XXIII
Les acides minéraux moyennement étendus agissent sur les albuminoïdes, surtout aidés de la chaleur, en les dédoublant d’une façon carac-
téristique. Si dans une solution de 20 grammes d’acide sulfurique dans 800 grammes d’eau, l’on délaye 100 grammes d’albumine sèche et qu’on fasse bouillir quelques heures, l’albumine se dédoublera en deux substances principales de poids presque égal, l’une insoluble gélatineuse, qui se dessèche en une masse friable amorphe, c’est Y hémiprotéine ; l’autre soluble qu’on peut retirer des liqueurs après avoir enlevé l’acide sulfurique par la baryte, c’est Y hémialbumine , matière légèrement acide, de nature amidique et qui n’est plus albuminoïde (P. Schiitzenberger). Ces deux substances, et l’albumine d’où l’on est parti, répondent à la composition suivante :
Carbone. .
Hydrogène.
Azote . . .
Oxygène ) Soufre. )
Ilémiprotéine.
Hémialbumine.
Albumine
primitive.
L’examen de la composition moyenne de ces deux substances montre déjà qu’elles ne sauraient être les seuls produits de cette transformation;
-ss ACTION DES ACIDES SUR LES ALBUMINOÏDES.
il manque du carbone, et ce ne peut être par suite d’une hydratation, car la moyenne, pour 100, de l’hydrogène est restée la même. On trouve, en effet, à côté de l’hémialbumine et de l’hémiprotéine ainsi formées, des substances analogues à la sarcine C5H4Az40 et peut-être des corps de la famille du glucose [Bull soc. chim., XXIIf, 171).
L’hémiprotéine n’est plus attaquée que fort lentement par l’acide étendu, qui la change partiellement en une substance soluble dans l’eau et dans l’alcool, Y liémiprotéidine CnH42Az6012,Hî0 accompagnée de tyrosine, leucine et homologues. Quant à l’hémialbumine Cî4H40Az°010, principe non albuminoïde, sa composition la rapproche de l’hémiprotéidine qui en diffère par IPO-f-O. Une ébullition prolongée fait passer l’hémialbumine aussi bien que l’hémiprotéidine à l’état de leucine et de corps homologues ou analogues : acide aspartique, C4H7Az04, acide glutamique (PIPAzO4, etc. (*).
Nous concluerons donc que les acides affaiblis dissocient par hydratation l’albumine et probablement la plupart des albuminoïdes en trois parties :
1° Une substance ou un groupe de substances albuminoïdes plus simples : Y hémiprotëine contenant le noyau le plus résistant, la partie essentielle à la constitution de la molécule albuminoïde ;
2° Une substance amidée faiblement acide, Y hémialbumine ;
5° Des substances secondaires en petites proportions se rapprochant de l’acide urique et de la sarcine.
En faisant bouillir les matières albuminoïdes avec de l’acide sulfurique étendu de une fois et demie seulement son poids d’eau, MM. Erlenmeyer et Schaeffer ont obtenu comme termes définitifs de leurs dédoublements les quantités de leucine et de tyrosine suivantes :
Pour 100
Leucine.
Tyrosine.
d’élastine
de fibrine
de syntonine
d’albumine d’æu:'
de corne
Par une longue ébullition de certains albuminoïdes tels que la caséine avec de l’acide chlorhydrique et de l’étain, Drecksel a observé qu’après avoir éliminé les acides amidés, l’acide phosphotungstique donne un pré-
(*) On a théoriquement :
C2iIP°Az°o'.o -f- 5 H20 = 3C4H9Az02 + CMFAzO2 + CMPAzO3 Hémialbumine. Butalanine.
c’est-à-dire un mélange d’amides Icucique et leucéiqne et d’jeides amidés.