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MUSCLES ROUGES STRIÉS

Examen histologique. — En examinant les muscles soumis à l’action de la volonté durant la vie, particulièrement sur des animaux a sang froid ou sur des insectes, on s’aperçoit qu’ils sont formés par une multitude de faisceaux juxtaposés, visibles à l’œil nu, séparés par du tissu conjonctif et de la graisse. Chacun de ces faisceaux est constitué par un grand nombre de libres minces (fig. 54), ressemblant à des cylindres allongés et fusiformes, recouvertes d’une légère membrane transparente, élastique et non contractile, le sarcolemme, pourvue de loin en loin de noyaux; cette membrane revêt la libre musculaire, mais ne se continue pas avec elle aux deux extrémités. Cette libre, soumise à des tiraille-

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mcnts, à l’action du l’acide chromique, de l’alcool, etc., se divise sous le microscope en fibrilles élémentaires de 0,n,,,,001 environ de diamètre et de 5 à 4 centimètres de longueur (fig. 55), paraissant enveloppées

d’une très mince membranule élastique; ces librilles dernières vues, à un très fort grossissement, sont formées d’une succession de sc^ments alternativement clairs et foncés (fig. 56). Le segment foncé est biréfringent et coupé en son milieu par une légère bande claire; le segment clair est isotrope et coupé par une bande obscure dite de Krause, qui semble formée d’une membrane élastique unie à la

mince membranule enveloppante. L’espace entre ces deux bandes obscures constitue un sarco-élémenl ou case musculaire, remplie par un plasma épais et iso-

Fig. 34 . — Fibre musculaire striée et son sarcolemme (Ranvier). — l, tendon ; r, terminaison du faisceau muscul"; n , noyaux du sarcolemme.

La fibre est divisée en fibrilles élémentaires longitudinales finement striées transversalement. 450 diam.

Fig. 35. — Fibre musculaire soumise à l’action du bichromate de potasse qui l’a divisée en fibrilles.

Fig. 3G. — Fibre musculaire de protée.

an, saren-éléments ; b, segment clair.

trope qui contient comme immergé un prisme biréfringent dit prisme musculaire ou sarcoprisrne. Ces prismes obscurs et ces espaces clairs se correspondent exactement dans le faisceau formé par la juxtaposition des fibres contiguës, ce qui donne au muscle rouge son aspect strié transversal caractéristique.

Si l’on traite un faisceau musculaire complet enveloppé de son sarcolemme par de l’acide chlorhydrique étendu, on dissout la matière interposée entre les sarco-élémcnts et l’on divise ce faisceau en disques perpendiculaires à sa longueur et superposés (fig. 56) ( disques de Bowman). Mais cette dernière division parait artificielle et être due à la dissolution par l’acide employé de la substance qui forme les stries transversales claires.

ANALYSE immédiate du muscle.

Cette piemièie analyse histologique nous renseigne déjà sur la constititution du muscle, Le n est pas, on le voit, une matière homogène, puisque nous ^ tiouvons, outre la partie essentielle contractile, ollemème complexe, alternativement obscure et claire, bi- et monoréfringente, les membranes sarcolemmatiques, une substance interstitielle cloisonnée qui enveloppe et sépare les fibres l’une de l’autre, du tissu adipeux qui remplit ces cloisons interfibril laires, des noyaux ou corpuscules musculaires d’origine nerveuse, des tendons qui se continuent avec le sarcolemme, des vaisseaux, du sang, etc.

Mais, en somme, la matière contractile fondamentale se compose des sarcoprismes obscurs et biréfringents et de la substance monoréfrin-

gente des disques clairs qui sépare ces sarcoprismes.

Sarcoprismes. — Les sarcoprismes n’ont pu être isolés à l’état de pureté et sont chimiquement mal connus. On sait seulement que l’acide chlorhydrique ou la potasse très dilués les gonflent et ne les dissolvent que très difficilement en leur faisant perdre seulement leur double réfraction. La coction leur fait subir le même changement. Ils sont aptes h fixer le picrocarminate d’ammoniaque, ce que ne font pas les disques translucides.

Substance des disques clairs. Plasma musculaire. — La Substance claire qui sépare les sarcoprismes obscurs est d’une consistance épaisse durant la vie. Son état de semi-liquidité a permis de la séparer.

Kuhne, qui le premier y est parvenu, lui a donné le nom de plasma musculaire . Sa grande altérabilité ne permet pas de le recueillir aisément. On y arrive cependant avec les muscles d’animaux à sang froid. Pour cela on fait mourir des grenouilles par hémorrhagie, on prive entièrement leurs muscles de sang en injectant par l’aorte une solution d eau salée à 2 centièmes; les muscles détachés de leurs insertions et lavés sont alors mêlés de verre grossièrement pilé et congelés à — J 0°. Lorsqu ils sont solidifiés, on les pilone dans un mortier très froid, et on les soumet, placés dans une double toile métallique, à une très forte pression. Le plasma dégèle bientôt et s’écoule sur des filtres préalablement mouillés avec la solution chlorurée ci-dessus.

On obtient ainsi, non sans peine, une liqueur sirupeuse, légèrement jaune, un peu opalescente, non filante, à réaction faiblement mais distinctement alcaline . Versée goutte à goutte dans de l’eau, elle s’y précipite aussitôt sous forme de sphérulcs qui ne s’agglutinent pas entre elles.

Quand on laisse réchauffer ce plasma, il ne tarde pas à se coaguler spontanément en un caillot blanchâtre et gélatineux. Le battage, l’élévahon de la température hâtent cette coagulation.

On peut aussi extraire le plasma des muscles des animaux à sang chaud par la méthode de Halliburton. Aussitôt après la mort, on lave les

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muscles de lapin avec une solution à 0° de sel marin ou de sel ammoniac à 5 pour 1000. On hache rapidement le muscle fortement refroidi avec une solution tle sel ammoniac à 4 pour 100, et l’on introduit la masse très froide dans un fort nouet de toile métallique pour la soumettre à la compression. 11 s’en écoule bientôt un liquide légèrement jaune, alcalin, qui se coagule spontanément même au-dessous de 0". En même temps que se fait le coagulum, la liqueur s’acidilie et l’acide sarcolactique apparaît.

Il est probable, puisqu’elle n’a pas lieu dans les fibres musculaires durant la vie, que celte coagulation se produit aux dépens d’une substance soluble (■ myosinogène ) et d’une matière zymogène cédée par les sarcoprismes, ferment auquel on attribue la coagulation.

Les acides très dilués, l’eau tiède, les solutions de sel marin à 10 ‘ ou 20 pour 100, coagulent instantanément le plasma musculaire.

La matière ainsi coagulée a reçu le nom de myosine. C’est une globuline que nous avons étudiée déjà dans notre IL Partie.

Suivant Halliburton elle serait formée de deux albuminoïdes, l’un qu’il nomme pciramyosinogène, le moins important, qui se coagule difficilement par lui-mème sous l’influence du ferment et que la chaleur précipite à 47° centés. ; l’autre le myosinogène, produit essentiel de la coagulation après la mort, et que la chaleur précipite à 56° centés. D’après Demont on ne trouverait que 0,5 pour 100 de paramyosinogène dans le muscle froid. Une solution contenant 57 pour 100 de sulfate de magnésie précipite le paramyosinogène, tandis qu il en faut 60 pour 100 pour précipiter le myosinogène.

La liqueur qui reste après la coagulation est le sérum musculaire, il est acide. On peut en extraire une globuline coagulable à 65 (myoglobuline) en le saturant de sulfate de magnésie. Il reste une albumine, probablement de la sérine, que la chaleur ne coagule qu à 75 , et une myoalbumose incoagulable lorsqu’on la chauffe.

Chauffé à 45°, le sérum musculaire se trouble et donne des flocons albuminoïdes peu solubles dans l’acide chlorhydrique étendu. La liqueur filtrée renferme de la sérine coagulable vers 7o° et non précipitable par l’éther. Après séparation de cette dernière, on trouve encore dans le sérum une trace d’albumose, de 1 acide paralactique libie, des phosphates acides de potasse, de chaux, de magnésie, des chiennes.

Pour séparer les diverses albumines, et faire 1 analyse immédiate du muscle, on peut aussi recourir à la méthode suivante : la chair traitée par une solution à 5 pour 100 de sulfate de magnésie cristallisé, laisse se dissoudre ses différentes albumines; la paramyosine ou museuhne se précipite lorsqu’on ajoute à cette solution 50 grammes de ce même sulfate par 100 centimètres cubes de liqueur; si Ion filtre et qu on

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