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ÉCHANGES ET COMBINAISONS DUS A L’ACTIVITÉ MUSCULAIRE

à l’oxygène du sang qui le traverse, un déficit d’oxygène qui répond par heure au 0,000114 du poids du muscle (soit un plus d’un dix-millième du poids du muscle). Cet oxygène s’y accumule sous forme de matériaux extractifs qui brûleront dès qu’il y aura travail, d’où l’excès d’oxvgène constaté dans l’acide carbonique du sang des muscles en activité par rapport à l’oxygène disponible qui passe à travers le muscle dans le même temps.

La glycose qui disparaît du sang musculaire durant le travail peut être évaluée par heure, d’après le même auteur, à 0,00507 du poids du muscle. Ce poids donnerait en brûlant complètement une quantité d’acide carbonique bien moindre que celle qui est produite pendant le travail. L’excédent provient de la combustion du glycogène musculaire, et pour une faible part, comme on va le voir, de celle des graisses et des matières azotées.

De cette analyse il résulte que la majeure partie de la chaleur et de l’énergie produites dans le muscle qui travaille provient de la combustion de la glycose que lui amène le sang qui l’irrigue en abondance au moment de la contraction, et qu’une portion sensible provient du glycogène musculaire qui disparaît du muscle en notable proportion. .

Reste à savoir si d’autres substances encore servent à la calorification, à la production de l’énergie chimique et au travail musculaire.

Les matières azotées du muscle, le myosinogène en particulier, s’oxydent-elles lorsque le muscle travaille?

Ranke et quelques auteurs ont cru trouver une diminution d'albumine soluble clans Veau (2 à 5 pour 100) dans les muscles tétanisés : cette diminution coïnciderait, en effet, avec une augmentation sensible de produits excrémentitiels azotés dans les muscles qui ont travaillé. Après la fatigue, les leucomaïnes s’y accumulent, en particulier la créatine, qui, suivant Sorokin, s’élève de 0,5, à 0,7 pour 1000 démuselé. Liebig avait observé autrefois que les muscles d’un renard tué à la chasse contenaient dix fois plus de cette base que ceux d’un renard privé. On a aussi prétendu que, durant la contraction musculaire, une partie de la créatine se changerait en créatinine, mais ce fait est douteux et contesté.

En ce qui concerne l’urée, on n’a jamais pu démontrer qu’il s’en produise, fût-ce une minime quantité, dans le tissu musculaire qui travaille. Mêmes résultats négatifs pour l’acide urique. Ilelmholtz et Ranke ont établi seulement que dans les muscles tétanisés l’extrait alcoolique (leucomaïnes, extractif azoté, acide lactique, etc.) augmente, tandis que l’extrait aqueux (caséine, glycogène, etc.), diminue.

Nous avons vu plus haut que la glycose et le glycogène disparaissent du muscle durant le travail et en quelles proportions. Ils y sont rem-

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placés, au moins partiellement, par de l’acide lactique qui peut en pro venir par simple dédoublement. C’est un mélange d’acide paralactique, actif sur la lumière polarisée, qui est prépondérant, et d’acide éthylénolactique inactif (t. Il, p. 230). Cet acide lactique ne reste pas libre : en agissant sur le phosphate neutre de potasse P04K*H de la fibre musculaire il transforme ce sel en phosphate monométallique P04KH2, agent direct de la réaction acide du muscle fatigué (').

Quant aux graisses, chacun sait qu’elles tendent à disparaître par le travail musculaire, et Ranke a montré directement qu’en effet le muscle tétanisé s’appauvrit en corps gras.

Enfin le muscle qui se contracte paraît se charger de substances réductrices solubles dans l’alcool, aptes à transformer les nitrates en nitrites et l’indigo bleu en indigo blanc (Gscheidlen) .

Les muscles tétanisés contiennent un peu plus d’eau, de sels et d’acide phosphorique ; enfin en dehors même de tonte circulation, leur aptitude à exhaler de l’acide carbonique et à absorber de l’oxygène augmente pendant le travail ( Mateucci , Valentin , Hermann). La mise en travail, l’effort, suffisent à provoquer les combustions internes du muscle, et celles-ci entretiennent ensuite de leur énergie la continuité de la tension et la production du travail extérieur.

Ainsi, pour conclure : un afflux abondant de sang apporte au muscle qui travaille la majeure partie de son énergie virtuelle sous forme de glycose et d’oxygène dissous; ce sucre et le glycogène du muscle disparaissent ou diminuent et se changent, en partie peut-être, en acide lactique qu’entraîne et sature le sang ; en même temps une faible portion des matériaux azotés du muscle est atteinte ; ses globulines tendent à disparaître, il se produit des matières extractives, des leucomaïnes, de la créatine, peut-être une trace d’urée et d’acide urique; le muscle luimême, comme toute machine, s’use par le travail, sans que cette usure soit la source réelle de l’énergie dont il dispose. Ajoutons enfin que l’acide carbonique du sang veineux du muscle en travail contient, et au delà, tout l’oxygène qui disparaît du sang artériel qui le traverse.

H. Méthode indirecte. — Ces résultats vont être confirmés par la méthode indirecte dont nous parlions plus haut. Elle consiste essentiellement à comparer les phénomènes de la nutrition générale et de la désassimilation durant le repos et pendant le travail.

Nous établirons dans notre V e Partie qu’un ouvrier qui travaille 10 heures par jour sans arriver à une fatigue affaiblissante, outre la ration d’entretien ordinaire qu’il consomme en temps de repos, a besoin pour entretenir son corps et ses forces en bon état d’un supplément de :

(*) D’après Astascliewsky, la quantité d’acidc lactique libre ou combiné serait plus faible dans les muscles tétanises que dans ceux qui sont au repos.

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