‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 85 sur 228 · SULFATE DE POTASSE · texte numérisé non relu

SULFATE DE POTASSE

100 gram. kaolin,

50 id. kaolin

100 id. terre de Touraine

100 id. terre du Luxembourg. . .

350 gram. matières absorbantes. . .

Nous voyons donc que le carbonate de potasse est retenu par la terre arable et par le kaolin bien plus énergiquement que le sulfate : toutefois, pour constater des différences sensibles, il faut opérer avec des dissolutions étendues; si Ton prend des dissolutions de moyenne concentration, on n'obtient plus les mêmes résultats.

On a mis en contact avec de la terre arable une dissolution de sulfate de potasse renfermant 8*%09 de potasse par litre ; on a trouvé que 100 centimètres cubes renfermant d'abord 0«',809 de potasse, n'en renfermaient plus que 0'%616 après un contact avec la terre de vingtquatre heures; que par conséquent il y avait eu 22,7 pour 100 de potasse retenue. Tandis qu'en prenant une dissolution de carbonate de potasse renfermant 10«%900 de potasse par litre, on trouva que 8 pour 100 de potasse seulement étaient retenus, puisque 100 centi-

mètres cubes mis en contact avec la terre renfermaient encore, après vingt-quatre heures, 1^,010 de potasse, au lieu de l'',090 contenus d'abord.

Il y a donc entre ces nombres et ceux qui sont signalés plus haut une différence notable; mais il faut reconnaître que les résultats obtenus avec les dissolutions étendues ont un tout autre intérêt que ceux que présentent les dissolutions concentrées, puisque les dissolutions faibles sont les seules qui puissent se trouver dans le sol.

On a reconnu {loc. cit.) que l'ammoniaque était aussi bien mieux retenue quand elle était introduite à l'état de carbonate que lorsqu'elle était placée dans le sol à l'état de sulfate.

En résumé, on a trouvé qu'en employant des dissolutions étendîtes

Sur 100 de potasse introduits dans une matière absorbante à rétat de carbonate, en moyenne là sont retenus.

Sur 100 de potasse introduits a Tétat de sulfate. • . 32 id.

Sur 100 d'ammoniaque iotroduits à Tétat de carbonate 80 id.

Sur 100 d'ammoniaque introduits à l'état de sulfate 31,6 id.

Mhm&r^^m dn silUeaie de petsuwe. — Une dissolution de silicate de potasse mise en contact avec la terre arable perd de la potasse et de la silice en proportions variables. On a remarqué que les terres riches en matières organiques absorbent la silice en moindre quantité que les autres. Il est vraisemblable qu'il faut en chercher la raison dans la solubilité de la silice dans l'acide carbonique, formé dans le sol par l'oxydation des débris des végétaux. Le silicate de potasse introduit dans le sol y éprouverait donc une décomposition rapide : sous l'influence de l'acide carbonique, il se produirait du carbonate de potasse et de la silice; le carbonate serait absorbé, et la silice limenée à l'état insoluble, à moins qu'elle ne rencontrât un excès d'acide carbonique capable de la dissoudre.

AbMv^OB dn phospluite de ehaox aolnble. — On emploie COmme

engrais, en Angleterre, d'énormes quantités de phosphate de chaux traité par l'acide sulfurique, de superphosphate ; et il y a grand intérêt à savoir comment un semblable produit, extrêmement acide, se comporte dans le sol. On avait bien remarqué que les plantes ne souffraient pas habituellement de la causticité de cette matière; mais on n'avait sur cette question que des idées assez vagues avant les travaux de M. Vœlcker.

Ce chimiste distingué a étudié l'absorption des phosphates solubles par pluâeurs terres de natures différentes. Le mode de recherche était

très-simple : on préparait une dissolution de phosphate de chaux acide, on la mettait en contact avec les terres ; puis on déterminait, après quelques jours, la quantité de phosphate restée en dissolution.

La première expérience a été faite sur un sol sablonneux ; on a trouvé que la proportion de phosphate dissous diminuait rapidement, mais que cependant l'absorption n'était pas encore complète après vingt-six jours. On pourrait donc craindre qu'il n'y eût une perte sensible, si, peu de temps après l'application du superphosphate sur un terrain de cette nature, il survenait une pluie abondante ; mais il faut remarquer cependant que, dans les expériences précédentes, on a singulièrement exagéré la proportion du phosphate employé ; que, dans la pratique agricole, les proportions sont tout autres, et que le phosphate ne se trouve jamais qu'en quantité très-faible par rapport à la masse de la terre sur laquelle il est jeté. Il suffît donc que la propriété absorbante existe pour qu'on soit certain de n'avoir pas de pertes sérieuses à craindre.

Dans la seconde expérience, qui eut lieu sur un sol calcaire, l'absorption fut bien plus rapide que celle qui portait sur le sol sablonneux pauvre en chaux, et cependant la présence d'un grand excès de carbonate de chaux finement divisé n'a pas déterminé une absorption immédiate; après huit jours, il restait encore une petite quantité de phosphate en dissolution dans l'eau.

Une argile tenace a absorbé en vingt-quatre heures la moitié , en huit jours les deux tiers , en vingt-six jours les trois quarts du phosphate soluble qui a été mis en contact avec elle.

Dans une autre argile tenace, l'absorption a été plus rapide que dans l'expérience précédente, mais elle est sensiblement inférieure dans ces deux cas à celle qu'on observe dans les sols crayeux.

La cinquième expérience a été faite sur un sable ferrugineux, qui a montré un pouvoir absorbant moindre que les sols précédents ; après dix-sept jours, il restait encore en dissolution plus du quart du phosphate soluble introduit. Enfin, la dernière expérience porta sur un sol marneux, dont, au contraire, le pouvoir absorbant fut considérable.

Ainsi l'expérience démontre que le superphosphate de chaux ne persiste pas à l'état soluble dans le sol, mais qu'il y rencontre bientôt, soit du carbonate de chaux, soit de l'alumine, soit de l'oxyde de fer, qui se saisissent de son acide en excès et l'amènent à l'état insoluble. Il est donc vraisemblable qu'ajouter des phosphates acides à la terre arable, ce n'est pas y placer une matière soluble, devant servir directement de nourriture aux plantes, comme ce serait le cas pour un

nitrate, mais c'est introduire du phosphate sous une forme telle, qu'après avoir été répandu dans le sol plus régulièrement que s'il était insoluble au moment de l'application, il se trouve bientôt précipité sous forme gélatineuse, particulièrement favorable à la formation de nouvelles combinaisons solubles ou à la dissolution dans l'eau chargée d'acide carbonique.

Il faut remarquer toutefois que le temps pendant lequel le phosphate restera à l'état acide, soluble dans l'eau, variera avec les sols sur lesquels il sera distribué. Ainsi, tandis qu'il n'y aurait vraisemblablement aucun inconvénient à répandre cet engrais sur un sol calcaire même très-peu de temps avant les semailles, il n'en serait plus de même s'il devait être donné à un sol sablonneux ou granitique ; dans ce cas, il sera bon d'employer le phosphate assez longtemps av^nt les semailles, pour que la saturation ait eu le temps de se produire, et que les graines ne se trouvent pas au contact d'une matière corrosive qui, infailliblement, déterminerait leur destruction. C'est ce qui a eu lieu notamment dans quelques-unes des expériences importantes qu'a exécutées en Bretagne M. Bobierre. Elles ont porté sur des cultures de sarrasin : le superphosphate a déterminé la perte de la récolte, tandis que les phosphates fossiles simplement pulvérisés, ou le noir animal, ont donné au contraire d'excellents résultats."

Des modUlcatloiis qac «nbisscDt les engrais liquides en eontaet avee le sol. ~ Travaux de M. Toelcker. r- NouS venons de passer en

revue les résultats obtenus en recherchant les propriétés absorbantes des terres arables pour tel ou tel élément important des engrais, et nous sommes très-frappés de voir que si malheureusement les nitrates filtrent facilement, l'ammoniaque et la potasse à l'état de carbonate, les phosphates, sont retenus ; de telle sorte que ce sont précisément les substances qui servent à la nourriture des plantes que le sol conser\^e, tandis qu'il laisse au contraire filtrer aisément plusieurs matières dont les plantes ne pourraient tirer aucun bénéfice. C'est ce que nous allons reconnaître plus complètement encore en recherchant avec M. Vœlcker les changements que présentent, dans leur composition , les engrais liquides quand ils filtrent au travers de la terre arable. Les résultats obtenus par le chimiste de Cirencester démontrent que les modifications apportées aux dissolutions sont infiniment plus sensibles dans les sols argileux ou calcaires que dans les sols sablonneux ; la perte porte surtout, ainsi qu'il a été dit, sur la potasse, l'ammoniaque et l'acide phosphorique, qui sont retenus par la terre arable.

Les sels de soude, et particulièrement le sel marin, passent au contraire sans altération. Habituellement le liquide s'enrichit en chaux, sans qu'on remarque cependant que la chaux dissoute soit en rapport avec la quantité que le sol en renferme. Quand, au contraire, la terre sur laquelle a lieu la filtration est très-sablonneuse et pauvre en chaux, l'engrais lui-même lui en abandonne.

Nous donnons ci-dessous les tableaux qui résument les analyses de M. Vœlcker, qui a pris la précaution de déterminer la composition des sols sur lesquels a eu lieu la filtration :

Sol de Cirencater, Collège farm.

Humidité 1,51

Matières organiques 11,08

Carbonate de chaux 10^82

ArgUe 52,06

Sable 2A,53

Un gallon de liquide, mis en contact avec 20 000 grains de terre, donna les résultats suivants :

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