COMMENT LA VIE SE MANIFESTE
fait qu’une plante ou un animal liait, croît et se reproduit suivant ld plan antérieurement suivi par ses générateurs, nous est à peu près inconnue. Mais nous pouvons constater que non seulement la substance dont est formé l’être vivant reste toujours soumise aux lois physico-j chimiques qui régissent la matière inerte, mais encore que la plantq ou l’animal empruntent toute leur énergie, soit au monde extérieur soit aux transformations que les principes qui les constituent subissen suivant les lois immuables qui régissent toute matière pondérable qu’elle soit vivante ou non, organique ou minérale.
Origine et nature des manifestations de la vrie. Avec les méca niciens et les physiciens, si nous appelions force toute cause de chan gement d’état susceptible d’équivalence mécanique, de mouvement, oi modifications dans les propriétés physiques ou chimiques des corps, 1 vie n’est point une force dans le sens absolu et matériel de ce mot Elle ne diminue ni n’augmente nulle part l’énergie potentielle o actuelle de la matière; elle ne lui imprime aucune force complémer taire et ne modifie aucune de ses propriétés physico-chimiques esser
tiellcs.
Elle ne forme même aucune substance spéciale exclusivement propu aux êtres organisés. Des multitudes de créations synthétiques dues à persévérante sagacité des chimistes, ont démontré qu’il n’était poi ainsi dire aucun des principes composant les êtres doués de vie qi part ne pût fournir grâce au jeu des affinités qui régissent la matièi brute. Qu’ils soient artificiels ou produits par l’organisation, ces prn cipes jouent chez les êtres vivants ou dans nos laboratoires les mênr rôles; ils subissent les mêmes réactions sous l’influence de l’oxygèn de l’eau, de la chaleur, etc., et ce qui est plus expressif encore, i produisent dans l’organisme vivant, pour un même changement d’éts et quelles que soient les transformations intermédiaires qu’ils sub sent, les mêmes quantités de chaleur définitives que dans nos appare inertes. L’animal peut, imprimer du mouvement à ses organes, im il n’en est pas la cause immédiate; l’énergie essentielle à ces acte il l’emprunte, grâce à leur transformation chimique, ou physique, a force en réserve dans les principes dont il est formé, et cette énerj
orqanique suivant lequel se dirigent les phénomènes physico-chimiques dns aux ag. physiques producteurs de ces phénomènes qu’ils ne dirigent pas (Phénomènes de la i t. K p. 51). C’est la pensée de Flourcns. C’est aussi à peu près celle que M. Chev. omettait en 1824 : « Un corps organisé, dit-il, a en lui la propriété de se développer a une constance admirable dans la forme de son espèce, et la faculté de donner naissant des individus qui reproduisent à leur tour cette meme forme.... » Et il ajoute : « C es où sc trouve pour nous le mystère de la vie, et non dans la nature des forces nuxque cq peut rapporter immédiatement les phénomènes. » [Considérations générales sut ana organique , cl Compt. rend, de V Acad, des sciences , t. V, p. 175 )