‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 84 sur 228 · ALCALI · texte numérisé non relu

ALCALI

absorbé après â4 heures

par 50 gr. de terre.

Terra de Bechelbronn ..« •

Terre du Liebfmuenberir

Terre de Hittelhausbergen

Ces résultats sont loin de faire naître l'idée d'une combinaison chimique bien définie entre la terre et l'alcali.

Avec un sel ammoniacal, l'absorption se fait, pour une môme dissolution, avec plus de régularité ; mais elle varie notablement avec la force de la dissolution :

LA TËRKE ARABLE.

DÉSIGNATION DES TEhRES.

AMMOMIAQCE

contenue

daiiB 100 cent. ciib.

do disflolntion

de chlorhydrate.

Terre de Bechelbronn. •

Terre du Liebfrauenberg. .

Terre de MiUelhausbergen

ab»orU'«

par 50 gramB»*-

de te m*.

0,090 0,020 0,OA3 0,010 0,055 0,0i8

Ainsi que Tavait annoncé M. Way, la base seule est absorbée, tandis que l'acide reste dans la dissolution, associé en général à la chaux. La décomposition du sel s'arrête à la quantité correspondant à ralcali fixé, et la dissolution est neutre aux réactifs colorés après comme avant son contact avec la terre.

Causes de rabsorptlon de l'ammoiitaqiie ar la terre arable. -^

M. Way avait imaginé que l'ammoniaque devait former, avec un silicate d'alumine particulier dont il supposait l'existence dans le sol, une véritable combinaison ; mais ce qui s'était passé avec la terre du Liebfrauenberg, presque totalement exempte de composés alumineux, fit penser à IM. Biiistlein que la matière organique (humus) pourrait bien jouer un rôle actif dans l'absorption de l'ammoniaque. Le pren)ier essai fait en vue de vérifier cette hypothèse montra que 50 grammes de terreau retiré d'un chêne creux, mis en contact avec 100 centimètres cubes dune dissolution contenant 0,86 d'ammoniaque libre, faisaient, en une heure, disparaître toute odeur ammoniacale, tandis que la matière avait, au bout de ce temps, augmenté suffisamment de volume pour rendre impossible la décantation. Voici les résultats de quelques autres expériences :

MATIÈRES ESSAYÉES

KT CONDITIOlfS DB l'bXPÉAIKNCE.

AMMONIAQUE

pour 100 cenL ciib.

de dissolution.

AMMOKIAQOB

absorl>éc.

90 trrskm d'hiimus aorès deux heures ............

iù id d*huinus aorès deux heures •

10 id. d'humus, en vingt heures

Le noir animal en grains^ ou lavé à Tacide et calciné, jouit de propriétés absorbantes.

Les matières ulmiques, le terreau, etc. , absorbent donc une frac* tion importante de l'ammoniaque libre tenue en dissolution dans l'eau* mais au contraire ils n'exercent aucune action sur une dissolution d'un sel ammoniacal.

Si l'on rapproche ce fait de celui que nous avons indiqué plus haut, à savoir, que lorsqu'on introduit une dissolution d'un sel ammoniacal dans la terre arable, on trouve dans la liqueur l'acide du sel combiné avec de la chaux, on peut en conclure que la réaction d'un sel ammoniacal sur la terre arable doit se passer de la façon suivante :

l"* Réaction du sel ammoniacal sur le carbonate de chaux contenu dans le sol; formation de carbonate d'ammoniaque et d'un sel de chaux renfermant Télément électro- négatif d'abord combiné avec l'ammoniaque. Si, par exemple, c'est du chlorhydrate d'ammoniaque qui réagit sur la terre, on aura d'abord :

Ga0,C02 -f A2H3,HG1 r= GaCl -f AzH3H0,G03.

Carbonate de chftnx Chlorhydrate Carbonate

de la terre arable. d'ammoniaque d'ammoniaque.

de la disBoIulion.

2"" Absorption du carbonate d'ammoniaque formé, par les matières ulmiques, comme le serait l'ammoniaque elle-même.

Pour démontrer que la réaction suit bien les deux phases que nous venons d'indiquer, on lave un échantillon de terre arable à l'aide d'acide chlorhydrique faible, de façon à enlever tout le carbonate de chaux qui s'y rencontre, et l'on reconnaît que la terre ainsi traitée n'exerce plus aucune action absorbante sur les sels ammoniacaux. Si, au contraire, on arrose cette terre lavée à l'acide chlorhydrique avec une dissolution de carbonate de chaux dans l'acide carbonique, de façon à y incorporer du calcaire extrêmement divisé, on obtient un mélange qui jouit des propriétés de la terre primitive. Ainsi : 45 grammes d'un pareil mélange, mis en contact avec 100 centimètres cubes d'une dissolution de chlorhydrate d'ammoniaque contenant 0,35& d'alcali, en ont absorbé 0^%0Â3.

En incorporant par la méthode précédente, du carbonate de chaux à 20 grammes de noir animal, on obtient avec la même dissolution une absorption de 0,029 d'ammoniaque.

Dans les expériences qui précèdent, l'ammoniaque a-t-elle subi une simple action absorbante, ou bien a-t-elle été modifiée et transformée,

DEHAftAUf. 18

par exemple, en un autre produit azoté ? L'expérience a prouvé qu'en général cet alcali se retrouvait dans la terre arable ; mais il n'en est plus ainsi lorsqu'on opère avec le terreau et la tourbe, car on constate une absorption notable d'oxygène et la destruction d'une quantité d'alcali qui atteint dans la tourbe le septième, dans l'humus le tiers de l'ammoniaque totale absorbée.

Il est vraisemblable que, dans ce cas, l'ammoniaque est partiellement brûlée, et qu'il se forme de l'eau et de l'azote libre.

lia terre arable m'absorbe faHiala eomplétemeiit 1 amnioBlaqae

d'noe dUiMintion. — Un autre point d'une très-haute importance ressort encore des recherches de M, Brustlein. Cet habile chimiste reconnut que jamais la terre ne peut enlever complètement l'alcali que tient en dissolution une certaine quantité d'eau.

Les expériences ont été faites non-seulement en laissant la dissolution ammoniacale en contact avec la terre, mais encore en la faisant traverser par la dissolution : on a toujours trouvé que l'eau renfermait encore une quantité sensible d'alcali.

Ainsi, dans une expérience où l'on a fait passer 500 centimètres cubes d'eau ammoniacale au travers de 25 granunes de terre de Bechelbronn, on a reconnu que la terre avait retenu 0«%0036, mais que la dissolution renfermait encore 0*',0107 d'ammoniaque. Dans une autre expérience, où Ton avait employé 100 grammes de terre de Bechelbronn formant une colonne de. 0'",2 de haut, la terre retint 0,0080 d'ammoniaque, mais la dissolution en accusait encore 0,0206.

11 faut conclure de ces expériences que des dissolutions très-étendues circulent dans le sol sans décomposition, ou au moins sans abandonner une fraction importante de l'alcali qu'elles renferment. C'est là un point capital, puisqu'il explique comment l'eau qui séjourne dans le sol amène à la plante les éléments qu'elle tient en dissolution, mais en même temps ne les amène qu'à un degré de dilution telle, que la plante ne saurait en souffrir comme si elle était en contact avec une dissolution concentrée.

§ 72. — ABSORPTION DES BASES ET DES SELS PAR LA TERRE ARABLE. Absorption de la potasse et de la «onde. — LcS expériences de

M. Brustlein n'ont porté que sur l'ammoniaque et le chlorhydrate d'ammoniaque; mais, avant lui, M. le baron de Liebig avait fait quelques expériences sur l'absorption par la terre arable des alcalis fixes,

et notamment de la potasse et de la soude. Il a trouvé que ces deux bases étaient absorbées en proportions très-différentes; c'est ce qui ressort de l'expérience suivante :

485 centim. cnbes de pailh contenaieDt

ÀTUt U filtnition. Après U filtnitioa.

Potasse 0^0867 Potasse. 0,0056

Soude 0,0168 Soude 0,0118

M. Vœlcker {the Joum. of the Royal Agric. Soc. of England^ 2' série, 1865, t. I, p. 313) est arrivé aux mêmes résultats.. Les deux bases étant employées Tune et l'autre à Tétat de chlorure, il a trouvé que pour 100 parties de potasse ou de soude en dissolution, les terres de diverses natures en expérience ont retenu :

l'oUssi». Soude.

Terre calcaire 3,578 0,800

Terre argileuse , 3,970 1,057

Terre sablonneuse fertile 2,626 0,620

Terre d'un pâturage 3,758 1,000

Terre marneuse 3,373 0,996

Sable ferrugineux stérile 1,475 0,620

AlM^rpttoB dlffèr«ato des carliOBatcs et des wmUmiMm. — DanS les

travaux dont nous venons de rendre compte, on ne s'est pas préoccupé de la nature de l'acide avec lequel étaient combinées les bases dont on déterminait l'absorption ; au contraire, dans les recherches qiii ont été entreprises sur le plâtrage des terres arables {Annales du Conservatoiréy 1863-1865, Recherches sur le plâtrage des terres arables^ par P. P. Dehérain), on a été conduit à étudier comparativement l'absorption de la potasse et de l'ammoniaque à l'état de sulfate et de carbonate. On fait réagir, dans ces opérations, de 50 à 100 ou 200 grammes de kaolin ou de terre sur une dissolution titrée de potasse ou d'ammoniaque à l'état de sulfate ou de carbonate; on mesure le volume de dissolution ajoutée, on laisse le liquide au contact de la matière absorbante pendant quelques heures, puis on filtre. On mesure le liquide recueilli, et Ton dose la potasse et T ammoniaque à l'aide du chlorure de platine, en ayant soin d'opérer sur des matières absorbantes qui ne cèdent à l'eau pure ni potasse ni ammoniaque. On sait au reste que la quantité de ces bases que l'eau peut enlever à 150 ou 100 grammes de terre est extrêmement faible et ne peut avoir d'influence sur les résultats.

. On conclut, de la quantité de base trouvée dans le volume du liquide recueilli, à ce qu'on aurait obtenu si l'on avait pu retirer de la

276 LA TERBE ARABLE.

matiëre absorbante tout le liquide introduit; on constate ainsi un appauvrissement de la liqueur, qui indique la quantité de base absorbée. En opérant ainâ, on a trouvé les nombres suivants :

AbtorpUtm eamparée àê la potasse à réUU ââ earbomaU et à Vêlai de mifaie.

1* CiUaOHATE DE POTAMS.

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