ALBUMINE ET SÉRINE : ACTION DES RÉACTIFS
phosphorique, les précipitent complètement en grumeaux blancs insolubles, si ce n’est dans un très grand excès ; les autres, comme l’acide sulfurique ou chlorhydrique, les précipitent incomplètement et s’unissent i l’albumine. On peut ajouter à une solution d’albumine ou de sérine me solution étendue à 1, et même à 2 pour 100, d’acide chlorhydrique sans les précipiter, mais non sans les modifier. Si le même acide est plus concentré, il se fait un précipité qui est une combinaison d’albumine ou de sérine modifiée et d’acide. Un excès plus grand encore d’acide chlorhydrique redissout le précipité qui se forme; l’eau précipite de cette solution une substance qui, privée par l’essoreuse de son excès d’acide, se redissout dans l’eau et possède toutes les propriétés du chlorhydrate de syntonine. Toutes ces modifications ne se produisent que lentement à froid, rapidement vers 50 à 80°.
Les acides organiques ne coagulent pas l’albumine, mais la modifient lentement, ou plus rapidement s’ils sont concentrés, comme l’indique le changement de son pouvoir rotatoire et surtout les propriétés nouvelles qu’elle acquiert. En saturant l’acide, la portion d’albumine modifiée se précipite ; elle n’est plus coagulable par la chaleur ; elle a été transformée en aciclalbumine (voir plus loin).
Certains acides concentrés s’unissent, disions-nous, à l’albumine pour donner divers dérivés. Johnson a décrit des combinaisons obtenues en laissant flotter sur les solutions de ces acides un dialyseur contenant de l’albumine. Il décrit un composé gélatineux soluble à chaud, correspondant à C72II112Az18S022,2Az03H. Sa solution se coagule par la chaleur lorsqu’on l’a préalablement neutralisée par un alcali. Cet auteur admet l’existence des composés : Alb. 2HCI ; Alb. S04H2 ; Alb. 5P04II3; <Vlb. C2H402. (En exprimant par Alb. la molécule C72H112Azt8S022.)
Des combinaisons de ces acides à l’albumine modifiée ont lieu certainement, mais leurs formules sont loin d’être établies. Lœw a étudié celle que donne l’acide sulfurique concentré avec l’albumine sèche. C’est, d’après lui, un acide sulfoné C72Hl07(SO3II)Azl8SO22 qu’on sépare en traitant le produit brut de l’action de l’acide sur l’albumine par les alcalis puis précipitant la solution alcaline par les acides. Il forme une poudre blanche insoluble qui se dissout dans les alcalis faibles.
Action des imscs. — Les alcalis très affaiblis (1,5 à 2 p. pour 1000 d’eau) modifient lentement l’albumine, lui enlèvent une partie de son soufre et la rendent après 7 à 8 heures précipitable par les acides les plus faibles, tels que l’acide carbonique ou acétique très étendu, qui ne redissolvent plus que malaisément le précipité. Cette substance est difficilement soluble dans les carbonates alcalins et insoluble dans le phosphate do soude. Elle n’est donc pas formée de caséine, comme le disent encore beaucoup d’auteurs, mais d’une matière protéique nouvelle très sem-