‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 81 sur 228 · Argile · texte numérisé non relu

Argile

Il faut bien remarquer, au reste, que ces résultats s'appliquent surtout aux terrains non irrigués; quand on peut arroser les terres à mesure des besoins, les terres sablonneuses deviennent de bonne qualité. Ainsi, on cite des terres du Sénégal présentant un haut degré de fertilité et renfermant cej^endant jusqu'à 91 pour iOO de sable et de silice. M. Boussingault a donné l'an^dyse d'une terre prise sur les bords du rio Cupari; la végétation y est d'une vigueur exceptionnelle, et cependant la terre est exclusivement formée de sable et de débris de feuilles. (Agronomie, t. II, p. 17.)

La classification de Schwerz est un peu \ ague, et plusieurs agronomes ont tenté de lui en substituer une autre plus précise; sans insister sur celle qui a été proposée par M. de Gasparin, nous reproduirons dans le tableau suivant le mode de groupement des terres qui a été introduit par M. Masure : il repose sur l'analyse physique des sols, et par conséquent il permet de classer les échantillons analysés en un certain nombre d'espèces dont les noms présentent dès lors une précision à laquelle on n'était pas arrivé jusqu'à présent. M. Masure, après avoir séparé en un groupe particulier les terres parfaites dans lesquelles tous les éléments sont bien équilibrés, divise toutes les autres terres en deux grands embranchements : les terres argileuses, qui renferment plus de 30 pour 100 d'argile, et les terres sableuses, qui en renferment moins de 30 pour 100, Le premier de ces

embranchements comprend cinq espèces, suivant l'élément qui domine après l'argile : c'est ainsi qu'à côté des terres argileuses proprement dites, nous plaçons les terres argilo-sableuses, les terres argilo-calcaires, les terres argilo-humifères. Le second embranchement comprend six espèces, les terres sableuses proprement dites, puis celles dans lesquelles vient s'ajouter au sable, dans une proportion notable, l'argile, le calcaire et l'humus. Enfin, à la suite de cet embranchement, se trouvent placées les terres calcaires et les terres humifères particulièrement riches en terreau.

Après avoir indiqué la quantité maxima des différents éléments, argile, sable, calcaire pulvérulent et terreau, qu'il distingue dans les différents sols, et avoir fait remarquer que l'argile communique aux terres des propriétés toutes spéciales, quand bien même elle ne s' y rencontre pas en quantité dominante, tellement qu'il faut encore compter parmi les terres argileuses celles qui ne renferment pas moins de 30 pour 100 de cet élément. M. Masure donne les noms vulgaires de terres qui se rapportent aux classes qu'il établit d'après la composition, puis il décrit rapidement dans une dernière colonne les caractères spécifiques de chacune de ces terres, qui permettent de se faire une première idée sur sa nature.

Il serait à désirer que ce mode de classification fût généralement adopté, puisqu'il substituerait aux termes vagues sous lesquels les terres sont désignées un langage précis, liant le nom de la terre à sa composition.

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