GÉLATINE
La gélatine ou glutine est un isomère soluble, ou plus probablement n produit d’hydratation de l’osséine ('). Elle s’obtient lorsqu’on traite ette dernière substance par l’eau surchauffée à 120° dans la marmite e Papin. On lui donne quelquefois le nom de colle de poisson ou " hthyocolle , lorsqu’elle a été préparée par la coction de la vessie nata- )ire de l’esturgeon. La colle de Flandre et la colle forte sont de la élatine impure qu’on obtient en soumettant à l’ébullition avec l’eau >3s peaux vertes, déchets de mégisserie, de parcheminerie, de tannerie,
• ébris d’os, etc., après leur avoir fait subir une purification préalable en as passant dans un lait de chaux vive qui les débarrasse des poils, de a graisse et du sang, etc. Le bouillon épais qui résulte de cette cuisson st versé dans des moules où il se prend en gelée que l’on sèche ensuite uir des filets de chanvre dans l’air tiède et sec.
Pour obtenir la gélatine à l’état de pureté, Hofmeister fait digérer lusieurs jours dans l’eau froide la gélatine commerciale, les sels s’en ont par diffusion. On dissout dans l’eau bouillante la matière qui reste t onia filtre chaude en recevant dans l’alcool à 90 pour 100 le liquide ui s’écoule. La gélatine se coagule, on la recueille et la soumet deux ou aois fois au même traitement. Elle ne contient plus alors que 0,6 our 100 de cendres formées surtout de phosphate calcaire. Elle est xemple de soufre.
La gélatine est un dérivé très rapproché de l’osséine, elle a la même omposition qu’elle : on y trouve seulement moins de soufre (0,15 •our 100). Le sang des leucocythémiques renferme une substance qui préente les réactions de la gélatine, mais n’agit pas sur la lumière polarisée.
Mise au contact de l’eau tiède, la gélatine s’y gonfle et en absorbe 10 fois son poids, sans se dissoudre. Elle entre en dissolution dans l’eau chaude d’où l’alcool la reprécipitc sous forme de flocons incolores qui ■estent solubles. Une faible proportion d’acide ou d’alcalis permet à la gélatine de se dissoudre dans l’eau même à froid. Une solution de gélaine concentrée que l’on fait longtemps bouillir perd la propriété de
H Hofmeister l’aurait retransl'ormée en osscinc en la chauffant à l’état sec vers 130°.
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MATIÈRES COLLAGÈNES.
gélatiniser ot se transforme peu à peu en une substance douée de propriétés très adhésives et qui constitue la colle forte. Chauffée à 140" avec de l’eau, la gélatine est désormais transformée.
Les solutions de gélatine dans l’eau pure, ou à peine alcalisée, ont un pouvoir rotatoire [a]„ = — 150 à 25°, et [al„— — 123" à 40°. Ce pouvoir s’abaisse — 1 12 1 en présence des alcuiio uu Jes acides faibles.
La gélatine se dissout à froid dans les acides acétique ou sulfurique.
La solution aqueuse de gélatine présente les propriétés suivantes : elle ne se trouble par aucun acide, si ce n’est par le tanin, qui donne un composé insoluble et imputrescible. La chaux et le phosphate de chaux se dissolvent mieux dans les solutions de gélatine que dans l’eau pure en donnant avec cette substance de vraies combinaisons. Le réactif de Millon la précipite et la colore h peine à l’ébullition. Le sulfate de cuivre, l’alun, le ferrocyanure de potassium acétique, les acétates de plomb, etc., ne précipitent pas les solutions de gélatine.
Elles sont précipitées par le sous-acétate de plomb ammoniacal, le chlorure mercurique, le chlorure de platine, les acides phosphotungstique et phosphomolybdique, l’iodomercurate de potassium, l’iodure de potassium ioduré, l’acide picrique, en un mot par les réactifs principaux des alcaloïdes Tous ces précipités sont solubles dans un excès de gélatine. Additionnées de sulfate de cuivre, puis de potasse, les solutions de gélatine donnent un liquide bleu violet, qui ne précipite pas le phosphate de soude et qui, par une ébullition prolongée, passe au rouge
clair sans donner de précipité d’oxydule.
Le bichromate de potasse donne avec la gélatine en l’oxydant, et seutement à la lumière, une combinaison insoluble, observation qui a été appliquée à la photographie et à l’héliogravure.
Les solutions de gélatine ou de colle forte ne sont pas dialysables i travers le papier parchemin. Elles précipitent par saturation aAec le: tels neutres de magnésium ou d ammonium mêmes quand elles sont ui peu altérées par la chaleur et qu’elles ne gélatinisent plus [O. Nasse). Ci sont là des caractères qui les différencient des peptones, dont elle: se rapprochent par la plupart de leurs propriétés.
Sous l’influence du suc gastrique, la gélatine se peptonise, et peu concourir à la nutrition à la condition qu’elle ne soit pas exclusivemen
employée comme aliment protéique.
Soumise h l’hydratation en présence de l’eau et de la baryte, cetti substance fournit les produits ordinaires des albuminoïdes : du pji îol, 1 l’homopyrrol, C8H7Az (mais pas de bases pyridiques) ; 20 à 25 pour 10( de gy cocolle ; de l’alanine, de l’acide amidobutyrique et près de 25 pou 100 de leucéines en GnIP” ~ ‘ÀzO* (n = 4-5 et 6), enfin des acides gluln inique et aspartique, sans tyrosine.
CARTILAGÉINE. W*
Nencki a étudié la digestion de la gélatine sous l’influence des ferments putrides du pancréas. 11 a observé qu’après une digestion de 24 heures à 40°, il s’était fait des peptones, des acides acétique, butyrique, valérique et carbonique, de la leucine (1,5 pour 100), du glycocolle qui forme la partie principale, de l’ammoniaque, delà triméthylamine, pas d’indol, mais une collidine C9HuAz (*). Nencki pense que cette base est de l’isophényléthylamine