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SÉROSITÉS EN GÉNÉRAL

péricarde, etc. Elles ne se produisent à l’état normal qu’en petite quantité, elles lubréfient ces membranes et facilitent leurs glissements; mais elles peuvent être exsudées abondamment lorsque les séreuses sont enflammées.

L’humeur ainsi sécrétée .à travers les épithéliums pavimenteux spéciaux de chacune de ces séreuses se rapproche, sans avoir toutefois la même composition, de la lymphe et du plasma sanguin.

Malheureusement à l’état normal ces liquides sont mal connus, leur analyse complète n’ayant pu être faite vu leur faible quantité.

Les humeurs recueillies dans les cavités séreuses saines sont des liquides jaunes très clairs ou presque incolores, .à peine fluorescents, d’un goût fade, un peu visqueux, à réaction légèrement alcaline. Elles contiennent presque toujours des globules blancs, quelques cellules épithéliales empruntées aux séreuses correspondantes et souvent de fines lamelles de cholestérine.

Les sérosités laissent de 10 à 60 grammes de résidu sec par litre . il est principalement formé de substances albuminoïdes, consistant en 1 à 25 de sérine et de sérum-globuline identiques à celles du sérum sanguin, pour 100 de sérosités ; on y trouve une trace de caséine, et lorsqu’elles sont sécrétées sous l’influence de l’inflammation, du fibrinogène.

F. Hoffmann, et après lui Pigeaud ont établi que le rapport du poids de la sérum-albumine à la sérum-globuline des sérosités est très variable, mais que ce rapport reste le même que dans le sang chez chaque malade :

Rapport : Rapport :

Sérine Sérine

à globuline. à globuline .

Sérum du sang 0 , 664 1,050

Liquide pleural 0,680 1 ,142

Liquide d’asci le 0,680 1,122

Liquide, de l’œdème 0,677 1,152

Leurs matières azotées, moins importantes en poids que les protéiques, sont : l’urée, la créatine, l’acide urique, la tyrosine, la leucine, un peu de graisse et de cholestérine, enfin de 4 à 7 pour 1000 de sels minéraux identiques à ceux du plasma sanguin.

Toutes les sérosités, sauf le liquide cérébro-spinal, se coagulent par la chaleur. Celles qui sont produites par les séreuses enflammées se prennent souvent spontanément en une masse tremblotante formée par des trabécules de fibrine englobant le reste du liquide; la coagulation de ces humeurs a surtout lieu si on les additionne de plasma sanguin, de sang ou de séi;um qui apportent le ferment fibrinogènique, et peut-

être les sels de chaux qui leur manquent.

Pour analyser une sérosité, on l’abandonne d’abord à elle-même

SÉROSITÉ PÉRICARDIQUE. 461

Jurant quelques heures. S’il s’y forme un coagulum de fibrine, on e sépare, le lave, le sèche et le pèse. Dans une fraction de la partie iltrée on ajoute quelques gouttes de sérum sanguin qui produit un îoagulum nouveau si la liqueur contient du fibrinogène. Une autre lortion est neutralisée par de l’acide acétique et saturée d’acide carbolique qui précipite la globuline et les matières analogues. L’on filtre et ’on sature par du sulfate d’ammoniaque cristallisé très lin qui sépare e reste des albuminoïdes qu’on obtient en dissolvant le dépôt dans la noindre quantité d’eau possible, dialysant pour chasser le sel et étenlant enfin d’eau qui précipite la sérum-globuline et dissout l’albumine seulement.

L’on peut aussi, après avoir séparé les substances que coagule l’acide carbonique, ajouter à la liqueur filtrée un excès de sulfate de magnésie et erser le tout sur un bon filtre. J1 arrête dans ces conditions l’albumiîoïde spécial auquel on avait autrefois donné le nom d ' hydropisine sérum-globuline) et laisse passer l’albumine seule. Il suffit alors de edissoudre dans l’eau la partie restée sur le filtre, de dialyser cette soluion ou de la coaguler par la chaleur pour obtenir et doser l’hydropisine.

Les autres substances non albuminoïdes se recherchent par les aéthodes habituelles (voir Analyse des urines, du plasma sanguin, te.).

Examinons maintenant chacune des sérosités en particulier.

Sérosité péricardique. — Elle existe souvent en assez grande quanité dans le péricarde pour qu’on ait pu l’examiner à l’état normal.

C’est un liquide citrin, légèrement visqueux, non filant, un peu Icalin. De toutes les sérosités, c’est la plus riche en fibrinogène; elle eut contenir de 2 à 3 pour 100 de matières protéiques (fibrinogène yl à 0,26 ; sérine et sérum-globuline).

Voici quelques analyses de liquides péricardiques chez le cheval Friend- 1) et chez l’homme supplicié ( Gorupp-Besanez - JI et III).

Eau

Cheval.

Homme.

ni.

Homme.

Fibrinogène

Sérum-globuline

Sérum-albumine

Matières extractives ....

Sels minéraux ......

Chez les albuminuriques les matières protéiques peuvent s’élever ans la sérosité péricardique jusqu’à 35 pour 1000. Elle contient du ucre chez les diabétiques.

Sérosité pleurale. — On ne la trouve qu’en quantité à peine sensible

SÉROSITÉS

à l’état normal. C’est une humeur transparente, ci tri ne, un peu visqueuse, très légèrement alcaline.

A l’état pathologique, la sérosité des plèvres est toujours notablement alcaline; dans presque toutes les pleurésies aiguës, elle se prend, au sortir du thorax, en une gelée fibrineuse qu’on peut séparer après battage en versant le tout sur un tamis de soie. La fibrine augmente dans cette sérosité si l’état du malade s’améliore; elle reste faible ou nulle dans le cas contraire. En même temps que cette substance, il s’y précipite souvent des particules de cholestérine, des globules blancs, des granulations graisseuses et autres. On y trouve presque toujours du sucre.

Les matières albuminoïdes qui restent dissoutes sont la sérine, l’hvdropisine ou sérum-globuline, le fibrinogène. Ces substances s’élèvent ensemble de 3 à 5,5 pour 100. Elles sont moins abondantes dans l’hydrothorax (1.5 à 2,5 pour 100). Le rapport de la sérum-albumine à la sérum-globuline varie avec chaque malade ; il est tantôt plus grand, tantôt plus petit que 1. La quantité de fibrinogène y dépasse rarement 0,5 pour 100 : cette substance augmente si l’inflammation est intense: elle manque ou ne monte qu’à un taux très faible dans les simples transsudats et dans l’hydrothorax. Les peptones ne se rencontrent dans cette sérosité que s’il y a des globules blancs.

"Voici d’après Méhu quelques analyses de ces liquides :

Sérosités pleurales (Analyses rapportées à 1 litre.)

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