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très peu
P) II. Tappeiner, Mahj's Jaliresbericht fur. 1882, p. 272.
On ne peut s’expliquer les variations des rapports de CO2 à II que par des décharges de gaz venus du sang et des tissus, et dans quelques cas, par des absorptions inverses. Il en est de même de l’azote qui pour une même alimentation ( légumes secs ) varie de 4 à 79 pour 100. Remarquons encore que l’hydrogène carboné n’apparaît pas en quantité sensible chez les animaux qui mangent de la viande et qu’il est constant chez les herbivores.
Digestion dans le gros intestin. — Le gros intestin possède, comme l’intestin grêle, de nombreuses glandes de Lieberkühnà peine modifiées dans leur forme; on y trouve aussi des follicules clos. En essayant de recueillir par des fistules le produit sécrété par ses glandes, on obtient un liquide filant, un peu trouble, fortement alcalin, qui possède la propriété de saccharifier au moins certains amidons, tel que celui de l’avoine. Ce suc paraît sans action sur les matières albuminoïdes; mais celles-ci sont énergiquement décomposées, et en partie rendues assimilables, par les bactéries.
Le contenu du gros intestin est généralement acidifié par les fer. mentations butyrique et lactique du chyme. Les acides biliaires continuant à s’y décomposer ; on trouve dans les matières qui parcourent cette partie du tube intestinal, outre les substances que nous venons de nommer et les résidus d’aliments, la taurine, le glycocolle, les acides cholalique et chol'oïdique, l'urobiline, substances en partie résorbées (l’acide cholalique excepté) avec les pcptoncs. Les fermentations fécales s’accentuent dans cette partie de l’intestin, et le résidu du chyme non assimilé se transforme en excréments.
EXCRÉMENTS
EXCREM ENTS
Un adulte rend on moyenne et pour une alimentation mixte, de 150 à 150 grammes d’excréments humides en 24 heures. Les aliments herbacés et féculents augmentent leur poids.
Les fèces ont une réaction neutre, quelquefois alcaline, rarement acide. L’alcalinité dérive des fermentations ammoniacales, l’acidité des fermentations lactiques et butyriques; on a signalé aussi dans les excré ments les acides acétique et propionique.
Leur odeur repoussante est en grande partie due à l’indol C8II7Az et au scatol C9H9Az que nous avons déjà étudiés dans ce Cours , t. Il, p. 501. Ce sont des produits sécrétés par les bactéries putrides, mais qui proviennent du dédoublement de la molécule albuminoïde et de ses transformations. L’hydrogène sulfuré, une trace quelquefois d’hydrogènes phosphorés, contribuent à l’odeur si désagréable des matières fécales. Leur couleur dépend surtout des pigments biliaires en partie réduits et transformés en urobiline jaune; elle provient aussi des pigments contenus dans les matières alimentaires (viande, aliments herbacés, etc.). La chlorophylle tend à les verdir, les féculents à leur donner un ton jaunâtre , le sucre à les liquéfier.
On trouve dans les excréments (fig. 85) : 1° Des substances alimentaires assimilables, mais qui étaient en excès dans l’alimentation : fécules, corps gras en notable quantité, petite proportion d’albuminoïdes non assimilés;
2° Des substances non assimilables ou réfractaires à la digestion : fibres végétales, celluloses, chlorophylle, gommes, produits pectiques, résines, tissus élastiques, tissus épidermiques, tendons, matières colorantes diverses, nueléine, chitine, sel insolubles (silicates, sulfates insolubles, phosphates ammoniaco-magnésicns et terreux, etc.);
5° Des produits provenant du tube digestif ; mucus intestinal, épithéliums, acides biliaires en partie transformés comme il a été dit ci-dessus, dyslysine, cholestérine, lécithine (celle-ci à l’état de traces seulement), bactéries développées dans les parties les . plus inférieures du nTOS intestin ou d’origine alimentaire, etc. ;
4 Des substances en train de se résorber : matières grasses émulsionnées, acides gras, leucine, acides biliaires ;
5° Des produits de décomposition dus surtout à la vie de microbes :
A. Gautier. — Chimie bioîojirjv e.
Fig. S5. — Matières diverses pouvant être observées dans les excréments normaux ou pathologiques. a Collection d’œufs entoxoaires ; b b cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien ; cc graisses; cellules adipeuses; e masses amorphes foncées de résidus alimentaires.
EXCRÉMENTS
acides gras depuis l’acide acétique jusqu’au palmitique, celui-ci abondant; des acides butyrique et isobutyrique; de l’acide lactique, des phénol, crésol, indol, scatol; de l’excrétine; de l’ammoniaque à l’état de carbonate et de sulfure; des amines, des ptomaïnes; des acides amidés, de la leucine et de la tyrosine ; des acides phénylpropionique, phenylacétiquc , hydroparacoumorique et parahydroxyphénylacétique. Une partie de ces corps (ptomaïnes, acides, phénols, matières colorantes, etc.) sont résorbés ; les phénols passent dans les urines à l’état d’acides phénol-, scatoxyl- et indoxyl-sulfuriques ;
6° Des pigments : stercobiline, hématine, pigments biliaires, hydrobilirubine, matières colorantes des aliments;
7° De l’eau, environ 75 pour 100 du poids des excréments ;
8° Des gaz divers : leur composition est variable avec l’alimentation : voici quelques analyses centésimales d’après Ruge ( Sitzunsb . Wien Akacl. XLÏI).
Acide carbonique . .
Hydrogène
— proto-carboné Azote •
Régime laclé.
Viande.
Légumes.
L’acide carbonique provient des fermentations intestinales (butyriques, putréfactives, alcooliques). Les décharges de gaz carbonique, souvent énormes, qui se produisent chez les hystériques peuvent provenir d’une transpiration des gaz du sang vers l’intestin et 1 estomac. Le gaz des marais dérive de la fermentation de la cellulose et d autres fermenta-* tions semblables; l’azoté de la déglutition de l’air, et en partie du sang et des fermentations putréfactives.
Le tableau suivant donne la composition des excréments frais, pour 1 000 parties, dans diverses conditions et chez diverses espèces :
Eau
Matériaux fixes
Comprenant :
Matières organiques tot'“".
— minérales — .
Résidus alimentaires. . .
Les mat. organ. donnaient Extrait aqueux . . . .
— alcoolique . . .
— éthéré . . . .
Homme
adulte.
Wehsarg.
Enfant à la mamelle.
Wegsclieider
Porc.
Rogers.
Mouton.
Rogers.
Chèvre.
Rogers.
EXCRÉMENTS. 595
Rischofl et Voit ont publié des analyses d’excréments de chien. Pour une alimentation exclusivement azotée leur poids à l’état sec variait du 10e au 40e de celui des aliments calculés sans eau. Quand l’animal était nourri seulement de pain, ce poids oscillait entre le 6e et le 8e de celui de l’aliment desséché. Ces excréments avaient la composition centésimale suivante : Fèces cle viande : C = 45,5 ; II = 6,47 ; Az = 6,50 ; 0= 15,18; Sels = 50,01. — Fèces de pain : C = 47,4 ; II — 6 59 • Àz = 2,92 ; 0 = 56,08; Sels= 7,02.
Les cendres de ces excréments contenaient : CINa de 0,5 à 1,55; C1K faible proportion ; K2Q = 18 à 6 ; Na20 = 5 à 7 ; CaO = 26 à21 • Fe*0s=10,6 à 10,5; P*05== 51 à 56; SOs = l,2à 5,2; C02= 1,05 à 5,1 ; SiO2 = 1,44; sable, impuretés = 5,5 à 7,5.
Ces analyses ont leur importance au point de vue de la désassimilation et surtout de la nutrition générale, aussi bien qu’à celui de l’emploi des excréments comme engrais.
Le méconium, ou résidu qui s’accumule durant la vie fœtale dans l’intestin du fœtus et qui généralement est rejeté à la naissance, contient les pigments biliaires (bilirubine cristallisée etbiliverdine) en abondance; les acides biliaires, entre autres de l’acide taurocholique ; quelques acides ?ras; des chlorures et sulfates alcalins, des phosphates de chaux et de nagnésie. Il ne renferme ni urobiline, ni glycogène, ni peptones, ni icide lactique, ni leucine et tyrosine. Zweifel y a trouvé pour 100 larties : eau 79,8 à 80,5; matériaux solides 20,2 à 19,5. Ceux-ci .on tenaient, cendres 0,978, cholestérine 0,797 ; matières grasses 0,772.
Nous avons fait (t. Il, p. 561) l’étude de l’indol et du scatol ; il nous este à dire ici quelques mots de deux matières propres aux excréments : excrétine et la stercorine qu’on n’a pas encore décrites.
Excrétine. — W. Marcet a retiré cette substance des excréments, en larticuher de ceux des herbivores. On fait un extrait alcoolique des natières fécales et on le maintient longtemps au-dessous de 0°. Il lépose une substance couleur olive, granuleuse, fusible à 25°, sorte ! acide gras à odeur de fécule que Marcet a nommé acide excréloêique. Il se dissout dans 1 alcool et l’éther. Le filtratum traité par un ait de chaux, donne un précipité brun qui, séché et repris par l’éther, aurait X excrétine. W. Marcet lui attribue la formule C78H156S02.
Hinterberger a préparé cette même substance en faisant un extrait des xcréments frais dans l’alcool bouillant, laissant déposer plusieurs jours, ltrant et traitant, comme Marcet, par un lait de chaux; le précipité esséché est repris par l’alcool étliéré. Celte solution, refroidie huit jours
0°, laisse déposer Y excrétine en aiguilles jaunes que l’on purifie ar cristallisations dans l’alcool froid. Elle est en aiguilles soyeuses lanches. Hinterberger attribue à ce corps la formule C20IPO qui la approche de la cholestérine CtflHwO. La formule de Hinterberger est xempte de soufre; cet auteur regarde cet élément comme une impu-
EXCREMENTS.
rctê de l’excrétine de Mareet. Elle Tond à 92°-96°, en dégageant une odeur aromatique. Elle n’est ni hygroscopique, ni altérable; elle se dissout dans l’acide acétique, mais elle ne s’unit ni aux bases, ni aux acides. Elle s’oxyde par l’acide nitrique bouillant.
Par ses propriétés, l’excrétine se rapproche beaucoup de la cholestérine. Les excréments des carnivores paraissent même contenir presque uniquement cette dernière substance à la place de l’excrétine.
stercorine OII séroline. — La stercorine doit à son tour se confondre avec l’une des cholestérines déjà connues. (Voir ce Cours, t. II, p. 471.) Elle a les propriétés générales de la cholestérine et s’extrait comme elle. Elle a été signalée dans les excréments par Flint, qui n’en
a pas donné l’analyse.
Pour l’obtenir, les fèces humaines desséchées sont épuisées à l’éther ; la liqueur filtrée sur du noir animal est évaporée, et le résidu est mis en digestion avec une lessive de potasse qui dissout les graisses.
On étend alors avec de l’eau, on filtre, on lave , on dessèche de nouveau et l’on reprend par l’éther qui enlève la stercorine el la laisse cristalliser.
Cette substance que Flint croit être identique à la séroline du sérum sanguin, est un corps neutre, incolore, non saponiliable. File cristallise (fig. 86) en aiguilles déliées. File est soluble dans l’éther et dans l’alcool chaud. Comme la choiestérine, elle se colore en rouge par l’acide sulfurique concentré. D’apres Flint, la stercorine serait un produit de décomposition de cette der-
nière substance.
Fig gg — Stercorine avec quelques globules gras.
LE CHYLE
Au moment de la digestion, les lymphatiques de la muqueuse intestinale se remplissent d’un liquide rendu laiteux par do nombreux globules gras émulsionnés et par des granulations albuminoïdes en suspension. C’est à' ce liquide, qui résulte de l’absorption des produits ,|c la digestion par les villosités de la muqueuse intestinale, qu il convient de donner le nom de chyle (').
(q U’aprcs , les calculs un peu incertains, un homme adulte produirai! par jour de 2 kilogr. de chyle.
LE CHYLE
11 ne faudrait pas croire que le produit laiteux qui provient des chylifères intestinaux et va remplir les gros vaisseaux lymphatiques qui accompagnent l’artère mésentérique soit la matière même élaborée dans l’intestin. Dès que le chyle a traversé les ganglions lymphatiques du mésentère, la substance nutritive s’est profondément modifiée. Elle a reçu un grand nombre de globules blancs et les produits de leur surprenante activité ; elle s est mélangée à la lymphe proprement dite qui remplit les chylifères dans l’intervalle des digestions et qui vient des interstices extracellulaires. Des transformations profondes sont intervenues dans la composition du liquide nutritif intestinal. 11 a perdu ses peptones transformées, on ne sait comment, dans les albuminoïdes propres à l’espèce animale; enfin, la nature de ses graisses s’est modifiée. Si l’on nourrit, en effet, un herbivore avec des tourteaux de ricin, contenant surtout de Y acide ricinoléique, celui-ci disparaît du chyme, où l’on ne retrouve guère que les graisses spéciales à chaque sorte d’animaux. ( Colin et Wurlz; Lebedeff. C. Rend. XCVI. 462.) Les acides gras eux-mêmes lorsqu’on les donne en aliments sont déjà transformés en graisses neutres dans le chyle qui est devenu alcalin et coagulable.
L’on ne peut expliquer, suivant nous, ces faits singuliers qu’en admettant que, dans les ganglions lymphatiques et les premières voies des canaux du mésentère, ces albuminoïdes et ces graisses sont absorbés et diqérés par les globules blancs qui les transforment dans les matières correspondantes spéciales à chaque espèce.
Ces graisses du chyle, dont quelques-unes sont azotées, se modifient peu à peu et après avoir été versées dans le sang, elles disparaissent, brûlées qu’elles sont ou mises en réserve.
Propriétés «lu chyle. — Recueilli en pleine digestion par une canule posée sur les gros chylifères, le chyle est un liquide de couleur jaunâtre, verdâtre ou légèrement rosée si on l’expose à l’air; son odeur et son goût sont fades, sa consistance laiteuse. Sa densité varie de 1,015 à 1,022. Il est toujours alcalin, quelle que soit la réaction du liquide intestinal dont il procède; il doit cette alcalinité aux bicarbonate et phosphate de soude. 11 se coagule hors des vaisseaux, peu de minutes après son extravasation. Il contient, en effet, environ 1 à 2,5 pour 1000 d’une substance apte à donner de la fibrine, le fibrinogène. Il paraît le tenir des globules blancs qu’il reçoit en abondance dans les ganglions mésentériques. Le caillot du chyle est mou, gélatineux, incolore; il se dissout facilement dans les solutions diluées de sel marin. Le sérum qui reste après celte coagulation est trouble. L’agitation avec l’éther l’éclaircit en dissolvant ses granulations graisseuses. On trouve encore dans le chyle une albumine analogue à celle du sérum sanguin,
LE CHYLE
des substances protéiques précipitables les unes par l’acide acétique très étendu, les autres par l’alcool. Le poids de celles-ci peut s’élever durant la digestion de 30 à 70 pour I 000.
Le chyle contient en outre des graisses, de la cholestérine, de la lécithine, des savons à acides gras, des lactates. Le poids de la totalité de ces substances monte de 0,5 environ, dans l’intervalle des repas, à 65 pour 1 000. Le mode d’alimentation les fait beaucoup varier. On trouve enfin dans le chyle de l’urée en faible proportion, et du glucose ou une substance réduisant le réactif cupropotassique, environ la proportion qu’on en constate dans le sang et dans la lymphe.
Les matières minérales du chyle s’élèvent de 5 à 11 pour 1 000. Elles se composent de sel marin (4 à 7 pour 1 000), de carbonates et phosphates alcalins, de sulfates calcaire et magnésien et d’un peu de fer.
Voici quelques analyses de chyle :
Composition de 1 000 parties de chyle.
Homme
Homme (Ruplure du
Chien.
Vache.
Toulain.
(supplicié).
Lit 11 cil
thoracique).
O. Reos.