à Thectare et 12000 kilogrammes de feuilles; or, si Ton estime à 7 grammes par kilogr. la quantité de cendres des racines, on aura par kilogr. 0,63 d'acide phosphorique, et pour AO tonnes on trouvera 25 kilogr. d'acide phosphorique : les feuilles ne renferment dans leurs cendres que 5 pour 100 d'acide phosphorique, et comme un kilogr. de feuilles laisse 17 grammes de cendres, on aura 0«%85 d'acide phosphorique par kilogrammes de feuilles, et, pour 12 000 kilogr. 10 kilogr. d'acide phosphorique : de façon qu'une récolte de turneps prélèvera sur le sol environ 35 kilogr. d'acide phosphorique. Or, en prenant les nombres qui nous sont fournis par M. Vœlcker, nous trouvons qu'une récolte de blé enlève en moyenne 31 kilogr. d'acide phosphorique, et ce nombre correspond à une récolte élevée (M. Boussingault donne seulement 20 kilogr. ; M. Is. Pierre, 28) . Ainsi, il y a un peu plus d'acide phosphorique dans le tunieps que dans le froment ; mais il faut remarquer en outre que le froment reste de neuf à dix mois sur le sol, que ses racines s'étendent et vont glaner de toutes parts les éléments nécessaires à sa croissance, tandis que le turneps, ne restant en terre que trois mois, doit rencontrer immédiatement toutes les matières nécessaires à son développement, sous peine de rester chétif, et ne peut prospérer que dans un sol particulièrement riche en phosphates.
Si Ton admet qu'on emploie des superphosphates à 10 pour 100 d'acide phosphorique soluble, on reconnaîtra que 400 kilogr. par hectare sont nécessaires pour fournir aux 40 000 kilogr. de turneps la quantité d'acide phosphorique qu'ils prélèvent sur le sol. Cette quantité n'est pas éloignée de celle qu'cmploieftt les fermiers anglais, qui donnent souvent à la récolte verte toute la fumure, comprenant 40 000 kilogr. de fumier de ferme et 400 kilogr. de superphosphate : c'est sur cette sole qu'ils prennent le turneps, et ils récoltent ensuite les céréales sans faire intervenir de nouvelle fumure.
En France, où la culture du turneps ne réussit guère et où elle est avantageusement remplacée par celle des betteraves, on n'emploie pas les superphosphates habituellement à si haute dose, 200 kilogr* sont généralement suffisants.
5^ 138. — DIVERS PROCÉDÉS POUR RENDRE SOLUHLE i/aCIDE