‹ Cours de chimieChapitre 35 sur 633 · PARALLÈLE DE LA VIE VÉGÉTALE ET ANIMALE · texte numérisé non relu

PARALLÈLE DE LA VIE VÉGÉTALE ET ANIMALE

des 9 aux 500 millièmes de son poids par 24 heures. La presque totalité de cet oxygène est dépensée à produire de l’acide carbonique et de l’eau avec scs matières combustibles. Telle est la principale source de chaleur ou plutôt d’énergie dont il dispose, et c’est là ce qui constitue essentiellement l 'état de vie aérobie. Mais, comme nous le montrerons ailleurs, une certaine partie de ses matériaux se détruit sans recours à l'oxygène extérieur, par hydratation, par dédoublement ou par perte directe d’acide carbonique et d’eau; de là une nouvelle source de chaleur et d’énergie qui vient s’ajouter à celle qui dérive des combustions. Tel est le phénomène de la vie ou du fonctionnement anaérobie. L’énergie qui en résulte représente, même chez les grands animaux, le huitième environ de la totalité de celle dont ils disposent.

Il en est de même des plantes, si ce n’est que le rapport du fonction nement vital aérobie au fonctionnement anaérobie est renversé. Il est facile de démontrer que toutes les parties du végétal : feuilles, tiges, fleurs et fruits dégagent de l’acide carbonique, surtout à l’obscurité, et absorbent un volume variable d’oxygène, quelquefois plus grand si la température baisse, plus souvent moindre, si elle monte, que le volume d’acide carbonique apparu. D’ailleurs, le volume d’oxygène contenu dans l’acide carbonique exhalé par les plantes à l’obscurité est généralement supérieur de plus de moitié à celui de l’oxygène qu elles absorbent. En un mot, même si Ton met de côté la fonction chlorophyllienne, les plantes sont pour plus de moitié anaérobies, c’est-à-dire qu une partie notable de leur réserve se désassimile et fournit à leur énergie et à leur évolution vitale sans intervention d’oxygène emprunté à 1 air.

Il n’en est pas moins certain que la plante verte, comme 1 animal, a besoin d’oxygène; qu’elle respire dans l’air et s’asphyxie dans 1 acide carbonique pur ou dilué d’azote, et qu’elle est, comme 1 animal, aérobie ou anaérobie suivant les parties que l’on considère, tout en restant généralement moins avide que lui d’oxygène. Les feuilles qui consomment le plus d’oxygène en assimilent 8 fois leur volume en 24 heures ; 1 homme a besoin de 14 fois son volume, mais un verdier ou un moineau qui se refroidissent davantage, leur surface étant plus grande par rapport à leur poids, en consomment jusqu’à 260 fois leur volume en une journée.

Le végétal à l’obscurité vit donc comme l’animal en empruntant son énergie d’un côté à la combustion, suivant le mode aérobie, de 1 autre aux dédoublements exothermiques directs de ses réserves, suivant le mode anaérobie. Il n’y a là qu’une différence de mesure ; encore cette différence disparaît-elle dans certains organes de la plante, partout ou le développement, la reproduction, la dénutrition sont très actifs : germe qui se développe, fleur qui mûrit, bourgeon et feuille qui s accroissent rapidement. A ce moment la graine, la fleur, le bourgeon

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