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DOUZIÈME LEÇON

ALBUMINES d’œüF. — SÉRINE. — ALBUMINES VÉGÉTALES.

, ALBUMINES ANIMALES

Le blanc de l’œuf d’oiseau, le sérum extrait du sang des vertébrés, J,, ia lymphe, du chyle, contiennent des matières albuminoïdes solubles, coagulables par la chaleur et par les acides minéraux. Leurs solutions ne précipitent pas à froid par les acides très étendus, ni par les car-

ALBUMINES ANIMALES.

bonates alcalins, le sel marin ou le sulfate de magnésie en solutions saturées et neutres.

Ces substances forment notre Iæ Famille de corps albuminoïdes. Elles diffèrent entre elles par quelques caractères tels que leur pouvoir rotatoire, l’action de certains sels, la température de coagulation.

Il semble même que les albumines d’œufs diffèrent légèrement suivant l’animal : on a remarqué que certains oiseaux de proie et passereaux, ceux en particulier qui naissent aveugles, donnent des œufs dont le blanc se coagule en une masse molle, vitreuse et transparente ; le coagulum qu’ils donnent vers 95° est à la longue soluble dans l’eau bouillante d’où l’acide acétique le reprécipite. 11 est aussi démontré que pour une même espèce, le blanc de l’œuf, même après qu’on en a séparé un peu de globuline, n’est pas homogène; la coagulation présente, en effet, un premier maximum vers 65°, un second vers 73°; et chacune des albumines qui se coagulent ainsi possède un pouvoir rotatoire différent. Mais ces variétés délicates d’ovalbumines sont ou peu connues ou difficiles à séparer. Nous nous contenterons donc d’étudier ici les principales de ces albumines, en particulier celle qui forme la majeure partie du sérum du sang et celle qui domine dans l’albumen de l’œuf de poule sur laquelle ont porté les travaux les plus nombreux et les plus précis.

ALBUMINE D'ŒUF OU OVALBUMINE — SÉRINE

Préparation. — On obtient l’ovalbumine pure par divers procédés; celui que nous allons décrire permet de préparer aussi la sérine.

Dialyse. — Ce procédé consiste à soumettre le blanc d’œuf à la dialyse. Pour cela on jette les blancs battus dans un linge de toile forte et lavée, on en fait un nouet et l’on fait passer sous pression la masse glaireuse à travers la toile dans le but d’en détruire les membranes ; on étend de deux volumes d’eau le blanc d’œuf ainsi préparé, on l’acidule très faiblement d’acide acétique ou même d’acide chlorhydrique étendu tant qu’il se sépare des flocons de globuline et que la liqueur ne fait virer qu’au violacé la teinture de tournesol sensible. On filtre alors et l’on distribue la liqueur sur des dialyseurs. Ceux que j’emploie (fig. 10) et auxquels j’ai donné le nom de dialyseurs continus consistent en une batterie de 4 entonnoirs assez allongés FF F F tubulés latéralement, supportés par un banc spécial et communiquant entre eux de bas en haut, comme le montre la figure par les tubulures t. Dans ces entonnoirs on place des filtres faits de fin papier parchemin, à plis nombreux et dont les bords dépassent celui de chaque entonnoir. C est dans ces filtres que l’on verse la liqueur à dialyser. Par la fontaine V

ALBUMINES ANIMALES.

Fig. 10. — Dialyseur de A. Gautier.

verre CC et dialyser dans un courant de gaz hydrogène ou acide carbonique produit en A. Pour éviter toute altération des liqueurs putrescibles, il faut ajouter quelques gouttes d’acide cyanhydrique ou un peu de thymol et opérer à la cave ou par un temps frais. Si l’on dyalise de P albumine salée ou acidulée très faiblement par HCl, au bout de 5 à 6 jours les liqueurs extérieures ne donnent plus de louche par le nitrate d’argent. Il reste dans les dialyseurs un liquide qui possède toutes les propriétés de l’albumine primitive, mais qui est légèrement acide et presque exempt non seulement des matières cristallisables qui accompagnent l’albumine dans l’albumen (glucose, urée, sel marin, phosphates, etc.), mais même de cette partie des matières minérales qui, ainsi que nous le verrons, est faiblement combinée à l’albumine dans le blanc d’œuf ou le sérum. L’albumine dialysée n’est pas toutefois'

on fait couler goutte à goutte de l’eau distillée. Elle passe de bas en haut, d’entonnoir en entonnoir extérieurement aux filtres, et coule en E où l’on peut la recueillir; elle emporte ainsi d’une manière continue les produits dialysables. L’albumine placée dans l’intérieur des entonnoirs F est donc ainsi mise en contact médiat par une très large surface de plis avec de l’eau pure sans cesse renouvelée et la dialyse devient très rapide. On peut, quand il convient et par les produits oxydables, recouvrir les entonnoirs dialyseurs d’une boîte ou couvercle en bois et

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