‹ Cours de chimieChapitre 203 sur 633 · GLYCOCOLLE OU ACIDE A IM I D O A C ÉT I Q U E · texte numérisé non relu

GLYCOCOLLE OU ACIDE A IM I D O A C ÉT I Q U E

C2U5Az02

Ce corps a été décrit déjà, t. II, p. 558. Nous nous bornerons donc à quelques renseignements nouveaux.

Le glycocolle se produit lorsqu’on traite l'acide urique par l’acide iodhydrique :

C8H4Az405 + 5 III + 5IFO = C2H5Az02 + 5AzH4I + 5 CO2

Cette intéressante réaction montre la relation des acides urique et hippurique. Elle fait voir comment l’acide urique, même déjà tout formé, peut disparaître grâce aux agents de réduction puissants que l’on trouve dans l’économie.

Le glycocolle se produit aussi dans la réaction du cyanogène sur l’acide iodhydrique :

2CAz + 5 III + 2 II-O = AzIM + 51 + C2H«Az02

L’acide amidoacétique réduit même à froid l’azotate mercureux. Traité par une solution faible de sulfate de cuivre, puis par la potasse, il donne une coloration bleue. Dans ses dissolutions neutres le perehlorure de fer produit une coloration rouge intense.

LEUCINE OU ACIDE A M I D O C A P R O ï Q U E

C,;Jll3Àz02

Elle a été étudiée, t. II, p. 540. On la trouve dans la glande thyroïde, le thymus, les glandes lymphatiques, le cerveau, mais surtout dans le pancréas, le pus et le sang des leucocytbémiques.

AMINES-ACIDES.

En chauffant fortement la leucinc avec un peu (le chaux elle dégage de l’amylanine. Une petite portion évaporée sur la lame de platine avec de l’acide nitrique, donne lin résidu incolore qui, mêlé d’un peu de soude se colore à chaud en jaune, et se rassemble ensuite en une goutte huileuse qui roule sur la lame sans y adhérer.

SA RCOSI N E

C3H7Az02 ou C02H-CII2-Az^|j113

Cette base est le méthylglycocolle. Elle se produit en effet, par action de la méthylamine sur l’acide bromacétique ( Volhard ). On peut la dériver de la créatine qui, par hydratation, se change en sarcosine et urée (t. III, p. 249). U suffit d’ajouter à la créatine 10 fois son poids d’hydrate de baryte, de chauffer avec un peu d’eau tant qu'il se dégage de l’ammoniaque, de filtrer, d’enlever la baryte par CO2, et de concentrer la liqueur; la sarcosine cristallise.

Elle forme de grands cristaux transparents orthorhombiques, très solubles dans l’eau, très peu dans l’alcool. Elle est neutre aux papiers. Sa saveur est douceâtre, légèrement métallique. Elle ne précipite pas le nitrate argentique ou le sublimé. Elle s’unit au chlorure de zinc; leurs solutions alcooliques, mélangées, précipitent la combinaison double (C3H7Az02)2ZnCl\ peu soluble dans l’alcool, très soluble dans l’eau. Un cristal de sarcosine introduit dans une solution assez concentrée de bichlorure mcrcurique s’y dissout, et la liqueur se prend en une masse de fines aiguilles de chloromercurate.

Le chlorhydrate de sarcosine forme des aiguilles transparentes solubles dans l’alcool; le chloroplatinate (C'H7Az02,HCl) PtCl4, 2110, est en octaèdres jaunes aplatis.

CYSTI N E

C5il7AzS02

Ce corps remarquable a été découvert en 1810, par Wollaston, dans certains calculs et sédiments urinaires rares. La cysline n’existe pas à l’état physiologique dans les tissus ou les humeurs animales, si ce n ed dans les reins de bœuf.

Les calculs de cystine se reconnaissent facilement; ils sont jaunâtres, translucides, rayables par l’ongle, à cassure cristalline (fig. 2n). Ses cristaux microscopiques sont hexagonaux, leur poudre se dissout dans l’ammoniaque.

Pour obtenir la cystine, on met les calculs pulvérisés en digestion avec de la potasse ou de l’ammoniaque, on filtre et 1 on précipite par

GYSTINE. 275

l’acide acétique. On peut aussi précipiter par l’acide acétique sa sointion potassique chaude.

Pour l’extraire des reins de bœuf, Cloetta traitait l’extrait par le sous* acétate de plomb; le précipité était décomposé par l’hydrogène sulfuré et la liqueur filtrée additionnée de son volume d’alcool était chauffée jusqu’à disparition du trouble.

Le précipité cristallin obtenu (inosite, taurine, ^

xanthine, sarcine, cystine) était alors chauffé ^ ^ avec une solution de carbonate de soude qui Fig. 29. — Sédiments de cystine dissolvait la cystine et l’inosite. On précipitait cnstalhsee dans l’ammoniaque:

la première par l’acide acétique, et on continuait comme il a été dit ci-dessus.

La cystine cristallise en lamelles d’apparence hexagonales, incolores, (fig. 29) et en masses confuses d/octaèdres à base carrée transparents. Elle est insoluble dans l’eau et l’alcool, et neutre aux papiers. Chauffée, elle dégage des vapeurs d odeur alliacée qui brûlent avec une flamme verte. Elle se dissout dans les acides minéraux, les alcalis, leurs carbonates et bicai bonates, sauf ceux d ammonium. Ses combinaisons avec les acides sont instables. Les alcalis bouillants en séparent le soufre a 1 état de sulfure. Sa solution chlorhydrique possède le pouvoir rotatoire [a]D = — 205°, 9 (Mauthner).

Dewar et Gcungee ont obtenu par l’action de l’acide azoteux sur la cystine un acide analogue à l’acide pyrotartrique. Chauffée avec de 1 eau à 150°, elle se dissout en donnant un peu de IPS et de CO2, de 1 ammoniaque et un acide cri stall isablc qu’on peut extraire difficilement par 1 éther après acidulation. Ses sels de baryum et de zinc sont solubles. Cet acide répondrait à la formule CGJI10S2O4. En suspension dans 1 eau la cystine est transformée par l’acide nitreux en acide sulfurique et acide glycéramique CffFAzO’. Traitée par le zinc et l’acide HCl elle se transforme en cystéine CTFAzSQ2 qui par oxydation se change elle-même en cystine à laquelle Baumann, à qui sont dues ces observations, donne la formule CcH12Az2S2(P et la constitution :

/ AzII2

Cff'-C CO-H

CIP-C CO -Il

Cystine, d’après Baumann.

L origine, la signification et le rôle de la cystine dans l’économie restent inconnus.

A. Gautier. — Chimie biologique.

AMINES-ACIDES.

TAURINE

C2Il7AzS03 ou C4H14Az2Sa06

Elle a été étudiée t. II, j). 342. On l’a rencontrée dans l’intestin, dans l’urine de bœuf, les muscles et poumons de quelques mammifères, le foie et la rate de divers poissons.

Chauffé sur la lame de platine, elle dégage de l’acide sulfureux; fondue avec le nitre mêlé de carbonate de soude, elle donne du sulfate. Elle forme des prismes triangulaires ou hexagonaux bipyramidés.

ACIDE HIPPURIQUE

C9lI9AzO ou C02II-CH2-AzH(C7ïï50)

L’acide hippurique, dont on a déjà dit quelques mots (t. II, p. 494), se rencontre surtout dans l’urine des herbivores, en particulier dans celles de chameau et d’éléphant. L’urine humaine en contient de 0gl',l à 0gr,3 par litre. Il augmente dans certaines maladies telles que la chorée ou le diabète, ou par l’ingestion d’acide benzoïque, de substances balsamiques, d’acide quinique, de pruneaux, etc., en un mot de toutes les substances qui apportent à l’économie des acides benzoïque ou cinnamique.

On peut préparer l’acide hippurique en concentrant l'urine des herbivores au sixième et ajoutant un fort excès d’acide chlorhydrique :

après 12 heures, l’acide hippurique se précipite à l’état impur. On le purifie en le dissolvant dans l’eau bouillante et faisant passer un courant de chlore tant que l’odeur de ce réactif n’est pas persistante. Par refroidissement la liqueur le laisse cristalliser incolore et pur.

Dessaignes a fait le premier la synthèse de l’acide hippurique en traitant l’amido-glycollate d’argent par le chlorure de benzoyle , synthèse qui semblerait lui assigner la constitution CIP (AzlP) - CO - OC7U 0 , mais 1 acidité de ce corps montre qu’il contient le groupement CO'll et qu’au moment où il se forme, la transposition du radical benzoyle se produit de telle sorte qu’il répond à la formule CHs(AzH . C7H50)-G0.0H.

Les cristaux b sont obtenus par l’évaporation lente, et rappellent ceux de phosphate sien.

ammoniaco-mngne-

acide hippurique.

Depuis ou a fait sa synthèse en traitant l’acide chloracétique CIHd . CO J I par la benzamide, ce qui ne laisse plus de doutes sur sa •constitution. 11 répond donc au benzoylglycocolle ou acide benzovluamidoacé tique. ’ J

L’acide hippurique forme des prismes orthorhombiques brillants (fig. oO), incolores, solubles dans 600 parties d’eau à 0°, rougissant fortement le tournesol.

Il fond à 150' et bout à 240», mais en se dédoublant à la fois du benzomtnle C'H'Az, de l’acide cyanhydrique et de l’eau.

Il se dissout dans l’acide chlorhydrique concentré. En faisant bouillir cette solution on le dédouble en glycocolle et acide benzoïque:

ClP-AzH(CTO) CH- — AzlI2

+ Hs° = j,m + C’H'O.Oll

Glycocolle. Acide benzoïque.

Acide hippurique.

[Les bases lui lonl subir plus lentement cette même transformation.

L’hydrogène naissant donne avec l’acide hippurique de l’aldéhyde benzoïque, de l’alcool benzylique et du glycocolle; mais Otto a fait voir que par 1 action de 1 amalgame de sodium on obtient aussi les deux acide hydrobenzuriques C18Hs*Az!Oa et hydrobenzylurique CléHslAzO\

C9H9Az03 + 8 U = C16H21Az04 + OlDAzO2

Les hippurates alcalins sont solubles et diflicilement cristallisables. Les sels ferriques donnent avec ces hippurates un précipité couleur Isabelle, comme le font les benzoates et snccinates.

L Jnppurate d'argent forme des caillots blancs insolubles. L 'hippu- 'ale de zinc est en lamelles micacées solubles dans 55 parties d’eau à 17" et dans 4 parties d’eau bouillante.

Chauffé dans un tube a essai, l’acide hippurique forme un sublimé 1 acide benzoïque et dégage de l’acide cyanhydrique. Chauffé avec un letit excès d’acide nitrique concentré, il donne de l’essence d’amandes imères et de la nitrobenzine.

Page 1