BŒUF
Fisiule biliaire.
O. Jacobsen.
Iloppe-Seyh r.
Chlorure de sodium ....
— de potassium .
Carbonate de sodium. . . .
Phosphate trisodique. . . .
— tricalcique. . . .
Carbonate calcique. . . .
Sulfate (dépotasse?) ....
— de soude
Fer, silice
faible quantité.
Magnésie, cuivre
Pflügger a extrait de 1 000 volumes de bile de chien les volumes de gaz suivants ramenés à 0° et 0m,760 de pression.
Acide carbonique dégagé par le vide 188Tol,6
— — dégagé par addition d’un acide fort. . 546 ,2
Oxygène 2 ,02
Azote 5 ,24
Origine des matériaux biliaires. — Les matériaux biliaires paraissent dériver des albuminoïdes du sang. D’une part, en effet, l’on sait que la taurine et la glycocolle qui sont, comme on le verra, des produits de la décomposition des acides biliaires, peuvent aussi prendre naissance
O L’ana|ysc dc Hoppe-Scyler n’a porté que sur tes sels minéraux insolubles dans l’alcool, par conséquent le sel marin est ici beaucoup trop faible.
LA BILE
par la décomposition artificielle des albuminoïdes. D’autre part, la réaction de Pettenkoffer commune aux albuminoïdes et à l’acide cholalique, le second terme de ces dédoublements, semble aussi rapprocher cet acide de ces substances qui peuvent donner par oxydation des produits fort analogues à l’acide cholalique. Les matières colorantes biliaires proviennent de l’hémoglobine : on l’a directement démontré. On avait depuis longtemps remarqué que le poids des globules rouges humides s’élève dans le sang qui traverse le foie, tandis que celui du ter diminue, ce qui paraît bien démontrer une désassimilation de l’hémoglobine dans cet organe. La quantité de bilirubine augmente d’ailleurs dans la bile lorsqu’on injecte dans le sang une solution d’un sel biliaire qui détruit les globules rouges, quand on a recours à l’injection intraveineuse d’eau pure qui produit le même résultat, ou lorsqu’on injecte à un animal le sang d’une autre espèce dont l’hémoglobine n’est pas assimilée.
Quant à la cholestérine qu’on rencontre dans le tissu nerveux, ainsi que dans les globules rouges et blancs, elle paraît provenir de ces trois origines.
Passage de matériaux étrangers dans la bile. — L’eau injedée dans les veines fait apparaître de l’albumine dans la bile. Le sucre de canne ou de raisin introduits de même dans l’organisme s’élimiment aussi partiellement peu de temps après par cette voie. Il n’en est pas ainsi de la quinine, de l’acide benzoïque, du calomel. Les métaux vénéneux, plomb, cuivre, arsenic, antimoine, l’iodure de potassium, l'essence de térébenthine, etc., se retrouvent dans la bile, souvent en abondance.
ACIDES BILIAIRES
Les deux principaux acides de la bile sont l’acide taurocholique et l’acide glycocholique : nous les étudierons en même temps que les acides taurohyocholique de la bile de porc, clienotaurocholique de celle d’oie, et leurs principaux dérivés.
Tous ces acides sont toxiques : introduits directement et en faible quantité dans le sang, ils détruisent les globules rouges dont la matière colorante passe dans les urines; à dose plus élevée ils sont vénéneux. Une partie de ces acides reste dans l’intestin où ils sont dédoublés; une faible proportion est résorbée et détruite dans le torrent circulatoire.
ACIDE TAUROCHOLIQUE
C^IFAzSO7
Cet acide se trouve à l’état de sel de soude dans uu grand nombre
ACIDE TAUROCIIOLIQUE. 571
e biles; c’est le seul acide biliaire de la bile de chien. Il accomagne l’acide glycocholique dans celles de bœuf et d’homme^).
Pour l’obtenir, on prend de la bile de chien, on l’additionne de noir nimal et d’alcool, on agite, on laisse déposer, décante et flltre. La liqueur laire est évaporée, et le résidu repris par un peu d’alcool absolu chaud, n en filtre la solution et on l’additionne d’éther jusqu’à l’apparition ‘un trouble qui d’abord amorphe finit par devenir cristallin. Ces cristaux rincipalement formés de taurocholates de soude, sont dissous dans l’eau t traités par l’acétate de plomb ammoniacal ; le précipité délayé dans alcool est décomposé par l’hydrogène sulfuré qui met l’acide en liberté, ne reste plus qu’à évaporer la liqueur à siccité ou mieux à l’étendre ’étlier; l’acide cristallise bientôt.
On peut aussi extraire l’acide taurocholique de la bile de bœuf ou de i bile humaine. Pour cela, on additionne ces biles d’alcool pour en 'parer le mucus, on filtre et concentre au quart du volume ; on mêle extrait avec du noir animal et on dessèche au-dessous de 100°. Le •îsidu est mis à digérer avec de l’alcool très concentré et sans excès, près quelques jours, on filtre et l’on ajoute de l’éther sans mêler les juches. 11 se produit bientôt un précipité qui cristallise peu à peu. est la bile cristallisée de Platner : elle est formée surtout d’un mélange 3 taurocholate et de glycocholate de soude. On dissout ce produit dans 3 l’eau et on l’additionne d’acétate de plomb neutre. Le glycocholate ? plomb seul précipite; on le sépare et la liqueur rendue très légè- :ment ammoniacale est précipitée par le sous-acétate de plomb qui >nne le taurocholate de plomb que l’on met en solution alcoolique et icompose par l’hydrogène sulfuré.
L acide taurocholique ainsi séparé ne cristallise que difficilement sous rme de fines aiguilles déliquescentes très acides. Il est soluble dans dcool et dans l’eau. La solution de son sel sodique tiré de la bile de nuf est dextrogyre : [a]D = H- 24°, 5. Celui de la bile de chien est vogyre [a]j = 25 . Il semble qu’il y ait là un cas d’isomérie ana-
gue à celui des acides tartriques droit et gauche.
Chauffé avec les alcalis ou les acides étendus, l’acide taurocholique dédouble très aisément en taurine (t. II, p. 542) et acide cholalique :
C26H45AzS07 + H*0 = C2H7AzS03 + OIW.
Ac. taurocholique. Eau. Taurine. Ac. cholalique.
Ce dédoublement s’accomplit même avec l’eau pure par simple évaluation de la bile ou lorsqu’elle se putréfie.
Les taurocholates alcalins C^IbdLAzSO' sont très solubles dans l’eau
0 Strecker l’avait d’abord nommé acide choléique, mais après qu’on eut découvert qu’il dédoublait en acides cholalique et taurine on le nomma taurocholique.
LA BILE
et l’alcool. Ils ont une saveur sucrée et amère. Ils sont précipités par lc sous-acétate de plomb et le sous-acélate ammoniacal, mais non par l’acétate neutre, ni par le nitrate d’argent. Les solutions d’acide taurocholique forment émulsion avec les peptones, mais ne les précipitent pas, contrairement à ce qu’on dit souvent. Elles précipitent au contraire l’albumine, les syntonincs et les propeplones.
Lorsqu’on ajoute à de la bile, ou à une trace d’un taurocholate ou d’un autre sel cà acide biliaire, quelques gouttes d’une solution de sucre très concentrée, puis goutte à goutte et en refroidissant, un volume doubla euviron d’acide sulfurique, il se produit une coloration pourpre très intense caractéristique des acides biliaires ( Réaction de Peltenkoffer). Les matières albuminoïdes, on La vu, donnent également cette réaction.
Les taurocholates sont antiseptiques, ils exercent une action dissolvante sur les globules de sang et de pus. Ils arrêtent aussi l’action du ferment pepsique, peut-être en l’insolubilisant.
ACIDE GLYCOCHOLIQUE
C26Il43Àz06
L’acide glycocholique existe principalement dans la bile des herbivores et dans leurs excréments. La bile humaine en contient presque le double que d’acide taurocholique. On le prépare généralement avec la bile de
bœuf. Pour cela, l'on traite la solution de bile cristallisée (voir p. 571) par de l'acétate de plomb qui précipite le glycocholate plombique et l’on décompose ce sel par l’hydrogène sulfuré au sein de l’alcool chaud.
L’acide glycocholique se présente en
Fis. Si. - Acide glycocholique. aiguilles d'aspect soyeux (fig. SI), solubles
dans 550 parties d’eau à 20°, très solubles dans l’alcool, presque insolubles dans l’éther. Sa saveur est un peu amère. Il fond à 155°. Son pouvoir rotatoire spécifique est de [a]D = -h 27°, (f
A chaud, les bases et les acides étendus dédoublent lentement 1 acide glycocholique en glycocollc et acide cholalique (Slrecker) :
C2CH43AzO° + 1120 = C’-MW + C*H5Az02.
Ac. glycocholique. Ac. cholalique. Glycocolle.
Cette transformation est tout cà fait l’analogue, on le voit, de celle qui dédouble l’acide taurocholique en acides cholalique et taurine.
L’action prolongée des acides minéraux en déshydratant à son tour l’acide cholalique, fait apparaître une nouvelle substance, la f/ys/ÿl
ACIDES BILIAIRES
sine Ca4IFG03, matière amorphe qui peut être transformée en acide cholalique par hydratation et qu’on retrouve dans les excréments.
L’acide sulfurique concentré dissout l’acide glycocholique (1). Si l’on vient à chauffer, la solution se trouble, et il se précipite, sous forme de gouttelettes oléagineuses qui se concrètent ensuite, un anhydride de 'acide glycocholique : Y acide cholonique C2GIIuAzOB.
L’acide glycocholique est monobasique. Scs sels ont une saveur sucrée il amère. Ils sont presque tous solubles dans l’eau et dans l’alcool; il finit en excepter ceux de plomb et d’argent. Ils donnent la réaction de dettenkoffer.
ACIDES HYOTAU ROCHOLIQU E ET H Y O G L Y CO C H O L I Q U E
C27H45ÀzS06 C27H43AzOs
La bile de porc contient à l’état de sels de soude ces deux acides un peu lifférents des précédents, mais semblables par leurs dédoublements, ls donnent la réaction de Pettenkoffer.
L’acide hyotaurocholique C27H45Az306 se dédouble en acide hyocholaique et taurine dans les conditions mêmes où se transforme semblablenent l’acide taurocholique :
C27It45AzS06 + II20 = C23II4004 + C2H7AzS02.
A. hyolaurocliolique. A. hyocholalique. Taurine.
La bile de porc contient fort peu de cet acide.
L’acide hyoghjcocholique C27H43Az03, le plus abondant des deux, se édouble facilement par les alcalis et les bases étendues et bouillantes 'n acide hyocholalique et glycocolle :
C27II43Az05 + II20 = C2:jH4004 + C2H5Az02.
La bile de porc décolorée par le noir animal, lorsqu’on l’additionne le sulfate de soude en poudre, laisse précipiter de l’hyoglycocholate de odium. On lave ce précipité avec une solution de sulfate sodique; on e dissout dans l’eau et l’on précipite enfin l’acide hyoglycocholique par 'acide chlorhydrique.
C'est une masse résineuse, incolore, insoluble dans l’eau, soluble lans l’alcool, de saveur amère, rougissant le tournesol.
Quant à Y acide hyocholalique C23II4oO\ qui dérive du dédoublement les deux acides précédents, il cristallise en mamelons insolubles dans
(*) Suivant Mihaïloff (Bull. Soc. ckirn. XLIII. 123), en traitant l'acide glycocholique par in excès d’acide sulfurique concentré en présence d’acide acétique, il se produit une coloration aune orangée à fluorescence verte. Si l'on ajoute à celle solution du sulfalc d’ammoniaque, il e précipite une substance colorante qui, d'après ses réactions, ne serait autre que la bili verline ; de l’urobiline resterait en solution.
LA BILE
l’eau, solubles dans l’alcool et dans l’éther. Ses sels alcalins précipitent par addition de sels neutres concentrés. L’acide chlorhydrique le transforme à chaud en hyodyslysine C!8IFR03.
ACIDE CH ÉNOTAU ROCHOLIQU E
C29U49AzS0°
C’est l’acide de la bile d’oie. On la mélange d’alcool fort pour en séparer le mucus; l’aleoolature filtrée et mêlée d’éther, laisse précipiter les sels biliaires sous forme d’une matière emplastique qu’on lave, sèche, redissout dans l’alcool à 99° centésimaux et reprécipite par l’éther. Le dépôt cristallin, repris par l’alcool fort, est décomposé par l’hydrogène sulfuré. L’alcool abandonne l’acide par évaporation.
L’ acicle chênotaurocholique est soluble dans l’alcool et dans l’eau: il est incolore, confusément cristallin. Il donne la réaction de Pettenkofler. Son sel de sodium C28H*8NaAzS06,II20 devient anhydre à 140°. Une ébullition prolongée avec les alcalis dédouble l'acide chênotaurocholique en acides chénocholalique et taurine :
C29H49AzS06 + H20 = C27JI4404 + C2II7AzS03.
L 'acide chénocholalique C27HwO* est jaunâtre et amorphe. 11 est soluble dans l’alcool et dans l’éther, mais non pas dans l’eau :