OC
4CCÜ
(l) Fernet, Ann. des sciences naturelles (4), L VIII, p. 12 b.
SÉBUM.
Ces nombres démontrent : 1° que le sang artériel est plus riche que le veineux en oxygène et plus pauvre que lui en acide carbonique; 2° que l’oxygène disparu, lorsque d’artériel le sang devient veineux, ne se retrouve pas entièrement dans l'acide carbonique dont s’est enrichi ce dernier sang; une partie de l’oxygène passe, en effet, dans les organes à l’état de composés oxygénés fixes : acides gras, acides suceiniquc, lactique, urique, hippurique, créatine, leucornaïnes diverses, substances excrétées par les urines, la peau, l'intestin, etc. 11 faut remarquer encore que tous les chiffres qui se rapportent à l’oxygène sont généralement un peu trop faibles parce qu'une partie de ce gaz est consommée par le sang lui-meme durant la manipulation qu’on lui fait subir pour l’extraire.
Yoici, pour la comparaison des sangs artériel et veineux, quelques nombres (‘) calculés à 0ft et 700 millimètres qui montreront les écarts notables qu’on peut constater suivant les cas en comparant ces deux sortes de sang. Tous les nombres sont rapportés à 100 cent, cubes de sang.
A. Sang de chien.
Sang
artériel.
Sang
veineux.
Sang
artériel.
Sang
veineux.
Sang
artériel.
Sang
veineux.
Sang
artériel.
Sang
veineux.
Az . . .
B. Sang de mouton.
Az
SB artériel.
S» veineux.
S»' artériel.
S® veineux.
Sg artériel.
Sc veineux.
Le sang des diverses artères contient chez un même individu à peu près la même quantité d’oxygène, d’acide carbonique et d’azote.
L’oxygène que le sang perd dans le vide y existait à l’état d’oxy hémoglobine. Un gramme d’ hémoglobine réduite pouvant absorber 1 ", 7 d’oxygène, 100 centimètres cubes de sang doivent donner à la pompe, d’après la moyenne teneur en hémoglobine (Yoy. p. 570 et 382) :
Homme -U' 2
Chien -2,5
Mouton ^,8
On remarquera que les chiffres d’oxygène fournis par le sang artériel se rapprochent de ces derniers nombres, mais sont toujours plus petits. Ils ne pourraient être atteints, si l’oxygène, qui n’est dans l’air que sous la
(i) Empruntés à IIoppe-Seïleii, Physiolog. Chenue, p. 495, et calculés à 0° et 700-.
GAZ DU SANG ET DU SÉRUM. 417
pression de r d atmosphère environ, ne s’unissait pas à l’hémoglobine. D apiès lloppc-Seyler, 100 grammes de sang de chien renfermant d hémoglobine pourraient théoriquement absorber dans l’air 25cc,8 d'oxygène sous forme d’oxyhémoglobinc saturée. En fait, ils ne dégagent a T,» et dans le vide que 22 ,2 d oxygène au maximum. Il lésultc de cette constatation que, même dans le sang artériel le Plus oxygéné, une partie de l’hémoglobine reste encore réduite. M. Eréhant l’a du reste démontré par l’expérience suivante : 100 cenli métrés cubes de sang de la carotide de chien ont donné, calculé à 0° et 700 millimètres de pression, 16cc,5 d’oxygène. Après une forte inhalation d’oxygène par animal, le sang fournissait 25cc, 3 du même gaz; extrait de vaisseaux et agité avec de l’oxygène pur, ce sang donnait par la pompe à vide 26"’,8 d’oxygène.
Les variations de pression ne changent que dans une très minime proportion les quantités d’oxygène qui s’unissent au sang. A la température de 15° cà 16", cette quantité ne varie presque pas, même si l’on diminue la pression jusqu’à | d’atmosphère; mais à la température du corps des animaux, la dissociation de l’oxyhémoglobine devient très sensible dans ces conditions. (P. Bert, C. rend. LXXX, 753.)
Le gaz carbonique que fournit le sang total existe en sensible proportion dans le globule (C. rend. LXXÏX, 698, et LXXXIV, 1505).
Le sérum contient aussi des gaz qu’on peut extraire par la pompe barométrique; seulement il convient dans ce but de laisser coaguler Je sang sous une couche d’huile qui empêche le contact de l’air et les modifications ultérieures qu’il apporte. Voici quelques nombres, dus à Schoffcr et à Pflügger, relatifs au sérum de chien. Ils sont calculés à 0" et 760 millimètres de pression et rapportés à 100 volumes :
Oxygène et azote expulsés par le vide.
Gaz CO2 expulsé par le vide.
Gaz CO2 expulsé par un acide après
l’action du vide.
Gaz CO2 lotal.
MO
(Schoffcr).
( Pflüger ).
... v-u, v.1, ljUb IIUUO UYUHO UUUltBS puui LC fcxUJg lOlll CliUCr,
démontrent : 1" que le sérum ne contient qu’une très minime quantité d oxygène et d’azote; 2° que l’acide carbonique est à la fois combiné et dissous dans le sérum comme dans le sang et le plasma. Une portion notable de cet acide (la plus grande d’après Pflügger) s’extrait par le Aide seul ; c’est celle qui répond au gaz dissous, ou qui, combiné à l’état de bicarbonates et de phosphocarbonates (uni au phosphate sodique d après fernet),est apte à se dissocier aisément dans le vide vers la température de 50" lorsque les sels sodiques correspondants sont dissous
A. Gautier. — Chimie biologique. 27
SERUM
ou humides, ainsi que je l’ai montré directement ailleurs. Une autre partie existant dans le plasma à l’état de carbonates neutres alcalins nejs’cxtrait du sang qu’après addition d’un acide libre; cette dernière quantité est très l'aible, car Pflüger a fait voir que l’oxyhémoglobine et l'hémoglobine elle-même agissent sur le plasma sanguin à la façon de véritables acides pour chasser la majeure partie de l’acide carbonique combiné.
Dans le sang des veines, l’oxygène est très variable: il est en plus grande quantité dans le sang veineux rouge des glandes en activité. Il
peut manquer dans Je sang asphyxique.
Les causes qui font augmenter l’oxygène dans le sang artériel sont : l’inhalation d’oxygène ou la respiration d’air sous pression de 15 atmosphères au moins, l’ampleur des respirations, le travail musculaire, rabaissement de la température extérieure, l’augmentation du nombre des globules rouges. Celles qui le font diminuer sont inverses des précédentes : le repos, la chaleur, la digestion, le sommeil, l’inanition, la saignée, l’asphyxie, etc.
L’acide carbonique est partiellement dissous, mais surtout combiné dans le plasma, ainsi que nous le disions plus haut en parlant du sérum et du sang, mais une grande partie de ce gaz provient aussi des globules rouges : un volume de sang (plasma et globules) fixe et dégage autant d’acide carbonique qu’un égal volume de sérum (’).
Le sérum contient tout l’acide carbonique du plasma correspondant; or, sachant que 100 volumes de sang correspondent environ à 65 volumes de plasma, si nous calculons, d’après les analyses du sérum d’un sang dont l’acide carbonique total est connu, la teneur de plasma en acide carbonique, nous trouverons qu’il reste un excédent de ce dernier gaz (du 10e degré au 7e environ) attribuable aux globules rouges et blancs.
L’acide carbonique, toujours plus abondant dans le sang veineux, augmente durant la digestion, par l’abaissement de la température de l’aninial, dans l’asphyxie, etc. ; il diminue par l’élévation de température, la saignée, etc.