‹ Cours de chimieChapitre 156 sur 633 · C6H5 - CH C · texte numérisé non relu

C6H5 - CH C

Des produits de la putréfaction de la gélatine en présence des ferments de l’albumine putréfiée, Brieger a retiré une grande proportion de neuridine CsHttAz*, base qui se dédouble aisément en triméthylamine et diméthylamine.

CARTILAGÉINE. — C H O N D RO M U C O ï D E

Cartiiagéînc. — La cartilagéine est la substance fondamentale des cartilages ; on la trouve aussi dans la cornée, dans l’enveloppe cutanée des holothuries , dans celle des tuniciers à côté de la tunicine, dans les os de l’embryon, etc. Pour l’obtenir dans un état de pureté suffisant, on s’adresse aux cartilages articulaires ou mieux à ceux des fausses côtes : on les fait bouillir quelques instants dans l’eau, on les racle pour enlever la membrane conjonctive qui les recouvre, et on les râpe; la pulpe est épuisée à l’eau acidulée d’acide acétique, puis à l’eau ammoniacale, enfin desséchée et reprise par un mélange d’alcool, et d’éther. Il reste une substance opalescente, élastique, insoluble dans l’eau même acidulée d’acide acétique qui la gonfle à peine. Elle n’est altérée ni par les acides, ni par les alcalis étendus. L’homogénéité de cette substance, étant donné son mode de préparation, laisse quelques doutes. D’après les recherches les plus récentes on verra qu’elle parait composée de deux substances, 1 echondromucoïde, dont on va parler, et l’osséine ( Monter ; Morochowetz) .

Chauffée 24 heures avec de l’eau bouillante, ou 2 à 5 heures à la marmite dePapin à 120°, la cartilagéine se transforme en chondrine de même composition qu’elle, soluble dans l’eau et apte cà gélatiniser. Voici la composition de ces deux substances :

CARTILAGÉINE

des cartilages costaux.

Carbone 50,5

Hydrogène 6,7

Azote 14,6

Oxygène et soufre ‘28,2

CHONDRINE.

(*) reut-être est-ce l’hydrocol lirliiie C!,II13Az que nous avons retirée des produits de la putréfaction de la chair musculaire.

MATIÈRES COLLAGÈNES.

Ces nombres se confondent presque ; mais ils s’éloignent par leur faible proportion de carbone de ceux des albuminoïdes proprement dits, et par leur petite quantité relative d’azote de l’osséine et de la gélatine.

Chondronmcoïdo. — C’est, d’après les travaux récents de Môrner, la vraie substance fondamentale insoluble du cartilage. Pour la préparer, après avoir épuisé les cartilages à l’eau froide et aux acides faibles, on les dissout dans les alcalis très étendus ou par l’eau de chaux et on précipite le chondromucoïde par l’acide acétique affaibli, ainsi qu’on l’expliquera avec détail à propos du tissu cartilagineux (IIIe Partie).

C’est une substance blanche, amorphe, acidulé, insoluble dans l’eau, soluble dans les alcalis très étendus, précipitable en gros flocons par l’acide acétique faible, aussi bien qüe par les sels neutres. Ses solutions dans le sel marin, ne sont pas troublées par le ferrocyanure alcalin acidulé. L’alun, le chlorure de fer, l'acétate de plomb, les précipitent, mais non le tanin. Le chondromucoïde donne les réactions ordinaires des albuminoïdes et se rapproche singulièrement de la mucine. Les alcalis et les acides affaiblis le transforment lentement en alcalialbumine et acidalbumine, substances peptoniques et acide chondroïtique. La composition de ce dernier corps est la suivante : C — 47,50; II = 6.42 ; Az = 12,18 ; S — 2,42.

CHONDRINE

On vient de voir comment elle dérive de la cartilagéine. Elle se dissout dans l’eau à chaud; à froid, les moindres proportions de chondrine se prennent en gelée soluble dans une trace d’un acide ou d’un alcali. A 140°, ou par une longue ébullition, la chondrine perd la propriété de gélatiniser.

Les solutions de chondrine dans l’eau pure rendues limpides par quelques gouttes de soude, dévient à gauche le plan de polarisation; [a]j = — 215 ; 5. Les alcalis diminuent un peu ce pouvoir rotatoire; plus concentrés, ils l’augmentent en modifiant cette substance.

Les acides précipitent la chondrine; ces précipités sont solubles dans un excès d’acide; toutefois les acides acétique, pyrophosphorique, arsénique, fluorhydrique, et la plupart des acides organiques ne redissolvent pas ces précipités.

La précipitation par l’acide acétique est empêchée par la présence de sels alcalins à réaction neutre, qui redissolvent le précipité que donne l’acide.

Le tanin précipite faiblement les solutions de chondrine pure.

Les solutions d’alun, de sulfate de cuivre, de fer, de nitrate d’argent, de sublimé, d’acétate et sous-acétate de plomb, l’eau de chlore, etc.

CHONDRINE.

précipitent la chondrine. Les flocons gélatineux que donne l’alun se redissolvent dans un excès de réactif. Les précipités que forment les sels de plomb, d’argent et de fer se redissolvent à chaud.

Après avoir été traitée par les acides minéraux, la chondrine se dissout dans l’eau et ne précipite plus par l’alun; elle n’est point transformée toutefois en gélatine, car cette solution ne précipite ni par le tanin, ni par l’acétate de plomb.

Le ferrocyanure de potassium acétique ne précipite pas la chondrine. Elle rougit un peu à chaud par le réactif de Millon.

Par digestion avec une lessive de potasse, la chondrine se transforme en un composé soluble, précipitable par le tanin et le ferrocyanure de potassium acidulé.

Chauffée longtemps à 100° avec de l’eau fortement acidifiée d’acide chlorhydrique, la chondrine donne de l’acide lévulique que l’éther enlève et qui forme un lévulate d’argent, cristallise en tables hexagonales caractéristique des glucosides d’après Tollens. Il se produirait i aussi un glucose spécial, le chondro glucose de Bodeker et Fischer. On l’isole en faisant digérer la solution avec de la litharge, filtrant, précipitant la liqueur par le sous-acétate de plomb ammoniacal, et décomposant le précipité par le gaz sulfhydrique. Le chondroglucose est infermentescible, ou incomplètement fermentescible, lévogyre, difficilement cristallisable, il réduit le réactif cupropotassique.

Suivant Pétri, la substance réductrice qui se forme, débarrassée des peptones et autres corps semblables par le sublimé, et du mercure par IPS, se précipite par l’alcool. C’est un acide azoté incolore, cristallisable en fines aiguilles rhombiques. (Bull. soc. chirn., t. XXXIII, p. 252.)

D’après Éorochowetz la chondrine consisterait en un simple mélange de gélatine et de mucine. En traitant d’abord les cartilages par l’eau de chaux qui dissout la mucine on n’obtiendrait plus, d’après lui, que de la gélatine pure. On reviendra sur ce point, en partie confirmé par * Môrner, à propos du tissu des cartilages.

Il existe dans la carapace des articulés une substance sur laquelle nous reviendrons, la chitine , qui se rapproche beaucoup de la chondrine par ses propriétés générales, et qui, lorsqu’on la fait bouillir avec de l’acide chlorhydrique assez concentré, se transforme en acide acétique ' et en (jlucoscimine C6IFAz03, corps basique réduisant le réactif cupropotassique (’).

Il paraît donc y avoir une réelle analogie de constitution entre la

, O ta matière qui constitue ia partie fondamentale de la vésicule des échinocoqucs est formée •I un principe très analogue à la chondrine, mais moins riche qu’elle en azote : on lui adonné le nom d 'hyaline, bouillie avec les acides, elle laisse la moitié de son poids d’un sucre fermentescible.

MATIÈRES COLLAGÈNES,

chondrine et la chitine. Le corps réducteur azoté de Pétri que donne la chondrine, nous paraît l’analogue de la glucosamine.

En chauffant la chondrine à 180° avec la baryte et l’eau, MM. Schutzenberger et Bourgeois l’ont dédoublée en acides amidés C”H*""t'1AzOî, ne contenant pas de glycocolle, et en un mélange formé pour une forte proportion de termes en ClH7Az02 et C3H9Az02 et d’amides en C’‘H*"-1AzOv. L’ammoniaque et l’acide oxalique qui se produisent en même temps sont accompagnés d’une proportion d’acide acétique triple de celle qu’on obtient avec la gélatine. C/est un nouveau rapprochement avec la chitine, qui donne le même acide en s’hydratant. Voici deux analyses de chondrine :

Fischer Schutzenberger ,r .. .

et Büdeker. et Bourgeois. ’0n ™erinn-

Carbone 50,00 50,16 47,74

Hydrogène 0,6 5,58 0,76

Azote 14,4 14,18 15,87

Soufre. 0,4 0,0 0,6

Oxygène 28,6 29,08 51,04

ÉLAST I NE

L’élastine ou élasticine est la substance fondamentale des fibres du tissu élastique : le ligament cervical des quadrupèdes, les ligaments jaunes intervertébraux en sont principalement formés. Les fibres élastiques se rencontrent aussi dans le tissu conjonctif, le derme, les os, les aponévroses, etc., associés à l’osséine et à la conjonctine. Elles abondent dans la tunique moyenne des artères. L’enveloppe des œufs de reptiles paraît principalement formée d’élastine.

Pour la préparer, après avoir fait bouillir et raclé le ligament cervical du veau, on le divise en fibres très fines, on le fait digérer avec de l’alcool chaud, puis bouillir longtemps et successivement avec de l’eau, de la potasse à 1 pour 100, de l’acide acétique à 10 pour 100. On laisse digérer à froid avec de l’acide chlorhydrique (1 partie pour 20 d’eau), on fait bouillir de nouveau avec de l’eau, on épuise à l’alcool à 9n° centés., enfin à l’éther. On obtient finalement une substance jaunâtre exempte de soufre, renfermant encore un peu de cendres (Horbaczewski) .

Elle répond à la composition suivante :

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