‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 62 sur 228 · MATURATION DES PLANTES HERBACÉES · texte numérisé non relu

MATURATION DES PLANTES HERBACÉES

tière grasse ; le contenu de cet oreane paraît d'abord tout à fait liquide et Ton y distingue aisément au microscope les globules d'amidon ; mais bientôt ceux-ci disparaissent à mesure que l'embryon s'étend et occupe une place de plus en plus grande. 11 semble que, dans ce cas, on asî^iste à la transformation de l'amidon en cellulose, probablement en passant par la dextrine, ainsi qu'on le remarque souvent; ce qu'on peut au moins certifier, c'est que contrairement à ce qui a lien pour les graines amylacées, où l'amidon persiste, dans les graines oléagineuses l'amidon n'a qu'une durée très-éphémère et qu'il est bientôt remplacé par un embryon très-vivement coloré en vert. C'est seulement au moment où l'embryon est formé qu'on peut dissoudre, à l'aide de l'éther, un peu de matière t,n'asso ; quand la graine est mûre et qu'elle renferme une quantité notable de matière grasse, la coloration verte de l'embryon est remplacée par une coloration jaune : il n'y a aucune preuve que la matière grasse provienne de la matière verte qui a disparu; on peut seulement dire que, dans les graines de radis et de colza, la matière grasse n'est abondante que lorsque la matière verte a disparu.

En 1870, la récolte de colza a manqué absolument à Técole de Grignon, de telle sorte que nous n'avons pas eu les éléments de poursuivre ce travail d'une façon complète.

Si dans les crucifères l'apparition de la matière grasse coïncide avec la disparition de la matière verte, il n'en est pas ainsi dans nombre d'autres plantes, où la matière grasse prend naissance dans un embryon incolore, ainsi qu'on peut le constater dans les amandes, les noix,. le ricin, les composées, etc.; nous n'avons encore que des renseignements très-incomplets sur ce sujet, toutefois nous devons signaler un travail important de M. de Luca sur la formation des matières grasses dans les olives {Comptes rendus, 1861 et 1862, et notamment tome LV, p. 566).

Après avoir montré qu'on extrait facilement de la mannite des feuilles de l'olivier quand elles sont en pleine végétation, M. de Luca reconnaît que la mannite disparaît quand les feuilles se dessèchent, et qu'elle est généralement absente des feuilles tombées de l'arbre. On rencontre encore la mannite dans les fleurs de l'olivier, puis dans les jeunes olives ; mais cette matière ne se trouve en forte proportion que pendant la période de développement ; ensuite elle diminue progressivement à l'accroissement des olives; enfin, lorsque ces fruits sont parfaitement mûrs et ont perdu leur teinte verte, ils ne contiennent plus traces de mannite.

La chlorophylle ou matière verte analogue qu'on rencontre en abondance dans les feuilles et dans les jeunes olives accompagne toujours la mannite et disparaît avec elle, de manière que les vieilles feuilles et les olives mûres ne contiennent ni chlorophylle ni mannite.

Ces observations importantes de M. de Luca laissent, con)me on voit, la question indécise. La mannite remplit-elle dans l'olivier le môme rôle que le glucose, et sert-elle à former la cellulose des jeunes olives, comme l'amidon formait la cellulose de l'embryon dans la graine de radis et dans celle du colza, ou bien peut-elle donner directement, par réduction, la matière grasse? Celle-ci, au contraire, ne prend-elle naissance que par une métamorphose d'un des principes habituellement confondus sous le nom de chlorophylle ? C'est ce que l'état de la science laisse encore dans la plus complète indécision.

§ 58. — DE l'accumulation des principes immédiats dans les

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