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CONSTITUTION DES GLOBULES ROUGES

nu dixième. On abandonne le tout à l’air; le sang devient bientôt épais et assez semblable à un caillot non défibriné, les globules adhèrent entre eux. Après 10 à 12 heures on lave avec de l’eau, et par petites portions, la masse visqueuse ainsi obtenue. Le sel qu’on avait ajouté, la matière colorante et la nucléine des noyaux sont ainsi enlevés; il ne reste plus que de la globuline blanche et translucide (').

Rollett a observé que si l’on lait tomber goutte à goutte du sang défiluiné dans une capsule métallique placée dans un mélange de glace et de sel, puisqu’on laisse réchauffer ce sang à -+- 20°, toute la matière colorante passe dans le sérum, tandis que les globules décolorés gardent leur forme et leur élasticité. D’après les propriétés qu’on a pu observer sous le microscope (car on ne saurait les recueillir séparément par cette méthode), les globules rouges sont formés d’une trame de cette globuline décolorée dont nous venons de donner la préparation.

La globuline d’oiseau, dit Denis, est molle, blanche, translucide, formée de granulations soudées entre elles. Elle est insoluble dans l’eau, mais elle se gonfle et devient visqueuse dans l’eau salée au dixième. Dans cet état de demi-solution, si on la verse dans l’eau pure, elle se rétracte, mais une faible portion reste dissoute : celte partie rappelle la caséine par scs propriétés. Les alcalis et leurs carbonates, les acides, contractent la globuline visqueuse salée. L’eau bouillante la coagule. Exposée à l’air, elle s’altère lentement en perdant la propriété de reprendre sa viscosité dans l’eau à 10 pour 100 de sel marin.

La globuline du sang humain est encore plus altérable, plus accessible à l’action du sel marin, qui, après l’avoir gonflée et dissoute, laisse toutefois des particules non transformables en substance visqueuse.

Cette matière est très analogue par ses propriétés à la inyosinc et à la paraglobuline ou fibrinogène, que nous avons étudié (p. 144) et sur lequel nous reviendrons plus loin (2) : même demi-dissolution dans l’eau, même insolubilité dans les acides et les alcalis très faibles, même précipitation à l’état visqueux parle sel marin.

Le stroma globulaire de Rollett est insoluble dans le sérum, dans l’eau, les solutions salines étendues, l’eau sucrée.

C’est dans ce stroma qu’est contenue la matière colorante rouge, principale matière albuminoïde des globules, l 'hémoglobine, dont nous ferons une étude toute spéciale dans le paragraphe suivant.

(') Denis, Mémoire sur le sang, p. 18. Voir aussi, page 19 de ce beau mémoire, une méthode pour préparer lu globuline du sang humain. Il vaut ipicux, dans celle méthode, après avoir lavé à l'eau, finir les lavages avec une solution de carbonate de soude à I pour 100 ‘jui enlève complètement la nucléine cl fait contracter lu globuline. [A . Gautier.)

Ce nom de globuline ne conviendrait plus maintenant que l’on a donné le nom générique de globulines aux albuminoïdes solubles dans les solutions étendues de sel marin. La globuline ainsi préparée est, d’après Halliburton, lu matière librinoplaslique elle-même.

(*) Elle serait identique au fibrinogène, d’après Halliburton.

CONSTITUTION 1)KS GLOliULKS IlOUGES.

Autres matériaux du globule ronge. — Oïl il signalé ÜUSS1 dans

le globule rouge, parmi les albuminoïdes incolores, de la paraglobulinc et une substance donnant avec le sel marin au dixième une sorte do demi-solution muqueuse; celte substance paraît se transformer dans les cellules lymphoïdes en une matière spéciale ( hyaline de Rovida).

ha nucléine existe surtout dans les globules à noyaux (Kossd).

La lécithine se rencontre en proportion élevée dans le globule rouge. Chez l’homme, elle varie à l’état normal de 5 à 7 pour 1000 de globules pris h l’état sec, et de 1,2 à 2,8 pour 1000 de globules humides; chez l’oie, la lécithine des hématies s’élève à environ 2,7 et chez le bœuf à 0,75 pour 1000, calculée dans ce dernier cas à l’état de globules humides. Les globules du sang veineux semblent en être plus riches que ceux du sang artériel. La lécithine paraît être, dans le globule, en combinaison avec la globuline ou avec une autre matière albuminoïde constituant peut-être ainsi le prolagon.

C’est Gobley qui a le premier extrait la lécithine du sang, en 1852. Pour l’obtenir on serre le caillot de sang dans un fort nouet de toile et on le malaxe dans l’éther ; celui-ci étant filtré et évaporé laisse un résidu presque entièrement cristallin formé de graisses, d’aiguilles de cholestérine et de lécithine en petites houppes. En ajoutant de l’eau à ce résidu, cette dernière se gonfle et devient très peu soluble dans l’éther, qui n’entraîne plus que les graisses et la cholestérine. Le résidu repris par l’alcool à 50° centésimaux et à 60° thermométriques laisse cristalliser la lécithine par refroidissement.

On vient de voir comment on peut séparer de la lécithine la cholestérine et les graisses. À son tour le mélange de ces deux dernières substances traité par les alcalis caustiques, qui saponilient les graisses, laisse la cholestérine seule accessible cà l’action de l’éther. Hoppe Seyler en a dosé 0*r,49 dans les globules d’un litre de sang d’oie, et 0gr,48 dans ceux d’un litre de sang de bœuf, soit en moyenne pour ce dernier, sang lër,2Ü pour 1000 grammes de globules humides. Flint a retire 0*r,44 à (F, 75 de cholestérine, presque entièrement contenue dans les

globules d’un litre de sang veineux.

A côté des substances précédentes, et toujours en faisant abstraction de la matière colorante dont nous allons bientôt parler, on a signale encore dans les globules rouges un ferment qui saccharifie l amidon, des substances extractives mal définies, un acide organique libre et azolé faiblement combiné; c’est à cet acide peut-être que le globule lougt doit en partie la propriété de chasser l’acide carbonique des solutions de carbonates alcalins. Au total, on trouve 1 à 2 grammes environ de ces diverses substances par 1000 grammes de globules rouges calculés secs.

L’eau forme un peu plus de 00 pour 100 du poids des globu es

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