‹ Cours de chimie agricole, professé à L'École d'agriculture de GrignonChapitre 91 sur 228 · ARABLE · texte numérisé non relu

ARABLE

Les travaux que nous venons de citer nous donnent la composition de Teau qui a traversé la terre arable, elle ne nous indique pas quelles sont les matières que renferme l'eau qui y est normalement contenue; car, en versant sans précautions spéciales de l'eau sur la terre et en recueillant le liquide qui s'écoule, on obtient un mélange de l'eau primitivement contenue dans le sol avec celle qui a été ajoutée : c'est là ce qu'a voulu éviter M. Schlœsing {Comptes rendus^ 1866, t. LXIII, p. 1007), qui opère le déplacement des principes solubles en déversant lentement, à la surface d'une terre humide, de l'eau en pluie fine à l'aide d'une pomme d'arrosoir. On arrive ainsi, d'après le savant professeur de la Manufacture des tabacs, à chasser complélement Teau primitivement contenue dans la terre sans la mélanger avec la pluie artificielle ; et, en effet, en recueillant le liquide qui s'écoule, M. Schlœsing s'assure que des prises de 50 centimètres cubes, faites successivement, conservent pendant un temps assez long une composition constante, ce qui n'aurait pas lieu si l'eau ajoutée venait se mêler à celle qui était primitivement renfermée dans le sol.

Cette méthode a permis à M. Schlœsing de déterminer la composition des eaux contenues dans différents sols, et de voir que les matières utiles aux plantes s'y rencontrent en quantités trèsinégales : ainsi l'acide phosphorique est toujours très-peu abondant, tandis que l'acide nitrique, au contraire, est facilement dissous. On savait déjà, au reste, que les nitrates ne sont pas absorbés par la terre

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f LA TERRE ARABLE.

arable, mais on ignorait qu'après fillration sur la terre, un liquide pût s'enrichir, non en dissolvant les nitratesdu sol, mais en perdant de leau; la concentration étant due à l'absorption de l'ean, est naturellement d'autant plu-^ grande que la terre est plus sèche- Cesl ce que démontre clairement 1 expérience suivante : Une terre a été dépouillée par la\age de toute trace d'acidf nitrique, puis elle a été séchée sur du chlorure de calcium à la température ordinaire et enfermée dans une allonge ; elle a été ensuite arrosée d'une dissociation étendue de nitrate de chaux. Si la terre pouvait opérer la séparation prévue, la dissolution devait se concentrer en descendant, et les premières prises devaient montrer une richesse en acide nitrique plu^ grande que celle qu'on obtit-ndrait plus tard ; en effet, une fois la terre saturée d'eau, le liquide devait couler avec sa composition normale.

Le poids de la terre étant de i^'%150 et la quantité d'acide azotique de 7"'*"^,38 dans 10 centimètres cubes, on a trou\é les poids suivants d'acide azotique dans 10 centimètres cubes recueillis succesâvement :

I4a,.:;jr^0: 11,9; 11.9; 11,0; to,9; 10,6; 10,1; 9.9; 9.7.

et ce ne fut qu'après avoir recueilli 450 centimètres cubes qu'on trouva dans 10 centimètres cubes, 7=' --,25.

Dans une autre expérience, une terre renfermant 17 poiu- 100 d'eau a donné im résidu de 22 milligrammes pour 10 centimètres cubes, et celui-ci est devenu 27 milligranunes quand la terre ne contenait que 15 pour 100 d'eau. On a encore obsené des résidus de 23, 29 et 103 milligrammes p<jur la même terre renfermant i*espectivement 14,5, 12,4 et 8 pour 100 d'eau.

On voit donc, ainsi qu'il a été dit, que la terre a non-seidement une certaine tendance à retenir les bases de certains sels, mais qu'elle peut aassi parfois concentrer les dissolutions qui j ciRulent.

M. Schlœsing ne s'est pas contenté de déterminer les uKxlitications que la terre arable pouvait occasionner dans une dissolution à un titre connu ; il a voulu savoir exactement quelles étaient les substances dissoutes dans l'eau contenue dans la terre arable : il a déplacé ces eaux par la méthode indiquée plus haut, légèrement iK?rfectionnée (voy. Comptes rendus^ 1870, t. LXX, p. 98), et il en a fait une analyse complète. Enfin, p<^)ur fixer rigoureusement toutes les conditions de l'expérience, il a donné les indications précises siu* les terres employées que nous transcrivons dan< les tableaux sui>ants :

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