S 39. — TANNIN
On désigne sous ce nom une matière ternaire, astringente, solide, blanche, sans odeur, soluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther, et incristallisable. Les propriétés les plus remarquables du tannin sont de donner, avec les sels de fer au maximum, un précipité noir, qui est Tencre ordinaire, et de former avec les peaux des combinaisons Imputrescibles.
On distingue plusieurs variétés de tannin : celui des noix de galle s'extrait facilement à l'aide de l'éther aqueux qu'on fait filtrer sur les
noix réduites eu poudre et placées dans une allonge. On recueille dans le récipient un liquide formé de deux couches : Tune, supérieure, éthérée, ne renferme que des traces de tannin ; celle qui est au-dessous est une dissolution assez concentrée de tannin qu'on sépare par Tévaporation à une douce chaleur.
Le tannin du chêne diffère du tannin de la noix de galle : en effet, il ne donne pas par fermentation de Tacide gallique comme le précédent, ni par distillation sèche Tacide pyrogallique; enfin il peut servir à la préparation d'un véritable cuir, puisqu'il produit avec la gélatine un précipité presque imputrescible.
iM. Wagner a donné récemment [Bidletiii de la Société chimique^ 1866, t. VI, p. 461) un procédé de dosage du tannin qui est important à faire connaître, car la recherche du tannin dans les laboratoires de chimie agricole est assez fréquente.
Le procédé repose sur l'insolubilité du tannate de cinchonine (base tirée de l'écorce de quinquina) et sur la coloration que donne le tannin dans les sels de rosaniline.
La liqueur titrée dont se sertiM. Wagner est préparéo en dissolvant dans un litre d'eau 4^%528 de sulfate de cinchonine, et colorant en rouge par l'addition de 0*',0S à Os',10 d'acétate de rosaniline. Un centimètre cube de cette solution correspond k 0'',01 de tannin, ou à 1 pour 100, si Ton opère sur un grannne de la substance tannante. Il est avantageux d'ajouter à la solution environ 0«%50 d'acide sulfurique, la présence de cet acide favorisant le dépôt et augmentant l'insolubilité du précipité de tannate de cinchonine.
Dans toutes les déterminations faites d'après cette méthode, on opère comme il suit : On épuise 10 grammes de substance tannante par l'ébullition avec l'eau distillée; on filtre, et l'on s'arrange de manière à obtenir 500 centimètres cubes de décoction. On en prend 50 centimètres cubes (correspondant à un gramme de substance) , et l'on précipite par la dissolution titrée de sulfate de cinchonine rouge, jusqu'à ce que la liqueur, surnageant le précipité floconneux, ne se montre plus louche, mais assez claire, et présente une légère teinte rosée. L'expérience permet bientôt de reconnaître, d'après l'aspect du précipité et la facilité avec laquelle il se dépose, si Ton approche de la fin de l'essai, parce qu'à ce moment le précipité s'agglomère de plus en plus, et la hqueur apparaît plus hmpide.
Si l'on veut retrouver la cinchonine précipitée dans ces analyse, on n a qu'à rassembler les précipités, les laver et les fivire bouillir avec un excès d'acétate de plomb jusqu'à ce que leur couleur rouge ail
Viré au brun et que toute la cinchonine soit entrée en dissolution. On filtre pour séparer le sulfate de plomb, on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré pour séparer Texct^s de plomb, et l'on a en dissolution de l'acétate de cinchonine avec leqnol on régénère le sulfate primitif.