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SYNTHÈSE DES ALBUMINOÏDES DANS LA FEUILLE

Pour simplifier, on peut écrire l’ensemble de toutes ces réactions en deux équations où n’entrent que les facteurs primitifs que nous avons reconnus se produire dans la feuille : l’aldéhyde formique, le groupe cyanhydrique CAzH et l’eau. Nous aurons :

1° 21 CH20 + 21 H-0 = 21 COU2 -f 21 H2

Aldéhyde formique. Acide formique.

2° 45C1PO + 1 7 C AzII + 21 112 = C82U105Az”02a + 251I20

Aldéhyde Groupe Albumine,

formique, cyanhydrique.

ou ensemble :

66CII20 + 1 7 CAzH = C62Il105Az>7022 + 21 CH202 + 2il20 (‘)

Aldéhyde Groupe Albumine. Acide formique.

formique, cyanhydrique.

En même temps qu’elle rattache la formation de l’albumine à la production dans la cellule chlorophyllienne de l’aldéhyde formique (ou du glucose) et du groupe CAzH, cette équation montre pourquoi l’acide formique (et quelquefois l’acide glycolique) (*) se retrouve si souvent dans les plasmas de la feuille.

Cette hypothèse de l’introduction de l’azote dans les végétaux grâce à la réduction des nitrates sous forme d’acide cyanhydrique, s’appuie aussi sur des preuves indirectes :

1° J’ai montré que l’acide cyanhydrique en présence de l’eau et des acides faibles donne non pas les matières protéiques, mais quelquesuns de ces dérivés directs et complexes des albuminoïdes qui se forment dans l’économie des êtres vivants et appartiennent à la série urique : la xanthine, la sarcine, la méthylxanthine, la guanidine, se produisent directement tà partir de CAzII et de l’eau.

2° Après avoir établi en 1867, avec M. Maxwell Simpson, que l’acide cyanhydrique s’unit aux aldéhydes, j’ai émis plus tard l’hypothèse que cet acide, en puissance dans une foule de sucs végétaux, devait en s’unissant aux corps aldéhydiques de la feuille, tels que le glucose, donner lieu à de nombreuses synthèses. MM. Schutzenberger, Kiliani, etc. , ont depuis démontré le bien-fondé de cette remarque. Le dernier de ces auteurs a obtenu par cette voie des cyanhydrines qui, par hydratation, lui ont donné la lactone levulosocarbonique C7H1207, les acides oxypimélique et arabinosecarbonique (Bull. soc. chim.,

(*) Nous avons exposé pour la première fois ces idées sur l’origine et la constitution des albuminoïdes en 1872; nous y sommes revenus en 1884 '{Bull. soc. chim., t. XLII, p. 141). Depuis, en 1886, Latliam ( Bril . mcd. Journ., 188(3, vol I, p. 029) les a reprises en partie et a voulu expliquer par elles le rôle des albuminoïdes dans l’organisme et le mécanisme de quelques phénomènes morbides.

(2) Cet acide glycolique provient de l’union de CAzII à C1I20 d’où résulte C2ll3AzO qui en s hydratant donne de l ucide glycolique et de l’ammoniaque.

08 DÉSASSIMILATION DES ALBUMINOÏDES.

t. XLVI, p. 678), etc. Enfin, j’ai appelé l’attention sur le rôle que joue le groupement CAzlI non seulement dans la constitution de la molécule albuminoïde, mais dans ses dérivés uriques et alealoïdiques, et la découverte de Y adénine C5Il5Azs, propre aux deux règnes, et que l’on trouve surtout dans les cellules végétales en train de proliférer, est venue confirmer ces prévisions et donner une preuve de plus de 1 importance que ce groupement CAzIt joue dans la constitution des substances protéiques.

5° Les remarquables synthèses qui ont été faites en associant 1 acide cyanhydrique à l’acétylène ou aux aldéhydes des alcools non saturés, ou bien en réduisant les corps nitrés en présence de la glycérine et des agents déshydratants, témoignent à leur tour de la puissance et de la généralité de ce mode de synthèse des corps azotés. On arrive à reproduire ainsi d’emblée les bases pyridiques et quinoléiques, c’est-à-dire les édifices mêmes qui servent de noyaux aux alcaloïdes naturels. Enfin on a observé qu’en présence de l’aldéhyde formique et des sels ammoniacaux (on sait combien facilement l’acide cyanhydrique se change en formiale d’ammoniaque), il se fait à froid de la triméthylamine et de la formodiméthylamine avec dégagement d acide carbonique, îéaction bien faite pour nous montrer avec quelle facilité l’aldéhyde formique se prête à la formation des corps azotés complexes, en particulier des alcaloïdes organiques (Plôchl, Bull. Soc. chim., 5° série, t. I, p. 570).

Une fois formée dans la feuille ('), l’albumine primordiale subit sans doute une sorte d’assimilation qui la fait varier suivant le plasma ou la cellule où nous la rencontrons ensuite. Nous la voyons se fixer dans les tissus en activité : fruits, bourgeons, cellules en train de proliférer, etc.; elle y passe par divers états, caséine végétale, amandine, albumine proprement dile, globuline, gluten, etc — Mais nous connaissons peu de chose de ses dédoublements ultérieurs. Il est probable, sinon certain, que les corps amidés, tels que l’asparagine, 1 acide glutamique, la leucine, la tyrosine, signalés dans la levure de bière et dans la betterave, l’acide urique trouvé dans le lupin et sans doute les alcaloïdes eux-mêmes, sont des produits de désassimilation de l’albumine.

Chez l’animal, nous savons que l’absorption des albuminoïdes végétaux est suivie d’une phase d’assimilation qui a pour résultat de les transformer en peptones dans le tube digestif, puis en albumines plus ou moins spécialisées : hémoglobine, serine, globulines, caséine, etc., suivant les divers organes. Ces corps se désassimilent ensuite par une suc-

(M Sans doute on pourrait admettre que les réactions qui donnent naissance a 1 albumine peuvent avoir lieu dans le sol, où se rencontrent aussi des agents réducteurs très puissan s, tels que les microbes anaérobies, mais on ne doit pas oublier que d après les expériences ic Boussingault cl du prince de Salin-llorstmar la graine peut lever et donner des feuilles c fruits, par conséquent former des albuminoïdes, dans un sol de quartz ou de calcaire a js lumciit stérilisé, qui n’a reçu seulement que des phosphates et des nitrates.

dérivés de désassimilation des albuminoïdes.

cession d’hydratations et d’oxydations continues. Mais il serait anticipé de vouloir poursuivre d’ores et déjà chez l’animal le mécanisme de cette désintégration, avant de bien connaître cette grande famille des substances protéiques que nous étudierons seulement dans notre II Peu lie. Nous nous bornerons à dire ici seulement que parmi leurs produits de désassimilation directe, il faut certainement compter les hydrates de carbone, les corps gras, et une sérié de corps azotés très variés : amides, amines, uréides, etc., les uns cristallisables, les autres mal connus, que nous allons pour le moment nous borner à signaler rapidement.

Parmi les corps azotés définis provenant de la désassimilation des albuminoïdes, citons :

(a) L'urée, C0Az2H\ ou diamide carbonique. C’est le terme le plus simple des dédoublements ou des oxydations ultimes des albuminoïdes. Elle est apte en l’hydratant à se transformer en ammoniaque et acide carbonique. L’urée n’a été jusqu’ici rencontrée que chez les animaux, dans l’urine, le sang, le lait, la salive, la bile, etc. Mais on a trouvé dans les plantes des uréides, dérivés immédiats de l’urée.

(b) Le glycocolle, C2IFAz02, et ses homologues supérieurs, la bulalalanine , CMF'AzO2, et la leucine, CGIllr,Az02. Ces amines acides en C"H2,i+1Az02 résultent de l’hydratation directe des matières albuminoïdes. On les obtient du reste artificiellement en faisant agir sur les albuminoïdes l’eau aidée de la chaleur, des acides et des bases. Le glycocolle n’a pas été trouvé chez les grands animaux, mais on l’a signalé dans la moule comestible. La leucine se rencontre dans les produits de la digestion gastrique et des fermentations bactériennes; on la trouve aussi en petite quantité dans le poumon, la rate, le cerveau, le pus. Elle est abondante dans beaucoup de crustacés, d’insectes, d’arachnides. On l’a signalée dans l’agaric. Gorup-Besanez l’a rencontrée, à côté de l'asparagine, dans le suc de vesces germées à l’obscurité; Scbültze dans la betterave ; Tanret dans les feuilles de noyer, accompagnée de l’inosite comme dans les muscles. La leucine se présente donc comme un terme important du dédoublement des albuminoïdes dans les deux règnes.

(c) La tyrosine, CdF'Azü5, qui presque partout accompagne la leucine, se forme comme elle dans les mêmes conditions d’hydratation. Sa présence dans les résidus de la digestion des albuminoïdes ou dans les produits de leur dédoublement par l’eau en présence des acides étendus, suffirait pour démontrer dans ces corps l’existence d’un groupement cyclique constant. On trouve la tyrosine à côté de la leucine dans la rate, les poumons, le sang des veines sushépatiques. On l’a signalée dans la cochenille, dans le bouillon de levure de bière; on la trouve dans le jus de betterave à côté d’un corps qui paraît être la glutamine.

(d) La sarcine, C8H4Az*0, la xanlhine, CMFAz‘02 , et les leucotnaines ,

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