‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 49 sur 228 · Partie inférieure (envers · texte numérisé non relu

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POIM

de la feniile.

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de l'eaa

recueillie.

POIDS

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pour 100

ae feuilles.

§ AO. — EâU ÉVAPORÉE PAR LES CULTURES HERBACÉES.

En s' appuyant sur les nombres obtenus dans les expériences exécutées sur Févaporation, les physiologistes ont souvent essayé de calculer la quantité d'eau évaporée par un hectare de terre couvert d'une récolte luxuriante, et il est possible, comme nous allons le voir, de faire ce calcul pour une journée claire et pour une journée sombre ; mais les difficultés sont insurmontables quand il s'agit d'évaluer la quantité d'eau évaporée par une plante pendant la durée de sa croissance.

Nous avons trouvé, à Grignon, que, dans un champ de maïs médiocrement garni, on comptait 30 pieds par mètre carré; le poids des feuilles, le 9 juillet, était environ de 242 grammes par mètre carré. Ces feuilles, par une journée claire, donnaient au minimum 150 pour 100 d'eau en une heure, ou en dix heures 1500 d'eau pour 100 de feuilles. Les 242 grammes devaient donc donner 3630 grammes d'eau.

Ainsi, en une journée de dix heures, un mètre carré jetait dans l'air plus de 3 kilogrammes d'eau; un hectare donnait donc 30 tonnes. Ce chiffre peut paraître énorme, mais j'ai mis sous les yeux du lecteur tous les éléments du calcul, et je rappellerai qu'il n'est pas beaucoup plus fort que celui qu'on déduit des expériences de Haies, puisqu'on en peut tirer qu'un hectare planté en choux émettrait en une journée de douze heures 20 mètres cubes d'eau. Le botaniste Schleiden a déterminé au moyen de pesées directes la quantité d'eau évaporée,

par un mélange d'avoine et de trèfle semé dans une caisse de tôle remplie de terre. 11 l'avait trouvée égale à 3 284 000 kilogrammes par hectare, du 12 avril au 19 août. En comptant 129 jours pour cette

période, on trouve que -^^ = '25 tonnes par jour, nombre peu différent de celui auquel je suis arrivé.

Ces nombres paraissent tout à fait exagérés quand on les compare à la quantité d'eau qui existe dans le sol ; on peut admettre que la ten^e arable a dans le champ de maïs 50 centimètres de profondeur , elle était desséchée jusqu'à 20 centimètres environ, et ne renfermait dans celte couche superficielle que 5 grammes d'eau par kilogramme, mais plus profondément on trouvait 90 grammes d'eau par kilogramme.

Cette terre pèse environ 1200 grammes par litre ; nous avons donc, pour la première couche de 20 centimètres sur 1 mètre carré, un poids de 240 kilogr. de ten*e renfermant seulement 1200 grammes d'eau. Mais les 30 centimètres placés au-dessous, pesant 360 kilogr. , renfermaient 33 kilogr. d'eau. Ainsi on avait un total de 38 kilogr. par mètre carré, ou 380 tonnes par hectare. On calculait donc qu'en treize jours, avec une évaporatîon semblable à celle du 9 juillet, toute l'eau de la terre serait épuisée. Mais il faut bien remarquer que toutes les journées sont loin de donner la même quantité d'eau évaporée: ainsi, le 14 juillet, le temps était couvert, 100 de feuilles donnaient seulement 29 d'eau ; d'où les 242 granunes de feuilles auraient seulement donné en une heure 110 grammes d'eau, et en dix heures 1100 grammes, au lieu de 3 kilogrammes. U hectare n'aurait alors évaporé que 11 tonnes d'eau au lieu de 30.

L'épuisement est donc dans les joure couverts beaucoup moindre que dans les jours éclatants; mais toutefois ce calcul indique qu'il faut nécessairement que la terre reçoive de l'eau par capillarité des couches plus profondes ; si les végétaux ne trouvaient pas cette ressource, ils périraient infailliblement sous l'influence des sécheresses prolongées comme celles qu'a supportées la France en 1870.

11 est extrêmement difficile d'airiver à calculer même approximativement ce qu'une culture évapore d'eau pendant le temps qu'elle reste sur le sol ; cette évaporation dépend non-seulement de l'éclat de la lumière, mais encore du nombre des feuilles, de leur âge, et chacune de ces quantités variant à chaque instant, on ne peut introduire de moyenne qui ait quelque chance de représenter exactement le phénomène. Toutefois il est remarquable que presque tous les calculs conduisent à ce résultat, que la quantité d'eau évaporée est supérieure à celle que fournit la

pluie. Il est vraisemblable que la rosée vient combler partiellement le déficit, mais il reste encore sur ce sujet d'importantes recherches à exécuter. (Voyez, dans le numéro de novembre 1871 des Archives des sciences de la Bibliothèque universelle de Genève^ un mémoire intéressant de M, E. Risler.)

§ 50. — LES BAYONS LUMINEUX EFFICACES POUR DÉTERMINER LA DÉCOM- POSITION DE l'acide CARBONIQUE SONT AUSSI CEUX QUI DÉTERMINENT

l'évaporation.

Nous avons vu (§ 8) que les feuillas éclairées par les rayons jaunes et rouges agissent sur T acide carbonique avec infiniment plus d'énergie que celles qui reçoivent les rayons verts, bleus ou violets. Nous venons d'indiquer (page 182) que ces mêmes rayons sont aussi ceux qui déterminent l'évaporation ; on jugera du parallélisme de ces deux actions par le tableau suivant :

Inflitence comparée de divers rayons lunUneux sur la décomposition de Vacide carbonique

et sur Vévaporalion de Veau des feuilles.

Quantité d'acide carbonique

cl''*composé en une heure

par une feuille de b!à

pesant 0«',180.

Quantité dVau évaporée

en une heure

par une feuille de blé

pesant 0^,175.

L'atmosphère renfermait

38,8 d'acide carbonique

Ia- manchon renferme .

pour

100 de gaz.

Dissolution jaune de chromate

PC

neutre de potasse

Dissolution bleue de sulfate de

cuivre ammoniacal.

Dissolution violette d'iode dans

le sulfure de carbone ....

Dissolution rouge de carmin dans Tammoniaque

Dissolution verte de chlorure de cuivre

La température était de 37" .

La feuille pesait 0'%i72;

l'atmospbil'rc renfermait

22,2 d'acide carbonique.

ce 15,1

La feuille a émis O^c^g d'acide carbonique (1)

fin*

0,111 d'eau.

0,001 La température était de 38^

La feuille pesait 0*',i72.

0,161 d'eau.

Ainsi, l'évaporation active de la plante cesse à Vobscurité, comme la décomposition de T acide carbonique; les rayons rouges et jaunes

(1) À la fin de Texpérience, on trouva 23,1 d'acide carbonique au lieu de 22,2.

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