‹ Cours de chimieChapitre 25 sur 633 · NATURE DES MANIFESTATIONS VITALES · texte numérisé non relu

NATURE DES MANIFESTATIONS VITALES

disparaît, ou plutôt devient inutilisable pour lui, proportionnellement à la quantité de travail produit. En un mot, la vie dirige et transforme l’énergie, mais ne la crée ni ne la dépense.

Un habile ouvrier construit une horloge astronomique. Au moyen d’un ressort qu’il tend ou d’un poids qu’il soulève, il lui communique la force nécessaire à ses mouvements. Tandis que sur le cadran viennent s’inscrire les heures, la quantité de travail que représente la chute du poids se retrouve intégralement dans la 011010111’ résultant des frottements des rouages, et dans le mouvement transmis aux divers organes ainsi qu’aux aiguilles. Pendant que le poids les entraînait, elles ont marqué régulièrement le temps, les jours et les principaux phénomènes astronomiques de l’année, réalisant ainsi le plan du maître ouvrier. Mais tout en atteignant ce but, la machine, pour l’obtenir, n’a dépense aucune force; elle s’est bornée à faire passer d’une forme à une autre, l’énergie qui lui avait été transmise, et dont elle 11’a créé ni détruit la moindre parcelle.

Que la quantité de travail représentée par la chute de ce poids soit transformée en chaleur; que celle-ci traverse un couple thermo-électrique; que le courant produit passe dans un solénoïde, ou décompose un électrolyte, etc., il en résultera, suivant le dispositif adopté, de l’électricité, du magnétisme, de la chaleur, des actions chimiques, etc. équivalentes. Mais que le flux électrique ainsi produit soit dirigé de façon à transporter à distance l’écriture et la pensée humaine, ce nouveau résultat sera atteint sans dépense nouvelle corrélative à ce dernier effet. L'énergie initiale se retrouvera tout entière dans le circuit ou hors du circuit à l’état de chaleur, de travail mécanique ou d’électricité résiduelle : la transmission et l’expression de la pensée n’aura coûté qu’une transformation de l’énergie.

L’animal qui fonctionne produit ou absorbe une quantité de chaleur uniquement réglée par l’ensemble des actions et échanges physiques et chimiques dont il est le siège; s’il travaille, il consomme l’énergie potentielle des matériaux qui le composent, et de virtuelle la rend réelle proportionnellement au travail extérieur et intérieur produits, et aux pertes ou gains de chaleur qu’il subit ; s’il est le siège d’actions chimiques, celles-ci produiront en lui le même échauffement que celui qui résulterait de combustions, dédoublements ou hydratations identiques faites dans le calorimètre. En un mot, pour un même cycle de transformations matérielles, les mêmes quantités de travail, de chaleur, d’électricité équivalentes apparaîtront, que l’animal sente ou pense, ou que, pendant ce temps, il reste à ce point de vue inactif. La sensation, la pensée, la mémoire, sont des formes passagères que 1 éncigic matérielle imprime ou fait paraître dans l’organisme, et que

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