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ÉCHANGES ET TRANSFORMATIONS DUS A L’ACTIVITÉ MUSCULAIRE

qu’apparaît l’acide lactique. De là à conclure que les hydrates de carbone se transforment en acide lactique durant le travail il n’y avait qu’un pas. et on l’a fait. Nous remarquerons toutefois que l’acide de la fermentation lactique est l’acide éthylidénolactique CH5-CH(0II)C0îH, qu’au contraire l’acide des muscles est l’acide éthylénolactique CH*(OH) - CH2 -C02H (Voir t. Il, p. 229).

Il a été constaté par un grand nombre d’expérimentateurs (Nasse, Brücke, S. Weiss, Chauveau, Chandelon, etc.) que le glycogène diminue considérablement dans le muscle durant sa période d’action et qu’il augmente au contraire et se reproduit pendant le repos; on a démontré aussi que durant le travail la glycose du sang qui traverse le muscle disparaît. Si donc il était prouvé que les quantités d’acide carbonique produit et d’oxygène consomme sont celles qui correspondent à la disparition du glycogène du muscle et de la glycose du sang, il s’ensuivrait que ce sont bien ces substances qui fournissent au muscle qui se contracte sa chaleur et son énergie mécanique.

C’est la démonstration qui a été complètement faite par M. Chauveau, grâce à l’analyse du sang artériel et veineux sortant du muscle masséter du cheval au repos comparativement à celui qui en sort durant la mastication. Il constata d’abord que les quantités de sang qui traversent ce muscle sont de 2,5 à 5 fois plus grandes pendant le travail que pendant le repos. Il montra de plus que, dans un même temps, les quantités d’oxygène consommé et d’acide carbonique produits en une demi-heure par 1000 grammes de muscle masséter, sont de 20cc,4 en moyenne pendant le repos; de 69cc,5 durant le travail, c’est-à-dire 5 fois et demie plus grandes dans ce dernier cas. En même temps, les quantités de glycose disparues de la totalité du sang qui a traversé le muscle étaient :

Durant le repos, pour 1000 grammes de masséter . . . 06Vl21

Durant l’activité — — ... 0er , 408

c’est-à-dire trois fois et demie encore plus grandes pendant le travail que pendant le repos complet du muscle.

11 y a donc le même rapport entre la perte de sang en sucre et l’accroissement des combustions pendant le fonctionnement du muscle.

D’autre part, si nous analysons ce même muscle au repos et ensuite après l’avoir mis une demi-heure en action, nous trouverons pour 1000 grammes :

Glycogène, dans 1000 grammes de muscle au repos. . . 1er, 774 — — en action. . . 1er, 596

Différence 0e‘‘ ,578

La glycose disparaît donc du sang du muscle, et le glycogène du muscle lui-même, durant la période d’activité.

PHÉNOMÈNES DE L’ACTIVITÉ MUSCULAIRE

Cotte disparition explique-t-elle l’exagération de la consommation d’oxygène et de la production d’acide carbonique? Le tableau suivant va nous renseigner. (C. Rend. GUI, 1001.)

Volume de sang traversant le masséter dans

un temps t.

Glycose disparue du sang.

Oxygène nécessaire pour brûler cette glycose à l’état de CO- ci 11*0.

Oxygène

réellement

disparu.

Différence

des

deux quantités d’oxygène.

Quantité p' 100 d'oxygène disponible pour les combustions intramusculaires.

125'"er

1 45 mer

22 mer

5000 uu

577roer

lG5mBr

On voit que, dans la seconde de ces expériences, 72 pour 100 de l’oxygène disparu durant la contraction ont été employés à brûler la glycose du sang qui a traversé le muscle et que 28 pour 100 ont disparu du sang en même temps qu’une certaine quantité de glycogène musculaire qui s’est élevé en une demi-heure à 0*r, 378 pour 1000 grammes de masséter. Cette quantité de glycogène qui a été brûlée dans la fibre musculaire explique bien la disparition complémentaire d’oxygène observée.

De nouvelles expériences du même auteur faites sur le muscle releveur de la lèvre du cheval ont établi (C. Rend. CIV, 1126 et 1552) les faits suivants :

1° Au point de vue de l'activité circulatoire. Le sang qui traverse le muscle releveur de la lèvre du cheval est par heure :

Au repos lü fois et demi le poids du muscle.

Au travail 51 fois le poids du muscle.

2° Au point de vue de V absorption d'oxygène, aux dépens du sang et par heure :

Au repos : oxygène absorbé. . . 0,000414 du poids du muscle.

Au travail — ... 0,008460 —

5° Au point de vue de la quantité d'acide carbonique produite en une heure :

Au repos : acide carbonique produit. 0,000418 du poids du muscle.

Au travail — . 0,044220 —

Ainsi le muscle qui travaille reçoit 4,8 fois plus de sang que celui qui se repose; il reçoit 20 fois plus d’oxygène; il exhale et transmet au sang veineux plus de 100 fois plus d’acide carbonique qu’au repos.

Durant le travail, tout l’oxygène reçu par le muscle se retrouve (et bien au delà) dans l’excès d’acide carbonique excrété. Au repos, au contraire, il y a dans l’acide carbonique qui sort du muscle, par rapport

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