PTOMAÏNES DIVERSES
Bases «le m. g. Pouchet, C7H18Az20G et C8ID2Az20\ — Elles ont été extraites des eaux résiduaires du traitement par l’acide sulfurique des débris d'os ou de viande. La première forme de gros prismes très altérables ; la seconde, des pinceaux d’aiguilles. Elles entravent ou arrêtent les mouvements réflexes.
Alcaloïdes «1e quelques cultures ou produits pathogènes. On
connaît encore d’autres ptomaïnes cju’on a extraites de diverses cultures de bacilles pathogènes; leur étude a été généralement très incomplètement faite.
La iypholoxine, C'H17Az02, se retire des bouillons de culture de la fièvre typhoïde; elle est alcaline. Son sel d’or fond à 176°. Son chlorbydiatt foi me un précipité blanc cristallin avec l’acide phosphotungstique
; La tëtanine, C13H50Az204 a été retirée par Brieger, du bouillon de viande où il avait cultivé le microbe du tétanos de Nicolaier. Son chlorhydrate est ties déliquescent; la tetanine donne un chloroplatinate. Des traces de cette base produisent des convulsions tétaniques mortelles; cette période d’excitation est précédée d’un état d’abattement très marqué.
La tétanotoxine, CsHlfAz a été obtenue par la distillation des bouillons de culture du même microbe. Elle bout à 100°, et possède une odeur désagréable. Elle produit des frissons, de l’inquiétude, l’accélération puis le ralentissement du pouls et de la respiration, enfin des convulsions généralisées.
A côté de ces deux bases, Brieger en a caractérisé une troisième, la ■ spasmo toxine dont le chloroplatinate contient 50,6 de platine. Elle fond à 210°. Son chlorhydrate est très soluble et très vénéneux. Il détermine les convulsions et la mort. Une quatrième base tétanisante à sel de plalinc en paillettes, cà chlorhydrate déliquescent, a été signalée aussi dans les mêmes bouillons. Comme la cadavérine, elle amène l’hypersécrétion des larmes et de la salive. Ces bases tétaniques ne passent pas dans les urines durant la vie du malade.
On a trouvé des ptomaïnes dans le kyste hydatique (C. Rend., XCV,
Depuis mes travaux et ceux de Selmi sur la vénénosité des ptomaïnes sécrétées par les microbes, on admettait que les symptômes morbides qui s’observent dans les maladies infectieuses étaient, en tout ou en partie, dus aux substances vénéneuses fabriquées par ces dangereux parasites. On pensait que les désordres du choléra, par exemple, étaient attribuables à l’absorption de toxines formées dans le tube intestinal (Bouchard, Koch; Yan Ermengcn). MM. G. Bouchet, Villiers, Nicati et Biesch avaient extrait, en effet, des traces d’alcaloïdes des déjections de ces malades. Reprenant ce sujet, Brieger put séparer des cultures du
AMINES-ACIDES.
bacille-virgule de Koch les bases suivantes : 1° la méthylguanidine CM FA'//5 convulsivante et toxique (voir plus lmut p. 205); 2° une base CM FA/* très convulsivante, peut-être la diméthylène-diamine (voir p. 264); 5° une matière alcaline qui produit la paralysie, Falgidité, le ralentissement du cœur et la diarrhée sanguinolente. À côté de ces ptomaïnes il trouva dans les selles cholériques de la putrescine, de la cadavérine et de la choline. Celle-ci est très toxique, on le sait, les deux premières attaquent l’épithélium intestinal et le nécrosent.
Du fromage gâté, Yaughan a extrait une base toxique la tyrotoxine ( Zeitsch . phys. Chem., X, 146).
Des organes de l’intestin d’un cholérique, M. Villiers a retiré un alcaloïde à odeur d’aubépine dont les sels précipitent le tanin, le bicldorure de mercure, le chlorure d’or. Injecté aux cobayes cette base diminue le nombre des pulsations du cœur et amène quelques secousses musculaires. Celle queM. G. Pouchet a isolée des déjections cblolériques en les épuisant par le chloroforme est un liquide huileux à odeur pyridique, très oxydable à l’air, alcaline, réductrice. Elle était foi t toxique, produisait des frissons, des crampes, des nausées, de l’anurie, une glycosurie passagère.
Anrepp a retiré de 100 cerveaux de chiens atteints de nage convulsive 0gr,5 d’un corps qui paraît de nature alcaloïdique, et qui, à la dose de 1 centième de milligramme, provoque déjà des phénomènes analogues à ceux de la première période de la rage; à 5 dixièmes de milligramme, éclatent les symptômes de la rage confirmée.
M. Villers a extrait des organes de deux enfants, morts de rougeole, des alcaloïdes de saveur caustique, dont l’odeur excite l’éternuement. Leurs chlorhydrates cristallisés précipitent par le bichlorure de mercure.
Les bases produites parles bactéries du pus bleu, la pyocyanine et la pxyoxanthose , ont été déjà décrites, p. 201, à propos des pigments.