NATURE DES MANIFESTATIONS VITALES
met en évidence l’ordre de succession régulier ou anormal des actes physico-chimiques dont ces organismes sont le siège : c’est l’heure vraie ou fausse que marquait l’aiguille de notre horloge. Ces manifestations ne dépensent point d’énergie; elles ne sont pas réversibles; elles n’ont pas d’équivalent mécanique. Un môme poids de sucre ou d’albumine qui brûle dans l’organisme d’une hydre ou d’un protée, aussi bien que dans un cerveau humain, produit la quantité de chaleur invariable déterminée une fois pour toutes au calorimètre. En un mot, si l’on met de côté les phénomènes mécaniques, physiques ou chimiques qui se passent chez les êtres vivants, il reste les manifestations vitales : sensation, volonté, raisonnement, évolution et retour au type primitif, etc.; états révélant l’harmonie du plan de nos organes, manifestations passagères que fait apparaître l’énergie qui les traverse, mais formes pures et non équivalentes à l’un des états quelconques de l’énergie mécanique ou chimique (1).
L’organisme est l’instrument de la vie, mais il ne suffit pas à constituer l’état de vie réalisée. Une graine, un microbe ou sa spore desséchés, un colpode, un rotifère privés d’eau, ont la vie en puissance; ils ne vivent réellement pas, même, comme le disait Bernard, d’une vie latente. Ce sont des machines aptes à fonctionner, des horloges montées prêtes à marquer l’heure. Ces organismes ne deviendront le siège des manifestations qui constituent l’état de vie, que si les causes matérielles déterminantes : l’humidité, la chaleur, une première vibration communiquée, etc., leur fournissent les conditions nécessaires à la réalisation de l’énergie virtuelle que tiennent en réserve leurs matériaux chimiques, ou aux transformations de celle qui peut leur être fournie par le milieu. Alors seulement le passage et les transformations de celte énergie à travers ces appareils complexes deviendront la cause de la série de manifestations que nous appelions Y état de vie.
L’animal et le végétal sont constitués par une agrégation de cellules unies entre elles suivant le plan que chaque être a reçu d’un être semblable à lui et qu’il transmet généralement sans modification sensible à ’être qu’il procrée. C’est là, comme l’a dit Chevreul, qu’est le mystère de la vie, et non dans l’apparition de forces et de propriétés nouvelles, ni dans leur transformation en une prétendue énergie d’ordre intellectuel ou vital (2).
P) Spinosa, Ethique/, Part. II, proposition XIII, dit : Ce qui constitue l'ctal de conscience et de pensée chez l'homme, c’est la sensation intérieure de ses organes corporels, c'est-à-dire des modalités de l’étendue que ces organes représentent actuellement et rien d’autre. Puis, insistant sur celte puissante et profonde conception, il ajoute : L’esprit ne se connaît luimême que par la perception interne îles formes qui affectent le corps.
p) Le penicilium glaucum se développant à la surface d’une solution étendue d’alcool amylique formé d’alcool dextrogyre et lévogyre, si semblables que nos moyens chimiques