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QUARANTE-SIXIÈME LEÇON

VARIATIONS DE LA RESPIRATION AVEC l’ÉTAT DU MILIEU RESPIRÉ.

PERSPIRATION CUTANÉE

Il nous reste à examiner les variations que subit la respiration lorsque les conditions du sujet qui respire reslant constantes, le milieu respirable vient à changer, et qu’interviennent, par exemple, les variations de pression, d’humidité, de température, d’illumination, etc.

Variations de pression. — Lorsqu’un animal respire dans l’air comprimé ou dilaté, si les variations de pression ne s’élèvent pas au delà de 100 à 200 millimètres de mercure au-dessus ou au-dessous de la normale, les échanges respiratoires restent à peu près réguliers.

Sur les montagnes, à des altitudes de 2 000 à 3000 mètres, l’amplitude des inspirations n’est pas augmentée, elle serait plutôt légèrement diminuée chez les individus qui y vivent d’ordinaire, mais le nombre des inspirations croît très sensiblement [A. Mosso, Arch. ital. de bioloçj. Vil, 68). Nous avons vu que la capacité respiratoire du sang augmente beaucoup dans ces cas, par suite de l’augmentation du fer et de l’hémoglobine du sang ( Viault ; Müntz).

Si la pression atmosphérique s’élève de 150 à 200 millimètres de i mercure au-dessus de la normale, les mouvements respiratoires seralen- 1 lissent un peu ; si l’air au contraire se raréfie, les inspirations deviennent I plus rapides, les quantités d’acide carbonique produit et d’oxygène i absorbé restant d’ailleurs sensiblement constantes.

Mais si les augmentation ou diminution de pression dépassent un tiers ou une demi-atmosphère, on observe des phénomènes nouveaux 'Soigneusement étudiés par P. BertÇ). Pour une diminution d’un tiers d’atmosphère, les muscles se contractent plus faiblement lorsqu’on les excite; la respiration et le cœur se ralentissent; la pression cardiaque diminue ; 1 acide carbonique exhalé et l’oxygène absorbé décroissent ;

I urée excrétée tombe bien au-dessous de la normale; enfin la temperature de l’animal s’abaisse.

Voici quelques nombres moyens relatifs à la respiration du moineau :

Pression.

O consommé

CO2 exhalé

par heure.

par heure.

700 inillim.

Ml —

( ) Recherches sur l’influence que les modifications de la pression barométrique

LA RESPIRATION

Quant à l’urée excrétée, l’on a pour le chien et par 24 heures :

lor jour. Chien respirant sous pression normale 206r 19*r

2e — Le même soumis 6 heures à 1/2 atmosphère 14,4 11,8

r>“ — Le même revenu à la pression ordinaire 50,8 15,4

Ce décroissement des combustions organiques tient à la tension relative trop faible de l’oxygène dans l’air respiré et non à la pression générale. On obtient, en effet, des résultats identiques en faisant respirer des animaux dans des mélanges à pression normale d’azote et d’oxygène où ce dernier gaz n’existe plus que pour 1 0 et 5 volumes pour 100.

Aux pressions inférieures, la mort survient lorsque la tension de V oxygène est réduite à la valeur de 35 millimètres de mercure, nu lieu de 155 millimètres qui est sa pression normale dans l’air, soit que cette diminution de l’oxygène (4,7 pour 100 dans l’atmosphère respirée) résulte de l’absorption successive de ce gaz par l’animal placé dans une enceinte confinée d’où l’on enlève soigneusement l’acide carbonique que l’animal produit, tout en laissant la pression générale constante, soit que le départ d’oxygène soit amené par une diminution générale de la pression de l’air où vit l’animal (’).

Si au contraire la pression s’élève de une demi-atmosphère, des troubles sensibles de la respiration, de la circulation, et de la respiration apparaissent aussitôt. Sous une pression d’air de 1 100 ou 1 200 millimètres de mercure, l’acide carbonique exhalé augmente et le nombre des pulsations cardiaques diminue. Mais au-dessus de cette limite l’acide carbonique produit commence à faiblir ; si l’on fait encore croître la pression, l’individu se plaint au contraire d’une sensation de froid (C. Rend. XI, 26). Vierordt a confirmé ces observations faites d’abord par Pravaz.

P. Bert démontre que cet arrêt dans l’élimination de l’acide carbonique sous ces hautes pressions et cette sensation de froid, indices d’une diminution de l’activité vitale, sont uniquement dus à la forte tension de l’oxygène. Si, laissant la tension constante dans le gaz respiré on augmente la pression par introduction d’azote dans l’enceinte, l’animal peut supporter plusieurs atmosphères sans en être incommodé. Mais si on

exercent sur les phénomènes de la vie. Paris, Masson, 1872 (p. 81 et 152) et Compt. rend. de 1872 à 1874.)

(*) Pour appliquer la règle relative aux pressions réduites, P. Bert a donné la formule suivante : La mort de l’animal arrive lorsque le chiffre indiquant la proportion centésimale d’oxygène multiplié par la pression totale du gaz exprimé en mètres, donne un produit intérieur à 3,5. Dans le cas d’une pression de 35 millim. de mercure, la quantité centésimale de ce gaz est de 4,7 qui, multiplié par 0,760 donne 3,5. Ce coefficient 3,5 varie un peu avec le® espèces animales : il est de 3,8 pour des lapins, de 3.0 pour le chien, de 2,5 pour des cochons d’Inde, de 4,5 pour des chouettes, de 2 pour de très jeunes chats, etc.

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