SUC INTESTINAL
fi tés intestinales destinées à l’absorption. Sauf la faible quantité de liqueur fournie par les glandes de Briinner, la sécrétion intestinale que nous allons étudier est tout entière due aux glandes de Lieberkiihn.
SUC INTESTI NAL
A l’état normal l’écoulement de ce suc est intermittent et se fait surtout pendant la digestion.
Se procurer le suc des glandes propres de l’intestin est un problème difficile et non encore bien résolu. Colin prend un cheval en pleine digestion, lui fait au flanc une incision à travers laquelle il attire deux mètres d’intestin grêle, lie cette anse par le haut, en chasse le contenu m lissant l’anse entre les doigts de haut en bas, fait alors une seconde ligature à la partie inférieure de l’anse, la reporte dans le ventre et ferme avec quelques points de suture. Une demi-heure après il sacrifie l’animal. 11 obtient ainsi dans la partie de l’intestin ainsi vidée et mise i part de 80 à 120 grammes d’un liquide certainement encore mélangé de quelques produits étrangers, mais dont les réactions principales sont bien celles du suc intestinal sécrété dans des conditions presque normales.
Le procédé de Thiry est plus artificiel. Il consiste à sectionner une mse intestinale de 0m, 1 5 à 0m,20 de long, à rétablir la continuité de l’intestin en reliant l’un à l’autre par des sutures les deux bouts coupés, à fermer par une extrémité l’anse intestinale mise à part mais toujours an connexion avec ses nerfs. Le cæcum artificiel ainsi isolé est replacé lans le ventre et raccordé au moyen de sutures, par son extrémité laissée ouverte à la paroi abdominale. Après que la plaie s’est cica risée, les excitations mécaniques, électriques ou chimiques font, dans ce cæcum, écouler une quantité de suc qui peut s’élever chez le chien à 90 grammes par 24 heures pour 0m,15 de longueur.
On ne saurait douter que ce procédé ne donne un suc altéré ; car non seulement il n’a pas été sécrété sous l’influence d’une innervation tout à fait normale, mais surtout pas sous l’effet de l’excitation de la matière alimentaire, de labile et du suc pancréatique.
Propriétés «lu suc intestinal. — Celui de Colin, séparé d’un peu de mucus par le repos ou la filtration, est un liquide alcalin, très fluide, de teinte jaunâtre, de saveur salée; sa densité est de 1,010. Ce suc digère la viande, et l’albumine cuite, émulsionne les corps gras et saccharifîe l’amidon. Frerichs, en opérant comme Colin, obtint un liquide transparent, visqueux, vitreux, difficilement miscible à l’eau, se troublant à peine à chaud, donnant par l’acide acétique un précipité de mucine, et renfermant 22,8 de matière fixe par litre.
DIGESTION INTESTINALE
Le suc intestinal d’une femme observée par Busch (elle portait une fistule qui permettait au chyme de s’écouler sans se mélanger aux produits de la sécrétion du reste de l’intestin) était incolore, visqueux, alcalin, incoagulable par la chaleur et par l’acide acétique; les acides minéraux, le sublimé, ne le troublaient pas. L’acétate de plomb le précipitait. L’alcool en séparait des flocons d’une matière organique soluble dans l’eau. Il contenait environ 3,5 pour 100 de matériaux fixes.
Celui qu’on obtient par la méthode de Thiry est très alcalin, non filant, aqueux, opalescent, jaune clair après filtration. Sa densité est de 1,011. Après légère acidification, il donne un faible coagulum à chaud. Son odeur est aromatique. Il fait effervescence avec les acides; il contient du carbonate de soude. Il renferme souvent des corpuscules de mucus.
Cl. Bernard a découvert dans ce suc le ferment inversif qui transforme le sucre de confie en un mélange de glucose et de lévulose.
Yoici deux analyses de suc intestinal :
Chien. Cheval.
(Tliiry.) (Colin.)
Eau
Albumine
Autres matières organiques
Cendres (dont 0,520 de C03Ca
Action du suc intestinal sur les substances alimentaires. ■ — Il est
certain que l’albumine coagulée se dissout dans l’intestin grêle alors même qu’on empêche les sucs gastrique et pancréatique d’y arriver. (Biclder et Schmidt; Busch ; Kolliker). D’après Kôlliker et Müller, et surtout Schiff, le suc intestinal dissout la fibrine, la caséine coagulée, l’albumine, la viande crue. Schiff s’en est assuré en introduisant des fragments de ces substances à travers des fistules intestinales. Ces
résultats on été confirmés par Busch chez sa femme à fistule dont l’intestin ne recevait ni suc gastrique, ni suc pancréatique, ni bile et qui digérait cependant les albuminoïdes. Le suc de Thiry dissolvait rapidement la fibrine, mais non la chair crue, ni l’albumine cuite : il n’était donc pas normal. Masloff puis Wenz ont reconnu que les bactéries concouraient pour une grande part à cette digestion intestinale : en effet, si l’on ajoute au suc intestinal des antiseptiques, il perd tout pou voir peptonisant ('). Ces bactéries sécrètent, en effet, des diastascs qu’on retrouve ensuite dans les excréments ( Jahsch ).
Le liquide fourni par les glandes intestinales ne modifie pas chimiquement les graisses, mais il les émulsionne.
Von Wiltich et Eichhorst ont extrait de la muqueuse intestinale un
(i) Remarque importante qui montre qu’on ne saurait abuser sans inconvénients des antiseptiques intestinaux.