‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 47 sur 228 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

L'uPtolEKCB.

2 juin 18b9

TKUPânATonK au soleil.

PLACK

dv6 feuilles

sur

la tige.

POIDK

des feuilles.

3 juin.

6 juin.

8 juin.

9 juin.

ri»

POIDS

de IVan recueillie.

(cr.

POIDS

d'eau

pour 100

'de feuilles.

AO

On reconnaît, à l'inspection des chiffres précédents : 1° que les jeunes feuilles du soijimet récemment développées ont toujours évaporé plus d'eau que les feuilles du bus, et que souvent les difl*érences ont été très-considérables ; 2" que si une fois la feuille du milieu a fourni un poids égal à celui qu a évaporé la feuille du haut, dans les quatre autres expériences la feuille du milieu a donné moins d'eau que celles du sommet; S*" enfin, que, dans quatre expériences sur cinq, les feuilles du pied ont donné moins d'eau que les feuilles du milieu. Ces résultats ont, comme nous le \ errons plus loin, une grande importance pour expliquer la migration des principes immédiats solubles dans les plantes herbacées.

iBllaeBcedelalaniière sur l'évaporatlon. — Ainsi qUO UOUS l'avonS

VU plus haut, Guettard, puis le docteur Sachs, ont remai'qué que les plantes placées au soleil évaporent beaucoup plus d'eau que celles qui

sont àFombre; mais comme M. Daubeny, ce deniier ignore « s*il faut attribuer r effet obtenu à la lumière, ou s il nest pas dû à réchauffement des tissus » . Enfin, résumant nos connaissances sur ce sujet, M. Ducbartre écrit dans son Traité de Botanique : a Malheureusement aucune observ^ation n'a démontré jusqu à ce jour que la lumière agisse dans ce cas par elle-même, indépendamment de la chaleur qui Taccompagne. i>

Pour reconnaiti'e s'il était possible de lever ces incertitudes et de décider à quel agent il fallait attribuer le maximum d'influence sur l'évaporation, nous avons opéré sur du blé et de l'orge placés successivement au soleil, à la lumière diffuse et à l'obscurité complète. Les résultats obtenus sont réunis dans le tableau suivant :

Quantité d^eau évapora en une heure par les ftuUles exposées à la lumière diffuse

et à Vohscurité,

de rexpértence

et natnre de le plente.

GiaCOifSTAJICES

de l'expérience.

I Soleil

N^ !• Blé. ... I Lumière diffuse. . . .

( Obscurité

/SoleU

H^ 2. Orge . . . | Lumière diffuse . . .

( Obscurité

H» 3, Blé. ... Ljj^^^y ;;;;;; ;

I Soleil

MA A DIX i Lumière diffuse . . . "*•"*•••• OUcurité

TBMPéXATL'SK.

POIM

de

U feuille.

POIDS

de l'eau recueillie.

POIM

d'eau

pour 100

de feuilles.

Il parait difficile de ne pas admettre, d'après les résultats précédents, que la lumière a sur l'accomplissement du phénomène une influence décisive. On remarquera, en effet, que dans l'expérience n° 2, la température au soleil n'était que de 19 degrés, tandis qu elle était, dans l'expérience n** 1, de 22 degrés dans l'obscurité; et cependant, dans l'expérience au soleil, la quantité d'eau émise par 100 de feuilles est 74,2, et seulement 1,1 pour 100 de feuilles dans l'obscurité.

Toutefois, comme ce point : Vévaporation de Feaupar les feuilles est surtout déterminée par la lumière^ nous parut avoir mie grande importance, on dut multiplier les essais, afin de vérifier les résultats précédents. Dans un manchon de verre entourant le tube où était fixée

la feuille, on dirigea pendant toute la durée de l'expérience un courant d'eau froide (fig. 20). Quand une feuille de blé du poids de (f'A'i fut placée dans l'appareil au soleil, elle donna en une heure O'SieB d'eau, c'est-à-dire sensiblement son poids; quand, au contraire, le

manchon fut recouvert de papier noir, elle donna seulement 0*%001 d'eau. Une autre feuille de blé pesant 0",182 donna dans le même appareil, au soleil 0«',171 d'eau, et 0",003 à l'obscurité; pendant toute la durée de l'expérience l'eau était à 15 degrés.

Dans une autre expérience, l'eau à 15 degrés fut retnpiacée par de la glace fondante. Comme l'appareil était au soleil, la glace fondait très-vite, et à la partie inférieure du manchon où était placée la feuille la température oscillait autour de à degrés ; la feuille pesait 0*\i70. Elle donna en une heure 0^'',185 d'eau, c'est-à-dire 108 d'eau pour 100 de feuilles ; c'est le poids le plus considérable qu'on ait obtenu. On ne

EVAPORATION DE L'EAU PAR LES FEUILLES. iftl

saurait déduire de cette expérience que la chaleur n'a aucune action sur r évaporât ion ; mais il faut reconnaître que cette action est assez faible pour qu il y ait avantage à refroidir l'appareil, et à obtenir ainsi une condensation plus complète de la vapeur d'eau émise par la plante.

On sait qu'une dissolution d'alun, bien qu'à peu près transparente, est très-athermane : si l'on représente par 100 la chaleur qu'elle reçoit, 9 seulement peuvent la traverser-, en remplaçant l'eau ou la glace du manchon par une dissolution d'alun, on trouva encore qu'une feuille du poids de 0*%185 donna en une heure au soleil 0*% 175 d'eau. Ainsi l'expérience fut semblable à celle qui avait eu lieu dans l'eau pure, bien qu'une partie notable de la chaleur eût été arrêtée.

Ezpéri««ce» de i89«. — La première partie de la funeste année 1870 a été remarquablement sèche, le soleil était éclatant, la lumière très-intense, et il était intéressant de rechercher si, par suite du manque d'eau qui se faisait cruellement sentir, les plantes donneraient à l'évaporation moins de liquide que l'année précédente, qui avait été plus humide, ou si, au contraire, l'influence de la lumière serait prépondérante et forcerait la plante à tirer du sol l'eau qu'il renfermait, jusqu'à la dernière goutte. C'est ce dernier effet qui se produisit. Le 6 juillet, on fit une expérience sur Forge : les jeunes feuilles donnèrent en une heure 133 et 120 d'eau pour un poids de feuilles représenté par 100 ; les feuilles plus âgées donnèrent 76,9 d'eau pour 100 de feuilles. Le 7 juillet, on opéra sur du maïs; on obtint en une heure, de 100 de feuilles, 229, 187, 179 et 178 d'eau : ce sont les nombres les plus forts 'qu'on ait encore trouvés, ils sont doubles des nombres obtenus en 1869,

11 n'avait pas plu cependant depuis un mois, et la terre à la surface était dure et sèche, mais à une profondeur de 20 centimètres elle renfermait encore 9 pour 100 d'eau.

Le 14 juillet, le temps était couvert, on fit encore un essai sur les feuilles de maïs : en une heure 100 de feuilles donnèrent 29,2 d'eau. C'est donc là une nouvelle preuve que la lumière a sur l'évaporation une influence prépondérante.

InflMcace des divers rayoaa lamlneaK. — Ainsi que l'a VU Dau-

beny, tous les rayons lumineux ne sont pas également efficaces pour déterminer l'évaporation de l'eau. En opérant sur des feuilles placées dans des tubes entourés de manchons renfermant diverses dissolutions colorées, on arrive facilement à s'en convaincre. On obtient

encore les mêmes résultats en prenant des dissolutions de couleurs

différentes, mais présentant à peu près la même transparence.

Les expériences lurent faites au mois d'octobre 1839, à l'aide de feuilles de maïs (fig. 21) ; elles ont fourni les résultats suivants :

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