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DIGESTION BUCCALE

le liquide qu’elles sécrètent. En plaçant dans ce canal une line canule, l’on peut recueillir directement cette salive, abondante chez l’herbivore, plus rare chez le carnivore. Les mouvements de mastication, le contact de la vapeur d’éther, de l’acide acétique et des autres acides, les excitations mécaniques de la langue et des joues activent sa sécrétion. Les alcalins, les épices et le sucre agissent à peine.

C’est un liquide clair, incolore, non filant, dénué de mucus et de cellules. Au moment des repas sa réaction est un peu alcaline; elle deviendrait acide deux heures après, et neutre pendant l’abstinence. Sa densité moyenne oscille chez l’homme de 1,004 à 1,008; chez le cheval, de 1,004 à 1,007. Elle laisse à peine 5 à 6 grammes de substances fixes par litre.

A l’air, elle se recouvre d’une mince couche irisée formée de rhomboèdres irréguliers de carbonate de chaux mêlé d’un peu de phosphate.

Si l’on chauffe cette salive, elle laisse déposer de légers flocons d une substance albuminoïde légèrement calcaire (globuline), en même temps qu’il se dégage de l’acide carbonique.

Cette sécrétion prend le plus souvent chez l’homme un ton rougeâtre lorsqu’on l’additionne d’une trace de sel ferrique. On peut la distiller après l’avoir acidulée d’acide phosphorique et s’assurer que le principe qui colore ainsi les sels de fer est volatil : on en a conclu que cette salive contenait un peu de sulfocyanates alcalins. On a même cherché à doser ce sel en épuisant la salive desséchée par de 1 alcool qui ne dissout pas les sulfates, évaporant, oxydant le résidu avec du chlorate de potasse et dosant l’acide sulfurique qui se forme : il répond au soufre de l’acide sulfocyanique primitif ('). Les sulfocyanates manquent dans les salives des herbivores el du chien.

Nous verrons que la salive mixte contient un ferment spécifique, la ptyaline, apte à saccharifier l’amidon. Ce ferment existe, d après Miahle, dans la salive parotidienne; mais Cl. Bernard, Bidder et Schmidt, Kiihe, Ilofineister, ne 1 ont pas rencontrée chez le chien, le chat, le mouton, le cheval. Au contraire, l’extrait aqueux des parotides du lapin, du cochon d’Inde et d’autres rongeurs transforme rapidement l’empois d’amidon en sucre.

Voici quelques analyses de salive parotidienne :

(') La réaction de Bœttgcr permet de reconnaître des traces de sulfocyanates. On tremp* du papier dans de la teinture de gaïae, on sèche et on passe dans une solution de sultalc cuivre au demi-millième, Les sulfocyanates développent sur le papier ainsi prépare une i coloration bleue.

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